#Football – R1 / J.Baldy (Pibrac) « Nous n’avons pas lâché les joueurs »

Ce vendredi 22 mai, lors de l’émission du Mag Sport sur Radio Albigès, nos chroniqueurs ont créé un plateau spécial du football Haut-Garonnais. Retour sur ce débat avec Jérôme Baldy, le coach adjoint de l’US Pibrac, étoile montante du football ouest-Toulousain.

pibrac
La « bande de copains » Rouge et Noire chère à Jérôme – crédit USP

L’entraînement vient de reprendre pour Pibrac. Comment fait-on la transition entre cette saison qui fut bonne avec une quatrième place. Que peut-on souhaiter pour cette nouvelle saison à venir ?

JB : Qu’est-ce qu’on peut souhaiter ? La même saison que cette année et l’année dernière. Nous sommes montés en R1 avec beaucoup d’humilité avec Jean-René. L’humilité, c’est toujours son maître mot : savoir d’où l’on vient pour savoir où nous voulons aller et ne pas regarder les autres. Si l’année prochaine nous pouvons signer pour le trio de tête, ça ira très bien. Nous aimons bien embêter tout le monde. Ça fait souvent rire les gens quand nous le disons, « ouais vous avez l’ambition de monter. » Pour monter, il faudrait des moyens supérieurs. Nous sommes loins d’avoir les moyens financiers pour monter.

En parlant de moyens financiers, les dernières élections municipales ont fait arrivé à la tête de la mairie de Pibrac Camille Pouponneau, une ancienne joueuse du club. Cela peut-il être une bouffée d’oxygène pour vous ?

Je ne suis pas sûr que l’arrivée de Camille Pouponneau fera que nous aurons davantage d’argent qu’avec l’ancien maire. Elle aura sûrement un focus plus tourné vers le foot et d’autres associations. Avec l’ancien maire, le foot était la dernière roue du carrosse, pire que ça même, nous étions la roue de secours ! Nous n’avions rien. L’argent donné sera sensiblement égal mais ça pourrait changer en terme d’aide. Nous n’avons personne pour les pelouses, tout est galère à Pibrac. Je suis passé par le TOAC, une structure aéronautique et pas vraiment un club de foot donc c’était galère. Mais j’avais plus de choses qu’à Pibrac. Ce sont les joueurs qui viennent pour s’occuper du club-house, de la peinture, de tout. À la mairie, personne n’aidait. Camille nous a dit qu’elle verrait pour nous allouer quelqu’un du service technique pour être plus sérieux. Elle regardera aussi par rapport à notre pelouse qui est légendaire dans la région (rires) et voir s’il n’y a pas possibilité de trouver des fonds pour faire quelque chose à ce niveau.

Revenons sur cette reprise pour Pibrac. Ne craignez-vous pas les suites du confinement avec une baisse de forme des joueurs ?

Non. Nous n’avons pas lâché les joueurs une seule semaine. Chaque semaine, ils avaient des exercices à faire, dans le cadre du covid et en respectant la législation. Les joueurs nous envoyaient par écran avec Runtastic ou autre les kilomètres parcours. Je les enregistrais. Tous les vendredis, ils se pesaient et nous envoyaient leurs poids. Dès qu’un joueur dépassait un kilo, il prenait cinq à dix euros d’amende. C’est comme ça toute l’année donc nous avons continué. Les joueurs vont courir le mardi matin et le jeudi matin, ils nous envoient les résultats et nous voyons derrière si nous les prenons. Nous avons fait perdurer tout ça pendant le confinement. Nous avons repris donc les entraînements jeudi, par groupes de dix avec des exercices sans ballon.

Cette reprise des entraînements aussi tôt a de quoi étonner. Sans ballon ni contact du coup, pouvez-vous nous détailler vos axes de travail ?

Nous avons commencer avec de l’athlétique pour savoir si les joueurs ont triché ou pas. Nous allons pas mal plancher sur la tactique. Chez nous, la tactique et le physique, c’est ce que nous travaillons en priorité. Tout ce qui est technique, passe, conduite, nous le faisons mais après. Comme nous n’aurons pas le droit de le faire, nous allons nous axer sur la première partie : l’athlétique. Nous pourrons savoir s’ils sont prêts ou les mettre à niveau par rapport à ce qu’ils auraient du faire en jouant jusqu’en juin. En juin, nous allons sûrement espacer ça pour les lâcher jusqu’au 15 juillet. À partir de là, j’espère pouvoir faire de nouveau de la technique. Si nous ne pouvons pas, nous repartirons sur de l’athlétique avec de la préparation individuelle et tactique pour les nouveaux arrivants. Si tu enlève la technique, tu peux faire beaucoup de choses.

On voit donc clairement que nous n’avez pas forcément les moyens financiers, mais avec la méthodologie et des systèmes D, vous prouver qu’en tant que club amateur, on peut mettre en place des préceptes un peu plus professionnels…

Je vais être honnête. Quand je suis arrivé, il y avait peu de moyens, et il a fallu tout remettre en place. Le président Joseph Laversac a reprit le club avec un déficit de plus de 60 000€ il y a quelques années. Il a fait un crédit à son propre nom pour combler ce déficit car la mairie ne voulait pas reprendre le club. Il a payé ce crédit tous les mois et a commencé à avoir quelques petits sponsors qui se sont développés avec la montée en DHR (Régional 2). C’est grâce à ça que nous avons pu commencer à faire des choses. Nous avons par exemple des mini-bus prêtés par Super U à des tarifs très très compétitifs. Avec tout ça nous arrivons à faire des choses. Concernant les joueurs, nous ne les payons pas. Avant le président, il y avait des petits fixes, depuis l’arrivée de Joseph, il n’y en a plus. Il n’y a jamais eu de fixes à Pibrac et il n’y en aura jamais. Il y a des aides. Des personnes souhaitant faire des formations, par exemple en aéronautique, nous avons des gens qui peuvent aider et faciliter les choses. Nous ne vendons pas des rêves ou des CDI, nous faisons ce que nous pouvons avec nos relations et en essayant d’amener les joueurs d’un point A à un point Z. En cinq ans, nous n’avons au final décompté que deux départs. Cette année, nous n’en aurons pas non plus à part peut-être un arrêt ou deux. Les nouveaux partenaires, ce sont eux qui viennent nous chercher car nous commençons à faire un peu de bruit. Nous avons également la chance d’avoir des contrats jeunes avec la région. Nous prenons un ou deux joueurs chaque année qui s’engagent à faire des choses pour le club et à monter des projets. L’un est parti sur un projet cécifoot, un autre a développé le pôle formation…

Comme on dit, si l’on n’a pas de pétrole, on a des idées…

On essaye. Si l’on venait à avoir demain un qatari qui arrive chez nous en proposant de l’argent pour acheter des joueurs. Il n’y aura pas de qatari ou alors, nous refuserons son argent. Il y aura des primes. Nous avons commencé avec des primes à 30 €, il y a quatre ans pour être à 100 € l’année prochaine. Voilà ce dont disposent les joueurs et ils auront peut-être plus si nous montons au niveau National. Mais il n’y aura pas de fixes. Les fixes, ça fout la merde dans un club. Ils promettent de ne pas en parler, mais ils en parlent. Ça fait de la jalousie.

On peut dire qu’à Pibrac, on cultive beaucoup l’amour du clocher. Quand une équipe voisine vient à Pibrac est-ce un guet-apens ?

Je ne dirais pas que c’est un guet-apens. C’est une équipe de copains qui reçoit d’autres équipes de copains. Quand deux équipes de copains se rencontrent, ça fait un match de copains et nous nous aimons les matchs de copains. Ça donne un bon match. Nous interdisons aux joueurs de faire la bise aux autres joueurs. Après le match si ils veulent, mais avant le match, ils ne vont pas se serrer la main ou se tirer la langue. Cette année, nous n’étions pas dans la poule Toulousaine et nous avons donc fait pas mal de déplacements. J’avais bien plus l’impression de faire des derbys quand nous sommes allés à Narbonne, à Carcassonne, à Balaruc et bien évidemment quand nous sommes allés à Saint-Estève. J’avais l’impression que Saint-Estève recevait le village d’à côté et qu’ils nous recevaient comme il se doit. Du coup j’ai un peu les boules parce qu’avec le covid nous n’avons pas pu les recevoir. J’espère être de nouveau avec eux la saison prochaine car nous n’avons pas pu faire ce match retour à la maison et nous aimerions les recevoir comme il faut.

Tu relève une nouvelle rivalité avec cette fusion Occitanie avec deux mentalités différentes entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon…

JR Badaracco a fait toute sa carrière du côté de Carcassonne, Castelnaudary et m’avait prévenu. Nous y sommes allés, et de notre côté de l’Occitanie, nous sommes des agneaux.

Pour rester sur les clivages entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, des voix comme celles de Didier Salles (ancien directeur sportif de Blagnac) se sont faites entendre pour évoquer une supériorité footballistique sur les bords de la Méditerranée. Quel est votre avis sur la question ?

Quand tu vas vers là-bas effectivement. Nous avons eu du Balaruc, du Perpignan. Pour citer Perpignan, c’est prêt physiquement, c’est jeune et ça va très vite. Par rapport à nous, la préparation ce n’est pas du tout la même. Les mecs sont prêts quand tu vas là-bas. Si tu ne fermes pas et que tu ne montres pas qui tu es, tu prends des voyages. Ça va vite ! Quand tu prends Carcassonne avec des joueurs très forts qui pourraient jouer au moins deux niveaux au-dessus, tu te demandes ce qu’ils font là. J’ai bien aimé la poule B cette année.

Pour faire le comparatif avec le Tarn, il y a quelques similitudes entre Pibrac et Marssac tel un village d’Astérix…

Oui. Nous les avons déjà joué, c’est un peu comme nous. Ce sont des gars sympathiques et on ne peut que noter leur parcours. Lorsque je regardais les résultats, je jetais un coup d’oeil aux leurs et je voyais que ça tournait bien. Par contre ce que l’on n’arrive pas à comprendre dans le Tarn, à chaque fois que l’on en parle ou que l’on regarde les résultats avec Fafa (Dubois) ou JR, c’est Albi. Ça nous chagrinait d’avoir connu le Albi de l’époque et de voir comment ça se passe aujourd’hui. On n’arrive pas à le comprendre et on ne se l’explique pas. C’est dommage car les infrastructures là-bas, c’est hallucinant. En trouvant un groupe de joueurs, même si c’est moins un village comme Marssac, mais plutôt une ville, si la mayonnaise prend, tu peux tout péter.

 

Retrouvez le podcast du débat ici.

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