#Rugby – Nationale / E.Escribano (Blagnac) : «On est vraiment sur un nouveau cycle!»

Éric Escribano le coach des avants des Caouecs Blagnacais, s’élance aux côtés de Romain Fuertes, dans cette seconde saison de Nationale. Ce samedi à Massy, les hauts Garonnais vont donc ouvrir un nouveau cycle après le départ en fin de saison dernière, de leur légendaire manager : Christophe Deylaud . Focus sur un des rares clubs pluriactif de la division, qui espère comme lors du dernier exercice : déjouer les pronostics et accrocher des adversaires prestigieux à son tableau de chasse.

L’an 2 de cette Nationale s’annonce sous de meilleurs hospices que la première. L’année dernière, tu étais à mon micro et on se posait la question de savoir si la saison commencerait, se finirait, irait jusqu’au bout. Elle est allée jusqu’au bout avec des péripéties. Mais cette année ça sent bon le sable chaud mon capitaine !

Oui ça sent le sable chaud. Je crois que tout le monde a joué le jeu. Les joueurs se sont vaccinés au maximum. On a réussi l’année à trouver des solutions. Là, nous sommes partis pour un championnat qui a vraiment sa place dans un monde de rugby et qui promet cette année encore de belles choses avec toutes les équipes qui ont fait un gros recrutement. Ça va être très intéressant toute la saison de profiter de tout ça.

On ne va pas revenir sur la sociologie de Blagnac. On en a parlé maintes et maintes fois de votre statut de plus réactif qui est quasiment exceptionnel en National. Vous n’êtes que quelques clubs à avoir ce statut. Est-ce par contre voir d’autres clubs comme Nice et Bourgoin s’armer à tour de bras, ça inquiète le coach que tu es ?

Non ça ne m’inquiète pas parce que c’est normal. Ils veulent monter en Pro D2 et je les comprends. Si j’étais président ou coach là-bas, je ferrais la même chose. Moi, le seul objectif c’est que ça va encore motiver mes hommes pour jouer des grands noms puisqu’ils ont vraiment recruter en Pro D2 et en Top 14. Ça motive les joueurs. Les joueurs de rugby sont des compétiteurs quelle que soit la catégorie, en quatrième série ou en Top 14. Ça fait à chaque fois rêver de rencontrer des grands joueurs, de grandes équipes avec des ambitions et c’est génial pour notre sport.

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Pour Blagnac, on peut parler d’un acte 2 du projet que vous avez avec Benoît Trey. Il y a eu le départ de Christophe Deylaud , un renouvellement de l’effectif. On est vraiment sur un nouveau cycle ?

Oui on est vraiment sur un nouveau cycle avec le départ de Christophe. Il a apporté beaucoup de choses au club, l’a construit et il a reprit les fondations complètes de cette équipe et du club de A à Z. Il faut donc lui dire un grand merci et lui tirer notre chapeau. C’était un des meilleurs techniciens du rugby Français, il ne faut pas l’oublier. Ensuite, nous partons sur une nouvelle saison. Je crois que Benoît, en tant que président, est un homme qui construit en bon père de famille sa structure en faisant d’abord des fondations solides. Il ne veut pas presser les choses. Il y a eu un premier cap 2022 qui était de construire le club. Ce qu’il a fait avec Christophe. Là voilà, Benoît lance un nouveau projet tranquillement : installer le club en National. En même temps, il veut faire briller nos filles qui sont allées en finale l’année dernière. Il ne faut pas l’oublier. Le rugby c’est aussi les filles et les garçons et continuer le travail de formation avec nos éducateurs.

Toi personnellement d’avoir évoluer au côté de Christophe Deylaud , c’est quelque chose qui t’a ouvert les chacras sur d’autres valeurs du rugby, d’autre façons de l’appréhender ?

Christophe m’a appris beaucoup de choses et à ses côtés j’ai continué à grandir. J’ai eu de la chance de côtoyer beaucoup de techniciens. Mais à mon sens, l’analyse de Christophe, quelques secondes sur un match ou une vidéo, est hallucinante. C’est un grand monsieur du rugby. Il l’avait prouvé en tant que joueur. En tant qu’entraîneur, j’ai eu la chance avec Romain de grandir à ses côtés comme la plupart de nos joueurs. Voilà, il nous a passé le flambeau et on va essayer de rendre honneur à tout ce qu’il a fait chez nous et à son savoir.

Parlons aussi de ton binôme, Romain Fuertes, entraîneur des lignes arrières. On a l’impression que tous les deux c’est un peu le ying et le yang. Romain est un peu plus dans la réflexion à froid et toi un peu plus dans la réaction à chaud avec ton côté sanguin et latin. Vous vous complétez à merveille !

Oui, avec Romain on se complète à merveille. On a cette chance, comme tu le dis le ying et le yang. Beaucoup de gens disent que Romain est le fils spirituel de Christophe Deylaud. Il a une réflexion très poussée sur le jeu. Moi, on va dire que ma culture c’est là où j’ai appris le rugby dans le Gers et certaines autres valeurs. L’équilibre des deux permet de construire quelque chose pour notre club, notre équipe et c’est ce qui est très intéressant.

Quand on parlait tout à l’heure de Christophe Delot qui t’a apporté beaucoup de choses en tant que technicien. Il y a en a un autre qui t’a beaucoup apporté dans ton parcours, c’est un certain Eric Béchu aussi…

Eric, je ne l’oublierai jamais. C’est un homme qui m’a appris certaines valeurs de ce sport. D’abord les valeurs relationnelles humaines et j’y suis très attaché. C’est ce que j’essaye d’inculquer dans un groupe. On peut être très intransigeant sur les entraînements et toutes ces choses-là, mais savoir lâcher la bride de temps en temps pour leur permettre de faire une bonne bringue car c’est aussi notre sport et je crois que même en Top 14, les équipes le font. Eric c’était beaucoup de rigueur, beaucoup de clarté. C’est un passionné qui passait du temps sur des détails et des détails. Quand il était entraîneur, il m’a transmis ces valeurs-là. J’ai progressé en tant que joueur et ça m’a fait progresser. C’était lui mon coach et je le badais en tant que joueur quand on était à Colomiers. Mais voilà, c’est la chance d’une carrière de rencontrer des hommes comme Eric.

Maintenant, on va parler du mercato estival de Blagnac. Certains comme Bourgoin ou Nice ont recruté épais. A Blagnac, comme d’habitude, on recrute malin !

Exactement. Nous avons recruté malin. J’ai la chance d’avoir à mes côtés deux personnes qui sont Maxime Lafage et Tiko Bonnet qui sont dans la cellule de recrutement de Blagnac Rugby et qui ont fait un travail de fou. Ils ont observé beaucoup de joueurs et nous ont présenté des profils de joueurs que nous recherchions. Grâce à eux, nous avons fait des sélections avec Romain. Ce qui nous a permis de faire des recrutements malins de certains joueurs qui étaient oubliés dans certains clubs pour permettre de les relancer. Ce sont surtout des jeunes. J’ai la chance d’avoir de très bonnes relations avec Toulouse et le Castres Olympique puisque nous avons fait des entraînements dirigés avec Pierre Henry Bronca. Ça nous permet de récupérer des jeunes qui peuvent nous apporter beaucoup de choses. Ce championnat de National est quand même une bonne chose pour ces jeunes aussi.

Quand tu nous parles de profil, si j’ai bien compris, à Blagnac, on ne regarde pas que le profil technique mais aussi le profil humain ?

C’est un des critères. C’est pour ça que ce sont souvent nos recruteurs qui appellent en premier pour définir un peu ces joueurs, ressentir les choses. Ça permet de faire une bonne sélection derrière parce que nous voulons investir sain. Comme tu l’as dis on est très réactifs, il faut qu’on ait un vestiaire sain avec une ambiance de folie et que l’on soit prêts à aller plus loin et batailler encore plus fort car nous sommes des amis. C’est ça qui est important.

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L’année dernière tout le monde vous avait promis la mort, la dernière place de relégable. Comme on dit, vous avez cassé la bouche à tous les médisants en finissant à une très belle place au milieu du tableau. Quel sera l’objectif en ce début de saison ?

L’objectif est toujours le même. Nous avons fixé aux joueurs et je vais faire une référence au monde du foot avec Guy Roux, on vise le maintien. Nous c’est la réalité, nous visons le maintien.

C’est ton côté Bourguignon !

Oui c’est ça j’ai un côté Bourguignon. En plus j’aime bien cet homme. On vise le maintien ensuite on verra ce qu’il se passe durant la saison. On sait bien que la pièce peut tourner d’un côté ou de l’autre. L’objectif fixé aux joueurs avec Romain, c’est d’abord le maintien, et après si les choses se passent bien et que nous n’avons pas trop de blessés, nous verrons bien. D’abord, il faut stabiliser ce club en National pour l’avenir et aussi pour la région. Il y a Toulouse, Colomiers, et Blagnac. Albi n’est pas très loin, mais on parle de Haute-Garonne et je crois que nous sommes à notre place et il faut y rester.

On parle de ce projet génération Caouec qui va être la suite de ce projet 2022. Le volet sportif de ce projet génération Caouec, tu peux nous en parler un peu ?

Je crois que l’objectif de Benoît et de Fred Michalak, c’est vraiment de travailler sur la formation et de structurer le club avec des espaces où nous allons attirer de plus en plus de jeunes et leur permettre d’aller vers le très haut niveau. Il faut que nous soyons une passerelle d’abord pour construire Blagnac dans l’avenir et surtout pour certains ça sera la partie du travail sociétal d’aller vers l’insertion professionnelle, et pour d’autres rebondir vers un monde professionnel du rugby. Je crois que Fred Michalak et Benoît Trey ont construit avec Patrick Roumagnac cette chose-là pour amener les joueurs vers plus loin et avoir une réflexion des doubles projets. On ne veut pas abandonner nos joueurs et c’est très fort dans l’identité que l’on veut garder.

Est-ce que Massy peut être un exemple sur le fait d’avoir investit les quartiers pour sous-utiliser un vivier de joueur un peu sous-utilisé dans le rugby ?

Je crois que Massy a été une bonne école. Je crois que c’est Morgan Champagne qui a été fédérateur et a fait un travail formidable au sein de Massy Rugby. Ils ont su faire ça. A nous de savoir le faire, d’aller dans nos quartiers pour aller chercher nos jeunes qui peut-être ne savent pas. Massy n’est peut-être pas récompensé à sa juste valeur ou de monter ou d’avoir des retombées financières lorsque des joueurs arrivent au haut niveau. Ils sont font souvent malheureusement piller quand ils ont construit la formation. J’espère que la Fédération fera attention à cela dans l’avenir, même si en ce moment ils y font attention. Ils mettent le point sensible. C’est une chose à laquelle il faut faire attention : récompenser les clubs qui forment. Il faudrait trouver une solution plus pérenne pour ces clubs-là.

En parlant de transferts, un sujet est en train de monter dans le rugby professionnel, particulièrement en Top 14 et Pro D2. Ça ruisselle aussi sur la Nationale. On voit des contrats de plus en plus faramineux et des méthodes qui se rapprochent aussi de celles du foot. C’est la moralisation, et la gestion de cette période des transferts avec le cas Kolbe qui en est un peu le catalyseur. Qu’est-ce que tu en penses de tout ça ?

J’en pense que je suis un vieux de la vielle. Ce n’est pas bien de dire ça. Mais on jouait souvent pour des maillots, des valeurs. Après, Kolbe part pour des raisons financières à ce que j’ai pu comprendre. La carrière de rugbyman est très courte. Malheureusement, ça arrive dans le monde du rugby amateur. Beaucoup de joueurs font des choix financiers plutôt que d’amour du maillot et d’affinité entre joueurs. A notre époque ça existait aussi mais on avait certaines valeurs qui étaient profondes et on jouait pour un maillot. On est souvent resté juste pour une bonne poignée de main et un regard dans les yeux avec un président. J’en citerais un, Michel Bendichou, un grand monsieur qui est arrivé à nous retourner juste en un regard et une bonne poignée de main.

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Pour Blagnac, ce qu’on peut souhaiter de meilleur c’est de retrouver les ingrédients de la seconde partie de l’année dernière ?

Exactement. On essaye de s’adapter à nos nouveaux joueurs avec Romain. Mais les ingrédients, on l’a répété l’année dernière et on l’a promis, c’est notre devise, on ne va lâcher aucun match à personne. On va jouer chaque match jusqu’au bout parce que c’est notre devise. On verra ce qu’il adviendra derrière, mais on a envie de se faire plaisir sur le terrain et faire plaisir aux spectateurs. Ce championnat Nationale est tellement beau qu’on doit faire plaisir à tout le monde du rugby et montrer que ce championnat doit exister et doit même être télévisé.

Dernière question, c’est celle que l’on pose un peu à tout le monde en ce moment. Pendant un an est demi, on a été sevré de public dans les stades. Un petit mot aux supporters et au peuple Caouec ?

J’espère qu’ils vont nous retrouver très rapidement. On les a déjà retrouvé sur les premiers matchs amicaux. Tous les joueurs et moi-même avons besoin de cette pression supplémentaire de voir les stades se remplir. Nous avons de belles affiches et dans la région nous avons de beaux amateurs de rugby. J’espère qu’ils vont venir nous soutenir et soutenir cette jeunesse que nous sommes en train de créer à Blagnac et de pousser dans le projet de Benoît (Trey) et Fred Michalak.

Propos recueillis par Loïc Colombié

Retranscrit par Nicolas Portillo

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