#Rugby- Fed1 / A.Roumegoux (Albi) : «On est prêt pour accéder à la Pro D2!»

Le président de la SASP Sporting Club Albigeois, Alain Roumégoux, nous a accordé un entretien exclusif, pour faire un tour sur l’actualité jaune et noire, et bien sûr les « ambitions ProD2″ tarnaises. Celui qui dirige le club depuis bientôt 3 ans, un brin courroucé par certaines affirmations provenant d’autres clubs, a tenu à remettre les points sur les i et les barres sur les T, en réaffirmant la capacité financière et infrastructurelle du club de la cité épiscopale dans son objectif d’accession à l’échelon supérieur. Alors qu’Arnaud Mela travaille sur un recrutement calibré Pro D2 ( avec notamment un ouvreur de renommée dans le viseur), Alain Roumegoux, lui, s’attelle à pérenniser le budget pour cette même division, dont le prévisionnel est estimé par les dirigeants jaunes et noirs à plus de 5,5 millions (SASP et Association comprises/ information que nous a communiquée le club ce samedi 11 avril ). Convaincu que le soutien de Bernard Laporte portera ses fruits, Alain Roumegoux espère ardemment, que 2020 sera l’année du comeback en ProD2. Malgré cela, au cas , le président albigeois étudie les tenants et les aboutissants économico-sportifs d’une nouvelle saison en fédérale 1 avec le statut pro. Focus sur le président d’un club, jouant il y a quasiment 5ans jour pour jour, sous la baguette d’un certain Ugo Mola, une 1/2 finale d’accession au Top 14 ( Perdue 22-8 face au Stade Montois), et qui aujourd’hui n’a jamais été aussi près de réintégrer la maison ProD2.

 

 

Crédit photo Alain Rey

Alain, une fois de plus, au printemps, il arrive des misères au Sporting Club Albigeois. L’année dernière,  comme on le disait dans une précédente interview, c’était dans le contexte du match retour à Rouen qui a fait couler de l’encre. Cette année, c’est une pandémie mondiale qui vient entraver la volonté du Sporting Club Albigeois de monter en Pro D2. Première question, où en est-on de cette montée ? Les supporters albigeois sont un peu suspendus à vos lèvres. Où en êtes-vous de ces tractations entre la Fédération Française de Rugby et la Ligue Nationale de Rugby ? 

 

Tout d’abord, des misères, il n’y a pas que nous. Cela concerne tous les clubs, cela concerne aussi toutes les personnes qui font face à la maladie ou qui travaillent contre la maladie. Je dirai qu’il faut rester humble par rapport à cela. 

 

Et relativiser ? 

 

Et relativiser, oui. Après, ce n’est que du sport mais c’est quand même du sport professionnel aussi. Où en est-on ? Tout le monde est informé, à ce jour, la Fédération a donc décidé de faire monter dans toutes les divisions les clubs. Rien que pour la Fédérale 1, ils ont décidé de faire monter 12 clubs et de prendre les deux premiers du championnat qui était en cours pour monter en Pro D2. C’est donc une décision de la Fédération, il faut qu’il y ait ensuite une concertation avec les clubs professionnels de la Ligue. Ils avaient décidé de rester à 30 mais je crois que Bernard Laporte leur a expliqué les conditions, peut-être qu’elles seraient aussi financières pour les aider. Parce qu’ils avaient cette inquiétude, il faut reconnaître que ça doit être difficile pour certains clubs professionnels. Je pense qu’il les a confortés de ce côté-là donc, s’il y a mesures pour une année provisoire ou deux, qu’il y ait un peu plus de clubs dans le monde professionnel. C’est quand même l’intérêt du rugby, on est là pour ça, nous, ça fait de nombreuses années qu’on y travaille. Il ne faut pas fermer la porte et je ne parle pas bien sûr du président (rires). 

 

On l’avait bien compris (rires) . On sait, et on a entendu, que beaucoup de clubs amateurs tenaient à cette passerelle qu’est la Fédérale 1 vers la Pro D2. En tambourinant à la porte de la Pro D2, vous êtes avec Massy un peu l’assise de ce monde amateur ? 

 

Oui mais de toute manière, c’était l’objectif de nos deux clubs. Après, il n’y avait pas non plus que nous, Bourg-en-Bresse aussi ont des regrets. Mais, on a eu notre part de misère dans les années précédentes où l’on a eu aussi notre malchance. Chaque fois qu’on a été 3es, on n’a pas pu monter. Cette fois-ci, j’avais annoncé en début de saison qu’il était impératif qu’on soit premier national. On a cette chance mais on n’y est pas encore. J’espère que les clubs professionnels prendront la bonne décision pour nous. Parce qu’on est quand même un club qui a connu les joutes de Top 14 et de Pro D2 donc c’est un milieu qu’on connaît et il ne faut pas qu’il y ait une coupure pour nous empêcher de remonter. 

 

Et puis, pour Albi, c’est quand même un territoire qui vit rugby, avec des bastions tout autour mais Albi a sa place et sa part dans le microcosme du rugby tarnais. Et le Sporting Club Albigeois est quand même important pour les Albigeois ? 

 

Les Albigeois, le Grand Albigeois et aussi le Tarn. J’en ai discuté avec le président Alain Rey du comité du Tarn, il tient à tout prix que le Grand Albigeois conserve son bastion tarnais. Parce-que cela génère tous les alentours, ça va d’Alban, Carmaux à Gaillac, on se rapproche aussi de Graulhet. On génère tout le Tarn Nord et le Tarn Nord a toujours été un bastion du rugby. Il faut savoir que dans le département du Tarn, on est l’un des départements où l’on a le plus de joueurs en fonction de la proportion de la population. Donc, on a été un ancien bastion et il faudrait qu’on puisse retrouver notre place

 

Pour retrouver cette Pro D2, on entend aussi beaucoup parler de budget et d’économie. On sait qu’actuellement, le rugby dans son intégralité, de la série au Top 14, est impacté par cette crise coronavirus. Où en est-on au Sporting Club Albigeois ? Est-ce que vous avez pu faire le tour de tout le monde pour boucler un budget Pro D2 ? 

 

Oui, on y est arrivé mais je tiens à dire quelque chose parce-que j’ai entendu dire, enfin, certains émettent des bruits à notre sujet. Moi, j’ai toujours préconisé une chose, je défendais les intérêts des clubs de Fédérale qui voulaient monter. C’est à dire qu’il y ait des facilités financières, parce qu’il y a une prime à la montée de 300 000€, certes, mais qui ne sert pas à la montée. Donc, j’ai toujours dit qu’il fallait que cette prime de 300 000€ pour la montée, serve à constituer une partie des fonds propres, ou à aider le club à se constituer pour monter. En clair qu’on l’aide dans ses capitaux propres pour aller à l’échelon supérieur. 

 

Vous l’aviez déjà dit à notre micro, à l’époque en Fédérale 1 Elite

 

Il y en a qui l’interprète à l’envers et qui disent  » ils n’ont pas les moyens « . Je ne m’étais pas prononcé jusqu’à aujourd’hui parce-que je ne savais pas comment allait se finir la saison. Aujourd’hui, c’est officiel, il n’y aura plus de championnat jusqu’à la fin de la saison. Les joueurs ne pourront pas reprendre l’entraînement, même s’il y a la fin du confinement. Les joueurs ne pourront pas s’entraîner puisqu’il y aura l’obligation d’avoir des masques. Je crois que jusqu’à Mai/Juin, on ne pourra pas jouer. Donc, on a fait un nouveau prévisionnel par rapport à cette situation de chômage partiel. J’ai revu tout le monde, j’ai revu les partenaires donc, à ce jour, je vous confirme qu’on boucle pour la montée et qu’on aura les capitaux propres nécessaires. 

 

Il a fallu que des partenaires historiques, des collectivités, remettent un peu la main à la poche pour combler les effets de cette crise coronavirus ? 

 

Disons que je voulais vérifier que tout le monde tienne ses engagements parce-que vous savez qu’il y a des matchs que l’on n’a pas joué. 

 

Dont celui de Tarbes où il y avait normalement une belle chambrée de prévue ? 

 

Si on parle des derniers matchs, on était plus de 300 pour Fleurance et plus de 600 au repas VIP pour Tarbes plus la Bodega des supporters qui fait 200 ou 300 personnes. Ça fait quand même des recettes et on n’a pas eu ça. Les partenaires avec qui on a signé ont maintenu leurs partenariats! Je voulais aussi, le vérifier d’une part et ensuite, faire l’amalgame entre les recettes en moins qui sont bien sûres importantes et surtout les charges en moins avec le chômage partiel. Mais, on aura toujours des charges fixes, par exemple, on paie toujours le crédit sur la tribune Jo Mir parce qu’on avait participé au financement. 

 

La Tribune c’est un reliquat de l’époque où le Sporting est monté en Top 14 ? Car il faut le rappeler , alors que certains ont tendance à l’oublier : Albi sur les 20 dernières années a joué 12 ans en ProD2 dont 7 ans sans discontinuer et 3 ans d’une fabuleuse épopée en Top14. Comme le disent avec fierté les supporters jaunes et noirs : « À Albi, on a vu le Top 14 au Stadium Municipal, pas à la télé comme certains! ». Il faut quand même remettre l’église au centre du village, le SC Albi n’est pas un mirage éphémère dans le milieu de l’ovalie professionnelle?

 

Voilà c’est exactement ça (Rires). Pour revenir sur le côté financier , il faut savoir qu’on a payé une partie de la tribune et qu’on la paie toujours. On a des frais fixes comme les avantages en nature sur les joueurs, des loyers ou autres donc, il y a quand même des parties fixes. Mais dans l’amalgame entre recettes et dépenses, on arrive à équilibrer de façon positive. Donc, maintenant, on est prêt pour accéder à l’échelon supérieur. 

 

On sait aussi qu’au rugby, il faut souvent faire pack. On a l’impression qu’entre Massy et Albi, le courant passe bien et que les deux clubs font pack pour défendre une cause commune ? 

 

C’est normal, on a des intérêts communs. J’ai eu contact avec le président de Massy, ça se passe très bien, on a de très bons rapports. Je l’avais rencontré à Paris (au séminaire clubs de fédérale 1), ils ont la même vision et la même taille que nous. C’est un club formateur, qui a fait Fédérale, Pro D2 comme nous. Disons qu’on a la même vision des choses et on a même un point commun que j’ai découvert sur le tard. 

 

Avec un joueur

 

Oui, avec un joueur (Benjamin Caminati), ça, je ne le savais pas (rires)

 

Le rugby est une grande famille

 

Tout à fait (rires) .

 

On a entendu parler d’un projet qui est dans les cartons en cas de montée en Pro D2, un projet de structuration du stade, un agrandissement des loges, un accueil un peu plus développé. Ça va être les prochaines idées du Sporting Club Albigeois s’il y a montée en Pro D2 ? 

 

Ce sont des projets qu’on avait déjà présentés à la collectivité. On a un projet de stade, d’aménagements avec une grande salle de réception, un club-house qu’on n’a pas à ce jour, les bureaux dans un endroit, l’association et les supporters bien entendu. Après, que les joueurs aient un endroit aussi parce qu’à ce jour, on est un peu séparés, on est un peu partout dans le stade même à l’extérieur du stade. Le but était donc de regrouper toutes les énergies du stade au stade mais aussi de l’investissement qui n’est pas que pour nous parce-que c’est un stade qui peut bénéficier à d’autres sports. Faire une grande salle avec vision sur le terrain, avec des loges, c’est ce qu’on avait en projet. Après, il faut le faire accepter par la collectivité et la réponse qui a été fait est  » tant que vous êtes en Fédérale 1, on ne peut pas. Si vous montez à l’échelon supérieur, pourquoi pas « . Maintenant, il faut attendre les élections mais, c’est un projet que l’on présentera parce qu’on a fait les plans, on a nous-mêmes fait le prévisionnel des structures. C’est un sujet qui pourra redevenir d’actualité. 

 

En parlant des collectivités, on imagine qu’elles poussent à fond pour que le Sporting monte en Pro D2 ? 

 

Toujours ! Je connais plusieurs maires de l’agglo, il y en a beaucoup qui sont des supporters et ils sont tous derrière nous. Donc bien sûr, ils veulent tous que l’on retourne à l’échelon supérieur et ils en sont tous fiers. Maintenant, on croise les doigts. 

 

L’année dernière, on avait aussi entendu parler d’un possible investisseur extérieur. Ce n’est plus d’actualité ? 

 

A ce jour non, ça a été annulé, c’était conditionné à la montée. 

 

Oui mais, comme il pourrait y avoir montée cette année, c’est pour cela que je me pose la question, de réactiver cette piste.

 

D’accord mais ils sont partis (rires). Mais on ne sait jamais, il peut en arriver d’autres. 

 

Le Sporting Club Albigeois est ouvert à tout investisseur extérieur qui pourrait amener sa pierre à l’édifice pour faire grandir la famille jaune et noire ?

 

Pas de problème (rires). Mais on tient quand même à garder la main. En admettant que ça marche, on a quand même un conseil d’administration et des actionnaires. On ne va pas tout diluer, il faut garder la main. 

 

J’entends bien. On va revenir sur le côté sportif, quoi qu’il arrive et on espère qu’il y aura la montée au bout, il manquera quand même un petit sel, un petit quelque chose, ce sont les phases finales, c’est la dynamique que créent ces matchs couperet. Pour le Sporting, en cas de montée, il restera quand même une alternative : faire une belle fête une fois que le déconfinement et les mesures du gouvernement le permettront, pour quand même honorer cette montée en cas de montée en Pro D2 ? Parce-que ça fait aussi partie du rugby et du lien social qu’il y a derrière le Sporting ? 

 

Bien sûr, on essaiera de faire quelque chose. C’est vrai qu’on sera loin de si on avait fait les phases finales, ça n’a rien à voir. L’engouement des phases finales, c’est autre chose mais bien sûr qu’on fera quelque chose. C’est vrai que, quand j’ai pris la présidence il y a maintenant presque trois ans, j’avais émis un rêve. Je n’arrive pas à l’exaucer ce rêve parce qu’en définitive cette année, on ne peut pas aller au bout, tant pis. 

 

Il n’y aura pas de bouclier cette année…

 

Voilà, il n’y aura pas de bouclier. Il faut savoir qu’Albi, depuis la création du club, n’a jamais eu de bouclier de champion de France. L’année dernière, on avait un espoir, on ne l’a pas eu, cette année, on pouvait avoir aussi un espoir et on ne peut pas. On va attendre et j’espère qu’un jour, on aura ce bouclier. 

 

Pour terminer, on a eu votre manager Arnaud Méla il y a quelques jours. Il rappelait que, sur 16 clubs de Pro D2, il y en a 11 qui sont passés par la Fédérale 1. Il disait qu’il fallait que certaines personnes aient un peu de mémoire. Vous corroborez ces propos, il faudrait que vos homologues de la Ligue et surtout de Pro D2 se rappellent d’où ils viennent ? 

 

Oui, tout à fait parce qu’ils sont peut-être des clubs professionnels mais il faut qu’ils sachent d’où ils viennent. Et puis, de toute manière, c’est ca le rugby, c’est à dire un club qui a toujours été dans l’élite et qui d’un coup se retrouve en Fédérale, comme c’est arrivé à Narbonne, Tarbes, Dax et d’autres. 

 

Auch aussi qui remonte

 

Voilà. C’est normal, c’est le rugby donc, fermer la porte, ce n’est pas bien. Il faut qu’on puisse continuer l’aventure. 

 

Des mots et des paroles qui vont sûrement rassurer les supporters du Sporting Club Albigeois?

 

Oui et je voudrai rajouter un petit mot par rapport à ça. Faire savoir aussi, que l’on n‘abandonne rien, Arnaud Méla travaille aussi pour le recrutement. On s’y prend un peu à l’avance mais il faut déjà commencer à chercher selon l’éventualité Pro D2. Donc, on y travaille aussi. 

 

On a déjà vu que deux nouvelles têtes, venues de Bourgogne, arrivaient du côté du Stadium la saison prochaine

 

Oui, j’ai vu que ça avait été évoqué avec l’entretien avec Arnaud dans vos colonnes . On a déjà travaillé et on continue, il faut le savoir. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

L’itw audio du président du SC Albi, lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 10 avril 2020.

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-10-avril-2020/

 

 

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