#Rugby – Nationale 2 / Hugo Camp (CS Beaune) : «On ne veut pas non plus passer pour des peintres!»

Quelques heures avant le report du match face à Bédarrides Chateauneuf du Pape (le week-end dernier) nous étions aller prendre des nouvelles du CS Beaune, du côté de la Côte d’Or, au pays des viticulteurs, avec le 1ère ligne Hugo Camp. Les bleus et blanc qui sont actuellement la lanterne rouge de la poule 1 de Nationale vivent des moments difficiles sportivement et extra-sportivement (départ de Hugh Chalmers). Malgré cela, les joueurs préfèrent faire abstraction pour se consacrer sur l’objectif maintien et glaner au courage des victoires comme ce fut le cas face à Graulhet et Marcq en Baroeul. Le talonneur d’origine audoise du CS Beaune dont le parcours rugbystique l’a mené en Nouvelle Zélande et en Australie puis a Bassin d’Arcachon avant d’atterrir au cœur des vignobles beaunois, nous a exprimé sa volonté dans cet entretien de voir son équipe de relever la tête et de faire honneur à la tunique du CSB. Rencontre à quelques heures d’un périlleux déplacement à Vienne, avec un garçon qui a l’image de l’ensemble du groupe, serre les dents en attendant des joueurs meilleurs.

 

Avant de parler de la saison du CS Beaune en Nationale 2, on va parler un peu de toi car tu as un parcours assez atypique. Tu es un enfant de l’Aude, né dans le village mythique de Vinassan, tu as joué à Narbonne avant de faire un peu le globe-trotter puisque tu as eu des expériences très loin de l’hexagone, en Nouvelle-Zélande et en Australie ? 

 

C’est ça. En France, j’ai joué toutes les catégories à Narbonne, de mes premiers pas jusqu’en professionnel, en Pro D2 et en Fédérale 1 donc Narbonne est mon club de cœur en France. Après, j’ai eu la chance d’avoir l’opportunité de partir en Nouvelle-Zélande et en Australie où j’ai pu jouer avec des mecs qu’on dira assez incroyables, des types que je retrouve maintenant de temps en temps en France dans des plus gros clubs. Avec le Covid, je suis rentré en France et je suis allé à Arcachon avant d’être stoppé par le Covid et d’atterrir à Beaune ces deux dernières années. 

On parle souvent d’une vision du rugby complètement diamétralement opposée en Nouvelle-Zélande et en Australie par rapport à la France. Est-ce que tu confirmes et est-ce qu’on peut dire que ça t’a ouvert d’autres chakras ? 

 

C’est sûr que ce n’est pas du tout le même rugby. Là-bas, tout ce qui est entraînements et matchs est très intense tandis que chez nous, le rugby est plutôt culturel donc, au niveau de l’ambiance, de l’agressivité dans le jeu d’avants, on dira que c’est plus rude ici mais plus intense en Australie et Nouvelle-Zélande. C’est cool d’avoir vécu les deux et ce sont vraiment de chouettes expériences que j’ai pu vivre. 

Et au niveau de tout ce qui tourne autour du rugby à savoir les supporters et les gens qui vous suivent, est-ce qu’il y a aussi une divergence ? 

 

Là, c’est complètement opposé en Nouvelle-Zélande et en Australie ! En Nouvelle-Zélande, il n’y a quasiment personne à part les connaisseurs donc ça ne parle pas du tout, il y a un peu plus de monde en Australie mais ça n’a rien à voir avec le rugby où même dans les villages en petites séries, tu as vraiment de fervents supporters qui mettent plein de bruit et qui sont vraiment derrière leur équipe. Ça, c’est certain que c’est complètement opposé. 

Avant de signer à Beaune, comme tu nous l’as dit, tu jouais au RCVBA, le club du Bassin d’Arcachon la Teste de Buch, donc tu as connu la Fédérale 1. Maintenant que tu viens de passer en Nationale 2, est ce qu’il y a vraiment un palier et un fossé entre cette Fédérale 1 de l’année dernière et cette Nationale 2 qui est, comme le disent les suiveurs, plus homogène ?

 

L’année dernière à Beaune, on avait déjà à peu près la même poule, il y a juste quelques équipes qui se sont rajoutées comme Graulhet, Nîmes et d’autres. Il est certain que tous les week-end en Nationale 2, ce sont des matchs de plus haute intensité et c’est vraiment rugueux. Tu as des surprises chaque week-end, enfin, tu as des résultats différents chaque week-end où tout le monde peut gagner chez tout le monde, on l’a vu avec Nîmes qui était vraiment sur un nuage et qui a perdu à domicile contre Aubenas. C’est vraiment un niveau plus élevé et c’est certain que c’est plus homogène par rapport à l’année dernière où tu avais des clubs un peu plus en difficulté. 

Est-ce que tu peux nous parler de ce rugby bourguignon qui doit être un peu différent du rugby audois ou même de celui du Bassin d’Arcachon, même si les années où tu y étais ont été celles un peu tronquées par le Covid ? 

 

C’est du rugby différent par rapport à ce que j’ai vécu dans le Sud où le rugby est culturel et où il y a vraiment un engouement autour d’un club, que ce soit un village ou un plus gros club. C’est vraiment suivi par les supporters, par la famille, toutes les tribunes sont toujours pleines. En Bourgogne, le rugby est plutôt un loisir, un sport passion qui est vécu un peu différemment mais ça a tout son charme aussi, les gens se régalent de venir voir un match et boire un verre autour d’une table à la fin de la rencontre. On dira qu’il y a un peu moins de guerres de clans que chez nous dans le Sud où tu sens qu’à chaque derby, la rivalité est exacerbée, c’est un peu plus tranquille ici de ce point de vue-là mais le rugby est tout aussi charmant ici.

Et, comme on dit dans le jargon, le cadre de vie à Beaune n’est quand même pas dégueulasse ? 

 

C’est certain avec tout ce qui se rapporte au vin, les vignes, les paysages, c’est magnifique. Le temps n’est pas aussi froid que ce que je craignais avant de venir ici donc c’est bien aussi et, franchement, Beaune est une très belle ville où vivre. Sur ça, il n’y a pas de problème, c’est vraiment top comme ville. 

On va parler du début de saison de Beaune en Nationale 2. Comme on le sait, vous étiez en Fédérale 1 l’année dernière où vous deviez rester puis, du fait du désistement des autres équipes, vous avez été repêchés pour monter en Nationale 2. Ça n’a pas dû être simple pour se préparer au début de l’intersaison pour la Fédérale 1 et de basculer d’un coup un cap au-dessus ? 

 

Disons que l’an dernier, quand on finit la saison et qu’on part en vacances, on s’était fixé des objectifs par rapport à la Fédérale 1 pour tout ce qui était phases finales et remonter pour goûter à la Nationale 2. Juste quelque jours avant la reprise, on nous a annoncé qu’on était en Nationale 2 donc on savait dès le début que l’objectif serait le maintien, que ça n’allait pas être simple et qu’il y allait avoir des tensions vis à vis des matchs qu’on ne gagnerait sans doute pas tous les week-end. Ça a été une préparation différente mais tout le monde était et est prêt à relever le défi jusqu’à la fin pour essayer de se maintenir. 

Quand tu dis que ça n’a pas été simple, ça a même été loin d’être simple puisqu’à la 7e journée, vous n’aviez pas gagné un match, le coach est parti et vous avez été en autogestion face à Graulhet. J’imagine que vous vous attendiez à ce que ce soit compliqué mais peut-être pas à ce point-là ? 

 

Il est sûr que l’on savait que ce serait compliqué d’un point de vue sportif puis tout ce qui est extra-sportif s’est ajouté ce qui a rajouté des difficultés supplémentaires. Nous, en tant que joueurs, il faut que l’on bascule et qu’on se concentre sur le sportif, qu’on donne tout tous les week-end pour essayer de les gagner comme on fait contre Graulhet et comme tous les matchs depuis le début de la saison où, parfois, ça ne basculait pas pour nous. Il faut que l’on continue à essayer de forcer le destin et de faire comme le week-end dernier où on défend à un mètre de notre ligne sur la dernière action pour gagner le match. C’est ce qu’on a fait et il faudra que l’on continue jusqu’à la fin comme ça, à vraiment ne rien lâcher et à vouloir se maintenir coûte que coûte. 

On a l’impression que cette première victoire face à Graulhet a été un déclencheur et que vous aviez même un état d’esprit assez particulier. Vous étiez très guerriers et très remontés ? 

 

On savait que, contre Graulhet, ce ne serait pas notre dernière chance mais on avait perdu beaucoup de matchs à la maison ainsi que beaucoup de points en route à l’extérieur aussi. En plus de ça, ça avait été très agité dans la semaine donc la tension était maximale, on était un peu attendu au tournant et c’est vrai que tout ce qu’on a fait ce jour-là nous a souri. Graulhet n’a pas non plus réussi le match de l’année pour eux, on en est conscient et on savait qu’ils avaient un autre visage que le Graulhet qu’on a joué ce week-end-là donc tous les ingrédients ont fait que c’était vraiment le match idéal pour nous. On gagne avec le bonus et on en a vraiment été content, ça nous a donné un peu de confiance pour nous dire  » on peut y arriver, il n’y a pas de raison et on va continuer comme ça « . C’est ce qu’on se dit tous les jours et on croit fort en ça pour la fin de saison. 

On sait que les cartes du maintien sont loin d’être jouées quand on voit l’homogénéité du classement en Nationale 2. Pour vous, il y a obligation de gagner les deux dernières rencontres de l’année rester un peu dans le bon wagon ? (ITW réalisé quelques heures avant le report du match le week-end dernier a Bedarrides.).

 

Là, on n’a plus le choix, au bout d’un moment, avec tous les points qu’on a laissés en cours de route chez nous, il va falloir en récupérer à l’extérieur. Il n’y a jamais de matchs faciles à l’extérieur, encore moins avant de se déplacer à Bédarrides-Châteauneuf du Pape et à Vienne mais, dans notre position, il faudra absolument se battre coûte que coûte toutes les semaines et tous les week-end pour rattraper des points. On sait que la mission est très, très compliquée mais on se déplace en se disant qu’il faut jouer notre carte à fond et on verra ce que ça donnera à la fin pour faire les comptes. 

Malgré cela, après vous avoir vu jouer contre Graulhet et un peu en 3e mi-temps, on a l’impression que malgré l’adversité, les résultats qui ne sont pas toujours là et le contexte qu’il y avait en-dehors du club, vous êtes quand même un groupe assez soudé ?

 

Nous, on s’est dit que, quoi qu’il arrive, on a une expérience humaine tous ensemble, tous les joueurs. Il faut absolument qu’on reste ensemble et qu’on n’explose pas en plein vol car on est en Nationale 2, on veut faire bonne figure et on ne veut pas non plus passer pour des peintres. On veut garder la face et jouer nos chances coûte que coûte, il est certain que c’est parfois plus compliqué que d’autres mais on ne se lâche pas, on est tous ensemble et on continuera à se battre avec nos armes jusqu’à la fin.

Pour le côté positif de la chose, on peut dire que vous vous êtes un peu refermé sur le groupe pour faire abstraction de tout ce qui se passe à l’extérieur ? 

 

Oui, totalement. Nous, on se dit qu’il faut qu’on maîtrise ce qu’on peut maîtriser, il faut qu’on soit bon sur le terrain, il faut qu’on s’accroche, on s’entraîne pour ça. Tous les jours, on fait en sorte de s’entraîner, d’évoluer et de progresser pour qu’on rende de bonnes copies le week-end et qu’on puisse avoir des résultats. On est vraiment focus sur le sportif, on va rester concentré sur le sportif, on sera à fond pour ça dans tout ce qu’on fera et on se battra pour. 

On te souhaite une belle saison avec le CS Beaune et déjà de passer les fêtes au chaud en allant engranger des points. On te donne rendez-vous sous les caméras du #MagSport pour le match entre Graulhet et le CS Beaune qu’on se fera un plaisir de filmer pour, espérons-le, une belle partie de rugby

 

Merci, c’est sympa.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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