#Rugby – Nationale 2 / Mathieu Bertrand (Bedarrides-Chateauneuf du Pape) : «Ce maillot est l’honneur de la région et du Vaucluse dont je suis un pur produit!»

Le microcosme ovalien du Vaucluse est en ébullition alors que l’AS Bédarrides-Châteauneuf du Pape s’apprête à recevoir les bigourdans de Lannemezan. Dans ce club qui comme l’Ouvèze qui la borde peut passer de l’état de petite rivière paisible à un torrent dévastateur, l’honneur et la fierté ne sont pas des minces mots. A l’image de son adversaire dominical, l’ASBC est de ces citadelles du rugby clocher qui font de la résistance face à l’émergence des surpuissantes métropoles rugbystiques Pour les vauclusiens et l’enfant du pays Mathieu Bertrand, c’est une consécration de voir « Béda » en playoffs alors qu’en 2018 le club évoluait encore en Fédérale 2. Artisan de toutes les épopées modernes de l’histoire de ce club qui a gravi trois divisions en 4 ans, le 3eme ligne de Bedarrides – Chateauneuf du Pape risque d’être assailli d’émotions en entrant dans le chaudron du Stade des Verdeaux. Car dans cette terre bercée entre viticulture d’excellence et l’ancestrale histoire papale, c’est bel et bien les gladiateurs de l’ovalie qui écrivent à présent leurs lettres de noblesse au pays du mistral.

AS Bedarrides Chateauneuf du Pape VS CA Lannemezan (Barrage / Nationale 2), une rencontre à suivre dès 14h45 ce dimanche, en direct web TV via Le #MagSport et Impakkt Events :

https://le-mag-sport.com/2023/04/22/directrugby-suivez-des-14h45-le-live-web-tv-radio-as-bedarrides-chateauneuf-vs-ca-lannemezan-nationale2-barrage/

Crédit photo Catherine et Michel Rochette

 

 

Tu es le pur produit de la formation vauclusienne, tu as commencé le rugby à Sorgues avant de venir chez le grand frère à Bédarrides-Châteauneuf du Pape. Pour toi, ce maillot est plus qu’un maillot, c’est l’honneur du village et d’une région ? 

 

Exactement, tu as tout dit. Pour moi, ce maillot de Bédarrides-Châteauneuf du Pape est l’honneur de la région, du Vaucluse dont je suis un pur produit de souche. J’ai grandi ici, je vis ici, j’ai ma famille qui est au match tous les week-ends tout comme mes collègues. Je vis pour le club, je vis pour la ville, je vis rugby et surtout pour les supporters.

 

Ce club de Bédarrides-Châteauneuf du Pape a tout connu, la montée de Fédérale 2 à Fédérale 1, la montée en Nationale 2 et maintenant ces play-offs. On va dire qu’on vit un âge d’or du côté de Bédarrides-Châteauneuf du Pape ? 

 

C’est ça. Depuis que je suis arrivé à Bédarrides-Châteauneuf du Pape, je n’ai connu que les beaux jours et j’en remercie encore l’ASBC. On n’a fait qu’augmenter notre niveau et de catégories, on a eu des premières années difficiles en Fédérale 1 avec certes un maintien mais ensuite, on a su grandir et évoluer, on a su jouer au rugby comme le rugby le veut et comme le temps le veut puisque le rugby a évolué, ce n’est plus le rugby d’avant. Ce n’est plus le rugby de notre temps, c’est maintenant très rugueux sur l’homme, c’est vraiment un rugby qui évolue toutes les saisons avec de nouvelles équipes et de nouveaux championnats et on doit se mettre au niveau de tout le monde. 

 

Dans le rugby village, il y a souvent l’image d’Epinal du bar, du QG du village où se rejoignent tous les joueurs tous les jours. C’est vraiment le cas à Bédarrides-Châteauneuf du Pape puisque vous avez votre bar à vous, le Brennus où vous n’y passez certes pas votre vie mais en tous cas, tous les moments de vie collective et commune ? 

 

Le Brennus, ou l’ASBC Café, c’est le point de rencontre. On y va chaque matin avant un match pour boire le café, on y mange, on s’y rejoint après les matchs à domicile et on va bien entendu fêter la victoire. On boit la bière ensemble et même quand on va jouer à l’extérieur, le rendez-vous est au bar, si demain, on a un truc à faire ensemble, on se donne rendez-vous au bar. C’est le rendez-vous de l’ASBC et le rendez-vous des joueurs. 

 

Est-ce que tu peux nous parler de l’ambiance qu’il y a autour du club ? On sait que c’est une ambiance chaude bouillante, surtout en play-off avec un public chauvin comme on les aime ? 

 

En temps normal, on a déjà une très belle ambiance au stade mais surtout en play-off. Beaucoup de clubs aux alentours ont malheureusement fini leur saison, tout le monde n’a pas la chance de participer à des phases finales donc, en tant que joueurs, on a nous énormément de chance de pouvoir participer à ça. Du coup, on a aussi la chance que les petits clubs aux alentours viennent nous encourager et nous soutenir, ça apporte davantage de supporters et davantage d’engouement pour nous, pour nous aider à aller de l’avant et à gagner ces matchs qui sont très cruciaux pour le club mais aussi très importants en tant que joueurs. 

 

Être en play-off était quasi inespéré en début de saison car les mauvaises langues vous mettaient avec Graulhet dans les équipes qui allaient descendre et qui, soi-disant, allaient prendre 40 grains tous les week-ends car vous aviez de petits budgets. Que ce soit Graulhet ou Bédarrides-Châteauneuf du Pape, vous avez montré qu’il n’y avait pas besoin d’avoir énormément d’argent pour faire de belles choses sportivement ? 

 

Non, exactement. De toute façon, nous, en tant que joueurs et staff, on a eu une réunion ensemble en début de saison et l’objectif premier était le maintien, comme on va dire quasiment tous les clubs. On discutait aussi de tout ce qu’on entendait, de tous les médias, de tous les clubs aux alentours avec Bédarrides-Châteauneuf du Pape qui était annoncé 11e ou 12e de la poule et donc relégable. On a su prouver le contraire, malgré le budget que je pense être parmi les 3 plus petits budgets de la Nationale 2, et montrer qu’aujourd’hui, on est en play-off, qu’on mérite largement notre place voire beaucoup mieux. 

 

On a l’impression que ces pièces que vous ont mis certains médias avant le début de la saison a aussi un peu été votre carburant ? 

 

Oui et on l’a vu dès le premier match. On est allé en déplacement à Marcq-en-Barœul, qui était peut-être le plus compliqué puisqu’on traversait la France, et dès ce premier match, on a su mettre les points sur les i en allant gagner là-bas. C’était certes très, très difficile mais on a su faire la différence. Ça a été pareil sur le 2e match en allant à Rumilly où on a su mettre les ingrédients pour aller chercher la victoire, c’est serré d’un point à la fin mais on a su mettre les ingrédients au moment où il le fallait. Les premiers matchs de la saison à l’extérieur sont très difficiles et on voit qu’aller gagner chez les concurrents directs est très dur car en fin de saison, tout le monde vise le maintien ou les 6 premières places. On a donc su mettre les ingrédients dès le départ en prouvant à tout le monde qu’on était bien ancré dans cette poule. 

 

On va dire que le seul accroc de la saison est la défaite face au Stade Métropolitain, chez vous, aux Verdeaux, car vous vouliez faire l’intégralité des phases régulières invaincus devant votre public mais vous avez trébuché sur la dernière marche ? 

 

C’est tout à fait ça. Le but premier en début de saison était le maintien et le second était d’être invaincus à la maison car en faisant ça, on pouvait être assurés d’un maintien voire peut-être plus à savoir des phases finales. Ne pas avoir de défaite à domicile était aussi un très bon objectif mais on a chuté sur la dernière marche, on perd le dernier match de la saison régulière. Ça nous a remis un peu d’aplomb, peut-être qu’on se voyait un peu trop beaux ou on pensait que c’était facile de gagner tous les matchs à la maison. On a chuté mais ce n’est pas grave, on va essayer de ne pas faire l’impasse aujourd’hui face à Lannemezan. 

 

Tu nous parles de ce club de Lannemezan qui vous ressemble beaucoup, qui est aussi un club avec un fort ADN, qui prône le rugby village et qui, comme vous, a un petit budget ? 

 

On ne va pas dire qu’on se ressemble comme deux gouttes d’eau mais il y a de ça. On a deux petits budgets, on est des petits villages de caractère, de clocher, on joue pour le maillot et pas pour soi-même ou pour de l’argent ou autre. On est là en tant que joueurs, on fait le job, quand on met les crampons, c’est pour jouer au rugby, pour se faire plaisir à nous ainsi qu’aux supporters. 

 

Quelles vont être tes émotions quand vous allez rentrer sur le terrain cet après-midi à 15h, aux Verdeaux, face à Lannemezan ? 

 

Je pense qu’il y aura beaucoup d’émotions, même avant de rentrer sur le terrain. Je pense que les émotions vont commencer au repas, il y aura quelques discours de présidents, de partenaires mais aussi ceux du capitaine et des hommes forts de l’équipe. Ça va monter crescendo jusqu’au moment de rentrer sur le terrain où il y aura tous les supporters qui seront là pour nous. Je ne sais pas combien il va y avoir, peut-être 2 000 personnes ou autres mais ces 2 000 personnes seront là pour nous, pour ces 23 joueurs. C’est quelque chose de spécial et on est extrêmement reconnaissants envers ces personnes-là, surtout qu’on verra des personnes de tous âges, des enfants qui vont nous soutenir, des mères de famille, nos familles à nous ou même des  » vieux  » du village qui sont là depuis toujours. Depuis que je suis à Bédarrides-Châteauneuf du Pape, j’ai toujours vu des personnes qui sont là tous les dimanches et là, je pense qu’ils ne vont que plus nous pousser pour cette victoire et aller chercher le 1/4 de finale. 

 

En clair, c’est plus qu’un match, c’est une fierté locale ? 

 

Ah oui, on parle maintenant plus de fierté locale. L’objectif de la saison a été validé depuis un moment et maintenant, nous joueurs, on joue pour le club et surtout pour les supporters. Certes, on est maintenu mais ramener quelque chose de plus, un 1/4 de finale, une 1/2 finale, une finale, un titre de champion de France, c’est quelque chose d’extraordinaire pour le joueur, pour le club mais surtout pour les supporters qui sont émerveillés de nous voir gagner tous les week-ends. 

 

Merci et on te souhaite un beau barrage face à Lannemezan

 

Merci beaucoup.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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