#Rugby – Nationale / Henri Guillaume Gueydan (Bourgoin) : «On est à l’heure, mais on aurait aimé être un tout petit peu plus haut!»

En Berjallie le CSBJ se revigore pas à pas depuis sa descente de Pro D2 en 2017. Avec l’arrivée à la tête du club Berjallien, il y a plus de 5ans de l’entrepreneur local, Henri Guillaume Gueydan, ce bastion du rugby a retrouvé de l’éclat et de l’ambition. Ce grand passionné des ciels et grenats nous a accordé une interview bilan pour faire un point sur la situation sportive de Bourgoin, tout en faisant un tour d’horizon de l’ensemble des composantes du club. Avec une place dans le top 6 de la division Nationale à mi saison, un fond de dotation, des infrastructures rénovées et un staff efficient, « le peuple gaulois » peur dorénavant légitimement lorgner à court ou à moyen terme vers l’antichambre du Top 14.

Crédit photo Le #MagSport Web TV Radio

 

On est à mi-chemin de cette 3e saison en Nationale pour Bourgoin, une 3e année où, une fois de plus, vous visez toujours plus haut, toujours plus fort avec l’objectif d’être en play-off. Vous êtes dans les clous et à l’heure au point de passage ? 

 

Oui, on est à l’heure, on aurait aimé être un tout petit peu plus haut mais on paye notre mauvais 2e bloc, c’est ainsi.

Avec une augmentation de budget, des ambitions qui ont été affichées haut et fort et un début de championnat un peu canon, on va dire que vous étiez attendus au tournant ? 

 

Certainement (rires). On ne nous l’a pas forcément trop dit et après, on a le nez dans le guidon donc on ne pense plus à tout ça au quotidien et peu importe les annonces de début de saison. 

Comment est-ce qu’on peut expliquer ce petit trou d’air qu’il y a eu au cours du second bloc ? 

 

Il a beaucoup été dû à un match raté contre Suresnes à la maison qui nous a un peu mis la tête à l’envers. Derrière, on a enchaîné des résultats pas très bons, c’est juste ça, ça nous a mis dans le doute bêtement et il a ensuite fallu se reconcentrer pour le 3e bloc fin Novembre / début Décembre. 

Entre ce 2e et ce 3e bloc, on a fait la recette maison en Berjallie en se resserrant et on est revenu sur les fondamentaux ? 

 

Oui, effectivement. On avait aussi un 3e bloc un peu plus facile que le 2e sur le papier mais oui, on est revenu à des choses plus basiques pour se redonner de la confiance. 

Avec ton point de vue un peu au-dessus de la mêlée, puisque tu n’es pas dans le sportif et que, même en le gérant, tu regardes ça au-dessus de la mêlée, est-ce que tu penses que Bourgoin a la place cette année de monter directement en Pro D2 ou est-ce qu’il faudra attendre un point d’étape de plus pour arriver à ce Graal de revoir les ciel et grenat en Pro D2 ? 

 

Je vais répéter ce que je dis depuis le début de la saison, notre objectif est d’être dans les 6 premières places, idéalement dans les 4 pour recevoir un barrage et après, c’est un deuxième championnat. Au mois de Mai, c’est là que tout se joue mais il faut faire en sorte de pouvoir jouer au mois de Mai (rires). Si c’est cette année, tant mieux, si c’est dans un an, ça sera bien et si c’est plus tard, et bien tant pis pour nous (rires). 

Quoi qu’il arrive, vous allez continuer avec Sébastien Tillous-Borde et tout le staff qu’il y a autour de lui car il vous faut un peu de continuité pour continuer à grandir et vous développer ? 

 

On en discute en ce moment et il n’y a pas de volonté de tout bouleverser. On est en train de discuter tous ensemble de comment on prévoit la suite. 

Quand on voit certains staffs de Nationale et d’autres de Pro D2, étoffer le staff est peut-être l’une des pistes ? 

 

C’en est une, bien évidemment, car on voit qu’il y a beaucoup de choses pour se perfectionner et avec deux coaches permanents plus l’intervention une fois par semaine de ? (3.51), c’est mieux que l’année dernière mais ce n’est sans doute encore pas suffisant. 

Est-ce que vous pouvez nous rappeler le budget actuel de Bourgoin ? 

 

Je crois qu’on est sur 3M8 cette année, je dis je crois car ce n’est pas à la virgule. 

En ne comptant que la SASP ? 

 

Oui. 

Et avec l’Association ? 

 

Sur l’Asso, on est à un peu plus de 700 000€ sachant que le centre de formation dépend de la SAS. 

En parlant de budget, et comme on sait que la Nationale n’a pas d’énormes ressources économiques, est-ce que vous êtes arrivés à un plafond de verre où vous ne pouvez pas augmenter le budget ou y a t’il encore une marge ? Faut-il sinon obligatoirement monter en Pro D2 pour passer un nouveau palier ? 

 

Ça demande beaucoup d’efforts pour l’augmenter, ce n’est pas simple. Je ne dis pas que ce n’est pas faisable mais, en l’état, on ne peut pas prendre un multiple important. 

Une des choses qui est une belle réussite de Bourgoin depuis le début de saison est que vous êtes la plus grosse affluence de Nationale. C’est quand même un petit Graal car avoir l’adhésion populaire est importante surtout si on va en play-off ? 

 

Oui (rires). Si on va en play-off, on ne se fait pas de souci, on sait que le stade sera archi plein mais c’était intéressant de jouer surtout jusqu’à fin Novembre où on a fait de très belles affluences. Il y a eu un coup de froid sur les derniers matchs qui est passé depuis puisqu’on est à nouveau dans des températures plus que douces. On a eu le froid, des affiches un tout petit peu moins brillantes puisqu’on a reçu les deux derniers sur la fin Décembre et sur des jours où, en plus, il y avait des matchs de Coupe du Monde de l’équipe de France ce qui fait qu’à chaque fois, même si c’est foot, il y a quand même beaucoup, beaucoup de monde qui regarde le foot et on a vu la différence puisqu’on a divisé par plus que deux l’affluence. 

Quelle est la recette pour faire venir autant de monde à Rajon même s’il y avait un ADN et une base solide ? C’est ce que doivent vous demander beaucoup de clubs

 

C’est que ce peuple gaulois, comme on aimait bien l’appeler autrefois, est là, il n’attend qu’une chose, c’est que le stade vibre un peu. Quand ils ont vu ce bon début de saison, avec notamment deux matchs amicaux intéressants, les gens sont venus très vite. En termes d’abonnés, il y en a 1 700 donc c’est bien, c’est intéressant d’avoir autant de monde qui adhère dès le début de saison. Il y a aussi tous les gens qui viennent aux matchs et ça fait plaisir, je ne sais plus à combien on est monté mais on est aux environs de 5 000 personnes, voire un peu plus et c’est chouette. 

Il y a aussi un outil Rajon qui a été rénové et avoir un outil agréable où on peut vivre le rugby de l’avant-match jusqu’à l’après-match aide à faire venir les gens et à attirer la foule ? 

 

C’est ce qu’on essaye de mettre en place, d’avoir différents lieux d’accueil pour tous les publics car c’est le stade de tous les publics. On n’est pas là que pour le populaire ni que pour les gens plus aisés, pour les sponsors et partenaires qui viennent souvent rechercher une prestation. Il en faut pour tous les goûts et ça fonctionne bien. 

On va dire que, pour le populaire, il y a l’avenue de la Berjallie et que pour le public un peu plus aisé, il y a la nouvelle tribune sud ?

 

C’est ça, je vois que tu es bien affuté sur le sujet, c’est exactement ça, un côté nord et un côté sud. 

On va parler du côté sud et de cette nouvelle tribune. On le sait, c’est ton bébé, un projet que tu as mûri depuis de longues années, il est maintenant sorti de terre, il a été inauguré et vous l’utilisez. Les loges, la brasserie, la Berjallie, c’est une belle réussite car on entend que même de petits clubs de Nationale 2 comme Graulhet s’intéressent à ce que vous faîtes ? 

 

Oui, j’ai appris ça tout récemment (sourire). D’autres aussi sont venus voir un petit peu ce qu’on a fait pour trouver de l’inspiration, je m’étais moi-même inspiré de ce qui pouvait se faire à droite, à gauche, dans de grands stades. Au fil du temps, j’ai eu des idées et, il y a trois ans, j’ai fait un bout de croquis que j’ai présenté à un architecte en lui disant  » voilà, il faudrait que l’on fasse quelque chose de ce genre qui s’intègre bien dans le stade « . Je trouve que c’est plutôt réussi au niveau de l’intégration dans l’esthétique global et on est plutôt content du démarrage. 

Comment s’est articulé le montage financier, est-ce que c’est un bail emphytéotique qu’a donné la Mairie au club ? 

 

Non, c’est une AOT, une autorisation d’occupation temporaire de 25 ans. C’est assez proche du bail emphytéotique avec quelques subtilités qui diffèrent donc on a l’exploitation de la partie sud du stade pour 25 ans. 

Ce qui permet d’avoir des revenus propres au club ?

 

Tout à fait. 

Maintenant que la tribune sud a été faite, quelle est la prochaine étape ? Rénover la tribune olympique ? 

 

Ca fait maintenant un mois que cette tribune sud est totalement ouverte, notamment la brasserie au rez-de chaussée qui, elle, a ouvert le 21 Novembredonc c’est tout frais. Il faut donc mettre tout ça en route et on réfléchira ensuite un peu à la suite pour en discuter avec la Mairie et voir s’il y a des choses à faire dans quelques années côté Ouest ou côté Est c’est à dire côté journalistes ou côté grande tribune mais il n’y a pas de projet immédiat, en tous cas sur ces deux tribunes. 

Pour vous, 2023 va être une très grande année car vous aurez l’honneur de recevoir l’équipe nationale d’Italie durant la Coupe du Monde 2023. Bourgoin sera placé sur la carte de la Coupe du Monde ? 

 

Oui (rires). Avec nos voisins transalpins, c’est sympa, on avait voulu présenter ce dossier avec la Mairie parce qu’on y voyait un côté sympathique, populaire. Une Coupe du Monde est toujours un très bel événement donc on est content d’avoir été retenu. 

Et quel fruit en lui-même pourra en retirer le CSBJ ? 

 

Ça, je ne sais pas. Est-ce une coïncidence mais on a réussi à obtenir des aménagements, enfin des modifications, sur le terrain annexe à côté de Rajon puisqu’il va être passé en synthétique dès la fin de la saison. Au passage, l’éclairage sera refait donc ça sera beaucoup plus pratique toute l’année pour l’entraînement. Il y a aussi la pelouse de Rajon qui va être un petit peu remise en état avant l’arrivée des Italiens donc tant mieux. 

Quand il y a des Jeux Olympiques, le terme qui est souvent employé est  » héritage  » donc l’héritage sera celui-là pour le CSBJ ? 

 

Oui, très honnêtement, je ne sais pas si c’est lié mais, en tous cas, ça tombe en même temps (rires). 

On va aussi parler de l’avenir du CSBJ. Comment est-ce que tu le vois, en Pro D2 j’imagine ? 

 

En tous cas, je le souhaite en Pro D2, c’est pour ça qu’on y travaille maintenant depuis quelques années, pour revenir dans ce monde professionnel. On est un peu tous embêté d’être là, en 3e division, dans une belle division aujourd’hui car la Nationale devient vraiment intéressante mais on aimerait tous re-goûter aux joutes de la Pro D2 parce qu’on a un passé, un nom et aujourd’hui des infrastructures qui tiennent vraiment la route. On continue à travailler pour améliorer tout ça, pour essayer d’y retourner, on travaille sur notre formation et sur l’ensemble du club pour re-goûter au monde professionnel. 

Pour faire une boutade, la pire des choses qui pourrait arriver à Bourgoin l’année prochaine, c’est que VRDR et Bourg-en-Bresse montent en Pro D2 car vous n’auriez quasiment plus de derbys ? 

 

Oui, c’est vrai que ça serait dommage (rires). Ce sont toujours des matchs avec beaucoup de public donc il ne faudrait pas que les deux montent. 

Au moins un seul ? 

 

Au moins un seul et avec nous, ça serait encore mieux parce qu’en plus, on aurait d’autres derbys régionaux en Pro D2 avec Grenoble et Oyonnax, s’ils ne montent pas en Top 14. Ce seraient aussi de très belles affiches à rejouer. 

En parlant de région et de local de l’étape, on sait que Bernard Laporte va laisser sa place à un président délégué et la presse stipule que la personne la plus consensuelle, celle qui pourrait recueillir le plus de suffrages est un certain Patrick Buisson, originaire de Vienne, un peu plus au sud de Bourgoin. Avoir un Isérois à la tête de la Fédération Française de Rugby, ça ne doit pas déplaire à Bourgoin ? 

 

Ça serait déjà sympa pour Patrick car c’est une personne très sympathique qui, je trouve, fait un bon travail depuis qu’il est en place à la Fédé donc ma foi oui, un petit peu de chauvinisme, ça ne fait jamais de mal. 

Et puis ça pourrait permettre aussi de porter haut les couleurs de l’Isère ? 

 

Je ne rentre pas trop dans ces considérations car il y a toujours de la jalousie, on dit toujours  » lui, il avantage telle ou telle région parce qu’il en est originaire ou parce qu’il a joué là « . Je ne souhaite pas qu’il avantage qui que ce soit car on n’aime pas si c’est fait pour d’autres (rires). 

Pour en revenir à l’actualité et à cette situation qu’il y a au sein de la FFR, comment est-ce qu’on la perçoit à Bourgoin ? 

 

On n’en parle absolument pas, très honnêtement, ce n’est pas un sujet qui nous anime, on a bien assez à faire avec nos sujets du quotidien. Tout simplement, j’espère que ça va vite se régler et que tout le monde se remette au boulot au niveau de la FFR plutôt que d’être là à tergiverser et à attendre de voir ce qu’il va se passer. 

Qu’est-ce qu’on peut souhaiter pour Bourgoin en 2023 ? 

 

Tout simplement que notre équipe première joue les phases finales, qu’elle les joue le mieux possible et que nos équipes jeunes aillent aussi chercher des phases finales parce qu’on mise là-dessus sur quelques catégories. Ça serait le rêve. 

C’est tout le mal que l’on te souhaite en espérant que les ciel et grenat vont vibrer au gré des exploits 

 

Merci.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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