#Rugby – Nationale 2 / Hugo Planes (Graulhet) : «C’est un club de copains, famille où on a su se resserrer tous ensemble!»

Du côté de la capitale du cuir, à Graulhet, pour le dernier match de l’année 2022 nous sommes allés à la rencontre de l’enfant du pays Hugo Planes. Le 3/4aile du Sporting Club Graulhetois fonctionnaires territorial au service patrimoine de la municipalité graulhetoise à la vie civile est de ces joueurs du SCG qui hume les odeurs de camfres qui émane du stade Pelissou depuis sa plus tendre enfance. A quelques heures d’affronter les varois de l’US Seynoise, pour le compte de la 1ere journée des phases retours, ce pur produit du rugby rouge et noir nous a narré son parcoures dans le club tarnais et ses premières impressions sur le niveau des joutes en Nationale 2. Rencontre avec un joueur qui ne voit le rugby que par la camaraderie et l’amour du blason.

 

Crédit photo Stephanie Maufoux – Le #MagSport

 

Comme tu nous l’avais dit dans une précédente interview, Graulhet, le rugby et toi, c’est une grande histoire d’amour mais qui n’a peut-être pas commencé comme tu le souhaitais à la base ?

 

C’est vrai, j’ai commencé le rugby quand j’avais 5 ans et le premier entraînement que j’ai fait, j’étais parti en pleurant, j’avais dû avoir peur de l’éducateur ou de l’entraînement en lui-même. Mes copains sont revenus me chercher après et j’ai eu la chance de continuer le rugby avec eux très longtemps. 

On le sait, Graulhet est une grande famille et une histoire de copains comme on le voit avec cette anecdote ? 

 

Tout à fait. Parmi ce groupe de copains avec qui on était ensemble, beaucoup ont été en équipe une comme Guillaume Ducombs, Baptiste Garrigues, Hugo Gely, le neveu de Benoît Bellot, Théo Gilbert, mon ami d’enfance. On est quand même un bon petit lot à avoir gravi les échelons, je pense aussi à Melvil Fraysse qui nous a rejoint en juniors belascains et c’est vrai qu’on est vraiment un groupe de copains à Graulhet qui se sont fait d’autres copains comme Léo Durand, qui est aussi de Graulhet mais qui est un peu plus âgé et qu’on ne côtoyait pas à l’école de rugby. On s’est vraiment fait des copains et c’est aussi ça qui fait notre force parce qu’on a quand même vécu des années un peu de vaches maigres et c’est aussi ça qui nous a permis de tenir. 

Pendant ces années de vaches maigres, qu’est-ce qui t’a empêché d’aller voir si l’herbe n’était pas plus verte ailleurs ? 

 

Comme tu viens de le dire, c’était cet esprit copains et puis, même si on ne gagnait pas tous les week-ends, on était quand même à un très bon niveau puisqu’à l’époque, la Fédérale 1 était la 3e division de France. C’était un super challenge, d’autant plus pour nous Graulhetois pour qui jouer en équipe première était quand même un peu un rêve, c’était très, très important. Du moment où tu arrives à atteindre cet objectif, tu fais certes un match mais le but est aussi d’y rester et de jouer de plus en plus, toutes les saisons, d’accumuler de l’expérience. On a aussi été très, très bien entouré, je pense à Jérôme Montbroussous, Olivier Régnier, Alexis Montbroussous, Ben Dumont, Jules Montels et d’autres qui ont su nous emmener, nous faire grandir en tant que joueurs et en tant qu’humains, ce qui était très important pour nous. 

Comme on le voit maintenant, ça paye puisque vous êtes en Nationale 2 après une saison l’année dernière est sûrement, pour l’instant, la plus belle de ta carrière pour toi ? 

 

C’est vrai qu’elle fait partie de l’une des plus belles de ma carrière. Il y avait aussi l’année bélascains où on arrive à atteindre les 8es de France et les demi-finales d’Occitanie ou de Midi-Pyrénées, je ne me rappelle plus. Mais effectivement, l’an dernier était un peu l’apothéose mais aussi le cadeau au bout de ces 5 années qui avaient été un peu dures. Il y a eu un bon recrutement, un très, très bon groupe, on en revient à la notion de copains qui est omniprésente, on était tout le temps ensemble et ça a porté ses fruits sur le terrain. On a eu de très bons résultats à l’extérieur là où on avait un peu de mal à gagner auparavant, la mayonnaise a pris au fil de la saison et on a réussi à accéder à ces play-offs et là, c’est vrai que c’était vraiment un bonheur pour nous mais aussi pour les gens. On a vu qu’une osmose s’était créée et moi qui suis à et de Graulhet, ça s’est vu, les gens ont retrouvé le sourire, ils venaient au stade et c’est vraiment plaisant. 

Et puis, vous aviez un supplément d’âme pour aller chercher cette montée pour Guy Laporte, votre président figure tutélaire du club, qui vous a quitté brutalement en cours de saison et grand architecte du nouveau Graulhet ? 

 

Bien sûr, on va dire que c’était sa volonté première de la saison. On a malheureusement vécu ça en plein cours de la saison, c’est vrai que ça a été quelque chose de compliqué à gérer. On est coutumier du fait, on avait déjà eu le cas avec Beka qui était décédé lors de la saison précédente donc c’est vrai que, malheureusement, on n’est pas verni sur ça, on a des tristes nouvelles à prendre et à aborder. J’en rejoins encore une fois à ce que tu disais, c’est un club de copains, famille où on a su se resserrer tous ensemble. On a parlé ensemble, on a discuté, avec le staff aussi, et on a su créer cette dynamique également pour lui et aujourd’hui, on a réussi, on est allé en Nationale 2, on y figure très bien et je pense qu’il serait content.

On a vu cet été que, quand vous avez eu l’accession en Nationale 2, il y a quand même eu un grand débat en interne du club entre dirigeants, joueurs, staff, toute la famille rouge et noire pour savoir si vous acceptiez la montée ou non. J’imagine que pour vous, du côté joueurs, c’était la montée ou rien ? 

 

La montée ou rien, oui car pour nous, en tant que sportifs et compétiteurs, bien entendu qu’on avait envie de monter. On avait envie de se frotter un peu à ces catégories qu’on appelle maintenant semi-pro / semi-amateur où le niveau est très, très bon et ne cesse de progresser d’année en année donc bien sûr qu’en tant que joueurs, on voulait monter. On comprenait aussi cette discussion car on montait dans une division novatrice qui venait d’apparaître donc on ne connaissait pas tous les tenants et les aboutissants. On savait que ça allait engranger des frais supplémentaires en termes de déplacements, d’hôtels et autres, il fallait aussi faire un recrutement beaucoup plus important donc on avait conscience que le budget était partie prenante du projet, comme tout aujourd’hui, mais encore plus dans un club comme le nôtre qui a un petit budget et qui se doit de tenir à ses deniers. 

Première analyse de cette Nationale 2 alors que tu viens de finir les phases aller avec pour l’instant Graulhet qui est à une 7e place. Que penses-tu de cette Nationale 2 ? Ça va plus vite, ça tape plus fort ? 

 

On le sait tous, c’est le haut de tableau de la Fédérale 1 de l’an dernier donc des équipes qui sont préparées pour, qui s’entraînent quasiment tous les jours voire tous les jours. Effectivement, ça va plus vite, les mecs sont mieux préparés donc, en conséquence, on essaye nous aussi de mieux nous préparer. On a maintenant des entraînements de musculation aussi deux fois par semaine, trois entraînements par semaine, on essaye de suivre la cadence avec nos moyens mais, en effet, ça va plus vite et ça tape plus fort. On voit quand même qu’on arrive à y figurer, on parle de 7e place mais on voit tous qu’on est à 5 / 6 points de la 3e place. C’est un championnat qui est très serré à l’inverse de la Fédérale 1 de l’an dernier où il y avait quand même plus d’écart mais là, je sais que même Beaune peut jouer son va-tout et remonter dans le milieu du classement voire plus s’ils font une très bonne partie de fin de saison. C’est pareil pour nous, on peut vite redescendre comme vite remonter, c’est pour ça qu’il va être important pour nous d’aller chercher des points un peu partout à l’extérieur et de confirmer à la maison. 

Parlons un peu de ce syndrome à l’extérieur. Pour l’instant, vous avez passé l’ensemble des phases aller sans aucune victoire à l’extérieur et, à un moment donné, il va falloir casser le signe indien ? 

 

Absolument, c’est vrai qu’on a un peu ce mal du voyage qui est difficilement explicable. On voyage pourtant dans de bonnes conditions, le club fait tout pour nous mettre dans des conditions optimales, on est parti à l’hôtel la veille pour Aubenas, pareil pour Beaune et pourtant, on voit que ça n’a pas souri sur le terrain parce-que le contenu n’y est pas, c’est clair et net. Comment l’expliquer ? Si tu t’y connais en sports collectifs, c’est beaucoup plus difficile d’appréhender et d’expliquer ça, déjà de manière individuelle puis de manière collective. Une chose qui est sûre, c’est que si on veut confirmer notre place au sein de la poule de Nationale 2 et, pourquoi pas, viser vers le haut, il va falloir que l’on commence à engranger des points à l’extérieur. Là, on attaque la phase retour en allant à La Seyne, à nous d’essayer de mettre en place les éléments nécessaires pour essayer de ramener quelques points. 

Clément Vercruysse nous disait en interview qu’il avait plu toute la semaine à La Seyne et que ça allait sûrement se jouer dans un bourbier ou sur un vieux terrain gras à l’ancienne d’hiver. Est-ce que c’est quelque chose que vous redoutez à Graulhet ou vous mouillerez le maillot peu importe les conditions ? 

 

J’ai envie de te dire que, peu importe les conditions, on mouillera le maillot, ça, c’est clair et net, on va se déplacer pour essayer de ramener quelque chose. On sait que La Seyne est une équipe très complète, ils sont d’ailleurs très bien placés au classement, 3es il me semble, autant en défense qu’en attaque. En fait, c’est surtout une équipe qui nous ressemble, une équipe qui est en place, volontaire, agressive sur les fondamentaux et ça va être à nous de répondre présents. Si tu me dis que le terrain là-bas est un peu un bourbier, ça veut dire qu’il n’y aura pas de grandes envolées, ça va un peu être une guerre des tranchées et se jouer à l’envie, au combat, la guerre des rucks, les collisions. Il va falloir que l’on arrive à répondre à tout ça de manière positive. 

Et la discipline car on se souvient qu’à l’aller, La Seyne s’était imposée 26 à 20 face à Graulhet, sur les terres de Graulhet, 2 essais à 2 mais vous aviez été un peu plus indisciplinés et c’est ça qui avait fait la différence ?

 

C’est ça, on avait été indisciplinés. Je crois qu’il y avait 20-20 et à la 70e, on prend deux pénalités assez bêtes ce qui met le score à 26-20, d’autant plus qu’ils marquent un essai sur une semi-interception et ça va au bout. La discipline est très importante, on a vu qu’on avait pêché sur ça à Aubenas où on prend 26 pénalités donc c’est impossible de gagner à l’extérieur avec autant de pénalités. Déjà, si on dépasse 10, c’est le maximum et là, on a explosé les records mais la discipline sera bien sûr une part prépondérante dans cette partie. 

Tu rejoins les propos d’Adrien Vert après Aubenas où il était content de prendre un point de bonus défensif, car ce n’est pas tous les jours qu’on prend des points de bonus défensifs à l’extérieur, mais frustré car vous veniez faire autre chose à Aubenas ? 

 

 Tous les week-ends, et c’est du moins l’état d’esprit qui m’anime, quand on rentre sur le terrain, c’est pour gagner, on n’y va pas en disant  » tiens, je prends un point et après, je vous laisse aplatir  » ou peu importe. Quand on va quelque part, c’est bien sûr en compétiteurs et c’est pour gagner. Il y a de très belles équipes, Aubenas, par exemple, descend de Nationale avec un effectif complet, dense et avec de très bonnes individualités donc évidemment que de ramener un point est déjà une bonne chose, on aurait peut-être signé en début d’année pour pouvoir le ramener. On voit qu’on peut aussi manquer ces points, on l’a manqué à Bédarrides-Châteauneuf du Pape où on n’était pas loin de prendre un point donc bien sûr que ces points-là sont importants et permettent aussi de récompenser les efforts faits sur le terrain. Nous, en nous déplaçant, on vise toujours le maximum de points, sans offenser n’importe quelle équipe, mais c’est quand même un objectif qui anime tout rugbyman du Top 14 à la 4e série, j’ai envie de dire. 

On va dire que le mot d’ordre pour ce week-end à La Seyne, c’est de faire un cadeau au public rouge et noir et au peuple rouge et noir qui vous suit avec passion à savoir s’envoyer pendant 80 minutes. De toute façon, si vous vous envoyez pendant 80 minutes, les gens seront heureux ? 

 

Il y a bien sûr beaucoup de Graulhetois qui attendent des résultats un peu plus convaincants à l’extérieur, on le sait et on en est conscient. Je pense plutôt que, vu le terrain, les conditions et la période, on y va en mode commando, on y va pour essayer de ramener le plus de points possibles tout en respectant énormément l’adversaire car, je le redis, c’est une très belle équipe. Mais on y va aussi pour penser un peu à nous, être un peu égoïste sur cette période-là et faire un beau cadeau aux Graulhetois car ce serait on ne peut plus beau que de ramener une victoire de La Seyne. 

On sait que vous avez un QG au Sporting Club Graulhetois après les matchs, Chez Pito, le bar-restaurant du coin. Il y a une rumeur qui monte dans les travées et qui dit que Guillaume Ducombs et toi-même allez reprendre la gérance de chez Pito. Vrai ou faux, info ou intox ? 

 

Intox malheureusement. Guillaume et moi avons trouvé un travail dans une collectivité donc ça ne sera pas le cas en revanche, il se dit que Guillaume Ducombs aide le pizzaïolo de Chez Pito à faire les pizzas. Mais on ne le voit pas donc ça, je n’en suis pas sûr. 

Elles risquent d’être bonnes et bien fournies

 

Bonnes et bien fournies car c’est quand même quelqu’un de très généreux. 

On te remercie de nous avoir parlé avec ta franchise, ta passion pour les rouge et noir et ta spontanéité

 

Merci beaucoup.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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