#Rugby – Nationale / Regis Bauché (Nice) : «On a besoin de la retransmission traditionnelle hertzienne!»

Nous sommes allés à la rencontre de Regis Bauché, le directeur général du Stade Niçois, pour faire un bilan sportif du début de saison des aigles azuréens. Neuvième à 5 points du top 6, le club de la Côte d’Azur peut toujours espérer se qualifier pour la 3eme fois consécutive en playoffs d’accession Pro D2, et ce malgré un début de championnat compliqué. Le DG de Nice à fait un tour d’horizon sur l’actualité du club comme le départ d’Arnaud Vercruysse, les rumeurs de rachat du club ou encore la difficulté à mobiliser du public aux Stade des Arboras. Mais Regis Beauché a aussi parlé de la visibilité du championnat, qui selon lui, malgré le bon travail effectué par le diffuseur web actuel, se doit de passer par des chaînes hertziennes tant du fait de leurs caisses de résonnances plus conséquentes que par la sociologie âgée des spectateurs de Nationale.

 

Crédit photo Stade Nicois

 

Pour le Stade Niçois, l’objectif est une fois de plus connu à savoir d’être dans le Top 6 et d’essayer d’aller ferrailler en play-off pour accéder à la Pro D2 mais, on va dire que le début de saison a commencé en mode plutôt diesel ? 

 

On est toujours dans les problématiques de dynamiques. C’est vrai que, l’année dernière, on était parti sur un début de saison qui était plutôt moyen, on l’a renouvelé cette année, on a commencé par deux ou trois défaites qui font qu’on est dans le dur derrière. On ferraille donc pour revenir rapidement dans les 6, voire même dans les 4, en toute honnêteté. 

Avec en plus un petit soubresaut qu’a été le départ d’Arnaud Vercruysse, le co-entraîneur avec Alex Compan et qui a été remplacé par Sébastien Bruno qui était déjà dans le staff. Tout ça n’a pas mis d’huile dans les rouages ? 

 

Arnaud Vercruysse est quelqu’un de bien, quelqu’un de compétent et c’est lui qui, d’une manière très unilatérale, a décidé de sortir du projet pour essayer de  » forcer  » tout le monde à réagir car il avait la sensation qu’il n’y avait pas toujours les bonnes attitudes. On connaît très bien Sébastien Bruno, il était déjà avec nous en tant que consultant depuis deux ans, on l’a mis un peu plus en action vis à vis de l’équipe première. Il fait un travail remarquable sur la mêlée donc on va même un peu au-delà dans l’organisation du jeu des avants. 

Quand on entend vos propos, Arnaud Vercruysse, un grand entraîneur, le Stade Niçois, un grand club et on a donc l’impression que c’est un rendez-vous manqué et qu’il y a un peu de frustration car ça aurait pu se passer bien autrement ? 

 

Moi, je fais partie des gens qui ont connu le rugby il y a une trentaine d’années et le rugby évolue vite, très vite. Je pense que les modes et les effets de levier que l’on pouvait avoir hier sur le groupe ne sont pas ceux que l’on peut avoir aujourd’hui donc je pense que ça ne devait pas se faire. Je n’en sais rien mais, en l’occurrence, il a fait l’unanimité de par son travail et de par son attitude mais, de toute façon, il fallait réagir et ça a été son choix mais, en l’occurrence, c’est quelqu’un qui a encore de belles choses à faire dans le rugby. 

Est-ce que vous allez recruter quelqu’un pour venir renforcer le staff et un peu compenser ? 

 

Non, on ne recrutera pas car on essaye de capitaliser sur le groupe qui est en place, aussi bien joueurs qu’encadrants, on a aujourd’hui 35 joueurs et déjà 3 ou 4 personnes donc il n’y a pas de raison. Ce qu’on veut vraiment, c’est même au contraire essayer de resserrer le groupe au maximum autour de la performance. C’est pareil sur les recrutements de joueurs, on a été approché sur pas mal de joueurs complémentaires mais on a préféré rester au maximum sur notre groupe. On a un recrutement supplémentaire qui a été fait, je ne sais pas si vous connaissez Clément Egiziano, un joueur du RCT et qui est l’espoir qui nous a été prêté jusqu’à la fin de la saison et qui a la spécificité de jouer 3e ligne aile, ailier ou centre et qui a marqué contre le Stade Toulousain en Top 14 et qui nous a déjà rejoint. De manière générale, au-delà d’Arnaud et de Clément, l’idée est vraiment de resserrer autour des gens en place. On est persuadé de la valeur de l’équipe en place et des intervenants, il faut donc maintenant le démontrer sur le terrain. 

L’objectif pour cette seconde partie de saison est de réintégrer le Top 6 car, on ne va pas se mentir, si vous n’y étiez pas, ça serait quand même un coup d’arrêt pour le projet Stade Niçois ? 

 

Totalement. Il y a deux ans, on a fini premier de la phase régulière, on sentait qu’on marchait un peu sur l’eau, on avait des joueurs cadres qui donnaient pleinement la mesure et, aujourd’hui, on pense que les joueurs que l’on a sont largement du même niveau et il faut maintenant le démontrer. On a fait une première partie de saison imparfaite mais qui était malgré tout sur une dynamique beaucoup plus positive, si on n’avait pas perdu le dernier match contre Narbonne, on était sur 4 ou 5 victoires d’affilée. C’est clairement d’intégrer la première partie et on voit bien aujourd’hui qu’il y a des surprises tous les dimanches avec des petits qui vont gagner chez des gros, le championnat bouge très, très vite. 

Quand on interviewe d’anciens joueurs de Nice comme Mathieu Bonnet-Gonnet ou quand on vous entend parler, on a l’impression qu’il y a encore des fantômes de cette fin de saison 2021 / 2022 qui rôdent avec cette défaite face à Narbonne pour accéder en Pro D2 ainsi que le terrible accident qui était arrivé à James Lassis ? 

 

De toute façon, on ne s’en remettra jamais totalement. On est tous passionnés de rugby, vous, moi mais quand vous avez un mec qui est tétraplégique, et un mec qui est extraordinaire, à la limite, ce serait un con, ce serait déjà très, très difficile, mais c’est vrai que c’est un traumatisme qui sera là. Derrière, on fait un Covid et c’est vrai qu’aujourd’hui, c’est clairement quelque chose qui nous met dans la difficulté. 

On va parler maintenant des choses un peu plus périphériques du club, entre autres de la visibilité qu’a gagné le Stade Niçois avec la diffusion par Sport All et Rugby Zone TV de la Nationale. Après 4 mois effectifs de diffusion, que pensez-vous de cette aventure avec Sport All ?

 

Je pense qu’ils font un travail remarquable et qu’il y a une vraie qualité de retransmission. C’est vrai qu’il y a aussi une unanimité qui fait que ce n’est pas la disposition seule des clubs mais la difficulté qu’on a malgré tout est qu’on a encore besoin de l’hertzien. Je crois qu’il y a 4 ou 5 matchs qui vont être retransmis sur des chaînes traditionnelles mais je trouve que là où il y a énormément de sens, c’est en complémentarité avec des retransmissions télé traditionnelles car, malgré tout, on a une clientèle et des spectateurs qui sont d’un certain âge et qui ne vont pas forcément sur cet outil. Je pense donc que c’est génial en tant qu’outil complémentaire mais on a besoin de la retransmission traditionnelle hertzienne qui, honnêtement, à mon sens, manque beaucoup en Nationale. Il y a deux ans, on avait des retransmissions avec l’Équipe TV et je crois qu’on a eu des pics d’audience à 400 000 téléspectateurs, quand vous avez des gens qui ont connu Dax ou Tarbes et qui les revoient, évidemment qu’ils prennent du plaisir à les retrouver sur des chaînes traditionnelles. Sur l’hertzien, c’est vrai que ce n’est pas la même clientèle ni les mêmes spectateurs donc l’expérience est super positive mais il faut que la Fédération continue à mettre l’accent pour qu’on ait ces retransmissions traditionnelles. Aujourd’hui, rien n’est simple économiquement, on se rend compte que, quand on a une couverture et une visibilité, il y a évidemment des partenaires que l’on va chercher un peu plus facilement.

Et pour vous qui avez des partenaires à l’échelle nationale, je pense par exemple à Allianz, ils s’y retrouvent plus sur de l’hertzien que sur de la web télé ? 

 

C’est complémentaire et franchement, encore une fois, je pense que ce sont des évolutions de société. Moi, je suis persuadé que c’est très positif mais, à nouveau, il y a besoin des deux et c’est vrai qu’aujourd’hui, quand vous montez en Pro D2, vous savez que vous prenez 1M / 1M2 de droits TV alors qu’en Nationale, on a les contraintes et on a zéro. Il faut donc au moins que l’on ait cette couverture médiatique pour être attractif sur des partenaires. 

On va mettre un peu les pieds dans le plat, on entend une rumeur qui monte depuis 4 à 6 mois selon laquelle le duo Gave / Aldigé débarquerait sur la promenade des Anglais. Info ou intox ? 

 

Non, ce n’est ni info ni intox, ça veut dire qu’il n’y a rien de nouveau. Aujourd’hui, le club du Stade Niçois est attractif car nous sommes la 5e ville de France, on sait tous que c’est une incohérence de le retrouver sur ces divisions-là donc on a besoin d’acteurs des dimensions supérieures. Qu’eux soit intéressés par le club, ce n’est pas de l’info mais après, on a des actionnaires en place, on a des collectivités, on est sur une infrastructure municipale donc ça passera par des accords municipaux. Oui, ils sont apparemment intéressés mais aujourd’hui, on avance avec nos partenaires historiques. 

Donc en clair, si on suit vos propos, c’est dans les cartons mais il n’y a rien de finaliser ? 

 

Non, ce n’est pas dans les cartons mais je pense que c’est le cas de pas mal d’autres clubs. On a été approchés par des fonds sud-africains et des fonds anglais qui, à un moment donné, mettent le nez dedans et aujourd’hui, évidemment qu’il y a des gens que le club intéresse et heureusement mais ce sont des acteurs parmi d’autres. Je suis persuadé qu’ils s’intéressent aussi à d’autres clubs parce-que ce sont de vrais professionnels et qu’ils ne peuvent pas être dépendants d’un projet donc aujourd’hui, pour nous, clairement, le projet est Nice avec des Niçois. 

C’est ce que j’allais dire : pour l’instant, vous êtes avec des acteurs locaux et quand vous avez des propositions comme ça, vous devez soupeser entre peut-être gagner financièrement mais perdre en identité ? 

 

On est complètement dépendant des collectivités locales aussi bien dans les subventions que dans les accompagnements que dans l’utilisation des infrastructures donc c’est la Mairie qui donne le tempo. Il y a un communiqué de presse qui a été donné il y a quelques semaines par Christian Estrosi disant que les acteurs qui étaient privilégiés et qui étaient en place étaient les acteurs locaux donc il n’y a rien de nouveau sur le sujet. 

Qu’est-ce qu’on peut souhaiter au Stade Niçois pour 2023 puisqu’on est dans la période ? 

 

De la stabilité, des résultats, un peu plus de moyens financiers, un peu plus de couverture médiatique, la santé (rires). Il y a beaucoup de choses à souhaiter mais maintenant, on est quand même dans un sport qui est un beau sport, on est aujourd’hui tous très heureux d’évoluer dans cette division Nationale où on voit qu’il y a de belles audiences tous les dimanches. C’est vrai qu’il faut que les gens viennent au stade et je trouve toujours surprenant de voir des stades à moitié remplis alors que ce n’est pas tant une histoire de prix. Il faut donc que les gens viennent, qu’ils continuent à s’intéresser à cette division qui est hyper attractive, où ça joue bien, où il y a un bon état d’esprit, où il n’y a pas de violence. Nous, on va essayer de retrouver notre dynamique d’il y a deux ans avec l’équipe en place qui, honnêtement, on en est persuadé, a tous les moyens pour le faire. 

Pour faire une boutade, il vous faut demander la recette au président Humbert à Bourg-en-Bresse ou au président Gueydan à Bourgoin car eux ont le stade quasiment rempli tout le temps ? 

 

Chez nous, en fait, le sport niçois est sorti des radars dans les années 90 et on le paye encore aujourd’hui. Ici, il faut que ça brille pour que ça puisse marcher durablement et ça ne brille pas assez. Vous savez, la métropole à Nice fait 450 000 habitants et s’il y avait une personne sur 10 qui venait au stade, il faudrait que l’on bloque l’Allianz Riviera mais on sait qu’on est très loin de ça. On est persuadé qu’il y a un public pour mais il faut arriver à avoir une continuité mais aussi à rattraper le haut de tableau. On arrive à avoir 1 500 / 2 000 personnes tous les dimanches au Stade Niçois en ayant 4 défaites à domicile car c’est vrai que le premier bloc a quand même été assez catastrophique, donc ça veut dire que derrière, on doit arriver à remplir le stade. 

Merci pour ce tour d’horizon et on vous souhaite une belle année 2023 avec le Stade Niçois

 

Merci beaucoup.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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