#Rugby – Nationale 2 / Cedric Despalle (Bedarrides – Chateauneuf du Pape) : «Nos dirigeants se battent toute l’année pour que 2 petits villages arrivent à exister!»

L’ASBC est une des révélations de cette première saison de Nationale 2 en gravitant sans discontinuer dans le trio de tête de la poule 1 dite du grand Est. Dans le Vaucluse, ces deux villages de 5000 et 2500 habitants soulèvent des montagnes pour continuer une ascension linéaire depuis 2018 les ayant mené de la Fédérale 2 à la la nouvelle antichambre de la Duvision Nationale. Nous sommes donc allés à la rencontre du coach l’AS Bédarrides-Châteauneuf du Pape, Cédric Despalle pour faire un bilan à l’entracte de ce championnat palpitant.

 

Crédit photo Michel et Catherine Rochette – ASBC Officiel

 

On va faire un peu le bilan de cette mi-saison à l’AS Bédarrides-Châteauneuf du Pape. On vous avait promis la misère, des malheurs et de ne pas exister dans cette Nationale 2 mais que nenni, l’ASBC est bien présente et même dans le haut du tableau ? 

 

Pour l’instant, on est présent, pour l’instant, on est bien mais on voit quand même que le championnat est très compact, chose que l’on attendait. Les deux équipes a qui on avait annoncé la misère, comme tu l’as dit, soit Graulhet et Bédarrides-Châteauneuf du Pape ont fait plus qu’exister dans cette poule mais le championnat est encore long et on voit que tous les week-end, rien n’est acquis d’avance. 

Surtout que, s’il n’y avait pas eu ce match reporté pour causes météorologiques, vous auriez peut-être pu finir premiers à Noël ? 

 

Si ça n’avait pas été reporté, si on avait gagné et si Nîmes avait perdu son match qui a lui aussi été reporté donc ça fait quand même pas mal de si. Il y a une chose qui est sûre, c’est qu’à l’instant T, on est premier au classement britannique tout comme nous sommes aussi premiers au nombre d’essais marqués et ça, ça fait toujours plaisir. 

Quelle est la recette de cette réussite de Bédarrides-Châteauneuf du Pape ? 

 

La recette … Tu connais les dirigeants, on aime se qualifier comme un club de caractère où on se bat tous les week-end pour arriver à arracher quelque chose. Des fois, ça marche, des fois, ça ne marche pas, tout comme nos dirigeants se battent toute l’année pour que de petits villages comme Bédarrides et Châteauneuf du Pape arrivent à exister à ce niveau-là.

Pour toi, cette Nationale 2, soit l’idée de la Fédération de faire une division intermédiaire entre la Nationale et la Fédérale 1, est quand même une belle réussite sportive ? 

 

Oui, c’est très intéressant. J’ai connu la Fédérale 1 qui était juste en-dessous de la Pro D2 où c’était compliqué pour nous face à des mammouths comme Bourg-en-Bresse, Narbonne, Bourgoin et où c’était encore plus compliqué pour d’autres clubs. On pouvait en prendre 50 et en mettre 50 aussi mais là, on voit cette année que personne n’en prend 50 ni n’en met 50, que c’est très homogène et que ça bataille tous les week-end. Du coup, il est sûr que c’est très intéressant sportivement. 

Quel a été le match déclic ou fondateur dans ce début de saison qui t’a fait dire dans ta tête  » on tient peut-être quelque chose, on tient peut-être une belle aventure et une belle saison  » ? 

 

Le premier, en plus, on l’avait visé. On savait que pour nous, aller à Marcq-en-Barœul serait un grand déplacement, partir du club à 6h du matin pour prendre le train, ce sont des choses dont on n’a pas trop l’habitude. Marcq-en-Barœul est une belle équipe, on a vu tout le mal qu’on a eu au match retour pour les battre à la maison, on va là-bas au Stadium, c’est un grand stade, une belle équipe et on arrive à gagner là-bas sur l’ouverture du championnat. Il n’y avait pas de train le soir donc il a fallu qu’on ne reparte que le lendemain ce qui nous a permis de passer une belle soirée de cohésion et là, on s’est dit  » première journée de championnat, on va gagner à Marcq-en-Barœul « . Pour la 2e journée, on va gagner à Rumilly où c’est aussi toujours difficile de s’imposer donc on s’est dit  » peut-être qu’on peut exister, vraiment prendre du plaisir et être bien dans cette division « . 

Maintenant que vous avez pris goût au sucre, vous allez être inarrêtables. Le but est d’aller le plus haut possible et de faire perpétuer cette épopée sportive ? 

 

On va dire que le maintien n’est pas acquis sportivement mais c’est vrai que c’était le premier objectif de la saison. Maintenant qu’on a un petit matelas d’avance, on aimerait arriver à participer aux phases finales, à quelle place, on n’en sait rien parce qu’on voit qu’entre le 1er et le 8e, c’est très compact et très serré. On a pas mal de matchs à la maison qui arrivent, on pourra vraiment faire un bilan pour voir où on va fin Janvier car, même si c’est à la maison, on se doute que Rumilly, qu’on est allé battre chez eux, va vouloir venir prendre sa revanche chez nous.  Aubenas a eu un peu de retard à l’allumage mais tourne à plein régime maintenant donc c’est un mois de Janvier qui s’annonce passionnant. 

On peut dire que le talon d’Achille de Bédarrides-Châteauneuf du Pape est peut-être sa profondeur de banc par rapport à de grosses écuries comme Mâcon ou Marcq-en-Barœul. C’est peut-être là que vous pouvez avoir un petit retard par rapport aux autres ? 

 

Oui et non, on l’a vu le dernier week-end où on bat Marcq-en-Barœul alors qu’on n’a pas Fred Tuilagi ni Lucas Delaye ni Havelu et quand on avait gagné à l’aller, on n’avait pas Wokorach. Il nous manque toujours 2 / 3 mecs comme tout le monde par contre, il est sûr que pour nous, il ne faut pas qu’il nous en manque plus que 2 ou 3 car après, on peut être dans le dur. C’est vrai qu’on n’a pas 40 mecs, on est sur un groupe de 30 / 35 mais ce qui est bien, c’est que quand on donne le maillot aux gars, ils ont tous à cœur de le mouiller et de s’envoyer.

Tu nous parles de Wokorach et on sait qu’il y a des clubs de Pro D2 et de Nationale qui ont souvent des yeux partout. Tu n’as pas peur qu’on vienne te chiper une pépite comme ça tellement il est talentueux ? 

 

Ça n’est jamais une peur. Ce qui me dérange, c’est qu’un joueur parte pour la même division tout ça pour prendre 200 balles de plus, sur l’état d’esprit, ça me dérange toujours. J’ai passé pas mal de temps en centre de formation et moi, si demain j’ai 4 / 5 joueurs qui partent en Pro D2, j’ai envie de te dire tant mieux pour eux car il faut aussi que la Nationale 2 serve de tremplin. Woko est très talentueux, on l’a récupéré quand il était à Bourges en Fédérale 3 et que si on est une étape pour lui et que je le vois demain à la télé en Pro D2, je serai content pour lui. Je veux toujours le meilleur pour mes joueurs et si j’en ai plusieurs qui partent en Pro D2, ce qui veut dire qu’il faut reconstruire derrière, ce n’est pas l’idéal. Bien sûr qu’on souhaite garder des joueurs comme ça, c’est évident mais comme je te le disais, je fais vraiment la différence entre le mec qui part pour 200 balles de plus dans la division tandis que le mec qui va tenter sa chance en Pro D2, il a raison. 

Parlons un peu de toi : comment a commencé ton aventure avec Bédarrides-Châteauneuf du Pape ? 

 

C’est maintenant ma 4e saison. Il se trouve que c’est un ami, Philippe Laborde, qui a fini la saison avec Hervé Di Noia à Bédarrides-Châteauneuf du Pape lors de la première année de Fédérale 1, Hervé qui avait bien dit qu’il venait jouer les pompiers de service et qu’il arrêterait à la fin de l’année, qui a parlé de moi à Philippe Daminiani. A l’époque, j’étais en espoir à Aix et là-dessus, je finis à Bédarrides-Châteauneuf du Pape. 

Quelles ont été tes premières impressions quand tu as découvert ce club si atypique ? 

 

Je l’ai découvert de l’intérieur mais je les avais rencontrés plusieurs fois en tant que joueur et d’ailleurs, plusieurs de mes amis avec qui j’avais joué contre Bédarrides-Châteauneuf du Pape m’ont dit  » mais qu’est-ce que tu es allé faire dans ce club de fous ? « . Ca fait bientôt 20 ans que je les ai joués et ça n’était pas le même rugby, il y a 20 ans de ça, Bédarrides était, on va dire, très, très, très rugueux. 

Et un public qui était aussi très, très, très bouillant ? 

 

Voilà, un public et des dirigeants qui sont bouillants mais c’est une qualité de leurs défauts. C’est justement parce-que les dirigeants sont bouillants qu’ils arrivent à maintenir le club à flot. 

Mais aussi à donner une âme à ce club ? 

 

Bien sûr, ce n’est pas aseptisé. C’est un public et des dirigeants qui sont on / off et c’est grâce à ça que l’on arrive à survivre à ce niveau-là car l’entente Bédarrides-Châteauneuf du Pape représente à peine 10 000 habitants sur l’ensemble des deux face à de grosses métropoles. On n’a pas de terrain synthétique ni de gymnase ou de salle de muscu où se réfugier, c’est dans la boue et c’est comme ça (rires) mais on y arrive quand même. 

Tu nous disais que cela faisait 4 ans que tu étais à Bédarrides-Châteauneuf du Pape et on sait qu’il faut toujours se réinventer dans la nouvelle génération. Comment est-ce que tu fais pour garder un discours un peu neuf, qui porte les gars et qui permette d’avoir les résultats que vous avez ? 

 

La première année, c’était vraiment la Fédérale 1 en-dessous de la Pro D2. Ensuite, ça a été une année où on a fait 4 matchs à cause du Covid donc je ne pense pas qu’on soit épuisé et mentalement et en termes de discours au bout de 4 matchs. L’an passé a été une belle année même si ça a été compliqué puisque ça finit par une montée sur une nouvelle division donc on essaye de trouver de nouveaux ressorts et de nouvelles choses. Cette année, je suis avec Mosese Ratuvou après trois ans passés avec Philippe Laborde donc une partie du staff a changé aussi. On essaye de se renouveler en se disant parfois que c’est peut-être usant aussi, je ne sais pas mais les joueurs tournent également beaucoup, il n’en reste plus beaucoup de ceux qui étaient présents il y a 4 ans. On essaye mais je n’ai pas de recette miracle (rires). 

Comme on le disait, l’objectif de Bédarrides-Châteauneuf du Pape sont les play-off mais on ne va pas se mentir, si d’aventure vous montiez en Nationale, l’ASBC ne pourrait pas y exister ? 

 

Non, non, nous, on aimerait arriver à faire les barrages ou peut être un peu mieux. Moi, j’aimerais déjà qu’on se pose la question de savoir comment faire pour aller en Nationale 1 ce qui voudrait dire qu’on est en finale et ce qui serait absolument merveilleux mais il y a des équipes plus structurées que nous tant dans notre poule que dans la poule d’en face, quand je vois les Périgueux, Niort, Auch, c’est quand même très, très équipé et on est quand même très loin de tout ça. Si par je ne sais quel miracle on arrivait à se retrouver en finale et qu’on nous dise  » vous montez « , c’est impossible d’aller en Nationale 1. On n’a pas les infrastructures, tous les mecs bossent, comment je dis aux mecs qu’il faut aller à Dax mais que pour y aller, on ne peut pas partir le matin et rentrer le soir donc c’est quand même très compliqué (rires). Qu’on arrive à structurer le club, qu’on soit un bon club de Nationale 2 et je pense que ça sera déjà très bien. 

Quelle est l’équipe qui t’a le plus impressionné dans cette Nationale 2 lors de ce début de saison ? 

 

Je regarde pas mal de vidéos et je trouve que Dijon et Graulhet ont un peu le même rugby porté sur l’offensive et aéré , pourtant, ce ne sont pas les deux premiers, le Stade Métropolitain est très pragmatique. Si je devais faire la comparaison, on avait Hyères-Carqueiranne La Crau dans la poule l’an passé, ils ont roulé sur tout le monde et je t’aurais dit  » Hyères-Carquei, c’est vraiment les meilleurs  » mais là, pour l’instant, je ne peux pas dire qu’il y ait une équipe qui soit vraiment impressionnante ou au-dessus des autres.

Ce qui revient à dire que cette division est très homogène et où tout le monde peut faire des surprises tous les week-end ?

 

On l’a vu il y a encore 15 jours quand Aubenas, classé 11e, va gagner à Nîmes et où je pense que personne n’aurait parié dessus. Le Stade Métropolitain est premier de poule, ils en ont pris 40 chez eux par Nîmes mais ils vont gagner à La Seyne derrière, La Seyne qui va gagner à Aubenas donc oui, cette année, tout le monde peut battre tout le monde. 

Le plus grand mal que l’on peut te souhaiter et souhaiter à Bédarrides, c’est de continuer à prendre du plaisir et à faire une belle épopée sportive ? 

 

C’est ça et qu’on ait la chance de se croiser dans le Sud-Ouest pendant les phases finales ce qui voudrait dire qu’on a fait un truc extraordinaire. 

On te remercie et on te souhaite une belle saison avec l’AS Bédarrides-Châteauneuf du Pape

 

Je te remercie, à bientôt.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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