#Rugby – Nationale 2 / Jean Christophe Bacca (Graulhet) : «Tous les dimanches, c’est David contre Goliath!»

Tour d’horizon à Graulhet avec Jean Christophe Bacca, le co-entraîneur des mégissiers (avec Benoît Bellot) sur le début de saison des rouges et noirs qui avec une 7eme place à la trêve ont réalisé un joli bilan sur la phase aller. Pour la reprise du championnat de Nationale 2 dans cette poule 1 (Grand-Est) très homogène, les tarnais vont avoir un plat de résistance avec le Stade Dijonnais (6eme), un ancien pensionnaire de Nationale et un club structuré professionnellement qui il y a 4ans de cela feraillé avec Albi pour l’accession en Pro D2. Jean Christophe Bacca qui est conscient qu’un quasi nouveau championnat débute en ce début d’année 2023, espère ardemment voir ses hommes faire honneur à leur maillot pour ne pas voir l’épée de Damoclès du maintien de rapprocher à grand pas de leurs têtes. En clair dans cette opposition entre David et Goliath, le plus petit budget de Nationale 2 va devoir recourir aux valeurs séculaires de combat du club s’il veulent se défaire de dijonnais en quêtes d’un match référence à l’extérieur.

Graulhet Vs Dijon (J13 – Nationale2) : Une rencontre à suivre en direct Web TV et Web Radio via Le #MagSport et Impakkt Events des 14h45 ce dimanche 15 janvier 2023 sur la page facebook du Sporting Club Graulhetois .

Crédit photo Stephanie Maufoux – Le #MatSport

 

Après une première partie de saison qui est dans les clous pour Graulhet, qui est quand même enthousiasmante puisque tout le monde vous donnait perdant d’avance et vous prédisait la misère, il va maintenant vous falloir confirmer ? 

 

Oui, c’est ça. On sait que cette saison est extrêmement longue, on sait que c’est éprouvant pour les organismes que ce soit sur le terrain, car cette poule est relevée et homogène, ou par les déplacements. On a le plus grand nombre de déplacements avec des heures de bus, il faut penser à la récupération et c’est compliqué pour un club comme Graulhet qui n’a pas non plus des moyens illimités là-dessus aussi. On essaye de gérer au mieux et, pour l’instant, on ne s’en sort pas si mal que ça avec très peu de joueurs blessés gravement mais on est obligé d’instaurer un turn-over pour que le groupe de 35, qui vit très bien et est sensiblement au même niveau, puisse nous apporter des solutions au fil de ce championnat marathon car, autrement, on ne s’en sortirait pas. Pour l’instant, on est dans les clous, on est effectivement plutôt bien mais il faut gérer et la fatigue mentale et la fatigue physique et les organismes de tous ces joueurs qui attaquent ce sprint final de 10 matchs pour maintenir ce club en Nationale 2. 

Un petit bilan sportif de cette première partie de saison ? 

 

On s’attendait à ce que ce soit dur et ça l’a été. On est monté en puissance petit à petit, les premiers matchs ont été un peu compliqués, notamment le premier match contre La Seyne qu’on a perdu à Graulhet et le déplacement à Dijon qui a été l’un des plus gros écarts avec celui de Beaune. Pour tout le reste, les autres matchs ont été plutôt aboutis à l’extérieur avec toujours quasiment un point défensif où qu’on soit allé et surtout les victoires à domicile qui, au fil du temps, ont été un peu plus abouties comme matchs. J’espère que ça va continuer sur cette phase retour car c’est toujours difficile sur les matchs retour après les fêtes de maintenir l’efficacité du groupe et de rester dans les clous de ce qu’on s’était fixé en première partie.

Pour acquérir le maintien, la série d’invincibilité à Pélissou est un impératif ? 

 

Bien sûr. Tant qu’on n’a pas gagné à l’extérieur et qu’on reste avec des bonus défensifs, on n’a pas encore un match référence à l’extérieur, on est obligé de passer par des victoires à domicile pour espérer se maintenir en Nationale 2. Une contre-performance chez nous ne serait pas rédhibitoire mais ce serait un coup d’arrêt à cette saison qui, pour l’instant, est bien entamée mais qui reste fragile comptablement. Il reste 5 réceptions et si on ne prend pas de points à l’extérieur, on est obligé d’assurer nos matchs à domicile mais je crois que c’est le cas pour tout le monde. 

Oui car on va dire que, dans cette poule, avec deux victoires, on regarde vers le haut mais avec deux défaites, on regarde vers le bas ? 

 

Exactement. On est à 9 points du premier, 11 points du dernier, c’est donc en gros à 2 matchs du haut du tableau et à 3 matchs du bas. Ça va très, très vite en rugby et si on croit qu’on est arrivé à mi-saison, on se mettrait le doigt dans l’œil. On travaille beaucoup sur ça avec les joueurs et le groupe en disant  » on tient un bout du Graal, il ne faut pas le lâcher car ça deviendrait très vite compliqué « . 

Avec Benoit Bellot, comment est-ce que vous avez géré un mois de pause ? 

 

On a été obligatoirement tenu de couper une quinzaine de jours car les joueurs étaient fatigués et, du fait de leur pluriactivité, beaucoup ont continué à travailler. On était donc vraiment obligé de couper avec un programme individualisé mais plutôt light pour que les organismes se ressourcent tout en travaillant en-dehors du rugby. C’était donc une obligation même si nous, de notre côté, on aurait aimé s’entraîner peut-être une semaine de plus, on a quand même lâché une quinzaine de jours pour reprendre 15 jours, d’abord avec une première semaine plutôt light début Janvier, après les fêtes puis normal cette semaine avec des entraînements à grosse intensité. La semaine dernière a été plutôt light mais c’était normal puisque les organismes étaient fatigués et que, mentalement, je crois que les joueurs avaient besoin de cette coupure donc on l’a fait. C’est bien sûr toujours un petit peu préjudiciable dans le sens où les automatismes qui sont acquis au fil des matchs de la première partie de championnat sont un peu altérés mais on se rend compte que ça revient assez vite. On a travaillé là-dessus, même si les conditions climatiques n’étaient pas géniales pour ça, mais on a quand même réussi à faire un travail sérieux là-dessus et on espère qu’on va repartir comme on a fini sur les matchs à domicile. 

Dijon, Mâcon, Nîmes, un premier bloc qui est quand même épais chocolat ? 

 

Oui mais on est habitué, la conjoncture a toujours été un peu difficile pour nous. On est allé à l’extérieur chez des équipes qui étaient dos au mur, on a reçu des équipes qui avaient besoin de points soit pour rester dans le haut du classement soit pour récupérer des points pour sortir du bas ou revenir dans ce haut du classement. On va dire qu’on n’a jamais eu de match apaisé dans l’enjeu, ce qui est normal dans une poule très homogène et là encore, on accueille le premier écueil qu’est Dijon, une très, très belle équipe qui descend de Nationale, avec des joueurs de grosses qualités. Ils nous avaient posé énormément de problèmes sur leurs terres, ils viennent avec un seul point d’avance sur nous et ont donc besoin de points pour rester dans le Top 6 pour pouvoir espérer se qualifier. Ce sont les ambitions légitimes d’un club comme Dijon donc ça passe sans doute par une victoire à Graulhet. On va essayer de les faire mentir et de prouver que nous aussi, on est au niveau de cette Nationale 2 et que, même si ça va être compliqué, on y mettra tout l’engagement qu’on pourra y mettre face à cette redoutable équipe de Dijon qui, quand même, monte en puissance au fil du championnat. Derrière, on va aller à Mâcon qui, j’imagine, aura envie de se détacher très rapidement de la fin du classement, c’est là aussi une équipe qui n’est sans doute pas à sa place avec le potentiel qu’ils ont chez eux. Et bien sûr, l’ogre nîmois qui a fini un peu exsangue car beaucoup de blessés et qui, là encore, va venir à Graulhet avec un besoin de points pour eux intégrer les deux premières places vu que c’est, je crois, l’objectif ciblé de ce club de Nîmes plein d’ambitions et qui joue très bien au rugby. Je crois qu’ils restent sur trois défaites consécutives, une à domicile et deux à l’extérieur, ça fait sans doute un moment que ça ne leur est pas arrivé, il va donc falloir qu’ils récupèrent des points et ça passe par Graulhet.  Il faudra donc que l’on soit prêt pour ces trois échéances tout en essayant de gérer l’effectif au mieux, c’est tout le dilemme de cette saison pour un club comme Graulhet, concentré en trois semaines à savoir la venue de Dijon, le déplacement à Mâcon et la venue de Nîmes. Il faut que l’on arrive à ressortir de ce bloc-là avec au moins 8 points, ce qui serait plutôt intéressant, et si on peut en prendre plus, ce serait avec plaisir. 

 

Une analyse et un regard sur cette équipe de Dijon ? 

 

C’est une équipe qui est très en place avec un secteur offensif plutôt intéressant. Ils ont des cellules organisées autour des deux centres qui sont très intéressantes, ils ont un bon buteur, une défense très en place. C’est une équipe qui s’entraîne tous les jours et qui a la capacité de rebondir très vite en Nationale, il y a un projet dans ce club et ce serait une contre-performance pour eux qu’ils ne se qualifient pas. Je pense que c’est une équipe qui monte en puissance au fil des matchs, ça va être un match compliqué mais, pour l’instant, toutes les équipes qui sont venues à Graulhet, à part La Seyne, ont eu beaucoup de mal à s’en sortir. On espère que ce sera le cas pour eux aussi mais on est toujours sous pression à domicile et encore sur ce match-là, Dijon va sans doute jouer avec ses armes et venir avec la volonté de l’emporter à Graulhet, à nous de les faire mentir. 

Graulhet, 600 000€ de budget, Dijon, 2M4 soit 4 fois plus de budget que le Sporting Club Graulhetois. C’est vraiment David contre Goliath ? 

 

Oui mais c’est un peu tous les dimanches David contre Goliath (rires). On ne se focalise plus là-dessus parce qu’autrement, on ne peut pas jouer, si on commence à rentrer dans ces considérations-là, on reste à quai. On ne pourra pas espérer gagner des matchs contre ces écuries si on commence à aligner les gabarits, les joueurs, la densité physique, les moyens, les infrastructures. Comparé à nous, tout est disproportionné dans cette poule de Nationale 2 mais c’est aussi peut-être ce qui fait qu’on a été capable de rivaliser dans cette première partie de championnat car on pensait qu’on n’allait vraiment pas s’en sortir. Ce n’est pas encore le cas mais on a voulu montrer à tout le monde que ce n’est pas qu’une question d’argent. Bien sûr que l’argent est important, avoir les budgets qui permettent de mettre les joueurs dans les conditions les meilleures, c’est toujours un plus mais il n’y a pas que ça dans le rugby, il y a aussi quelques valeurs qui restent entières. Et je crois que là-dessus, sur les valeurs ancestrales du rugby, et même si aujourd’hui, les clubs à gros budgets arrivent à avoir des valeurs, Graulhet, en toute humilité, y excelle. Graulhet s’appuie énormément là-dessus, peut-être parce-que son manque de budget ne lui permet pas de s’appuyer sur autre chose. Donc, on essaye de ne pas penser à ça et de se concentrer sur les matchs ainsi que sur la façon dont on peut essayer de faire déjouer ces belles mécaniques qui arrivent, bien rodées, bien préparées, bien entraînées pour essayer de nous battre. Pour l’instant, ça marche et on espère que ça va durer jusqu’au bout.

Question de rigueur et de saison puisque ce sont les vœux et le début d’année : qu’est-ce qu’on peut souhaiter à Graulhet en 2023 ? 

 

Je pense que ça serait bien qu’on se maintienne, et je pense que c’est l’objectif principal du club. Il y a un projet à notre niveau et là, par contre, il y a toute une ville avec ces moyens qui est derrière nous, tout un peuple graulhetois qui est derrière nous et on sent qu’il y a quelque chose qui vibre. Avec cette évolution, on sent que ce club peut renaître de ses cendres, peut-être pas au niveau des années 80 où il dominait le rugby tarnais et même hexagonal dans certaines années. En tous cas, c’est remettre ce club de Graulhet en haut de l’affiche des clubs de la région en se pérennisant en Nationale 2 et pourquoi pas après en ayant la possibilité de développer un peu les structures, l’école de rugby, la formation et bien sûr en gardant ce groupe le plus proche possible de ce qu’il est aujourd’hui. Ce sera peut-être avoir la volonté de se qualifier et de jouer les premiers rôles dans cette Nationale 2 à moyen terme. 

Merci et on te souhaite un bon match face au Stade Dijonnais ce dimanche à 15h à Noël Pélissou sous les caméras d’Impact Events et du #MagSport

 

Merci.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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