#Football – R1 / M.Bouamama (ex-Tournefeuille) « Aujourd’hui, des clubs proposent des fixes aberrants »

Nouveau chapitre de notre débat du 22 mai dernier. Après le point de vue de Pibrac et celui de Boulogne-Péguilhan, voici celui de Tournefeuille. Retrouvez avec le désormais ancien coach de Tournefeuille, Mohamed Bouamama, la vie du club Haut-Garonnais et ses coulisses

Au cours du débat avec Pibrac, Castanet et Boulogne, les questions de financement ont été présentes. Qu’en était-il du côté de Tournefeuille ?

Ce n’est pas évident. J’ai souvent également râlé par rapport à ces problématiques. J’en suis arrivé à une conclusion : malheureusement, on ne peut pas « jalouser » d’autres clubs qui ont des fixes mais ça fait râler. Parfois on bataille contre du vent, avec peu de moyens. On bataille car aujourd’hui, des clubs proposent des fixes aberrants et à côté, nous bataillons avec des avantages « en nature », ou via des aides dans leur vie, des formations… Maintenant, si demain un club propose des fixes avec un président carré, évidemment je serais preneur. Il ne faut par contre pas de tabous car ça peut créer des tensions qui viendraient pourrir le sportif. J’ai bataillé pendant des années à dire nous n’avions rien. Les arrangements mis en place, nous les avons gagnés avec le staff. En regardant sur la poule de R1 de Tournefeuille cette saison, quasiment tous les clubs ont des fixes. Aujourd’hui malheureusement il faut faire avec. Il faut respecter ceux qui en ont. Ceux qui n’en ont pas, nous faisons comme nous pouvons. À Tournefeuille, nous étions tout de même bien lotis.

Dans de nombreuses zones les derbys sont l’occasion de se frotter un peu. À Tournefeuille est-ce que les derby ça pique ?

Nous en avons connu quelques uns. Après je ne sais pas si nous pouvons appeler ça vraiment des derbys. Mais des matchs chauds il peut y en avoir. Je ne ressens pas le truc comme avant où il y avait de gros derbys avec de l’engagement, des trucs violents, ça tend à disparaître.

Pour rester sur les clivages entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, des voix comme celles de Didier Salles (ancien directeur sportif de Blagnac) se sont faites entendre pour évoquer une supériorité footballistique sur les bords de la Méditerranée. Quel est votre avis sur la question ?

Je ne peux pas m’étendre énormément sur le sujet. Nous avons joué quelques équipes des autres poules notamment en Coupe Occitanie. Effectivement, j’ai trouvé en face des équipes bien plus prêtes physiquement, rudes et plus carrées. C’étaient de jolies matchs. Je peux par exemple citer Saint Clément Montferrier, qui était en poule C, un super match de 120 minutes qui finit aux tirs aux buts. Il y avait vraiment beaucoup d’engagement, beaucoup de football et une belle prestation.

Dans le sport on parle souvent de locomotive. En Languedoc-Roussillon il y a Nîmes, Montpellier Béziers. En Midi-Pyrénées, à part Toulouse il y a Rodez. L’écart de niveau ne vient-il pas de là car le haut de la pyramide est moins épais à l’ouest qu’à l’est ?

J’en parlais il y a quelques heures avec un ancien de mes joueurs. Ils se confrontent à un autre football avec énormément d’équipes en N2 et N3. De notre côté, nous avons Balma, Muret, Blagnac et bientôt Castanet. Sans vouloir offenser Castanet, ça sera très compliqué pour eux. Blagnac met encore des moyens et arrive à pérenniser le club à ce niveau depuis le départ de Niflore. Du côté de Muret, où se trouve maintenant Niflore, de gros moyens ont également été mis pour ne pas être ridicules et rester sur le haut de tableau. Nos clubs de N3 ont d’ailleurs fait de jolies saisons, mais sur la région ce n’est pas suffisant. Nous avons très peu d’équipes en N3 et peu de potentiels pour pouvoir pérenniser plusieurs clubs en N2 ou N3 comme ça se fait ailleurs. Le problème ne vient pas que des joueurs.

Lors des débats précédents mettant au micro des clubs Tarnais, nous évoquions cette différence de moyens entre le Tarn et la Haute-Garonne, comme on l’a fait jusque-là lors de ce débat entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Quelle vision avez-vous de votre côté du football Tarnais ?

J’ai toujours gardé ce souvenir du grand Albi. Un souvenir lointain mais qui montre certaines choses. Ils avaient de superbes épopées et comment un tel club avec de supers moyens en est arrivé là aujourd’hui ? C’est à méditer. Après vous avez des petits clubs comme Marssac, où nous avons été très bien accueillis. Ils ont réussi à faire un très beau parcours en Coupe de France, je les en félicite. On sent malgré un bon effectif chez eux que rester en R1, ça peut être difficile.

 

Retrouvez le podcast du débat ici

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