#Foot – Coupe de France / P.Maurel (Colomiers) « Nous savons très bien que nous serons imparfaits »

C’est un peu l’une des plus belles affiches qui nous attend dans ce sixième tour de Coupe de France. Certes deux divisions séparent les locaux Luzenac (R1) des visiteurs Columérins (N2), mais sur le terrain ces différences sont gommées pour laisser place à la gagne. Le coach Haut-Garonnais, Patrice Maurel, espère que ce match lancera le renouveau de la saison.

A sept jours d’une affiche importante, dans quel état de forme se trouve votre équipe ?

C’est impossible de répondre. Si je connais un coach capable de répondre après trois mois de confinement… Mes joueurs se sont bien entraînés, même si c’était sans contact. Nous avons réussi à trouver des ateliers qui étaient plutôt très bien et que nous réutiliserons dans le futur. Nous sommes un peu dans l’expérience de ce que nous avons vécu. J’essaye de me rappeler le premier match contre Nantes. Nous étions un peu dans la même configuration. Nous savons très bien que nous serons imparfaits. L’objectif sera de continuer l’aventure ensemble en sachant que l’adversaire veut la même chose que nous. Il faudra rajouter un peu de tolérance en sachant qu’il y aura évidemment du déchet. Nous abordons cette rencontre avec de l’envie et beaucoup de fougue J’espère que nous serons capables de la canaliser.

Quand vous dites vous référer au match contre Nantes durant lequel vous avez ouvert votre saison de N2. Ce déplacement à Luzenac est un peu un match de reprise de saison pour vous du coup…

On ne peut même pas l’assimiler à une rencontre de début de saison car il n’y a même pas de matchs amicaux avant. Les matchs de début de saison, on joue généralement six à sept matchs amicaux avant. Je suis content que l’on puisse rejouer au football et j’espère qu’on pourra continuer. Je ne comprends pas que l’on puisse faire la différenciation entre les pros et les amateurs. Si on confine, c’est tout le monde.

Pour vous la saison doit perdurer derrière ?

Ben on se rend compte qu’on nous demande un protocole que l’on faisait déjà de notre côté en début de saison. Nous programmions un test pour chaque joueur tous les 15 jours. Mais comme en National 2 nous sommes rattachés au monde amateur, nous n’avons pas le droit de jouer. C’est d’ailleurs un peu irréaliste car toutes les personnes qui connaissent le championnat de N2 savent très bien qu’il est plus proche du monde professionnel que de monde amateur. La preuve en est lorsque vous n’avez que deux clubs que ne justifient pas plus de dix contrats de travail dans une poule c’est énorme. Ça veut dire que 14 autres ont au moins dix et plus joueurs qui ont un contrat pour faire du foot. Oui moi j’ai plus de 98% de mon effectif qui travaille et j’ai deux joueurs fédéraux sur 24. Après le championnat de N2, ce n’est pas ça.

A quoi vous attendez-vous de la part de Luzenac, une équipe qui a bien débuté son championnat ?

Je m’attends à la même chose que ce à quoi je m’attendais début novembre lorsque nous devions les affronter après le match des Herbiers. Je l’avais préparé de la même manière. Luzenac est un club avec une très forte Histoire donc je m’attends à un match très difficile, à une équipe qui va combattre. Je connais bien ses joueurs et ils vont jouer leur carte. Ça sera à nous de montrer que nous avons davantage envie qu’eux. Connaissant cette équipe je ne peux que la respecter.

Malgré votre supériorité sur le papier, pour vous ce match n’est donc pas gagné d’avance ?

Il ne peut pas l’être. Déjà un match de Coupe de France n’est jamais gagné d’avance. C’est l’historique même de la Coupe de France. Dans ce contexte où nous sommes tous à l’arrêt depuis trois mois, nous partons tous sur la même ligne. Après, c’est l’esprit de la Coupe de France. Nous essayerons de continuer comme le fera Luzenac.

N’avoir que ça à se mettre sous la dent ne vous donne-t-il pas envie de vous laisser pousser des ailes et viser les 16èmes de finale pour retrouver les pros sachant que jusque-là vous n’affronterez que des équipes au mieux un étage au-dessus du votre ?

Après c’est le regard un peu extérieur. Ça fait des années que j’entraîne et s’il y a bien une compétition où je ne vais jamais regarder la notion de niveau, c’est bien la Coupe de France. Pour moi en Coupe de France, il n’y a pas de niveau. C’est un esprit un moment c’est 90 minutes. Je ne parle jamais de niveau. C’est un match particulier où il faut se mettre dans un état particulier. C’est les groupes qui sont capables de le répéter sur des fréquences qui feront des parcours. Très sincèrement, le tableau qui est le notre aujourd’hui est plus difficile que de faire un exploit contre une équipe de Ligue 2. Il y a des surprises chaque année et il y en aura toujours parce que c’est un esprit. C’est ce que l’on essaye de développer au fil des années à Colomiers. Nous avons fait des 16èmes de finale, des 64èmes alors qu’avant nous nous arrêtions très tôt car quelque part, ça nous sert sur le championnat. On peut développer un esprit de compétition et créer autre chose.

Du coup vos joueurs ce week-end iront avec le couteau entre les dents pour défendre leur steak…

Tous les joueurs amateurs engagés en Coupe de France seront dans le même état. Ils ont en marre des entraînements sans contact et ils ont envie de continuer car ils veulent jouer au foot. Ils ont forcément très faim donc à moi de trouver le bon levier pour ne pas être surmotivés. Si je dois trouver une différence par rapport à une saison normale, c’est qu’il va falloir être capable de canaliser les troupes.

Propos recueillis par N.Portillo

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