#Rugby – Fed1 / G.Laporte (Graulhet) : «Ajouter une poule était la moins mauvaise solution!»

Le co-président du Sporting Club Graulhetois, Guy Laporte, aborde un énième maintien du club Tarnais , avec la pudeur qui incombe en ce contexte sanitaire, ainsi qu’un soulagement légitime après une saison lui ayant réservé son lot de peine. L’ancien ouvreur du XV de France, n’en cache pas moins sa satisfaction, face au nouveau format de championnat proposé par la fédération, qui choie les clubs du bas de tableau. Comme beaucoup de clubs amateurs, Graulhet et son illustre international appréhende le futur avec prudence et interrogation certes, mais espère pouvoir recruter malin tout en conservant son ossature. Mais chez les Centres-Tarnais , une chose est sûre, on relèvera une fois de plus le défi d’une nouvelle saison en fédérale 1, qui au vue de nombres de promus, pourrait réserver une lutte au maintien plus ouverte. L’homme fort du SCG, ne cachant pas sa faveur d’une poule régionale avec ses derbys rémunérateurs et galvanisant, ne manque pas au passage, d’activer sa fibre locale en soutenant les voisins Tarnais du SC Albi, dans leur quête de ProD2. Focus sur un bastion de l’ovalie, qui après la crise industrielle des années 90, affronte dorénavant la pandémie Coronavirus avec le recul de celui qui a déjà été marqué par l’adversité.

 

 

Une fois de plus, Graulhet va se maintenir en Fédérale 1. Malgré le contexte qui est pesant, anxiogène et même très inquiétant avec cette crise sanitaire du coronavirus, j’imagine qu’à Graulhet, rester en Fédérale 1 doit être un soulagement pour le président que vous êtes ? 

 

Je ne sais pas s’il faut employer le terme soulagement mais, dans le contexte actuel, c’était difficile pour la Fédération, je pense, de faire autrement. Parce-que je suppose qu’on allait courir vers des litiges, des contentieux, des problèmes entre Fédération et clubs, ce qui n’était pas dans la situation et la saison actuelles, une bonne solution, enfin je crois. Je pense que la Fédération a pris la moins mauvaise des solutions puisque cette décision s’applique au niveau national, c’est à dire de la 4e série à la Fédérale 1. Donc, Graulhet n’a pas été privilégié en quoi que ce soit puisqu’on n’a pas de problème financier à l’heure actuelle. La décision est prise au niveau national pour toutes les catégories. 

 

Ca fait quelques années qu’à Graulhet, vous vous sauvez administrativement. Il y a certains présidents qui disent qu’il faut aller toucher la bosse de Guy Laporte pour avoir un peu de chance ? 

 

Je dirais que pour nous, ce championnat n’était pas fini puisqu’il nous restait 7 matchs c’est à dire pratiquement 1/4 du championnat, il faut quand même le signaler. Donc, c’est sûr que prendre une décision autoritaire alors qu’il reste presque 1/4 du championnat à disputer, ça aurait été dur à avaler pour beaucoup de clubs. Deuxièmement, si on veut parler de la bosse, on a quand même passé une année particulièrement difficile et douloureuse avec ce problème actuel de santé mais on a aussi perdu un joueur. Et croyez-moi, la perte d’un joueur pour un président, c’est quelque chose de vraiment terrible et de dramatique. 

 

Vous avez eu votre lot de malheurs avant d’avoir eu un peu de chance ? 

 

Oui, elle est bien malheureuse la bosse. 

 

On sait aussi que, pour vous, ce maintien en Fédérale 1 est aussi important pour le jeu parce qu’à Graulhet, c’est la mêlée. En Fédérale 2, les mêlées ne sont plus jouées de la même façon et à Graulhet, sans mêlée, il manque quelque chose ? 

 

C’est un autre rugby. Il y a la mêlée qui bien sûr, fait partie de cette conquête et Graulhet, grâce notamment à l’entraîneur Jean-Christophe Bacca qui est justement un grand spécialiste dans ce domaine. Et ensuite parce qu’on a toujours eu des joueurs qui aimaient ce secteur de jeu. C’est vrai qu’on porte l’accent dessus parce-que c’est indispensable comme point fort . Il ne faut pas se leurrer, c’est plus important aujourd’hui qu’un rugby offensif parce-que nos points forts se situent justement à ce niveau du jeu. 

 

Donc, on peut rassurer le fervent public de Pélissou, il y aura encore l’année prochaine de belles parties de manivelles en mêlées à Graulhet ? 

 

Il faut espérer parce-que les piliers sont des denrées rares très recherchées et il faut se battre pour les garder ou en trouver d’autres. Mais, je dirai aussi q’une autre différence, c’est que le jeu n’est pas le même, il faut plaquer exclusivement aux jambes en Fédérale 2. Donc, c’est complètement un autre rugby, on change complètement de dimension. 

 

Pour Graulhet, une descente en Fédérale 2 aurait entraîné beaucoup de changements chez les joueurs ? 

 

Oui, beaucoup voulaient partir avec la Fédérale 2 et, au niveau des avants, il est sûr que sans mêlée, ils vont aller ailleurs. Ils seraient allés la jouer et la pratiquer ailleurs. 

 

On va revenir sur la genèse de ce maintien et comment ça s’est passé. Avec le contexte actuel, on a eu écho que la Fédé était revenu à des usages à l’ancienne, c’est à dire que d’habitude, ça se décide dans des grandes salles à Marcoussis où les clubs sont conviés. Là, ça s’est fait un peu à l’ancienne, au téléphone, avec des discussions et beaucoup d’échanges avec les clubs et la Fédération Française ? 

 

Oui, il y a eu beaucoup d’échanges avec au moins 3/4 interlocuteurs qui ont appelé et rappelé les clubs. Et je crois qu’ils ont fait de l’excellent boulot parce qu’ils ont fait beaucoup de pédagogie pour voir s’il n’y allait pas avoir des problèmes ensuite, si des décisions trop autoritaires étaient prises. Je crois que d’ajouter une poule était la moins mauvaise solution , en facilitant les montées en en supprimant les descentes. Ça veut dire qu’ils ont supprimé aussi un bon nombre de mécontents. 

 

Bien sûr. A la Fédé, ils ont fait un peu comme un député de province fait du maillage territorial en appelant tous les relais qu’ils avaient dans tous les coins de France ? 

 

Oui, là, je félicite les dirigeants de la Fédération car nous, on n’y aurait pas été obligé, mais je crois que la meilleure des solutions était celle-là. 

 

Maintenant que vous êtes en Fédérale 1, j’imagine qu’à Graulhet, il va falloir commencer à plancher sur le recrutement. C’est quelque chose que vous avez activé depuis que vous avez eu l’aval vendredi ?

 

C’est délicat actuellement. Bien sûr qu’on se tourne, il y a des agents, il y a aussi ce qu’on peut savoir de nos futurs choix, ce qu’on peut aussi savoir des joueurs que l’on peut contacter parce qu’il y a aussi un impact sur notre budget, ce n’est pas évident. Il y a des clubs qui peuvent se permettre d’avoir pratiquement tout ce qu’ils veulent et nous, on fait ce qu’on peut. 

 

Il faut recruter malin ? 

 

Oui, c’est vrai et puis, la Fédérale 1 est quand même une division qui peut être une division rebond pour certains. Ceux qui ont connu quelques problèmes, qui veulent se relancer, d’autres qui veulent se faire connaître, la Fédérale 1 est là aussi beaucoup plus profitable pour eux que la Fédérale 2 où ils retombent un peu plus dans l’anonymat. Ce sont tous ces éléments auxquels il faut s’attacher pour recruter donc c’est beaucoup plus difficile qu’un club qui a de l’argent et qui, évidemment, n’a qu’a doublé le salaire et la chose est entendue rapidement. Les joueurs sont aussi très mobiles et il y a tout un contexte, ceux qui jouent en catégorie espoir des grands clubs par exemple sont aujourd’hui de plus en plus sur le marché. C’est très difficile d’y voir clair parce-que beaucoup ont pris goût à être rémunérés, ils veulent rester dans une structure professionnelle, ils n’ont bien évidemment pas abandonné toute ambition, ce qui est normal de ce côté-là. Mais d’un autre, c’est très difficile pour un club au budget réduit de satisfaire évidemment leurs ambitions. 

 

On imagine quand même qu’il va y avoir un recrutement à Graulhet mais vous allez rester sur une épine dorsale avec les Regnier, les Montbroussous, les Montels et consorts. Du côté du staff, on continue aussi avec la paire Bacca/Oro ? 

 

Disons que, comme nous ne visons pas particulièrement le Top 14 ou la Pro D2, nous voulons plutôt un mix entre la performance et l’état d’esprit. Tout est important pour nous donc tout casser ne serait pas la meilleure des solutions parce-que, comme je le dis, ceux qui peuvent prétendre à cela sont ceux qui peuvent s’asseoir sur un budget conséquent et dans ce cas, uniquement dans la recherche de la performance, nous, c’est tout à fait différent. Après, les joueurs sont bien sûr libres. Il y en a qui prennent le large qui parfois, comme ils ont tous un métier, ont parfois un peu de lassitude et vont faire davantage d’entraînements, davantage de sérieux et d’efforts consentis. Donc, parfois, ça ne se marie pas très bien. 

 

Une chose qui peut peut-être remotiver certains joueurs qui ont un peu de lassitude, c’est que Graulhet, l’année prochaine, aura sûrement une épingle du jeu à tirer. On fait un calcul très simple, l’année dernière, on était 48, cette année, il y aura 60 clubs dont une quinzaine qui monte de Fédérale 2. Le jeu sera peut-être plus ouvert pour Graulhet avec plus de fenêtres pour se faire plaisir, aller accrocher des victoires et aller jouer au-dessus de la ligne de flottaison ? 

 

Bien sûr, c’est aussi ce qui incite à vouloir rester dans cette division. Parce-que la donne est différente et correspond évidemment davantage à ce que doit être la Fédérale 1 et à ce qu’était la Fédérale 1. Ce n’est pas en mélangeant les professionnels et les amateurs qu’on construit une véritable Fédérale 1. On était un peu  » sorti  » pour des raisons pratiques, financières suite à l’échec de la poule Elite et de faits dramatiques pour certains clubs; 

 

Lille ou Limoges entre autres

 

Voilà, je ne citerai pas de nom mais la Fédération avait choisi la facilité pour, disons, faire plaisir à beaucoup de clubs qui étaient en difficulté. On était sorti de l’essence même de la définition de la Fédérale 1 au tout début qui était la première division amateur, je le maintiens.  

 

En plus, il y a des clubs qui vont vous parler à Graulhet. On voit qu’Auch remonte, Limoges, Périgueux … Ce sont des clubs qui ont aussi un passé et une histoire ? 

 

C’est vrai que ça donne de la possibilité et puis, je vois qu’Auch et les autres n’ont pas non plus des budgets démentiels. Je crois qu’on retrouve un petit peu pour la Fédérale 1, dans notre région au moins parce-que je sais qu’il y a des régions qui sont plus enchantées jusqu’à aujourd’hui. 

 

Ça donnera aussi de belles affiches. Auch/Graulhet ou Graulhet/Bagnères, il y a 30 ans, ça faisait la une du Midol

 

Oui, d’ailleurs, quand Albi est venu, ça a été l’occasion de jouer entre voisins par un bel après-midi, avec des tribunes remplies. Sur le terrain, la différence s’est fait sentir mais c’est tout à fait logique pour un club professionnel. Mais, je veux dire que le fait de jouer des derbys ou contre des villes plus proches, ça permet aussi aux spectateurs de pouvoir se déplacer. Et aussi un petit peu de jouer sur notre registre de rivalités, un peu artificiel, mais qui existe toujours et qui fait passer un meilleur après-midi. 

 

Vous me tendez la perche, on va en arriver au Sporting Club Albigeois. C’est le club rival mais cousin, pour preuve, le président actuel est le fils de l’ancien président du Sporting Club Graulhetois. On voit qu’Albi comme Massy veulent monter en Pro D2. La LNR avait dit non d’un revers de la main, la FFR est en train de monter au soutien dans le ruckavec Bernard Laporte en pointe. Qu’est-ce que vous pensez de cette situation ? Vous n’avez pas l’impression que la LNR dénigre un peu la Fédérale 1 en disant à Albi  » non, non, passez votre tour  » ? 

 

C’est plus compliqué que ça. D’abord, je souhaite évidemment à Albi de pouvoir jouer en Pro D2 parce qu’Alain et son équipe ont fait un boulot extraordinaire pour structurer ce club et les mettre en condition pour pouvoir accéder et bien figurer. Donc, disons qu’il serait dommage que ce boulot soit, non pas complètement perdu parce-que le club ne disparaîtra pas mais freiné dans ses ambitions légitimes et dans son parcours. Parce-que c’est vrai que, quand on est dirigeant et qu’on met tout en oeuvre alors que c’est difficile à tous les niveaux de trouver aujourd’hui des partenaires et des joueurs, se voir presque retirer la possibilité et l’accès est quand même très dur. Ensuite, si on regarde de plus près et de manière plus large, c’est sûr qu’il y a trois clubs aujourd’hui qui peuvent prétendre et qui légitimement aussi peuvent dire  » pourquoi pas moi ? « . Bourg dit  » oui mais nous, on avait une poule plus dure « , c’est vrai aussi par rapport à Massy et Albi. Donc, si personne ne se désiste, c’est déjà difficile, c’est un point difficile. Après, premier national ou autre, c’est vrai aussi, ça peut faire un malheureux à la fin. 

 

C’est certain

 

Ensuite, il y a la position de la Ligue. C’est sûr qu’à partir du Top 14, faire descendre un club de manière autoritaire comme le Stade Français, avec tout l’investissement qu’il y a eu et la volonté de rebondir, ce n’est pas simple non plus. Dans les réunions, ça ne doit pas être très simple parce qu’il y a aussi y avoir des contentieux comme le championnat n’est pas fini mais la saison aura du mal à reprendre. C’est très délicat et puis en Pro D2, ils sont déjà 16, en mettre 18 est peut-être la seule possibilité. Eux en plus n’ont pas la concurrence de l’équipe de France.

 

Et puis, les diffuseurs seraient contents, ça leur fait des dates en plus ? 

 

Voilà, je crois que celle-là aussi serait la moins mauvaise des décisions. Mais, il y a deux problèmes : il y a le problème de rajouter deux clubs et le problème de choisir entre trois clubs. Peut-être qu’il faut en mettre trois et tout le monde sera content au niveau de la Fédérale 1 (rires). 

 

Peut-être que trois, ça sera un de trop aussi parce qu’il y a de la place pour deux mais pas pour trois

 

Ce n’est pas facile mais il faut quand même entendre toutes les positions. 

 

Pour Graulhet, il y aurait une part de fierté à voir Albi en Pro D2 parce-que quand vous les verrez sur Eurosport, vous vous direz  » l’année dernière, on s’est frotté à eux et on les a même fait un peu trembler à Pélissou  » ? 

 

Bien sûr, moi, je suis même très supporter du SCA sauf quand ils sont contre nous (rires)

 

C’est de bonne guerre

 

C’est très bien ce qu’ils font et puis Albi, c’est la préfecture du Tarn, il y a des efforts qui sont faits depuis longtemps. Et puis, il n’y a pas si longtemps, ils étaient en première division sous l’ère Béchu, il ya eu de très jolis matchs. 

 

Et puis de jolies mêlées comme vous les aimez à Graulhet ? 

 

Une terrible mêlée et une terrible ligne d’avants ! C’est vrai qu’Albi, préfecture, a toute sa place en Pro D2, c’est l’inverse qui est anormal, qui serait anormal. Et cette année, sur le terrain, ils étaient en train de se gagner brillamment la place. Mais, il y a toujours bien évidemment deux ou trois points d’incertitude qui ne sont pas faciles à trancher. Disons qu’on peut tout comprendre. 

 

On va maintenant revenir sur votre club, les mégissiers de Graulhet. On sait que cette année a été un peu compliquée en espoirs et que la Fédération Française est en train de mettre des mesures d’aménagement. Pour cette catégorie espoirs, vous avez peut-être un message en tant que petit club de la Fédérale 1 sur vos attentes ? 

 

Oui, c’est très sévère déjà parce qu’au niveau des effectifs, on ne peut pas monter trop haut. Quand les joueurs ne jouent pas et bien, ils s’en vont faire la joie de clubs en-dessous, au niveau inférieur. On ne peut pas non plus atteindre un effectif trop pléthorique. C’est vrai que ça peut nous perturber parce-que quand on a beaucoup de blessés au cours de la saison, on tape dans les espoirs qui ont eux-mêmes leurs propres difficultés. Il y a trop souvent une épée de Damoclès parce-que si le club déclare forfait, au bout de la 3e fois, c’est le club et l’équipe 1 qui sont sanctionnés. Donc, il n’y a pas que l’équipe espoir et puis, je crois qu’il faut avoir au moins 18 joueurs qui soient sur la feuille de match, c’est difficile. Pour cela, il faudrait aussi qu’il y ait beaucoup de juniors qui soient en capacité de jouer et donc, en 3e année. On rencontre les mêmes problèmes. 

 

Dans ces derniers jours où l’on voit que la Fédération Française de Rugby essaie d’aménager les choses pour que le rugby français et le rugby amateur arrivent à passer cette crise du coronavirus avec des aménagements financiers, des aménagements réglementaires ou même de compétitions, peut-être qu’un aménagement sur la catégorie espoirs serait salutaire et bienvenu ? 

 

Oui, parce qu’il ne faut pas se leurrer, c’est le rugby aujourd’hui lui-même qui n’a pas les mêmes facilités pour évoluer qu’à une certaine époque antérieure. C’est difficile aujourd’hui, il y a d’autres mouvements dans la société qui font qu’il y a des disciplines sportives qui sont évidemment au moins aussi attirantes que le rugby. A part dans les grandes villes, c’est difficile, on le voit avec le nombre de licenciés. Il faut s’accrocher pour pouvoir maintenir ce niveau d’attractivité. Dans certaines contrées, ce n’est pas évident comme auparavant. 

 

Les clubs professionnels en parlent beaucoup mais c’est pareil pour les clubs amateurs, un sou est un sou. L’impact économique qu’il va y avoir après la reprise, que l’on souhaite le plus tôt possible et que cette crise passe le plus tôt possible, sur tous les clubs de rugby français, du plus petit de série au plus grand du Top 14, ne sera pas neutre. Ce sera aussi le cas à Graulhet ? 

 

Oui ça, c’est la grande inconnue, c’est un peu comme le virus qui nous frappe aujourd’hui. On ne connaît pas bien la date de sortie et on ne connaît pas bien comment va s’effectuer la reprise. Au niveau des particuliers, c’est une chose mais au niveau des entreprises, c’est sûr que ça va être très difficile, au moins pour la reprise et ça va peut-être coïncider avec la reprise du championnat. Donc, pour établir un budget, ça va être difficile à notre niveau. Même si les entreprises ont la volonté, on ne sait pas si elles auront les mêmes possibilités. Il faut espérer et c’est pour cela que, quand vous parliez de recrutement, il va falloir faire très, très attention. 

 

Quand on entend un club comme Saint-Jean-de-Luz, 750 000€ de budget, qui dit qu’il sait déjà qu’il aura 80 000/100 000€ de perdus ou de très compliqués à aller récupérer, c’est aussi un peu de cet ordre-là à Graulhet ? 

 

On n’est pas à 700 000 (rires)

 

Je parle de la proportion. Tous les clubs vont subir entre 10 et 20% de proportion sur leur budget, c’est à peu près ça pour Graulhet, grosso modo ? 

 

Il y a deux choses. Déjà, on n’avait pas fini la saison puisqu’il nous restait 7 matchs. 

 

Et puis, une belle billetterie puisque Graulhet/Lavaur, c’est un derby habituel en Fédérale 1 et génère des foules ? 

 

Il y a la billetterie et puis tout ce qu’on ne dit pas. L’argent qui n’était pas rentré, ça m’étonnerait qu’il rentre et celui qui était prévu pour rentrer aux mois de Mars, Avril, Mai, ça m’étonnerait qu’il rentre aussi. C’est double peine donc, quand on parle de 100 000 ou de chiffres comme ça, nous, on peut pratiquement s’asseoir sur 30 000. Et on va ré-attaquer avec de nouvelles difficultés donc ça va secouer pour tous ceux qui ont ces budgets comme Saint-Jean-de-Luz avec 700 000 ou en-dessous. Ceux qui sont à 2 ou 3 millions, c’est sûr que pour eux, 100 000, ils vont y arriver. Mais même eux vont devoir réduire la voilure sinon, je ne vois pas comment (rires). Je ne vois pas comment parce qu’au moins jusqu’à la fin de l’année, en intégrant la reprise, ça va certainement se faire de manière modérée. C’est vrai que ça ne va pas être pour eux, aller sponsoriser des activités sportives, je ne pense pas mais je souhaite me tromper. 

 

On sait aussi qu’en tant que président, vous le vivez un peu à l’ancienne avec un côté paternaliste, vous êtes très proches des joueurs. Comment vous les sentez dans ce contexte ? Ils doivent déjà être inquiets de par la situation générale et de plus, le contexte sportif et économique de la Fédérale 1 doit aussi les préoccuper. Vous êtes là-aussi pour les rassurer et leur faire passer les bonnes infos ? 

 

Oui, je voudrai déjà dire que, même si je crois être le président exécutif, on est quand même quatre vice-présidents. Il ne faut pas les oublier même s’ils sont moins présents car ils travaillent tous. En ce qui concerne les joueurs, il y a les coaches qui leur ont demandé d’appeler chaque joueur et de voir ce qu’ils en pensaient. Au départ, c’était pour voir s’ils pouvaient se préparer de manière perso mais maintenant, comme le confinement se durcit encore plus, ce n’est plus la peine de leur demander des efforts. Déjà, c’est pour savoir s’ils veulent rester et leur faire passer le message qu’au niveau budgétaire, on ne sait pas où on va mettre les pieds. Nous, notre but est de limiter au maximum mais, tant qu’on ne peut pas sortir de son domicile et qu’on reste dans le confinement actuel, on met ce statu quo sachant qu’on a quand même quelques mois devant nous. Avec la sage décision de la Fédé de tout arrêter, j’espère qu’on pourra se positionner dans un délai assez rapide. A partir de là, on pourra se rapprocher des partenaires et on pourra dire avec les joueurs que ce sera soit le statu quo soit une diminution de la voilure. Je pense qu’elle ne sera pas énorme parce-que quand on fonctionne sur un budget qui n’est pas important, disons qu’on peut modérer la réaction. 

 

Vous avez plus de latitude ? 

 

Voilà

 

On va finir sur un registre un peu plus guilleret et un peu moins pesant. On sait que vous êtes un hyperactif, est-ce que vous arrivez à tenir le coup dans ce confinement ? J’imagine que vous devez tourner en rond dans votre maison ? 

 

Oui, c’est très dur. Et je vais le dire encore une fois, heureusement qu’il y a le rugby (rires). 

 

Vous regardez de vieilles cassettes ? 

 

Non, ça permet de passer les journées beaucoup plus vite. Il y a l’actualité, il y a toujours des problèmes administratifs à régler, je suis toujours en contact avec le secrétaire, le trésorier et les coaches, les journées passent plus vite. Et puis, il y a aussi quelques agents qui m’appellent et parfois quelques journalistes. 

 

On vous occupe ? 

 

Ça rend la journée plus agréable (rires)

 

Je vous appellerai plus souvent alors comme ça, j’aurai une mission sociale en même temps, de rendre agréable votre journée

 

C’est toujours avec plaisir que l’on répond à des journalistes qui soutiennent avec enthousiasme la Fédérale 1. 

 

C’est gentil. Une question humour pour finir : on a vu qu’il y avait pas mal de challenges sur les réseaux sociaux, sur internet entre joueurs. Vous, dans votre jardin, vous pourrez en faire un de challenge. Vous mettez une paire de poteaux et vous essayez de refaire votre drop mythique en Irlande à Lansdowne Road ? 

 

Il ne fait pas 50m donc, je ne pourrai pas et en plus, je n’en aurai plus la force (rires)

 

Il faudrait empiéter chez le voisin et peut-être qu’il râlerait ? 

 

Oui et puis, il vaut mieux que ce soit le voisin qui le tape, il a plus de force que moi (rires)

 

On va finir sur cette note d’humour qui donne un peu de bonne humeur dans ces moments qui sont pesants et on vous dit à très bientôt 

 

Merci de nous faire passer les journées plus vite 

 

Avec grand plaisir et à très bientôt sur les terrains de Fédérale 1

 

Ne relâchez pas vos efforts en attendant les nôtres (rires)

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-7-avril-2020/

L’itw audio de Guy Laporte , lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 7 avril 2020.

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