#Rugby – Nationale / Albi : Mathieu Bonello dresse le bilan de mi saison.

Comme à l’accoutumée, Mathieu Bonello le manager du Sporting Club Albigeois a réuni la presse en milieu de semaine, pour dresser le bilan de cette mi saison 2022-2023. Alors que les albigeois se retrouvent en 4 eme position au classement de la division Nationale à la trêve hivernale, l’homme fort du secteur sportif jaune et noir nous a fait un tour d’horizon sur tous les sujets d’actualités: Bilan sportif , objectifs , recrutement, centre d’entraînement, centre de formation, évolution du club .

Crédit photo Jacques Massine – Le #MagSport

On est à mi-saison + 1 et le Sporting est dans les clous avec cette victoire faite au courage face à Blagnac, dans un vrai derby ?

 

C’est bien de finir sur une note positive avec en plus la chance de recevoir sur ce dernier match. C’est bon signe, ça nous permet de finir l’année positivement. 

Comptablement, vous êtes là où vous vouliez être et même un plus haut ? 

 

L’objectif était toujours le même, celui d’être dans les 6, on y est donc c’est bien mais on est qu’à mi-parcours. Par contre, c’est vrai que c’est positif. 

Sur les prochains matchs, vous allez vous déplacer 7 fois pour 5 réceptions donc désormais, pour combler un petit peu ce déficit réceptions / déplacements, est-ce que ça ne va pas être la capacité de gagner à l’extérieur ? 

 

C’est certain mais on prend aussi les matchs les uns après les autres donc on verra bien. Ce que je sais, et comme on dit, c’est que ce qui est pris n’est plus à prendre donc c’est une bonne chose et après, de dire si la phase retour est plus dure ou non … L’année dernière, et on est bien placé pour le savoir, on avait été en positif lors de la phase retour. Je ne regarde pas ça, je me dis qu’il va falloir prendre les matchs et que plus on va avancer vers la fin plus ils seront importants donc ce sera aussi forcément la capacité à s’exporter mais analysons déjà ce qu’on vient de faire et que je trouve très bien. Pour le reste, on n’a pas le choix que d’accepter le calendrier comme il est. 

On peut dire que, sur la phase aller, le seul  » petit point noir  » est que vous êtes parfois passés à travers à l’extérieur ? 

 

Oui, on est passé à travers. On aurait gagné tous les matchs mais ce n’est pas possible, il y a des adversaires qui sont plutôt bons. On a ramené une victoire, un match nul mais aussi pas mal de points, j’ai envie de dire qu’on aurait pu mieux faire comme on aurait pu faire pire et je trouve que le bilan est positif. 

Avec quand même des regrets sur un ou deux matchs, je pense à Suresnes ou à Hyères-Carqueiranne ? 

 

Je crois que le summum est le match de Suresnes car on l’a dans les mains mais que ça ne veut pas basculer de notre côté. C’est vrai que celui-là est difficile à avaler mais maintenant, il est vraiment derrière, il y a eu beaucoup de matchs depuis et il ne faut pas s’arrêter sur celui-là mais c’est vrai qu’on aurait vraiment pu ramener des points. On aurait pu faire mieux mais on peut toujours faire mieux, je sais que vous êtes avares de voir le petit point négatif et c’est normal, c’est votre job d’analyse. Moi, j’analyse avec beaucoup d’honnêteté et on aurait peut-être dû gagner un peu plus à l’extérieur mais on n’a pas su ou pas pu le faire. 

Quand on passe à travers ces matchs-là, on dit souvent que ce sont des matchs à oublier. Est-ce que tu es d’accord avec ça ou est-ce que ce sont justement des rencontres sur lesquelles il faut plutôt construire ? 

 

Il y a les deux réponses dans ta question et j’accepte ces deux réponses. Pourquoi deux réponses ? Déjà parce-que parfois, il y a des matchs où, quand tu n’as pas mis tous les ingrédients et que ça a tourné vinaigre, tu te dis  » allez, c’est loin, on n’en parle plus et on passe à autre chose « . C’est comme ça qu’il faut parfois œuvrer mais par contre, avec le jeune groupe que l’on a, il faut aussi se servir de ces matchs pour construire, s’en servir pour, quand on a oublié de mettre certaines choses et certains ingrédients, ne plus les reproduire. Je répondrai donc des deux façons, à oublier mais aussi à se servir pour pouvoir être meilleurs les week-end suivants. 

On pourrait dire que Suresnes a été plus structurant que Tarbes qui est à oublier ? 

 

Oui mais il nous a servi aussi, pour moi, toutes les défaites nous ont servi cette année. La construction de l’équipe passe aussi par ces défaites, bien sûr par les victoires car ça crée de la dynamique et de la confiance, mais elles nous amènent à nous en tant que coaches dans la préparation ainsi que dans les choix que l’on peut faire et elles amènent aux joueurs. Le match de Tarbes était à oublier mais on s’en est par contre servi la semaine d’après pour dire  » attention, quand on se prépare comme ça, on n’a pas de marge « . J’espère qu’on l’aura donc longtemps en mémoire dans ce sens-là et non dans le sens négatif. 

Est-ce que tu vas un peu réduire les rotations dans cette 2e partie de saison ? 

 

J’ai fait des tests sur certains matchs ce qui m’a aussi permis de voir quels joueurs étaient prêts de suite à jouer et certains autres un peu moins. On aura besoin de tout le monde et avec les blessés que l’on a, il y a de jeunes joueurs qui ont joué et qui ont été bons donc ça va amener de la concurrence quand d’autres vont revenir. Il est certain que plus la saison va avancer plus il va falloir aussi resserrer l’équipe pour qu’elle ait des habitudes mais je la trouve quand même assez consistante malgré le turn-over que l’on a. Je pense que pour passer vraiment tout ce championnat dans la durée, il va falloir quand même continuer un peu à tourner. 

Il va falloir que les joueurs blessés de longue durée s’accrochent ferme pour rattraper le wagon car les types qui ont pris le maillot n’ont pas fait rire les mouettes ? 

 

C’est exactement ça. Ton résumé, c’est celui-là à savoir que les mecs ont pris la place, ils ont mis le maillot, ils l’ont mouillé, ils l’ont bien fait donc il va falloir que les autres bataillent pour récupérer cette place-là et récupérer le maillot. Dans notre fonctionnement avec Alex, quand tu as mérité le maillot et que tu as marqué des points, tu le gardes. Après, bien sûr, il y a des choix stratégiques de matchs et d’autres choses et on fera avec tout ça mais il va falloir que les mecs qui vont revenir dès Janvier cravachent pour gagner la place dans l’équipe et ça sera aussi important pour nous de nous rappeler des joueurs qui ont remplacé certains blessés. 

Tu parles de choix, il y en a eu de forts et d’osés, je ne sais pas comment les qualifier, je pense notamment aux repositionnements de Théo Vidal en 9 ou de Charly Trussardi en 14. Est-ce que tu as d’autres idées qui émergent comme ça de replacements de joueurs et est-ce que ce sont des joueurs que l’on va voir plus souvent à ces postes-là ? 

 

C’est vrai qu’on en a tenté cette année, d’habitude, dans une saison, tu n’en tentes pas autant. On s’était déjà projeté l’année dernière sur mettre certains joueurs à d’autres postes donc on les a préparés et on a mis le temps. Avec Alex, on aime aussi essayer de trouver la meilleure place pour le joueur, pas forcément vouloir tout changer et changer les postes des mecs mais on le fait quand on sent qu’il peut y avoir un potentiel à un autre poste et que le joueur en question est peut-être en difficulté sur le poste qu’il occupe d’habitude. On a préparé ces joueurs-là, on les a mis et finalement, on s’est dit  » wouah  » mais de un, ils étaient préparés, de deux, c’est bravo à eux car changer de poste n’est pas facile. La 3e des choses, c’est que ça nous sert aussi de concurrence c’est à dire que ça densifie les postes de joueurs qui, à la base, n’étaient pas prévus pour jouer en 9 ou à l’aile par exemple donc ça met plus de monde à ces postes et, au final, on est tous gagnant. Eux, en plus, peuvent gratter du temps de jeu à d’autres postes et, du coup, on se rapproche quand même un peu de ce qu’on peut faire au maximum des joueurs. On en a déjà trois en  » reconversion « , même quatre car il y a aussi un jeune qu’on a repositionné qui n’a pas encore pu jouer à ce poste-là et après, c’est également les maintenir à ces postes dans cette rotation c’est à dire peut-être pas les faire revenir dans leur poste de prédilection de suite mais ça, ça dépendra des cas et on le fera au cas par cas. Je ne veux pas qu’ils lâchent les postes dans lesquels ils ont œuvré mais par contre, ça me permet à moi de vraiment faire jouer la concurrence encore plus et on va donc les revoir sur des postes comme ça. 

Dans le même registre en cas de pépin à l’ouverture on peut imaginer François Fontaine pour suppléer Pehau ou Vidal en 10 ?

 

Bien sûr. François est quelqu’un qui joue aux deux postes, qui a joué 10 ou 12, cela fait maintenant quelques temps qu’il est revenu de blessure et il va pouvoir aider nos charnières. 

Par rapport à la construction qui est ton credo cette année, où en es-tu ? Tu es à l’heure, en avance, en retard ? 

 

Je trouve que je suis à l’heure. Très honnêtement, je pensais que ça prendrait plus de temps quand tu changes 50% de l’effectif et que tu changes beaucoup de choses autour de l’effectif. On n’est pas en avance mais on n’est pas non plus à la bourre, on est à l’heure mais je pensais que ça prendrait vraiment plus de temps à prendre. Le mérite en revient aux joueurs, au staff mais aussi à ce travail de cohésion entre les mecs et, finalement, ça a permis que ça prenne rapidement car, quand on fait un peu le bilan de ces derniers mois, il y a eu le mois de Septembre qui a été un peu difficile dans le sens où on attendait des victoires à l’extérieur qu’on n’a pas eues. Ça s’est un peu alerté à ce moment-là mais nous, on a suivi notre créneau, celui où on voulait aller, on a suivi ce chemin-là et franchement, je trouve qu’on est à l’heure là où on en est aujourd’hui. 

Quand tu construis, tu pars de rien pour arriver à un projet fini. Pour toi, où et quand ce situe ce projet fini ? 

 

Quand tu es entraîneur, le projet ne se finit quasiment jamais à part quand tu arrives et que tu es champion (sourire). Je pense qu’il va falloir qu’on soit réellement tout bien câblé fin Février sur tous les domaines de notre jeu parce qu’après, tu n’as plus le temps, qu’il faut prendre des points, que les points comptent encore plus qu’au début, que toutes les équipes vont jouer ou la vie pour ne pas descendre pour certaines ou la qualif des 6. Je table qu’on soit réellement dans les clous dans tous les domaines fin Février, pas plus tard. 

Est-ce que tu peux nous parler un peu des adversaires ? Vous avez joué toutes les équipes, qui t’a impressionné ? 

 

Je trouve franchement costaud et câblées pour jouer au-dessus les équipes qui sont devant nous, elles ont des jeux et des styles différents mais tu sens que c’est sérieux. Ce que j’ai trouvé cette année, c’est qu’à part un match ici chez nous dont on connaît le contexte, toutes les rencontres sont dures et acharnées, ça ne lâche pas facilement et dans les équipes qui sont juste derrière nous, il y a de gros clubs. Je sens vraiment les 3 équipes qui sont devant nous être devant en Nationale. 

Mention spéciale à Dax peut-être car, en plus, ils ont un jeu qui est très léché ?

 

C’est un beau jeu et c’est vrai qu’ils font une saison exceptionnelle. 

Ça fait pourtant partie des équipes que vous avez battues ? 

 

Oui mais il y a des contextes, on les a reçus à la maison, mais aussi des dynamiques. Je ne minimise pas notre performance, c’était bien et même très bien mais, encore une fois, ce qui compte, c’est aussi où on sera à la fin. Ces équipes-là ont montré plus de régularité que nous, surtout à l’extérieur. 

La différence est là. Toutes ces équipes-là, même Bourgoin qui est plus derrière, ont plus gagné que vous à l’extérieur d’où la capacité à décrocher des victoires à l’extérieur en 2e partie de saison ? 

 

Bien sûr que ça va être notre capacité à bien voyager mais j’ai envie de dire très honnêtement qu’entre gagner beaucoup à l’extérieur et gagner chez toi, je suis un entraîneur qui préfère gagner chez nous pour plein de raisons. Il n’y a pas forcément que le classement ou que la place à laquelle on se trouve parce-que devant tes supporters, tes bénévoles, tes partenaires, ton stade doit être ta priorité. Évidemment que toutes les grandes équipes perdent chez elles et que ce n’est pas une tare de perdre chez toi, c’est devenu plus conventionnel aujourd’hui qu’à une certaine époque qui est dépassée. Je suis quand même un adepte du fait que la maison doit être féroce ou du moins ta propriété donc finalement, quand on veut parfois toujours chercher plus et dire je vais gagner à l’extérieur et que tu y arrives 3 ou 4 fois mais que tu perds 2 / 3  fois à la maison … Je me souviens de l’année dernière où c’est arrivé alors qu’on est arrivé en demi-finale du championnat donc, en fait, il n’y a pas un chemin qui est le mieux. Par contre, si je devais analyser et si j’avais un choix à faire, je me dis  » je préfère moins gagner à l’extérieur mais être vraiment difficile à manier à la maison « . Avec ce choix-là, je ne vais pas me dire  » si je suis imbattable chez moi, je vais finir dans les 6 premiers ou pas  » mais, si je devais choisir, je préférerais défendre ma maison quitte à laisser quelques victoires à l’extérieur. 

Si on suit ton raisonnement, il faut aller accrocher les deux premières places pour recevoir une demi-finale à la maison ? 

 

Je ne sais pas, on est quand même loin de la 2e place et, pour moi, la 1ère sera intouchable, ce que je regarde surtout, c’est le 7e et être rapidement dans les 6 ce qui est l’objectif du club qui m’a été donné. Je trouve que la maison, c’est aussi faire plaisir à tes supporters et c’est important à mes yeux. 

Est-ce que, quand on est dans la position d’Albi aujourd’hui, ce n’est pas mieux de regarder devant que de regarder derrière ? 

 

Bien sûr, tu regardes toujours devant quand tu es entraîneur mais moi, Mathieu Bonello, en tant qu’entraîneur, je regarde aussi le 7e. Je ne m’y attarde pas mais là, il faut faire un bilan donc tu es quand même obligé de regarder le classement et en regardant ça, tu te dis  » écart, pas écart « . Là, je regarde l’écart dans mon bilan des 14 premiers matchs mais dans ma projection, je regarde ce qu’il y a devant et celui qui est collé juste derrière moi. 

Les trois dernières demi-finales étaient à l’extérieur au retour et tu perds donc, si tu veux conjurer le signe indien, il faut s’aider ? 

 

Il est certain que tout le monde a raison sur ça. Le club en est témoin, je ne le suis que de l’année dernière mais, quand tu vas à l’extérieur pour le dernier match de la montée, c’est hyper hyper difficile dans le tout, le contexte, la préparation. On sait très bien que ça joue énormément mais maintenant, pouvoir prétendre être dans les deux cette année avec la place à laquelle on est à mi-parcours, ça sera peut-être difficile de l’accrocher. Mais je suis convaincu que tu as raison, c’est quand même un gros, gros avantage de finir dans les deux premiers. 

Tu nous disais que tu regardais derrière. Qui est-ce que tu crains qui puisse faire un come-back ? 

 

Jusqu’à la 8e / 9e place, attention ! Il est sûr qu’il reste 12 matchs, il y a des mecs qui vont se jouer et il restera moins mais tant qu’on n’aura pas un matelas suffisant vis à vis de la 7e … Par contre, après, indépendamment de tout ça, malgré le fait que je fasse un bilan et que je le regarde, je ne prépare pas mon avenir en regardant ou en me disant  » les matchs à la maison, à l’extérieur, combien j’en ai « . Je suis parti dans une philosophie de construction et, comme je vous l’ai dit, les matchs perdus ou gagnés m’ont permis de construire notre chemin et de construire mon équipe donc je vais continuer comme ça en prenant les matchs les uns après les autres car on s’aperçoit avec les résultats de tous les week-ends, et vous l’avez vu comme moi, il y a toujours des exploits à droite et à gauche. 

Aujourd’hui, qu’est-ce que tu estimes qu’il te manque et qu’il te faudra pour la saison prochaine car je pense que tu es aussi déjà tourné vers cette dernière ? 

 

Comme je vous l’avais dit en début d’année, on avait fait un gros turn-over pour se baser avec cet effectif et ne plus trop le bouger sur les années qui vont arriver. Il y aura bien sûr du turn-over, comme à tous les niveaux et parfois un peu plus en Nationale, mais on va essayer de minimiser ce recrutement-là. Avec Alex, on est très content de l’effectif que l’on a aujourd’hui, vraiment très, très content et on veut faire grandir cet effectif dans la durée et, pour moi, il faudra arriver dans les mois et les années qui arrivent à parfois prendre des  » top joueurs  » qui vont pouvoir te permettre de faire basculer un match sur un exploit personnel. Est-ce qu’on pourra par rapport au budget car c’est de plus en plus difficile ? On verra mais ce ne seront pas des top joueurs qui penseront à eux, non, des top joueurs qui pourront aider le collectif qui, chez moi, est sacré. Le collectif doit passer devant toute chose donc l’individu doit se mettre au service du collectif mais je pense qu’à certains postes, il faudra des joueurs qui nous permettent de passer des matchs un peu plus difficiles. 

Est-ce que c’est ça ta priorité de recrutement ? 

 

Oui, c’est ça mais c’est surtout garder mes meilleurs éléments et vraiment stabiliser cette équipe qu’on a construite l’été dernier. On y a passé beaucoup de temps et d’énergie, ça a été difficile par moments et le but est de construire autour de cet effectif-là. Il y a aura forcément des départs et des arrivées mais en essayant de le limiter le plus possible, c’est ma priorité du moment. 

Question de saison : est-ce que le Père Noël va passer au Stadium et est-ce qu’une ou deux recrues pourraient arriver ? 

 

Je regarde toujours. Une fois de plus, j’aurais pu encore en faire mais je ne veux pas prendre pour prendre, le groupe vit très bien et, parfois, une arrivée peut te déséquilibrer le plaisir qu’ils ont de jouer les uns avec les autres et de s’aider les uns les autres même s’il manque un peu de monde à certains postes. On ne fera donc un recrutement que si je suis sûr et certain que c’est de la plus-value. 

Tu parles de construire sur la durée et de stabiliser. Est-ce que, qu’il y ait montée ou pas évidemment, on va de plus en en plus sur la tendance des prêts et est-ce que c’est quelque chose sur lequel vous êtes attentifs ? 

 

Je suis pour les prêts mais il faut trouver le bon joueur qui va bien car, en Nationale, un jeune joueur, c’est dur. Je ne vais pas dire que c’est plus dire qu’en Top 14 ou en Pro D2 mais il y a la dureté et l’impact physiques et parfois, si tu prends un mec qui n’a pas joué en Top 14 ou en Pro D2, qui est très jeune à des postes vraiment clé et qu’il n’a pas vraiment le tempérament pour la dureté de ce championnat, il reste sur le côté. Du coup, finalement, tu n’as ni aidé son club ni aider lui ni aider nous donc il faut quand même avoir un style de joueur qui puisse se faire à la Nationale pour pouvoir matcher, on le voit aujourd’hui. 

Est-ce qu’on t’a proposé des joueurs ? 

 

Quelques-uns mais c’est toujours hyper compliqué parce-que derrière, si c’est un poste qui est hyper difficile dans le rugby, il faut qu’il ait un véritable potentiel en Nationale pour qu’on se dise  » on va le prendre, on va le faire matcher car on a un besoin  » et nous, derrière, on l’aura en club et le joueur aura pris de l’expérience. Le prendre pour lui faire faire deux matchs, il n’y a pas d’intérêt. 

Il y a aussi le côté financier ? 

 

On peut parfois trouver des arrangements avec les clubs car ces derniers ne le font pas jouer et ils perdent du temps, le joueur vieillit et il n’aura plus de centre de formation après. Le joueur n’a pas joué, il n’a pas matché, ils ne l’ont pas vu tandis que là, ils le voient dans une vraie division qui compte, qui est sérieuse et qui est costaud. On peut trouver des compromis même si c’est parfois difficile avec les salaires qu’ils ont tout en haut mais on peut arriver à trouver des compromis entre les deux clubs, de toute façon, ce sont souvent des arrangements. 

Il y a également le sens inverse, je pense à Sandrick Maciotta qui a été élu homme du match contre Blagnac et qui arrivait de deux divisions en-dessous. Est-ce que tu regardes la Nationale 2 car, tous les week-end, on voit des joueurs qui s’y baladent et qui ont largement le niveau de jouer en Nationale ? 

 

C’est certain et bien sûr que c’est quelque chose que l’on regarde car je trouve qu’il y a de très bons joueurs en Nationale 2 qui ont le niveau de la Nationale. Ça ne fera qu’augmenter et ce sera intéressant de les récupérer. 

Pour parler d’avenir, où en est-on avec le centre d’entraînement ? 

 

Normalement, on va faire les premiers déménagements entre le 10 et le 15 Janvier c’est à dire la première tranche des travaux, tout ce qui est bureaux, salle vidéo, salle de soins, tout ce qui est un peu extra-rugby et récupérer les terrains qui ont un peu souffert au moment de la sécheresse et qui ont été rattrapés. La 2e partie des travaux concernera toutes les salles de travail, de muscu et de cardio, qui seront prêtes dans un second temps et on espère que ce sera un mois après soit mi-Février. La date que je me donne et pour laquelle j’ai espoir, c’est qu’il y est tout le monde au 1er Mars mais on pourra réellement en profiter la saison prochaine. On va encore camper un peu mais, en tous cas, c’est un beau produit, on fera les conférences là-bas (sourire). 

Qu’est-ce que tu vas faire pendant ce double déménagement, rester ici ? 

 

On va faire les deux mais on sait que ça nous a coûté cher de faire les deux endroits en début de saison, Juillet, Août et tout début Septembre. Je sais que ça coûte de l’énergie parce-que ce n’est pas à côté, parce-que c’est 20 minutes mais, honnêtement, on le vivra bien car je ne remercierai jamais assez la mairie d’Albi qui a été d’un soutien énorme et qui a tout mis en œuvre pour qu’il y ait un club professionnel qui vive à Albi, qui existe et qui aille le plus loin possible. Sans eux, on aurait peut-être été incapables de le faire ou, en tous cas, peut-être pas dans cette proportion-là et je tiens à remercier profondément toutes les personnes qui ont porté ce projet et en particulier Stéphanie et Michel. 

Il y a un autre chantier au SCA qu’est la formation. Il n’y a toujours pas de directeur, est-ce que c’est quelque chose que tu as délégué à l’asso ou est-ce que tu as un œil dessus ?

 

Pas du tout, j’ai beaucoup fait le centre de formation depuis quelques semaines et quelques mois. On a maintenant quelqu’un qui a signé depuis quelques semaines et qui sera dévoilé en début d’année pour des questions d’ancien boulot. On est très content, on a aussi densifié en prenant quelqu’un d’autre depuis un mois au centre de formation qui gère la partie prépa physique et encadrement des jeunes. Début Janvier, tous les postes seront pourvus et c’est une bonne chose, en tous cas, on va bâtir sur ça pour l’avenir du club car c’est important que nos jeunes performent. 

Concernant le directeur du centre de formation, il y avait une épée de Damoclès. Si vous n’en aviez pas au 1er Janvier, c’était moins 4 points et interdiction de faire les phases finales, ce qui n’était pas neutre ? 

 

On n’en était quand même pas là car on a toujours œuvré dans ce sens-là avec la FFR. Toutes les obligations qui devaient être faites depuis Septembre ont été réalisées mais ce qui est difficile aujourd’hui à ce niveau-là, c’est de trouver des gens avec un diplôme très, très élevé, le DES. Il y en a très peu, je crois qu’à la formation qui se tient cette année, c’est 24 ou 26 donc ça fait peu et quand la saison a débuté, c’est plus dur de trouver des gens qui ont ce diplôme-là. Mais en tous cas, depuis Septembre, tout a été fait comme s’il y avait un directeur de centre, on n’a jamais manqué aucune obligation. Maintenant, on a un nom dessus donc c’est bien. 

C’est un peu l’effet pervers de la création des CDT qui ont un peu dépourvu le marché des DES ? 

 

Oui, surtout quand on a un centre de formation labellisé donc une gamme en-dessous des gros centres de formation Pro D2 / Top 14. Il y a un cahier des charges à respecter que l’on a respecté et c’est bien, ça permet d’un côté que les clubs passent du budget, du temps et de la ressource humaine à faire progresser les centres de formation sinon, peut-être que certains clubs se délesteraient. Par contre, on ne peut pas délester un club comme Albi et avec le nombre de jeunes joueurs qu’on fait aussi jouer en première, on a besoin de les former, ils ne sont pas encore prêts ni totalement aguerris pour le niveau. C’est donc bien si on a de la ressource supplémentaire et, en tous cas, le club fait tout pour avoir de la ressource supplémentaire en tant qu’encadrant et ça, s’est hyper important. 

Si le club se décidait un jour à mettre un peu plus de budget sur la formation et un peu moins sur l’équipe première, qu’est-ce que tu en penserais ?

 

C’est toujours trouver le compromis, je l’ai vécu car, à l’époque, j’ai passé deux ans à Massy et je suis bien placé pour le savoir. Il y a toujours un compromis, je pense que si tu mets tout dans la formation et rien dans l’équipe première, ça ne fonctionne pas car l’équipe première est la vitrine, par contre, si tu ne mets rien dans la formation, il te manque quand même quelque chose et tu te tires une balle dans le pied tout seul. Selon moi, c’est toujours un compromis qu’il faut trouver pour que tu aies un bon budget pour ton équipe une, qu’elle soit la vitrine et qu’elle attire mais aussi un bon billet dans ta formation pour également permettre de renouveler et d’amener ces jeunes joueurs avec l’équipe première. C’est toute la difficulté de monter un budget mais ce sont Alain avec Jean-Jacques et tout le comité directeur qui montent le budget des pros. C’est toujours cet équilibre-là qu’il faut trouver et je pense qu’à Albi, on l’a bien trouvé. 

Le centre d’entraînement devrait donc être pour le 1er Mars. Si tu arrives à tout ça en temps voulu, quelle sera la prochaine étape ? 

 

Si j’arrive à tenir ces choses, je souhaite que l’équipe gagne de plus en plus et qu’on arrive à performer rapidement également en termes de résultats c’est à dire être difficile à bouger. On sait les objectifs de fin de saison et le mois de Mai va être important en termes d’objectifs. 

Pour finir, on peut dire qu’avec 26 nouveaux joueurs, le greffon a bien pris et qu’il faudra voir maintenant quels seront la récolte et les fruits ? 

Il est sûr que, pour l’instant, c’est positif. On est très content de cette première partie de saison, l’équipe est dans une bonne dynamique, elle a confiance mais il reste encore beaucoup de matchs. Il va falloir bien se reposer pendant les vacances, bien récupérer et bien se préparer pour la reprise qui va être costaud car chaque match va être important. Plus on va se rapprocher de la fin, plus les matchs seront encore à forts enjeux et j’ai envie de dire que, maintenant, il faut continuer. C’est souvent ça le plus important, il faut confirmer la dynamique et il faudra vite redémarrer en Janvier parce qu’on a une trêve importante et que les joueurs l’ont mérité mais il va vite falloir redémarrer et être sérieux dès la reprise.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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