#Rugby – Nationale 2 / Dimitri Bérail (Bedarrides -Châteauneuf-du-Pape) : «Ici pour certains, le rugby est toute leur vie et c’est quelque chose que j’admire dans ce village!»

Alors que le derby des vignobles légendaires entre Bedarrides Chateauneuf du Pape et Beaune allait être reporté pour intempérie, le talonneur de l’ASBC Rugby, Dimitri Berail, nous a accordé un entretien. Celui qui s’épanouit dans les valeurs du rugby village dans le club phare du Vaucluse est revenu sur son parcours semé d’embûches avant de retrouver le plaisir de jouer au rugby tant à Graulhet puis à “Beda”. À l’aube de cette dernière journée de Nationale 2 en poule 1 de l’année civile 2022, celui qui a commencé le ballon ovale a Leguevin en Haute Garonne nous a exposé le beau début de championnat dans cette division de Nationale 2 palpitante.

 

Crédit photo ASBC Rugby

 

Tu entames une nouvelle aventure avec Bédarrides-Châteauneuf du Pape après un beau parcours rugbystique qui t’a vu naître dans la Haute-Garonne à, Léguevin, avant d’intégrer les espoirs de Colomiers puis de rejoindre Blagnac pour finir au FCTT. Parle-nous un peu de ce début de carrière qui est très marqué Haute-Garonne ? 

 

Tout petit, et étant d’une famille de footeux, j’ai fait du foot. J’ai complètement arrêté le foot à 17 ans et, comme j’avais des amis qui jouaient au rugby, ils m’ont dit  » viens jouer avec nous à Léguevin « , un club qui, à l’époque, était en promotion honneur. Je me suis lancé sur un coup de tête donc j’ai joué en junior pendant deux ans où j’ai trouvé un peu mes marques et compris un peu comment on jouait au rugby. Colomiers m’a appelé et je me suis dit  » pourquoi pas essayer ?  » donc j’y suis parti en tutorat pendant deux ans. Après ces deux années, Colomiers m’a proposé de continuer à temps plein avec eux en faisant une année en espoir que j’ai effectuée mais ensuite, j’ai eu  » une malchance rugbystique  » due à la licence. Lors du premier match que je devais faire avec l’équipe première de Colomiers, la Fédé a refusé ma licence car j’étais muté de Léguevin et ça a été un petit coup de poignard qui brise un peu des rêves. Du coup, à cause de cette licence, Colomiers ne m’a pas relancé et comme c’était ma dernière année espoir, j’ai décidé de partir à Blagnac en Fédérale 1 où ça ne s’est pas très bien passé. J’ai peu de temps de jeu, je me blesse et c’est fin de saison donc j’avais un peu la tête dans le seau et Antoine Bourdin, un ancien de Colomiers qui avait repris le FCTT à l’époque, m’a contacté et m’a dit  » si tu veux, je te propose de te relancer et de te faire jouer en Fédérale 2 en tant que pilier droit  » Et comme moi, j’adore les paris donc j’ai dit  » pourquoi pas ?  » et j’ai fait un an avec Antoine Bourdin qui m’a beaucoup aidé. Ensuite, Graulhet m’a contacté par le biais de Jean-Christophe Bacca avec qui j’ai tout de suite adhéré. 

Pour toi, Graulhet a vraiment été le moment où tu as repris goût au rugby et pleine possession de tes moyens ? 

 

C’est ça. En fait, Antoine Bourdin, l’ancien entraîneur du FCTT, m’a redonné l’envie et ensuite, Jean-Chris m’a poussé à revenir en Fédérale 1 et à me lancer dans un challenge de pouvoir rejouer à haut niveau. J’ai dit à Jean-Christophe  » Ok, je suis d’accord, je te fais confiance  » et m’a réappris les bases du rugby que j’avais peut-être perdu ainsi que l’envie de toucher le ballon. Je me suis de suite retrouvé dans sa façon d’entraîner et de faire jouer les gars et il m’a beaucoup apporté et beaucoup aidé même mentalement. 

Dans les valeurs humaines ? 

 

Oui, dans les valeurs, ça n’est pas qu’un entraîneur de rugby, il a des valeurs humaines, tu peux aborder avec lui, discuter de ce qui n’allait pas et de ce qu’il fallait corriger. Du coup, il m’a redonné confiance et j’ai fait une très bonne année avec Jean-Christophe Bacca donc j’ai resigné un an et, autant on ne gagnait pas beaucoup de matchs autant on avait une équipe qui ne s’est jamais séparée, on est toujours resté uni. C’est pour ça que le résultat qu’a Jean-Chris maintenant est énorme, il a une équipe magnifique, il arrive à être en milieu de tableau voire même être dans les phases qualificatives de Nationale 2, c’est énorme mais j’y ai toujours cru. J’ai décidé de partir au bout des deux ans à Bédarrides-Châteauneuf du Pape notamment pour le travail avec Arnaud Vercruysse qui m’a proposé un très beau projet sous la présidence de David Lelièvre. Je demandais un boulot car je travaillais dans la police, j’étais avant contractuel dans la police nationale, et je voulais quand même garder un boulot stable donc ils m’ont demandé ce que j’aimerai faire et je leur ai répondu que je voulais rentrer dans la police municipale. Ils m’ont dit  » si tu veux, on te trouve une mairie, tu passes le concours et si tu fais l’affaire, la mairie t’embauchera  » et c’est ce qui s’est passé, j’ai eu mon concours et la mairie m’a embauché, je me trouve à peu près à 25 minutes de Bédarrides. 

Et te voilà un vrai petit vauclusien ? 

 

Et oui, je suis depuis à Bédarrides-Châteauneuf du Pape où je m’épanouis très bien même si je garde toujours des contacts avec Jean-Chris. On s’écrit toujours car, pour moi, c’est plus qu’un entraîneur, c’est un père spirituel mais je me retrouve dans le Vaucluse où je retrouve un peu les valeurs graulhetoises. C’est un village de clocher où, pour certains, le rugby est toute leur vie et c’est quelque chose que j’admire dans ce village, ce sont des valeurs mais par contre, il y a le bien et le mauvais. Si tu fais un mauvais match, tu sais que tu vas passer une mauvaise semaine, si tu fais un bon match, tu passeras une bonne semaine mais ce sont aussi ça les valeurs du rugby et de clocher. C’est aussi pour ça qu’on en est là, on n’est pas une grande équipe quantitativement mais si tu prends qualitativement, ce sont des mecs que je ne changerai pour rien au monde. Ce sont des mecs qui s’y filent, ça joue de partout et je me retrouve très bien dans ce groupe.

Jouer contre Graulhet il y a trois semaines de cela a dû te faire bizarre ?

 

Ca fait bizarre mais une fois que tu es dans le match, tu oublies tout ça. Par contre, dès qu’on m’a sorti du terrain vers la 60e, j’ai quand même salué Jean-Chris, c’est une marque de respect pour moi car c’est aussi grâce à lui que je suis là. Je suis très content de leur match, ils ont pris le bonus défensif et ça prouve que c’est une grande équipe car prendre le bonus défensif à Bédarrides, ce n’est pas si simple. 

Avec Bédarrides-Châteauneuf du Pape, vous recevez Beaune ce week-end, un club qui, pour l’instant, est lanterne rouge de la poule et qui va arriver avec les dents affutées. Attention au match piège ? 

 

C’est ça mais Beaune est une grande équipe, je pense qu’ils ne sont pas à leur place en ce moment et il faut se méfier d’une belle équipe comme ça. Nous, on doit se rattraper vis à vis de notre match catastrophique au Stade Métropolitain où on s’est fait notamment prendre devant en mêlée et en touche et on a à cœur de corriger cela face à Beaune et de ne pas passer à côté encore une fois. 

Et essayer de rester dans le trio de tête jusqu’aux fêtes ? 

 

On reçoit Beaune et ensuite Marcq-en-Barœul donc deux matchs à la maison et deux matchs qu’il ne faut pas perdre si on veut rester dans le trio de tête ? 

Pour toi, est-ce que cette Nationale 2 est vraiment une division qui te convient pleinement ? 

 

Autant je m’y retrouve car je peux avoir un travail à côté mais moi, ce que je cherche, c’est quand même le haut niveau et cette poule est une poule qui te permet d’avoir une vie pluriactive, un travail à côté plus le rugby. Pour l’instant, les deux marchent bien et, quand tu as des rêves dans la vie, tu fais tout pour les avoir et ce que je cherche, c’est de jouer le plus de matchs possibles et de performer pour aller au plus haut. Et pourquoi pas aussi aller le plus haut possible avec mon équipe ? 

Si tu avais quelques mots pour définir ce club de Bédarrides-Châteauneuf du Pape, qu’est-ce que tu dirais ? 

 

Valeureux, courageux et honnête. 

Mais aussi bon accueil ? 

 

Très bon accueil. Je connaissais bien Lucas Daminiani, on avait fait des prépas d’été sportives ensemble pour se mettre d’aplomb, qui m’a fait rencontrer d’autres personnes natives d’ici et, du coup, je me suis refait un cercle d’amis. C’est aussi grâce à eux que je suis là, que je suis resté ici et que je suis bien, ça montre bien les valeurs de ce village où tu peux être nouveau mais ils ne te laisseront pas sur le côté. Dès que tu as besoin, ils sont là. 

Durant le match Bédarrides-Châteauneuf du Pape / Graulhet, les équipes du #MagSport ont bien sûr diffusé et commenté le match avec nos amis d’Impact Events et au micro, nous avions un certain Hugo Planes qui nous a donné quelques détails sur toi, des surnoms et de petites anecdotes. Est-ce que tu aurais une anecdote à nous donner sur Hugo Planes pour lui rendre la monnaie de sa pièce à ce garçon ? 

 

Il parle beaucoup mais humainement, c’est une grande personne et je l’admire beaucoup. C’est un petit jeune, il faisait partie des petits jeunes quand je suis arrivé à Graulhet mais e n’ai pas d’anecdotes sur lui qui me viennent de suite. 

Nous, on en a une à te donner car il paraît qu’il veut se reconvertir 3e ligne. Que penses-tu de ce projet ? 

 

Ça peut être pas mal mais il est trop intelligent pour ça. 

Merci et on te souhaite une belle saison avec Bédarrides

 

Merci

Propos recueillis par Loïc Colombié

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