#Rugby – Fed1 / F.Roux ( Perigueux) : «Le CAP a toujours eu sa place dans les 40 meilleurs clubs français.»

Francis Roux, le président du CA Périgueux Dordogne, dont le club vient d’accéder à la Fédérale 1 nous a accordé en début de semaine, une interview. Pour ce club ayant connu l’élite du rugby hexagonal, ce comeback est une véritable résurrection après un début de millénaire compliqué, que les avaient vus descendre en fédérale 3. Focus sur Francis Roux, un président bâtisseur, heureux de voir son club retrouver une division qui a écrit quelques belles pages de l’histoire de ce bastion de l’ovalie.

 

Francis Roux, pour Périgueux, ça va donc être un come-back en Fédérale 1. Pour les plus jeunes, qui ne connaissent peut-être pas l’ADN de Périgueux, c’est un club qui, dans les années 50/60, a eu un premier âge d’or puis un second à la fin des années 70, début des années 80 avec le groupe A. Ça a perduré avec la Pro D2 jusqu’en 2005 puis il y a eu un lent déclin avec des coups du sort qui sont venus frapper le club comme entre autres le décès de Féao Lattu sur un terrain et la relégation en Fédérale 3. Et là, on a l’impression qu’en Dordogne, il y a un regain de Périgueux qui remonte les échelons pas à pas ? 

 

Oui, le club était dans des ornières très profondes et puis petit à petit, il relève la tête et essaie d’avancer comme il peut avec ses moyens. Aujourd’hui, on accède à la Fédérale 1, ça n’a bien sûr pas la même saveur que si on avait fait des phases finales mais, dans le contexte actuel, une joie, ce n’est quand même pas mal. 

 

Quand on vous suit sur les réseaux sociaux, dans les journaux locaux, la volonté de Périgueux était indéniable. C’était la montée cette année ou l’année prochaine en Fédérale 1. Il y avait un objectif sportif qui était prégnant ? 

 

Oui parce-que Périgueux est une terre de rugby, le CAP a toujours eu sa place dans les 40 meilleurs clubs français. Donc, il retrouve son niveau et on va tout faire pour y faire bonne figure et essayer d’y rester. 

 

On voit qu’il y a beaucoup de clubs de Fédérale 2 qui ont une inquiétude de franchir le pas économiquement, de plus avec le contexte actuel où l’on sait qu’il y aura derrière des dommages collatéraux sur l’économie du sport et sur l’économie en général, mondiale et française. Où en êtes-vous avec Périgueux au niveau de cette optique-là ? 

 

Je suis comme tous les présidents de clubs, je suis dans l’expectative. On va regarder comment ça va se passer mais je crois que personne n’est capable de dire comment. Il est sûr que cela sera moins bien que ça n’a été cette année donc il faudra faire avec. Il est certain que la crise corona plus la crise économique qui va suivre va laisser des traces donc, à nous d’être prudents et de ne pas faire n’importe quoi. Comme tous les clubs, que ce soit du rugby, du foot, tout ce qui dépend du sponsoring, quel que soit le niveau. 

 

En plus, il y a eu depuis quelques années une course à l’armement en Fédérale 1, peut-être que cette crise va un peu l’endiguer. Mais dans tous les cas pour Périgueux, il va falloir s’armer sportivement pour lutter à armes égales et s’installer dans cette Fédérale 1 ? 

 

On va faire ce qu’on peut, on fera avec nos moyens. Donc, bien sûr qu’on essaiera de recruter mais en fonction de nos possibilités et l’objectif pour une première année sera de se maintenir à ce niveau-là, après, on verra bien. Je crois que l’année qui va arriver va être budgétairement très compliquée et il ne faudra pas faire n’importe quoi. 

 

Vous êtes sur un bassin avec pas mal de clubs qui sont au même échelon. Quand on voit Trélissac, Bergerac, Cognac qui n’est pas loin non plus, Brive, cela fait pas mal de clubs qui sont dans la même concentration et qui sont à des niveaux sportifs très intéressants ? 

 

Oui, ça fait des derbys et au moins, s’il y a des derbys, il y aura des recettes, ça se sera déjà pas mal. 

 

Ça, c’est le verre à moitié plein. Le verre à moitié vide, c’est que ça doit aussi frotter économiquement pour aller chercher des partenaires ? Parce-que quand on est sur les mêmes zones de chalandises, ça doit parfois être compliqué de se partager les partenaires ? 

 

Pour le moment, on y est arrivé. L’inconnu, c’est qu’est-ce que vont pouvoir faire nos partenaires ? Est-ce qu’ils pourront maintenir le même niveau d’engagement ? S’ils le baissent, de quel montant vont-il le baisser ? Ce sont des questions auxquelles je ne peux pas répondre et auxquelles personne ne peut répondre. On est dans la crise corona mais on va rentrer dans la crise économique. Il est très difficile de faire des estimations et des budgets donc on va être prudents. 

 

Les conséquences de cette crise sanitaire, c’est qu’il a fallu adapter dans le monde du rugby les championnats, les clôturer, projeter de nouvelles saisons. On sait qu’il y a eu beaucoup de consultations à la FFR. Le fait que Bernard Laporte ou Maurice Buzy-Pucheu ou d’autres membres imminents de la Fédération viennent auprès des clubs vous consulter et avoir un peu votre avis pour savoir comment vous voyiez les choses sur les mesures et l’organisation des championnats qui ont été mises en place, est-ce que cela vous convient à Périgueux ? 

 

Oui, ça nous convient. On nous a demandé notre avis, on nous a consultés individuellement donc au moins, cela ne s’est pas fait sans nous consulté ce qui était déjà pas mal. Après, qu’il y ait une montée comme ça cette année, que tout le monde monte, je crois que ça récompense aussi les efforts qu’on fait toutes les équipes qui sont 1ères ou 2es de ce championnat. Moi, je suis très satisfait de ce qui s’est passé. 

 

Il y a une légende urbaine qui est en train de monter, des présidents de clubs qui racontent que Bernard Laporte les a appelés en direct au téléphone  » Bonjour, c’est Bernard Laporte « , certains ont pris ça pour un canular. Vous aussi, vous avez reçu le fameux appel de Bernard Laporte ? 

 

Oui, c’est vrai, il a appelé tous les présidents de clubs. 

 

C’est symptomatique de cette crise où on demande beaucoup plus de solidarité, beaucoup plus de liens directs avec les gens sans pouvoir les côtoyer ? Là, ça se met en place même à l’échelle de la Fédération ? 

 

Je trouve que c’est bien que le président de la FFR prenne son téléphone et appelle chaque président de clubs dans le contexte actuel. Je trouve que c’est très bien et je l’en remercie. 

 

A Périgueux maintenant, comme on le disait, il va falloir bâtir une équipe mais il y a aussi une compétition avec une poule. Quelle est la poule dont vous rêvez en tant que promu ? Beaucoup de derbys mais pas trop de grosses cylindrées ? 

 

Franchement, je suis aussi chef d’entreprise et depuis quelques semaines, je suis préoccupé par le travail. Donc, je n’ai pas réfléchi et je prendrai ce qu’on nous donnera en poule. Je ne suis pas difficile. 

 

En parlant de la crise coronavirus, on sait qu’à Périgueux vous êtes un club avec des pluriactifs. Vous avez des joueurs qui sont en première ligne, au front face au Covid-19 ? Des infirmiers, ambulanciers, médecins ? 

 

Non, nous n’avons pas de joueurs qui sont dans ce secteur d’activité. 

 

On va également parler avec vous d’une personne qu’on aime beaucoup au Mag Sport, car nous sommes un média  albigeois et il s’agit de l’ancien coach des lignes arrières au Sporting Club Albigeois; Benjamin Bagate. Il a l’air de s’être bien adapté au climat de la Dordogne parce-que les résultats sportifs avant l’arrêt de la saison étaient quand même vraiment satisfaisants ? Vous étiez seconds dans les talons de Limoge avec même une possibilité d’aller les coiffer au poteau ? 

 

C’est un peu dommage que la saison ne se termine pas parce qu’on avait un calendrier qui était favorable. On avait beaucoup de matchs retour à domicile donc on pouvait espérer finir premiers. Mais ce n’est pas le cas, on ne peut pas refaire l’histoire donc c’est comme ça. C’est la deuxième année de Benjamin, je crois qu’il se plaît ici, nous, on est content de l’avoir donc tout va bien. 

 

On sait qu’il vous faudra beaucoup de courage à Périgueux l’an prochain pour affronter cette Fédérale 1. C’est un beau cadeau mais il y a du pain sur la planche. Mais vous avez déjà fait une bonne partie du chemin en remontant le club de Fédérale 3 à Fédérale 1. Quelle a été la recette pour remonter le club jusqu’à cet échelon ? 

 

D’abord, le club de Périgueux n’est pas n’importe quel club. Ce sont 600 adhérents, c’est tout un monde associatif, c’est une école de rugby, il y a des racines et une culture rugby à Périgueux. Il y a des erreurs et des maladresses qui ont été faites mais on met un mouchoir dessus et on est reparti. Le club retrouve petit à petit son niveau sans faire le fanfaron. On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a. 

 

Si je comprends bien, vous vous êtes appuyé sur l’ADN du club. Pour nous qui sommes un peu de l’extérieur, quel est cet ADN ? Faites- nous un peu la promotion de ce club de Périgueux

 

C’est comme tous les clubs de rugby. C’est une école de rugby avec plus de 120 gamins, il y a toujours eu du rugby à Périgueux. Moi, si je suis président de ce club, c’est parce-que j’y ai joué gamin. Si je m’y donne aujourd’hui, c’est pour que ce club survive et il y a beaucoup de gens comme ça à l’intérieur de ce club, à tous les niveaux. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est encore là parce-ce qu’il y a beaucoup de clubs qui seraient passés à la trappe avec ce qu’il a subi. Il a subi beaucoup de malheurs et là, il remonte petit à petit. 

 

C’est le phénix qui renaît de ses cendres ? 

 

On n’a jamais été des phénix à Périgueux mais on a été un bon club de National, avec une position dans les 30. 

 

Il y a quand même eu des moments de gloire avec des quarts de finale de championnat de France, des moments qui ne sont pas neutres ? Peut-être que ça parle moins aux jeunes générations mais, pour les anciennes, Périgueux était un bastion du rugby ? 

 

Oui, c’est bien pour ça qu’il existe toujours et que, comme vous le dîtes, il renaît de ses cendres. 

 

On imagine que pour vous, l’année prochaine, une saison réussie serait gagner un derby avec un maintien à la clé ? 

 

L’année prochaine, si on peut se maintenir en Fédérale 1, on y verra mieux après. S’adapter à la Fédérale 1 et après, on y verra plus clair. 

 

Un petit derby au passage ne serait pas mal aussi ? Ça mettrait  » un peu de sel dans la soupe  » comme on dit ? 

 

Si on a quelques derbys, si on a des clubs qui ne sont pas trop loin et qu’on puisse faire un peu de recettes, ce sera avec plaisir. Un derby, c’est toujours plus savoureux. 

 

Merci d’être venu nous parler de votre club du CA Périgueux Dordogne. On vous souhaite le meilleur pour cette nouvelle saison en Fédérale 1

 

Merci à vous

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

L’itw audio de Francis Roux lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 7 avril 2020.

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-7-avril-2020/

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