#Football – R1 / L.Laborde (ex-Castanet/AS Hersoise) « Il faut des moyens et des joueurs avec l’expérience de ce niveau »

Suite et fin des retranscriptions du débat du 22 mai dernier. Après Tournefeuille, Pibrac et Boulogne, le dernier micro est donné à Lucas Laborde, qui vient de quitter ses coéquipiers de Castanet, et est en même temps responsable sportif à l’AS Hersoise. Le joueur et dirigeant nous offre au passage des points de vue assez différents et similaires entre les deux mondes de football dans lesquels il évolue.

lucas laborde
Lucas au sifflet pour l’AS Hersoise – Crédit ASH

Castanet est une terre de rugby, comment cohabitent le football et le rugby ?

Ils ne cohabitent pas du tout. Nous n’avons aucun lien avec le rugby de Castanet. Je pense qu’ils ont davantage d’aide que nous. L’aide financière de la mairie de Castanet est assez faible. Nous nous débrouillons avec des sponsors. La crise actuelle va faire énormément de mal au club. Nous avons réussi à obtenir une double montée un peu surréaliste. Les jeunes sont montés de R2 en R1 et le méritent amplement. Nous sommes montés en National 3 en bénéficiant du règlement mais je pense que ça sera très compliqué.

Monter à un niveau National permet d’avoir le foot, comme le rugby à un échelon National. Cela ne peut-il pas rééquilibrer les choses ?

Oui peut-être, reste à voir les aides apportées par la mairie. Personnellement, je ne serais plus au club, mais je reste en très bonnes relations avec le président et l’ai souvent au téléphone. L’inquiétude à avoir déjà c’est que tous les petits sponsors que nous avions n’ont pas finalisé de régler ce qu’ils avaient promis de donner cette année. Nous ne savons donc pas s’ils vont se réengager la saison suivante. C’est donc difficile d’envisager les choses.

La gestion du covid et du confinement, comment cela s’est-il passé à Castanet ?

Pour être honnête, il n’y avait pas trop de suivi. Nous espérions cette montée et nous l’avons eue. Il n’y a pas de projection sur une possible reprise. Le soucis principal est d’organiser la saison prochaine et de savoir comment les choses vont s’organiser en terme d’infrastructures, et de finance. Au niveau des joueurs, nous avons eu des programmes au début de la crise, mais quand la montée a été actée non. Pour l’instant l’heure est à la projection sur l’année d’après et non pas sur ce qu’il se passe actuellement. C’est dommage.

Jusqu’à maintenant vous aviez la double casquette Castanet et AS Hersoise, en attendant l’annonce de votre nouveau club. Vous vivez donc le football dans deux sphères totalement différentes. On parle de risques de soucis économiques pour les clubs de football dans les prochains mois. Comment cela se vit-il au sein de ces deux clubs opposés ?

Paradoxalement, à l’AS Hersoise, nous ne sommes pas trop touchés par cette crise. Même si c’est un tout petit club, il y a pas mal de moyens en terme d’infrastructures. En terme de projet et de mise en place, ça nous permet d’être prêt à ne pas laisser de crise. Actuellement, les difficultés que nous avons seraient de faire face aux demandes des parents et des licenciés qui se demandent ce qu’il se passe quand ils pourront reprendre et comment. Je pense qu’il n’y a pas davantage de difficultés dans un club comme l’ASH qu’un club comme Castanet. Au contraire, en terme d’objectifs, nous n’en avons pas forcément excepté en terme de structuration, de programmation et d’organisation pour faire évoluer le club. C’est pour ça que je suis arrivé. Nous ne rencontrons pas trop de difficultés. À Castanet, il y a des objectifs, nous avons beaucoup d’équipes au niveau Régional, et montons en National 3. Du coup, nous nous faisons davantage de soucis car il faut prévoir, anticiper et ça demande un travail beaucoup plus important que dans un petit club. À l’AS Hersoise nous avons notre base, nous sommes carrés là-dessus et nous avançons comme cela.

Vous parliez d’infrastructures, l’AS Hersoise s’en sort bien de ce côté-là pour un club de Départementale 3 ?

Oui l’AS Hersoise est un petit club de district, par contre nous avons des infrastructures dignes d’un club de niveau Ligue en terme de matériel pédagogique, de vestiaires et de club-house. C’est très intéressant pour travailler et nous pouvons le faire plus sereinement que dans un club avec des échéances et doit les préparer à court terme. Une fois que l’on a une programmation et une structuration, ça roule. Nous ne sommes là pratiquement que pour les enfants et les jeunes.

Pour certains clubs, la notion de derby est plus que jamais d’actualité. Qu’est-ce que cela représente à vos yeux ?

C’est à mon sens une notion qui tend à disparaître. Tous les joueurs se connaissent donc les matchs sont plus ou moins chauds et encore que. En tribunes de ce côté-là, nous n’avons pas beaucoup de chance car il n’y a pas beaucoup de monde dans les tribunes. Ce n’est pas de ce côté-là que ça va se chauffer. Sinon comme nous nous connaissons tous entre joueurs. Parfois il y a quelques frictions mais on se connait beaucoup trop pour pour avoir des matchs comme à l’époque très engagés.

Du côté de Castanet, la montée en N3 peut-elle permettre de récupérer des joueurs qui ne faisaient pas la maille dans les centres de formations de Toulouse ?

Ça va être très compliqué. On en revient aux questions de moyens, même un jeune sortant d’un centre de formation va demander quelque chose. Malheureusement ça se monnaye et le club n’aura pas forcément les moyens de rémunérer un joueur qui a connu la N2 ou la N3. Un très bon joueur de R1 va peut-être préférer rester dans un club qui lui proposerait une certaine somme que de venir à Castanet pour le projet sportif et venir pour par exemple 150 ou 200 €. Le club va plutôt se baser sur la formation et sur un très bon vivier de jeunes que sur l’arrivée de joueurs ayant joués au-dessus. Du coup, ça sera très compliqué. Après il peut y avoir des bonnes surprises mais il ne reste que cinq équipes de Haute-Garonne en N3, le reste ce ne sont que des formations de Languedoc-Roussillon et ce n’est pas pour rien. Il faut des moyens et des joueurs avec l’expérience de ce niveau. Or de notre côté, nous travaillons souvent pour ne pas descendre et non pas pour avoir des objectifs. Ça ne va peut-être pas forcément les attirer.

Lors des débats précédents mettant au micro des clubs Tarnais, nous évoquions cette différence de moyens entre le Tarn et la Haute-Garonne, comme on l’a fait jusque-là lors de ce débat entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Quelle vision avez-vous de votre côté du football Tarnais ?

Moi je vois surtout la surprise de l’US Albi que l’on a connu à un très bon niveau et n’a cessé de chuter depuis. Les seules connaissances que j’ai viennent de mon ami Jonathan Lacourt qui joue à Marssac. Il m’a expliqué comment été la structure. Quand je vois qu’ils s’entraînent sur un terrain de rugby et que des bénévoles ont créé eux-mêmes le club-house et un petit synthétique ! Je trouve impressionnant qu’ils arrivent à maintenir un tel niveau en R1 par rapport à leurs infrastructures.

Retrouvez le podcast du débat ici

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