#InfoMagSport – Rugby / Nationale : Un ex président de Ligue 1 devient sponsor/mécène d’Albi.

Le club de la préfecture du Tarn vient de faire une recrue de choix dans le secteur économique et partenarial, Phillipe Ginestet l’ancien président du RC Strasbourg (Ligue 1/Foot) va plonger dans le monde du rugby au Sporting Club Albigeois. Rencontré par Arnaud Méla en marge d’un Strasbourg – Albi (Fédérale1 Élite) lors de la saison 2017-2018, ce passionné de sport au sens large du terme a été conquis par la personnalité du coach albigeois, et par les valeurs dégagées par les jaunes et noirs. Sponsor maillot pour la prochaine saison 2020-2021 en Nationale du Sporting Club Albigeois, cet albigeois de naissance, expatrié en Alsace depuis 35 ans, arrive fort de son réseau acquis dans ses anciennes prérogatives dans le foot et le tennis avec un nouvel équipementier (Force XV). Partons à la rencontre de ce nouveau partenaire premium du SC Albi, qui vient au soutien d’un club dont il venait voir les exploits dans son enfance avec son grand père et qui n’a pas hésité à le prouver par un acte fort : le mécénat de l’intégralité de la dotation de l’équipe fanion. Interview exclusive avec ce nouveau partenaire de renom qui veut s’inscrire dans le projet sportif (L’accession en Pro D2) porté par la direction actuelle.

 

Vous êtes un Albigeois pur sucre mais qui s’est expatrié en Alsace, à Strasbourg et vous opérez un come-back au  Sporting Club Albigeois. Si mes échos sont bons, ce come-back s’est aussi fait sur une rencontre avec un certain Arnaud Méla ? 

 

Oui, je suis Albigeois et le temps passe tellement vite que ça fait 35 ans que je suis parti d’Albi pour Strasbourg. Au départ, je devais y rester deux ans et puis, le temps a filé et ça fait maintenant 35 ans. A l’occasion d’un match à Strasbourg du club de rugby local contre le Sporting Club Albigeois, j’ai accepté de venir au stade mais c’était plus pour voir Albi et, ironie  du sort, ils m’avaient invité pour me faire venir en tant que sponsor. Et c’est là qu’au pied du bus, j’ai rencontré Arnaud, nous avons discuté et le courant est passé. Ensuite, il m’a recontacté régulièrement, depuis ce match qui a eu lieu il me semble il y a deux ans et c’est vrai que, pour moi, ce sont des souvenirs d’enfance qui remontent parce-que le dimanche, c’était Stadium avec mon frère et mon grand-père. Même si je suis footballeur en tant que sportif, j’ai toujours eu la passion du rugby, du club, d’Albi, je suis leurs matches et Arnaud m’a effectivement convaincu de venir apporter modestement un petit peu ma contribution. 

 

Ce qui est un peu l’ironie du sort, c’est que vous avez rencontré Arnaud Méla et re-rencontré le Sporting Club Albigeois dans un match en Fédérale 1 Elite, une division très avoisinante de la Nationale, dans un match qui avait été un tournant dans la saison du SCA. C’est un match que le Sporting ne devait pas perdre, ce qui a obligé Albi à rencontrer Rouen. Ce n’est pas l’un des meilleurs souvenirs du Sporting Club Albigeois mais comme quoi, dans les défaites parfois, on peut y trouver des victoires ou bien des leviers positifs ? 

 

Oui. C’est vrai que c’était un match important qu’ils ont perdu mais je m’étais étonné que pour un match aussi capital dans la saison, ils aient fait ce long déplacement en bus car, quand on voit un petit peu la carrure des gaillards dans un bus, ce n’est pas facile de faire de longs trajets. C’était un match compliqué et effectivement, ça a finalement débouché sur une belle rencontre et merci à Arnaud (Méla) de m’avoir invité. 

 

Vous arrivez au Sporting Club Albigeois en tant que sponsor maillots mais vous avez aussi fait un peu l’entremetteur avec le nouvel équipementier albigeois qui va être Force XV. C’est là-aussi un come-back parce-que Force XV, qui ne dira rien aux moins de 20 ans mais ça rappellera des souvenirs aux anciens car, à une époque, Force XV était déjà l’équipementier du SCA, au début de l’épopée Béchu ? 

 

Les choses ont bien changé. Tout d’abord, au niveau équipementier, dans le cadre de mes fonctions au Racing Club de Strasbourg, nous avions plusieurs contacts avec Adidas et notamment Hummel dont le patron est Pierre Chouissa et c’est lui qui a repris Force XV, une marque qui a aujourd’hui son siège social à Strasbourg et qui n’a plus rien à voir avec l’ancienne marque. Depuis qu’il l’a reprise, il la développe très activement et dans ce cadre-là, je lui ai effectivement demandé de voir comment on pouvait établir un partenariat avec le Sporting Club Albigeois (3 ans). Il a joué le jeu tant sur les conditions que sur la rapidité parce-que c’était une demande qui intervenait tardivement dans la saison et c’était un peu une gageure d’être prêt en quelques semaines. Il l’a relevé et je pense qu’il y aura effectivement un équipementier de qualité avec des produits que les joueurs, les dirigeants et l’ensemble du club devraient apprécier. 

 

Et dans la corbeille de la mariée, il y a une participation de votre part pour la dotation des joueurs (Environs 50 000 euros). C’est aussi quelque chose de fort comme engagement de votre part ? 

 

Oui mais, encore une fois, je suis Albigeois et avec Arnaud, c’est vraiment très particulier parce-que le courant est bien passé. Je ne sais pas, j’ai eu envie de l’aider et envie d’aider le club parce que, comme je le disais, j’ai des souvenirs d’enfance et 35 ans loin d’Albi, ça fait long. Ca me fait très, très plaisir de pouvoir aider et mon rôle s’arrête là. Je suis là simplement pour aider à mon niveau, après, il y a des dirigeants en place qui savent diriger ce club qui n’est pas passé loin de monter en Pro D2. S’il n’y avait pas eu cette interruption liée au Covid, je pense que l’équipe serait en Pro D2 donc, il y a du bon travail qui est fait. Si je peux aider un petit peu, tant mieux. 

 

Le fait qu’il y ait eu toutes ces péripéties, comme l’année dernière à Rouen avec ce qu’on a appelé  » l’affaire Cardona « , et l’envol du Sporting cette année qui a été coupé en plein vol, est-ce que cela vous a donné encore plus envie de vous investir ? Ce côté  » club qui a la scoumoune  » vous a t’il fait dire :  » on va essayer de les aider pour que la pièce retombe maintenant du bon côté  » ? 

 

Vous savez, la roue tourne dans la vie comme dans le sport et espérons que, cette année, elle tourne dans le bon sens pour le SCA qui le mérite parce-que, je pense que l’arbitrage à Rouen était un peu partial. Cette année, ça devait être la montée donc, espérons que ce soit pour cette saison qui arrive. 

 

Souvent, dans le rugby, il y a une petite rivalité avec le ballon rond mais on dit aussi que ces rivalités entre sports sont mortifères. Pour vous qui avez touché au foot, au tennis et maintenant qui avez un pied voire un doigt dans le rugby, la transversalité du sport peut être quelque chose de productif ? 

 

De toute façon, le sport est universel, les valeurs du sport sont les mêmes quels que soient les sports. Aujourd’hui, il y a l’aspect médiatique qui change selon les sports : c’est vrai que le football est hyper médiatisé mais, le rugby a pris un essor considérable, même dans la gestion des clubs, des revenus, etc. Mais, quand je peux faire la comparaison, je trouve que, dans le rugby, il y a encore des valeurs, un esprit clocher que je trouve remarquables et ça, il ne faut pas le perdre. C’est ce que j’espère un petit peu vivre à travers mon partenariat et mon soutien auprès du Sporting Club Albigeois. 

 

Il y a eu depuis 30 ans un essor considérable dans le foot français et européen qui dit souvent excès et dérives. L’un des avantages que vous pouvez aussi avoir en tant que conseil, maintenant que vous êtes dans le giron SCA, c’est d’avoir un peu de recul car le rugby suit un peu le même chemin que le foot. On compare de plus en plus les chemins entre le rugby qui est devenu professionnel en 1996 et le foot qui lui l’était bien avant. Comme il y a des chemins similaires, vous pourrez peut-être à un moment donné tirer la sonnette d’alarme en disant  » attention, on est allé dans cette direction avec le foot mais on en est vite revenu  » ? 

 

Effectivement, on a peut-être été trop loin dans le football aujourd’hui mais c’est lié aux droits TV qui ont complètement explosé. Derrière ça, les clubs ont finalement réinvesti ces droits TV en salaires et ce sont les joueurs qui sont les gagnants de tout cela mais ils joueraient de la même manière s’il y avait des droits TV de moitié. C’est une concurrence qui s’installe avec tous les réseaux que nous avons aujourd’hui, que ce soit internet, les télés payantes, etc, il y a une surenchère qui est faite. Ce n’est pas forcément cela et effectivement, même si les choses progressent naturellement au sein du rugby et c’est normal, je pense que c’est un exemple à regarder et auquel il faut faire attention car, quand on explose au niveau des masses salariales, ce n’est pas une bonne chose. 

 

Et le fait qu’il y aura cette division Nationale qui sera un peu plus  » bankable  » et visible que la Fédérale 1, a aussi participé à votre choix de revenir ? 

 

Non, mon choix est un choix du cœur, un choix d’Albigeois. Je vous le disais, je me revois à 8 / 10 ans au Stadium avec mon grand-père et c’est ça mon choix (rires). Il n’y a pas de calcul là-dedans, je suis un supporter comme les autres et si je peux aider un peu cette année, et bien, tant mieux. 

 

Et pour parler un peu de vous, autour de quel secteur tournent vos activités économiques ? L’immobilier si j’ai la bonne information ? 

 

Oui, je suis dans l’immobilier commercial c’est à dire que l’on recherche des locaux commerciaux que l’on loue à toutes les enseignes de France et internationales. Nous faisons ça dans plusieurs pays donc, nous développons pour des réseaux d’enseignes des espaces commerciaux que l’on construit ou qu’on achète et qu’on loue ensuite. 

 

Maintenant que vous allez avoir un pied au Sporting Club Albigeois, on peut imaginer que vous développiez aussi vos affaires dans la région tarnaise ? 

 

J’ai déjà bien sûr travaillé dans la région car, de toute façon, nous travaillons dans toute la France. Mais, en tous cas, il y a effectivement une volonté pour moi de me recentrer un petit peu, de passer plus de temps dans le Tarn, où j’ai d’ailleurs mes parents, et de retrouver les racines car, encore une fois, 35 ans loin de sa ville d’origine, c’est quand même long. C’est vrai que c’est un vrai plaisir pour moi aujourd’hui de pouvoir être à Albi et de pouvoir vivre des émotions comme cela, de partager avec d’autres partenaires. Oui, c’est un vrai plaisir. 

 

On sait que depuis quelques années, Alain Roumégoux et toute l’équipe dirigeante du Sporting Club Albigeois ont souvent fait des pieds et des mains pour boucler les fins de mois et des budgets en adéquation avec les ambitions du club. Votre arrivée a dû être vue et perçue de très bonne manière du côté du Stadium ? 

 

Quel que soit le partenaire qui arrive, c’est toujours une bonne chose pour un club de voir arriver de nouveaux partenaires. Mais, encore une fois, je viens pour aider et je trouve que le travail qui a été fait jusqu’à présent par les dirigeants est un bon travail puisque c’est juste un concours de circonstances s’ils n’ont pas accédé à la Pro D2, soit du fait des circonstances d’arbitrage soit des circonstances sanitaires cette année. Il y a un bon boulot qui est fait et ce club mérite d’évoluer au niveau supérieur, j’espère qu’il sera récompensé cette saison de tous ses efforts. 

 

En clair, ça sera un mécénat gagnant si on arrive à accrocher la Pro D2 du côté d’Albi ? 

 

Je pense que c’est l’objectif du club et que le club doit évoluer à minima à ce niveau-là. Maintenant, les accessions se gagnent sur le terrain et non dans les journaux ou au téléphone (rires). Il faut aller sur le terrain, gagner des matches et pour cela, il y a Arnaud Méla, son équipe et son groupe. Et je pense qu’ils savent ce qu’ils ont à faire et qu’ils vont le faire. 

 

Quelles sont, pour vous, les valeurs et les signes extérieur que dégage ce club ? De quelle manière appréhendez-vous le SCA ? 

 

Il y a un mot qui me viendrait tout de suite à l’esprit, c’est l’authenticité. C’est un club vrai avec des racines, avec une ville qui est derrière le club donc, c’est l’authenticité. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-4-aout-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Philippe Ginestet lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 4 août 2020

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