#Rugby – Nationale / Olivier Pouligny (RCS) : «Je pense qu’on est flaggé à Suresnes depuis un petit moment comme étant du côté de Florian Grill!»

Le co-président du RCS nous a accordé une interview grand format pour faire un bilan sportif de la troisième saison des altosequanais en Nationale. A mi chemin de cet exercice 2022-2023, les pensionnaires du Stade Jean Moulin qui sont dorénavant drivés par David Auradou, sont un brin en deçà de leurs objectifs initiaux de Top 6 mais tiennent tout de même la bonne corde pour y parvenir au terme des phases régulières. Au delà des sujets concernant le développement du RC Suresnes, Olivier Pouligny a tenu à réagir sur un sujet d’actualité : la situation au sein de la gouvernance de la FFR. Car sur les flans du Mont Valérien, on ne se cache d’un soutien actif à Florian Grill et son collectif d’opposition Ovale Ensemble. Le dirigeant du club des Hauts-de-Seine a donc affirmé avec vigueur ses positions concernant la nomination d’un président délégué à la tête de la « Fédé » pour pourvoir la mise en retrait de Bernard Laporte. En clair, Olivier Pouligny rentre avec détermination dans le ruck politique qui assaille actuellement les instances de l’ovalie hexagonale.

 

Crédit photo RC Suresnes

 

C’est une 3e année pour Suresnes en Nationale et cette année est celle où vous avez envie d’aller tâter du play-off, vous êtes maintenant dans les gros budgets cette saison. Est-ce qu’on peut dire qu’à mi-chemin et à mi-saison, Suresnes est dans les clous et dans les temps de passage ? 

 

Moi, je dirais non et je dirais que le bilan est mitigé car on est 7e à mi-parcours, notamment à cause de défaites à domicile dont une contre Blagnac. Si on prend le bilan comptable, on est à 8 victoires pour 6 défaites mais il ne faut pas que l’on oublie qu’on a reçu un peu plus qu’on ne s’est déplacé, on a 3 bonus, un seul bonus offensif sur le premier match et deux défensifs ce qui démontre qu’on gagne difficilement et qu’on perd avec des scores qui sont trop larges. Il y a peut-être un dernier point d’un point de vue chiffres et comptabilité, si on prend le classement britannique, on n’est plus 7e mais on est que 9e et la seule chose positive est que les points qui sont pris ne sont plus à prendre.

Quelle est la feuille de route qui est fixée à David Auradou et son nouveau staff pour la seconde partie de saison ? 

 

La feuille de route est la même, il faut accrocher cette 6e place. On a vu qu’on avait eu trois défaites à domicile sur la première partie notamment contre Dax qui nous était largement supérieur, les regrets sont sur le match de Blagnac qu’on a compensé par des victoires à l’extérieur à Rennes, à Bourgoin et à Cognac-Saint Jean d’Angély mais pour arriver à se qualifier et être dans le Top 6, il va falloir que l’on aille chercher des concurrents directs. A partir de maintenant, on se déplace 7 fois pour seulement 5 réceptions.

Est-ce qu’on peut quand même se dire que, que ce soit toi ou ton co-président, en changeant quasiment l’intégralité du staff, vous vous doutiez qu’il y aurait peut-être des plâtres à essuyer ou un peu d’huile à mettre dans les rouages avant que Suresnes ne tourne à plein régime ? 

 

Je ne vais pas dire que c’est une année de transition car on a l’impression de se répéter chaque année. On est sur la dernière année de transformation où on a un groupe et une équipe maintenant 100% dédiés au rugby ce qui nous permet d’espérer des résultats meilleurs. On voit qu’on a un groupe qui a un potentiel, qui a du mal à l’exprimer les jours de matchs, ça se passe souvent très bien à l’entraînement, ça se déroule bien mais les jours de matchs, ils sont un peu plus timorés donc il faut qu’ils arrivent à se lâcher. Ce groupe a été largement modifié, les entraîneurs certes mais il y a aussi un tiers de l’effectif qui a bougé et donc, ça manque encore un petit peu de liant, les affinités ne sont pas encore parfaites comme on pourrait les avoir dans un groupe qui se connaît depuis 4 / 5 ans.

On sait qu’on peut continuer à recruter toute la saison en Nationale. Est-ce qu’il va y avoir des recrues d’appointement qui vont arriver sur le Mont Valérien ? 

 

A priori non, il n’y a pas de recrue particulière qui sont prévues. Il y en a une qui a été faite juste avant, pour Noël, avec un pilier de Cognac-Saint Jean d’Angély qui nous a rejoint mais on devrait logiquement terminer la saison comme on l’a commencé, sauf évidemment s’il y a blessures où on utiliserait le joker dans ce cas-là.

En parlant de blessure, on voit ce qui est notamment arrivé à Cognac-Saint Jean d’Angély, que ce soit Mikaël Hygonnet ou à de nombreux joueurs qui se sont retrouvés blessés. Que penses-tu de cette Nationale qui tape de plus en plus fort, de l’intégrité des joueurs et des problématiques qui s’en dégagent ? 

 

On est effectivement comme tout le monde, concerné par les blessures. On a eu aussi notre lot qui a été à peu près tout au long de la saison donc pas trop de pics avec beaucoup de blessures et, inversement, une infirmerie qui a rarement été vide donc on fait en sorte de régler tout ça au mieux.

Du côté de Suresnes, on sait que vous continuez à vous développer financièrement. Où en est la chasse aux mécènes et aux sponsors à Suresnes ? 

 

C’est un travail au quotidien donc de longue haleine et on continue d’expliquer à nos partenaires comment faire. Ce n’est pas toujours simple mais on espère qu’on pourra aussi surfer sur cette Coupe du Monde 2023 qui nous permettra de faire venir de nouveaux partenaires.

Est-ce que Suresnes sera partie prenante de la Coupe du Monde 2023 ? 

 

Indirectement puisqu’on a des installations et qu’on va sans doute profiter de cette Coupe du Monde pour essayer de les améliorer, notamment sur tout ce qui est réceptif, pour proposer des retransmissions de matchs sur grand écran avec un espace réceptif adapté d’environ 400 personnes. On devrait donc suivre une dizaine de matchs, bien évidemment tous les matchs de l’équipe de France plus les matchs de phases finales où on espère que la France ira au bout. On va donc suivre indirectement car les places sont difficiles à obtenir.

En venant à Suresnes avec l’équipe du #MagSport, on a eu écho que, dans un passé pas si lointain, des certains All-Blacks qui venaient faire la mise en place à Suresnes avant les tests-matchs contre l’équipe de France. Est-ce qu’on peut imaginer ça des All Blacks ou d’une autre équipe participant à la Coupe du Monde, qu’ils viennent faire une mise en place à Suresnes ? 

 

Je ne crois pas. On a eu effectivement les All-Blacks, les Sud-Africains et également les Ecossais mais depuis qu’on a le terrain en synthétique, dans les émoluments du rugby, ça ne fonctionne pas donc on n’a pas pu être club hôte pour cette raison.

On parle des infrastructures et de ce terrain synthétique qui est maintenant un bijou à Suresnes. Où en est l’aménagement des tribunes ? 

 

C’est programmé, il y a un plan de travaux pluriannuel en relation avec la Mairie de Suresnes. Va sortir de terre cette année tout ce qui est installations sportives pour l’équipe première, l’équipe professionnelle et à partir de l’an prochain, on aura les travaux sur les tribunes qui vont continuer et on espère profiter de cette Coupe du Monde pour avoir un espace réceptif dès la rentrée.

On ne va pas se mentir, si Suresnes n’est pas dans les 6 à la fin de la saison, on parlera de déception du côté du Mont Valérien ? 

 

Oui, bien sûr. On a affiché notre ambition, on est un club qui bouge et œuvre au quotidien pour améliorer les conditions de travail et de vie des joueurs donc on espère que tout ça permettra d’obtenir une qualification qui serait historique pour Suresnes à ce niveau.

On va maintenant un peu basculer sur l’actualité. On a vu passer une lettre ouverte à Bernard Laporte et aux membres du Comité Directeur de la FFR suite à la condamnation en première instance du président de la Fédération et on a vu que tu étais signataire de cette lettre aux côtés des membres d’Ovale Ensemble. Olivier Pouligny n’est plus un simple président de club, on va dire que tu rentres quasiment dans la mêlée de la politique fédérale ? 

 

De toute façon, je pense qu’il faut sortir de la mêlée de temps en temps et aller à visage découvert. Oui, je fais partie du collectif Ovale Ensemble donc je soutiens, je pense qu’on a une année 2023 qui doit être l’année de la Coupe du Monde en France et on espère que les Français vont l’emporter pour la première fois. Il ne faut pas que les affaires et les atermoiements que l’on peut voir des équipes en place viennent gâcher cette fête, la responsabilité en incombe exclusivement à la FFR et en aucun cas à Ovale Ensemble. Ovale Ensemble n’a fait que dénoncer les dérives de la gouvernance actuelle depuis 6 ans en étant parfaitement responsable et respectueux, respectueux du vote des 49% des clubs qui avaient voté pour Ovale Ensemble à la dernière élection présidentielle. Donc oui, vu ce qu’il se passe et vu l’actualité, il m’a semblé normal de pouvoir moi aussi exprimer mon avis.

Quel a été le déclic ou les déclics pour toi qui t’ont fait basculer pour rentrer dans Ovale Ensemble et d’aller plus loin en signant cette lettre ouverte ?

 

Je fais partie de tous ces passionnés, bénévoles et présidents de clubs qui ont la fierté de pouvoir mettre en avant les fameuses valeurs du rugby qu’en fait, beaucoup de sport aimeraient avoir. Là, on a une image du rugby qui s’est dégradée depuis des mois voire des années et ça, ça me fait mal donc, pour un passionné de rugby, on a envie que l’éthique revienne beaucoup plus au goût du jour et c’est compliqué. Quand on voit aujourd’hui les rebonds successifs qu’il peut y avoir dans cette affaire qui a trop duré, on attend avec impatience de voir ce qui va se passer suite au référendum qui nous est promis.

Avant de parler de ce référendum, est-ce que vous ressentez à Suresnes les effets de bord qui dérivent de la Fédé jusqu’aux clubs ? 

 

Oui, on le ressent puisque j’ai envie de dire que j’ai été victime de ces effets de bord en ayant rendez-vous avec de potentiels partenaires, sponsors ou mécènes qui me renvoient l’image du rugby qu’on a aujourd’hui avec ces affaires qui, en fait, salissent l’image du rugby français. Nous avons déjà à notre niveau des impacts sur le financement de notre club. Par ailleurs, cela déborde largement les frontières du rugby français puisqu’on voit que World Rugby est également monté au créneau et très rapidement, donc il faut que tout ça se termine le plus vite possible, d’une façon ou d’une autre. Comme on le dit nous à Ovale Ensemble, on pense que, pour que cela se termine correctement, il faut que les clubs puissent s’exprimer.

Tu nous parlais du référendum. On sait que la Fédération Française du Rugby va proposer un président délégué puisque Bernard Laporte va se mettre en retrait. L’un des noms que la presse a donné comme favori pour être présenté à l’ensemble des clubs est Patrick Buisson, actuellement vice-président en charge du rugby amateur, un homme qui est défini comme consensuel, que tu connais puisque tu travailles avec lui pour pérenniser la Nationale dans les séminaires de club. Que penses-tu de cette solution ? Est-ce que c’est pour toi une bonne solution que de proposer Patrick Buisson comme personne  » tampon  » en attendant qu’il y ait un jugement définitif ?

 

Je vais te décevoir car je ne vais pas parler de l’homme, la FFR présente qui elle veut, que ce soit Patrick Buisson, Serge Simon, Christian Dulin ou autres, ce n’est pas le sujet. Le sujet est est-ce qu’aujourd’hui, les clubs en France ont envie de continuer dans ce système ? Moi, je rebaptiserai le référendum et je dirais que c’est  » stop ou encore « , est-ce que vous voulez encore de cette gouvernance telle qu’elle est depuis des années avec toutes les affaires qui ont été dévoilées au grand jour ou est-ce que vous n’en voulez plus ? Ce n’est pas Patrick Buisson ou Serge Simon ou Christian Dulin ou je ne sais qui puisqu’on nous a promis de nous servir la soupe à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’elle soit mangée. J’espère donc, et je suis convaincu, que les clubs sauront exprimer leur désaccord.

On peut dire que, que ce soit toi ou les membres d’Ovale Ensemble, êtes dans une position quasiment jusqu’au boutiste ? 

 

Non, je pense que la position jusqu’au boutiste est du côté de la FFR. Ils vont même jusqu a se proclamer légaliste… A Ovale Ensemble, on est juste en train de dire depuis le début qu’on veut que la lumière sur les graves dysfonctionnements qui ont pu avoir lieu soit faite. Cela a été fait finalement puisqu’il y a eu une condamnation, on est quand même sur un président qui a été condamné. Certes, il a aujourd’hui la possibilité de faire appel, ce qu’il a fait, mais il est condamné en première instance donc il n’y pas de débat là-dessus. Procurez vous les 80 pages des attendus, vous serez édifiés! Que les choses soit claires, nous n’avons jamais demandé la démission de Bernard Laporte, on demande à ce qu’il y ait une gouvernance qui, puisqu’elle a soutenu Bernard Laporte jusqu’au bout y compris après le procès, reconnaisse les faits et que ce Comité Directeur prenne ses responsabilité. On verra bien à l’issue de ce référendum quelle est l’opinion des clubs. Si l’opinion, majoritairement, est pour le candidat qui aura été présenté, on aura terminé l’histoire et on pourra passer à autre chose mais, par contre, si le référendum allait sur un vote non, on ne trouverait pas normal qu’on nous présente X candidats les uns à la suite des autres pour continuer à s accrocher aux branches et mettre en difficulté le rugby français.

Personnellement, tu  » sors du bois  » comme on dit, tu montes au front. Est-ce que tu n’as pas peur d’y laisser des plumes ou est-ce que tu t’en moques et que tu traces ton chemin ? 

 

Quand on a des convictions, je pense qu’il faut les affirmer. De toute façon, je pense qu’on est flaggé à Suresnes depuis un petit moment comme étant du côté de Florian Grill mais aux côtés de Florian Grill, ce n’est pas l’individu que l’on suit, c’est le programme et on aimerait qu’on puisse rapidement parler de programme plutôt que de parler d’individus. Ce n’est pas Florian Grill ou Bernard Laporte qui n existe plus d ailleurs la FFR, ce sont des idées et une idéologie qu’on aimerait mettre en avant et ça, ça ne peut se faire qu’à partir du moment où le référendum sortira avec un non.

Faisons un peu de fiction : la majorité actuelle s’en va, Florian Grill arrive aux manettes. Est-ce qu’on peut imaginer Olivier Pouligny au soutien et prendre du galon dans les instances fédérales ? 

 

Au soutien, j’y suis. Maintenant, contrairement à ce qu’il peut se passer dans d’autres listes, Florian n’a fait de promesses à personne, les postes n’ont pas été distribués à l’avance. On a une équipe de bénévoles, il y a à peu près 300 bénévoles qui travaillent autour d’Ovale Ensemble, ce qui est énorme, il n’y a pas un seul salarié et dans ces 300 bénévoles, il n’y en a eu aucun qui a eu une quelconque promesse d’un quelconque poste dans une quelconque fonction. Donc non, aujourd’hui, on avance et on avance dans l’intérêt du rugby et pas autre chose, on n’est pas là pour avoir des places ou je ne sais quel cadeau en contrepartie.

Vu que cette interview est articulé sur deux registres, un sur le RC Suresnes et un sur l’actualité fédérale et comme c’est la période des vœux, comment est-ce que tu vois 2023 et comment souhaites-tu voir le RC Suresnes en 2023 ainsi que la Fédération Française et le rugby français dans son état en général ? 

 

Pour le RC Suresnes, je dirais que si on est capable d’accrocher ne serait-ce que la 6e place, on sera content car l’objectif est vraiment de pouvoir participer à ces phases finales pour la première fois. Pour ce qui est du rugby français, on ne peut pas aimer le rugby et ne pas souhaiter la victoire de l’équipe de France et que l’on devienne champions du monde pour la première fois. Pour la FFR, qu’elle s’apaise, avec ou sans la gouvernance actuelle mais qu’il y ait une situation qui se déboucle et non au contraire, comme ça se passe en ce moment, une espèce de course contre la montre dans le mauvais sens où on fait tout pour retarder les échéances. Ce n’est pas notre objectif à Ovale Ensemble, on est là pour faire en sorte que le rugby soit apaisé mais ce n’est pas en faisant retarder les échéances que le rugby s’apaisera et là-dessus, ce n’est pas la responsabilité d’Ovale Ensemble mais c’est bien la FFR qui doit balayer devant sa porte.

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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