#Foot – N3 / A.Bénédet (Blagnac) « Au football, on peut toujours annoncer la couleur, mais ce n’est pas pour autant que les résultats suivent »

Qualifié pour le cinquième tour de Coupe de France, une des très dernières équipes invaincues de cette poule de National 3 Occitanie, le Blagnac FC répond présent en ce début de saison 2021-2022. Pour le coach des Caouecs, Alain Bénédet, cette entame vient récompenser le travail en amont réalisé dans toute la structure du club pour permettre au Blagnac de monter en puissance petit à petit.

Blagnac en déplacement à Aussonne en Coupe de France / Crédit Blagnac FC

Ça fait un mois et demi que la saison a commencé. On peut dire que tous les feux sont au vert du côté de Blagnac, vous êtes leader du championnat, l’une des dernières équipes de la poule encore invaincue. Une seule équipe a grappillé des points contre vous. Vous êtes en train de tuer la concurrence petite à petit…

Après on prend les matchs comme ils viennent un par un. Maintenant, j’attaque ma troisième semaine au club, on a su petit à petit monter un groupe solide avec des joueurs qui sont venus de l’extérieurs mais aussi profiter des qualités des jeunes issus du club en les faisant monter. Moi, je laisse portes ouvertes aux jeunes de l’équipe 2 et de l’équipe 3. C’est une politique qu’on a mise en place avec le président. Quand le président m’a fait venir à Blagnac, il voulait que je sois manager général de tout le club et donc que je structure le club, que ce soit de l’école de foot jusqu’à l’équipe une.

Vous êtes arrivés donc sur la pointe des pieds pour travailler de A à Z…

Voilà. Après, je ne suis pas là pour dire c’est comme ça et pas autrement. Je vois pour m’approcher de plus en plus des éducateurs pour subvenir à leurs besoins en mettant en place une politique au niveau de l’école de foot. Ce qu’il n’y avait pas avant, ça veut dire qu’on travaille beaucoup dans la coordination et on met beaucoup en avant l’aisance et le plaisir du footballeur. C’est la chose la plus importante parce qu’on mettait plus en avant les résultats. Alors qu’au départ il faut donner l’amour du football aux jeunes. Le message est bien passé, ça se ressent au niveaux des résultats du club en général. Maintenant, c’est le football. Il ne faut pas se prendre la tête. Il faut travailler, prendre les choses comme elles viennent et surtout rester humble. Au football, on peut toujours annoncer la couleur, mais ce n’est pas pour autant que les résultats suivent.

Oui beaucoup d’équipes ont déjà annoncé des ambitions par le passé en s’y cassant les dents…

Oui c’est un peu la philosophie du sport en général.

Du côté de l’équipe fanion, Blagnac entame sa cinquième saison en National 3. Au début les Caouecs cravachaient pour le maintien pour maintenant jouer les premiers rôles. Vous parliez d’ambitions. Quelles peuvent-être les ambitions de Blagnac pour les équipes seniors cette saison ?

Il y a deux ans, nous avons eu la chance que l’équipe réserve finisse meilleure deuxième et monte en R1. Elle est donc juste une division en dessous. Ce qui est important quand on fait descendre des joueurs de l’équipe fanion pour donner du temps de jeu. L’objectif du club, c’est de jouer les premiers rôles, d’être le plus haut possible en sachant qu’avec les nouvelles réformes cette année, il y a quatre descentes dans notre poule sur 14 équipes. Sans oublier qu’il risque d’y avoir une cinquième descente dans la mesure où la réserve de Montpellier, qui a été repêchée en Nationale 2 est dernière au classement. Si elle venait à descendre, ça donnerait cinq descentes pour nous en R1. Ça serait quand même assez lourd. C’est pour ça, si on peut prendre les points d’entrée et rester dans le haut du tableau, déjà, il y aurait moins de pression à ce niveau-là.

Vous voulez déjà assurer d’évoluer en N3 la saison prochaine …

Oui voilà, puis après, rester en contact du haut de tableau. On ne sait pas ce qui peut se passer dans les cinq dernières journées. On peut être deuxième, troisième. On peut être à l’affût et la dernière ligne droite peut être importante.

La N2 peut-elle être une finalité en soi dans les prochaines années ou est-ce que pour le moment ça n’est pas d’actualité ?

Quand je suis arrivé au club, l’objectif était de bien structurer le club, d’apprendre à connaître l’équipe, à mettre une équipe en place. Je m’étais donné deux ans pour mettre une équipe en place pour viser la montée. L’objectif du club, sans aucune pression car le président ne me met pas de pression là-dessus, ce serait de connaître la National 2. En sachant que dans la banlieue de Toulouse, il n’y a que Colomiers à ce niveau alors que notre région devrait avoir le TFC en Ligue 1 et au moins avoir deux clubs en National ou National 2 venant de la banlieue Toulousaine. On est dans une région assez riche en football, même si c’est davantage une terre de rugby. Ça l’a toujours été, mais pour moi, niveau football, il y a trop d’équipes en dessous alors qu’il devrait y avoir davantage d’équipes à plus haut niveau derrière le TFC.

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Vous dites donc ne pas avoir de pression. La N2 est donc un objectif à terme, sans deadline du coup.

Non du tout. L’essentiel reste de structurer le club. Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Le plus important c’est la montée de la réserve en R1. On a l’équipe 3 en R3 pour former les jeunes. C’est un bon tremplin. Jusqu’à maintenant, on est bien dans la marche à suivre. Maintenant si on peut atteindre d’ici deux ans la N2, ça serait une bonne chose pour montrer la progression du club. Mais il faut aussi continuer à structurer. On a des structures d’un club de Ligue 2, il faut en profiter. On a une commune riche, la mairie est très sportive et elle est prête à suivre aussi l’opportunité des clubs que ça soit le rugby ou le football. Il faut en profiter. Après ce n’est pas une fin en soi. Le plus important est d’asseoir le club à tous les niveau pour que si demain j’arrête au club pour différentes raisons, qu’on laisse un outil de travail en place et que la personne qui arrive derrière puisse prendre un relais en amenant de la fraîcheur mais dans la continuité.

Une mairie qui suit tant le foot que le rugby, le Blagnac Rugby, pensionnaire de Nationale 1, est également une étoile montante du rugby Occitan…

Oui tout à faut. Christophe Deylaud a fait un super boulot. Il a bien structuré le club. Je crois qu’il y est resté sept ans. Là, il vient de signer à Agen. Il laisse une place solide dans le rugby. Ses adjoints (retrouvez l’interview d’Eric Escribano ici) ont pris le relais en amenant aussi de la fraîcheur, mais il a laissé aussi un bel outil à exploiter.

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On va revenir sur votre dernier succès, 3-0 à St Juery pour le compte du quatrième tour de Coupe de France. Cette victoire n’est pas sans rappeler votre élimination une année plus tôt quasiment au même stade de la compétition à Marssac, un autre club Tarnais. La qualification cette saison n’est-elle pas une preuve supplémentaire de la montée en puissance de votre équipe ?

Oui l’équipe a grandit. Contre Marssac, j’avais fais un turn-over. J’avais mis quelques joueurs au repos. A St Juery, j’avais huit joueurs blessés sur un effectif de 25 joueurs. J’ai fais aussi tourner un peu, je n’avais pas trop le choix sur ce match. J’ai eu l’occasion d’aller voir St Juery le week-end précédent contre Montauban. J’ai vu une belle équipe de St Juery avec de très bons jeunes, de la qualité. Malgré que ça soit un terrain difficile à pratiquer car il n’est pas roulé ce qui donne beaucoup de faux rebonds, vous allez me dire que c’est pour les deux équipes, mais de notre côté on joue quand même sur des beaux terrains qui facilitent de jouer en une-deux touches de balle, c’est une équipe qui m’a beaucoup surprise. J’avais présenté un sujet à mes joueurs expliquant que c’était une équipe joueuse et très vivace, qu’il fallait être très prudent. On a montré notre place de leader de N3 et on a mis l’accent d’entrée de jeu. Le fait d’ouvrir la marque assez rapidement, ça nous a permis d’asseoir le résultat final.

D’autant que cette rencontre avait une saveur particulière pour vous avec la présence d’un de vos anciens joueurs à l’US Albi, maintenant sur le banc de St Juery, François Julien.

Oui tout à fait. François Julien fait du très bon boulot à St Juery depuis quelques années. Il était un de mes joueurs quand j’entraînais l’US Albi. Ensuite, il y avait des joueurs qui viennent de mon village, Valence, les frères Carme, je connaissais un peu quelques joueurs passés par l’US Albi. Il y a de la qualité avec un groupe intéressant. D’ailleurs ils l’ont prouvé depuis le début de la saison puisqu’ils étaient invaincus. J’ai eu l’occasion de faire tourner un peu lors de notre entrée en Coupe de France contre Aussonne, un club dans la poule de St Juery…

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Et ça a failli vous coûter cher…

Oui ça m’a coûté cher mais j’avais gardé des joueurs titulaires sur le banc. Heureusement d’ailleurs. Quand je les ai fais rentrer en deuxième mi-temps, c’est là que nous avons pu faire la différence. C’est un peu aussi le charme de la Coupe. On l’a vu le week-end dernier, beaucoup de grosses équipes sont tombées.

Oui, vous faites d’ailleurs parti des derniers rescapés

Oui avec Muret. Il ne reste plus grand monde.

Avec ce charme de la Coupe, sachant comme on a dit beaucoup de gros adversaires sont déjà tombés en Occitanie, la Coupe peut-elle représenter un objectif intéressant pour faire une épopée et mettre le club en lumière ou vous préférez rester focus sur le championnat et assurer de se prémunir contre les nombreuses descentes dont vous parliez ?

Il y a deux choses. La Coupe est intéressante dans la mesure ou moi ça me permet de faire un turn-over. Je ne garde jamais la même équipe d’un week-end sur l’autre que ça soit en championnat ou en Coupe. Quand je suis arrivé à Blagnac, j’ai donné la chance à tous les joueurs en fonction de la semaine d’entraînement pour que tout le monde puisse rentrer dans cette équipe-là. Ça a été dur au début à mettre en place parce que les équipes titulaires les autres années ne comprenaient pas pourquoi ils ne jouaient pas. Je leur ai dit que les autres n’étaient pas là pour rester sur le banc. Le fait d’être dans les deux tableaux pour l’instant, ça permet de donner du temps de jeu. Après il faut faire attention car la Coupe c’est aussi être sous le feu des projecteurs, parce qu’on peut passer un ou deux tours avec la chance du tirage. Mais on peut laisser aussi beaucoup de plumes par rapport au championnat. Il faut rester prudents. Nous on prend match par match, comme je le disais tout à l’heure. Tant qu’on peut jouer sur les deux tableaux pour l’instant, c’est jouable, mais il faut rester prudent. J’ai l’expérience des Herbiers qui sont allés en finale en 2018, on est loin de là. Ils ont perdu en finale, mais ils sont descendus en championnat. Ça leur a coûté cher, même s’ils ont rentré dans l’argent dans le club.

Dans ce cas il vaudrait peut-être mieux suivre l’exemple de Calais en 2000, qui évoluait en CFA2 et est montée tout en allant en finale contre Nantes.

Oui à la rigueur. Après si on perd en Coupe de France contre une équipe de Ligue 2 sur un tirage intéressant où on fait venir du monde, ça donne un engouement intéressant et fait rentrer de l’argent. Il ne faut pas cracher dessus. Après, il faut bien gérer l’effectif car le jour où les projecteurs s’éteignent, on retombe dans l’ombre et après il faut refaire surface pour montrer une équipe solide en championnat. Il faut rester prudent mais le vivre aussi. Il faut donc trouver les ingrédients pour rester sur les deux tableaux tant qu’on peut.

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Même si le piquant de la Coupe apporte de la saveur, le pain quotidien du championnat fait avancer le club chaque année…

Oui tout à fait. Après la Coupe, beaucoup de clubs parient dessus pour donner un engouement et gagner de l’argent. Vu la période que l’on a connu avec le covid, il y a eu un manque de sponsors. Si on a la chance de faire encore deux trois tours, ça ferait rentrer de l’argent au club qui n’était pas prévu et ça fait du bien aussi.

Justement du côté de Blagnac, ces deux années de pain noir ont-elles été difficiles pour le club ou est-ce que le club s’en sort bien ?

Oui parce qu’avec le président on a maintenu les entraînements et les défraiement des joueurs. On a beaucoup d’étudiants. Même si les derniers mois, nous n’avons payé qu’à 70%, on a tenu à payer les joueurs jusqu’au bout parce qu’ils en avaient besoin et c’était aussi un lien social qu’il fallait garder. La preuve en est, le cordon n’a jamais été rompu. On a pu rester solides jusqu’au bout, même s’il manquait la compétition. Il y avait toujours cette ferveur et cet état d’esprit aux entraînements où les joueurs ont toujours cette envie-là. On a fait un bon début de saison, aussi grâce à ça, parce que tout le monde est resté solidaire et appliqué dans l’entraînement. Ça porte ses fruits maintenant et c’est une bonne chose. Certains clubs ont coupé, ou repris plus tôt. Il n’y a pas de vérité mais avec le président, nous avions décidé d’avoir une continuité, les joueurs aussi. Quelque part, ça a été bénéfique.

On va se pencher sur ce samedi. Retour à Andromède contre le FU Narbonne pour vous. Ça peut être un match un peu piège pour vous. Même si les Narbonnais n’ont pas encore gagné de match cette saison, ils en comptent plusieurs en retard et ils ont également affiché des envies de structurer le club pour plus tard. Qu’attendez-vous de cette rencontre ?

Déjà, nous allons essayer de rester invaincus. Nous avons affaire à une équipe qui a envie de prendre des points parce qu’ils ont deux matchs en retard. C’est une équipe à prendre au sérieux. De toute façon, il n’y a aucun match facile. Tout le monde peut battre tout le monde donc ce match je le prends le plus sérieux possible sachant qu’on reçoit. On va rester sur cette force mentale qui nous anime en ce moment. Les joueurs en sont conscients. J’ai la chance d’avoir récupéré un joueur de Ligue 2 derrière que j’avais à l’époque au pôle espoir de Castelmaurou quand j’étais directeur. Il nous amène un plus défensivement. C’est un atout supplémentaire dans l’effectif du club. J’ai deux-trois joueurs qui étaient blessés ce week-end sur les huit qui vont rentrer donc ça va ramener de la fraîcheur. Je compte là-dessus pour obtenir un bon résultat contre Narbonne qui ne sera pas un match facile. Loin de là. Ils viennent à l’extérieur, ils vont vouloir prendre un point au départ. On l’a constaté contre Muret qui était une équipe très défensive et n’a joué que du jeu long. On a fait match nul contre eux et je ne voudrais pas connaître le même scénario contre le FUN.

Vous voulez un peu vous racheter de ce nul contre Muret.

Oui oui, chez nous déjà il faut qu’on soit invaincus à la maison et qu’on prenne des points à l’extérieur. Je pense qu’on peut le faire mais le plus dur c’est de prendre les points à la maison. A l’extérieur, on est toujours en attente, on peut contrer à tout moment. A la maison, on fait le jeu, c’est chez nous donc on doit s’imposer et on n’est pas à l’abri d’un contre. A nous d’imposer ce tempo, de mettre le rythme et ce qu’il faut pour nous imposer sur notre terrain. Moi je suis très joueur, j’adore pratiquer le beau football. Les joueurs aiment ça aussi. Après quand on est trop joueur, des fois, on prend le boomerang. On peut attaquer, tout en gardant une assise défensive sur les contres. Il faut garder l’équilibre, et on y travaille à l’entraînement. Il faut imposer notre atout offensifs qui est qu’on marque des buts et ça vient de n’importe qui. C’est important. Aussi, il faut garder cette assise défensive pour contrer à tout moment cette équipe du FUN qui va venir avec des ambitions pour nous faire tomber.

Dernière question qu’est-ce qu’on peut espérer pour les Caouecs cette année ?

De finir le plus haut possible pour confirmer de saison en saison notre objectif dans le club. Après, il n’y a qu’une montée donc c’est difficile d’annoncer la couleur. Alès est pour moi l’équipe la plus étoffée pour prétendre à une montée. Rodez ne peut pas monter, mais ils vont être là pour déranger pas mal d’équipes et jouer les premiers rôles. On va essayer d’être dans les trois premiers à cinq journées de la fin et après, on avisera.

Propos recueillis par N.Portillo

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