#Rugby – Nationale / Mathieu Bonello (Albi) : «Il faut être à 120% à l’extérieur!»

Retrouvez l’intégralité de la conférence de presse d’avant match du manager du Sporting Club Albigeois (4eme), Mathieu Bonello, à quelques heures de défier en terre bretonne les promus du Rennes Etudiants Club (13eme) lors de la 15eme journée de Nationale.

Crédit photo Jacques Massine

Seconde partie de saison qui commence pour le Sporting Club Albigeois et question un peu de rigueur pour le mois de Janvier : quelles sont les bonnes résolutions pour le Sporting en 2023 ?

 

Continuer notre bout de chemin et garder la bonne dynamique. C’est important de bien redémarrer, on souhaite le meilleur pour nos résultats et pour la construction de notre équipe mais surtout, bonne année à tout le monde et surtout la santé. 

Pour reprendre, un grand voyage, le plus long périple de la saison et en plus un dimanche, ce qui ne va pas être simple pour la préparation du match d’après ? 

 

Il est certain que ce n’est jamais simple. Je ne sais pas s’il y a de meilleurs matchs à faire, il faudra tous les jouer donc on a un long déplacement qui nous attend et il va falloir qu’on se remette vite dans notre rugby car ça fait quelques semaines que tout le monde a pris du repos. 

Tu parles de long déplacement ce qui veut dire que vous avez plutôt opté pour le bus que pour l’avion ? 

 

Ce n’est pas facile de se déplacer là-bas et on a aussi des contraintes de budget donc il faut savoir être raisonnable, on ne peut pas tout se permettre. 

On sait que des matchs de reprise comme ça lissent le niveau et, sans parler de match piège, il faudra être sur les appuis ? 

 

Tu as pour habitude d’employer cette expression sur tous les matchs (rires). On connaît les matchs de reprise après les vacances de Noël mais ce sera la même chose pour les deux équipes donc je pense que c’est d’abord se regarder nous. On n’a pas trop commencé les vidéos pour l’instant, on se cantonne sur notre jeu en premier lieu. 

Comme tu le disais, il faut aussi préserver la dynamique. Comment s’est passée la reprise des entraînements ? J’imagine que tu devais être très vigilant à ce qu’il n’y ait pas de décompression

 

Les joueurs avaient fait ce qu’il fallait en première partie de saison, ça avait été plutôt positif. Ils avaient donc besoin de repos tant mental que physique, ils en ont eu, ça c’est bien et maintenant, il faut accepter de repartir non pas de zéro mais il faut repartir après des semaines de vacances. Cette semaine et la semaine dernière, on a monté les entraînements crescendo pour ne pas réattaquer pied au plancher, pour pouvoir re-rentrer dans l’activité tranquillement mais ils en avaient besoin et, quand tu es entraîneur, il faut accepter de remettre la machine en fonctionnement. Là, je trouve qu’avec une semaine en plus par rapport à l’année dernière où on avait de suite joué, c’est une bonne chose pour la Nationale. 

La problématique qu’il va maintenant y avoir sur cette seconde partie de saison est que les gros blocs sont finis et que donc, ça prépare moins à la Pro D2 et au haut niveau car les blocs sont vraiment épars ? 

 

C’est vrai qu’on est vraiment parti pour jouer, se reposer, jouer, se reposer et que ça manque un peu de continuité mais ça fait partie du championnat et il faudra faire avec. En tous cas, il y a moins de gros blocs. 

Cette équipe de Rennes avait été accrocheuse sur le match aller et là, elle est un peu dos au mur et un peu obligée de faire un coup contre l’un des gros s’ils veulent espérer se maintenir. S’ils ne font que gagner contre des concurrents directs, ça va être compliqué pour eux ? 

 

Comme je l’ai dit, on fait vraiment focus sur nous. On sait que c’est une équipe très difficile à manier chez eux, ça ne sera pas une équipe facile à jouer. Il avait été très difficile pour nous de gagner le match aller et ça ne veut ni plus ni moins dire la qualité de cette équipe, ce sera donc à nous de faire un bon match là-bas.

Est-ce que tu vas te servir de ce match aller, le seul où vous avez un petit peu balbutié à domicile ? 

 

Non, je ne peux pas m’en servir, il est trop loin, c’était mi-Septembre, il est vraiment trop, trop loin mais je dis juste que cette équipe nous a malmenés. Rien n’est comparable, on est différent aujourd’hui et je ne m’appuie pas du tout sur le match aller, je dis simplement que cette équipe, et sur des prestations que je l’ai vu faire sur d’autres matchs, est de bon niveau. 

On a vu que Rennes venait de recruter Clément Fontaine. Est-ce que du côté du Sporting, sempiternelle question, on va avoir de nouvelles recrues ? 

 

C’est vrai que c’est toujours la question, on cherche, enfin du moins on regarde, on regarde si on a une opportunité mais, en tous cas, je ne prendrai pas pour prendre. Je suis très content du groupe que j’ai, je suis très content des garçons, des uns, des autres, des jeunes, des moins jeunes. Aujourd’hui, on n’est plus un groupe, on est vraiment une véritable équipe donc je ne prendrai que quelqu’un qui va m’amener un plus et ça, dans cette période de la saison, ce n’est parfois pas facile à trouver. 

Avant les fêtes, il y avait pas mal de blessés. Est-ce qu’on peut avoir de leurs nouvelles et savoir où on en est de ce côté-là ? 

 

Même si on a des phases de reprise, ça va être compliqué pour rentrer des garçons ce week-end mais dans les une à deux semaines qui vont arriver, ils devraient y avoir des joueurs qui vont reprendre du service. Pour ce week-end, ça sera trop juste. 

Venter et Mjekevu n’avaient plus trop matché en fin de saison. Ils étaient blessés en fin d’année ? 

 

Ils étaient blessés, Reinach était déjà revenu une semaine avant et il postule tandis que Wandile est toujours en phase de reprise. 

Et tu espérais récupérer Luke Stringer ?

 

On le récupère début Février, en tous cas, on l’espère. 

Et qu’en est-il de Camille Jarreau ?

 

J’espère que ce sera courant Février mais ce sera un peu plus long. 

Pour faire son come-back à Rajon ? 

 

Je ne sais pas mais franchement, je ne pense pas. Je ne sais pas si on sera loin de la date de reprise mais il est sûr que ça ne sera pas ce week-end-là. 

Au moment du bilan, tu disais que tu voulais garder le Stadium invaincu mais tu étais quand même conscient qu’il fallait aussi peut-être commencer à accrocher des résultats à l’extérieur sur cette 2e partie de saison. As-tu axé ton discours de reprise aux joueurs sur le levier qu’il va falloir actionner ou sur ce cran qu’il va falloir passer sur la 2e partie ? 

 

Ce qui est sûr, c’est que la certitude de tout faire pour garder le Stadium imbattable doit rester comme ça. On le travaille mais maintenant, je pense que sur cette 2e partie de saison, il faut aussi aller chercher des points partout, à l’extérieur et pas que des points de bonus comme on a pu faire mais pas pour délaisser la maison. Je ne veux pas qu’on aille gagner à l’extérieur pour perdre derrière chez toi parce-que tu auras fait des choix et que tu auras tout mis tous les œufs dans le même panier. Par contre, c’est vrai que sur cette 2e partie de saison, il faudra forcément aller accrocher des points si tu veux rester dans les 6 ou être dans les 4. Ça sera hyper important et on va tout préparer pour essayer d’enclencher des dynamiques positives à l’extérieur sachant qu’on quand même de très gros morceaux qui se présentent à nous à l’extérieur. 

Tu as justement de gros morceaux et, sans faire offense à Rennes, ça fait peut-être partie des équipes plus abordables que d’autres ? 

 

On est bien placé pour savoir, au moins au niveau de cette première partie de saison, qu’il faut être à 120% à l’extérieur. Pour l’instant, je pense qu’on a fait de bons matchs à l’extérieur, on s’est envoyé par moments mais à d’autres moments, on n’a pas été à 120%. Tu ne gagnes pas à l’extérieur à 100% comme chez toi parce qu’il y a des facteurs extérieurs qui vont te gêner pour gagner donc, aujourd’hui, il faut être à 120% à l’extérieur et pour l’instant, on ne l’a pas fait, il faut savoir le dire. On n’a pas été capable de le faire ou du moins pas suffisamment et dans cette 2e partie de saison, on voit aussi l’âme d’une équipe à l’extérieur ce qui sera un objectif.

Est-ce qu’il ne faut pas justement dire aux joueurs  » dans la course à la qualif, tous nos concurrents ont été gagner à Rennes ce qui veut dire qu’il faut aussi être vigilant par rapport au classement  » ? 

 

Tu ne peux pas l’aborder comme ça vis à vis des joueurs. Pourquoi ? Pour la simple raison que toi, tu as fait des performances chez toi et gagné des équipes que tes concurrents n’ont pas gagné. Même nous, on ne peut pas dire  » on a une marge, on a gagné contre eux alors que les autres ont perdu contre eux « , non, on ne peut pas dire ça. Par contre, on sait que tous les matchs vont compter et que les matchs qui sont à l’extérieur sur des équipes qui, de un, sont en concurrence avec nous vont être ultra importants, vont être de gros matchs et le niveau va se rapprocher du niveau phases finales voire prétendant à la montée. Sur les autres matchs qu’on va jouer, ça va être aussi difficile car ces mecs-là vont jouer le moindre point pour se maintenir ou batailler la qualif donc moi, je ne vois pas tellement quelle équipe on va rencontrer le week-end, je le regarde match après match comme je le fais depuis le début de la saison parce qu’on était en construction et que chaque match comptait pour notre construction. Dans cette 2e partie, je le vois comme un match de moins d’ici la fin de saison et la différence est énorme. En 1ère partie, je me servais d’un match après l’autre pour construire notre aventure et notre saison, ça, on l’a fait mais maintenant, à chaque match, ce sera un match de moins qu’on pourra gagner donc tous les matchs vont être importants à l’extérieur et on se préparera pour faire les meilleurs résultats à l’extérieur comme à la maison. C’est important dans cette 2e partie de saison alors qu’en première, on se disait  » peut-être qu’on a le temps pour construire « . 

Quelle est, avec Alex, votre principale appréhension pour ce match de reprise ? 

 

L’appréhension que tu as, c’est un peu le manque de rythme, de rythme du match et du rugby. C’est vraiment ça qu’on a comme crainte quand on est entraîneur mais toutes les équipes ont la même, le manque de rythme et de pur rugby. Ça, tu peux t’entraîner, faire du physique, faire du rugby, faire du contact, faire ce que tu veux mais ça ne remplace pas le match et c’est ça qui nous pose problème mais toutes les équipes sont à la même ancienne et on reste confiant malgré ça. 

On se souvient du match aller où, à chaud, Kevin Courties avait été un petit peu vexé car vous n’aviez pas pris les points au pied mais étiez allée en pénaltouche. Vous étiez à domicile mais là, c’est à l’extérieur donc on peut imaginer une autre stratégie sans bien sûr dévoiler le tableau noir ? 

 

Franchement, je ne me rappelle pas trop de ce qui a été dit après le match mais non, ça n’était pas manquer de respect. J’ai beaucoup d’humilité et l’humilité fait partie de mon projet ici à Albi, je sais d’où je viens et je sais comment on construit notre rugby ici à Albi. C’est surtout qu’en début de saison, on avait les buteurs qui n’étaient pas en franche réussite et voilà sûrement pourquoi on est allé en touche en début de match (rires). Il faut faire avec les forces du moment et même si on a de très bons buteurs, ils étaient un peu en déficit ces semaines-là et on avait axé sur autre chose donc ça sera un autre match. 

Etes-vous fier de ce bilan et d’être 4es à la trêve ? 

 

On est fier de ce qu’on est en train de construire, pas spécialement du résultat d’être 4es mais fier de ce qu’on est en train de construire et de notre projet. Je trouve que notre projet ressemble à quelque chose et moi, je suis content quand les joueurs sont heureux de produire donc forcément, quand tu es content dans le rugby, et dans le sport professionnel, quand tu as plaisir à jouer au rugby et plaisir à t’entraîner, tu as souvent de bons résultats. D’être 4es avec tous les changements qu’il y a eu, on peut être fier de ce qu’on a fait mais, encore une fois, on n’a rien fait, il reste 5 mois de compétition et ce sont les plus importants. 

Tu disais qu’en première partie de saison, tu te servais des matchs les uns après les autres et qu’aujourd’hui, tu les vois comme un match en moins. Est-ce que du coup, ça a changé quelque chose dans ta construction et ta philosophie auprès des joueurs ? 

 

Bien sûr, à commencer par l’exigence, c’est à dire que quand le match arrive et que tu as le maillot, il faut le garder, c’est ce que je dis tout le temps mais c’est encore plus vrai là. En plus, le championnat va être découpé donc est-ce qu’on aura vraiment besoin de tourner à des moments ? Je ne pense pas, on ne tournera pas pour tourner. Donc ça, ça va changer car ça fait un match de moins ce qui veut dire qu’il faut aussi se rapprocher le plus possible de notre équipe type, je ne dis pas que ça sera toujours le même XV qui jouera mais on sera moins à même de faire tourner les mecs et ça, c’est le gros changement quand il y a un match de moins. Ensuite, la deuxième des choses, c’est d’être beaucoup plus précis et exigeant avec notre rugby et de ce qu’on est capable de faire d’un dimanche à l’autre, on a vraiment été sur une pente ascendante et vraiment positive donc il faut reprendre notre marche en avant pour progresser chaque week-end. Je ne dis pas qu’il faut stagner, une équipe de rugby a besoin de vivre positivement et là, c’est le cas mais il faut reprendre cette bataille-là et on va aussi bâtir avec des joueurs qui sont câblés pour ça. 

Est-ce que vous percevez comme une difficulté le fait que la phase retour soit beaucoup plus fragmentée que la phase aller car, effectivement, par rapport au rythme que tu évoquais, ça risque de hacher davantage ? 

 

Il y a des avantages et des inconvénients. Au niveau des avantages, ça te permet d’avoir des semaines pour travailler tes futurs matchs, l’évolution de ton équipe, de prendre du temps sans être sous pression du résultat du dimanche ou du samedi. Mais il y a aussi des moments où  je trouve ça un peu négatif car quand tu enchaînes les matchs, c’est aussi ça qui fait le charme à savoir les gestions d’effectif, de groupe, d’équipe car, quand tu sélectionnes un joueur, tu sais que ça a une incidence puisque derrière, tu as 4 autres matchs alors que là, tu peux être tenté de moins bouger les choses et d’avoir moins de stratégie d’équipe à faire, un peu moins. 

Mais la problématique est la même pour tout le monde ? 

 

Oui, elle est pour tout le monde et là, je parle dans sa globalité, pas spécialement pour Albi. J’ai trouvé que le début de championnat était costaud avec les gros blocs, vraiment costaud, mais je comprends qu’ils recoupent un peu plus les matchs en 2e partie de saison parce qu’il y a le Tournoi et autres. Ça ne nous impacte pas nous mais je comprends que, par moment, ça ne joue pas pendant les matchs, chaque division a de plus gros effectifs, quand tu pars d’en haut, du Top 14, un peu moins en Pro D2, encore un peu moins en Nationale et ainsi de suite en Fédérale 1 et après. Je pense quand même que toutes les nationales sont un peu limitées en termes de nombre donc si tu n’avais que des blocs avec des 4 / 5 matchs, pffffiou … Je pense qu’il faudrait avoir une aide pour permettre d’avoir un meilleur budget et pour avoir aussi d’autres joueurs car on a vu qu’il fallait une profondeur d’effectif. 

Est-ce que ça ne rebat pas un peu les cartes car, quand tu as d’énormes clubs en Nationale, les gros effectifs sont plus performants que les autres équipes ? Est-ce que ça ne peut pas non plus niveler le niveau et que l’on ait des surprises ? 

 

Oui, j’en suis sûr, je suis d’accord avec toi. Il est certain que, plus il y a de gros blocs, plus les gros effectifs sortent vainqueurs parce qu’à terme, ils ont le matos pour remplacer les joueurs blessés, quand c’est un peu plus morcelé, tu as le temps de faire rentrer un mec ou de faire reposer. On fera avec, j’ai vu que, depuis le début, depuis Septembre, il y a des surprises partout et qu’il se passe quelque chose à toutes les journées donc nous, les joueurs, le staff, on a décidé de se préoccuper de nous Albi et de ne pas trop regarder ce qui se fait. 

Quel est le mot d’ordre pour ce déplacement au long cours en Bretagne ? 

 

C’est vite se remettre dedans et vite se remettre dans la dynamique positive dans laquelle on était. C’est vraiment important d’être vite investi. 

Qu’est-ce qu’on peut souhaiter au SCA pour 2023 ? 

Des victoires !

Propos recueillis par Loïc Colombié

Article en partenariat avec :

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