#Rugby – Nationale / Mathieu Bonello (Albi) : «On a besoin de confirmer car on n’a pas de marge!»

Le manager du Sporting Club Albigeois est longuement revenu en conférence de presse sur la victoire des jaunes et noirs en Savoie face à Chambéry, qui est venu ancré les tarnais dans le top 6. Mais pour Mathieu Bonello le club de la cité épiscopale doit boucler le travail lors de la réception de l’Union Cognac Saint Jean d’Angely, ce samedi pour le compte de la 13 eme et dernière journée des phases aller. Face à des charentais en disette de victoire depuis le début saison, le SCA va devoir faire attention au match piège et ne pas annihiler les efforts consentis depuis de nombreuses semaines. A quelques encablures de la trêve de Noël, Albi doit impérativement se déposer 2 cadeaux au pieds du sapin (Cognac et Blagnac) pour passer l’hiver au chaud .

Albi Vs Cognac (J13 – Nationale) une rencontre à suivre en direct web radio samedi des 18h15 via Le #MagSport .

Crédit photo Jacques Massine / Le #MagSport

Cette première victoire à l’extérieur est enfin là. Ça n’a pas été simple mais, comme d’habitude, vous êtes allés vous la chercher au courage et à l’état d’esprit ? 

 

On est bien sûr content du résultat de ce week-end mais comme je l’avais dit la semaine dernière, on apprend des matchs de cette saison, à l’extérieur aussi. Il faut être patient, je le dis à chaque fois, on aurait pas été les plus nuls si on avait perdu et on n’est pas les meilleurs parce qu’on l’a gagné. On est content car ça valide une certaine qualité de travail la semaine. 

Pour réussir une saison, il faut avoir un peu de baraka et là, comme le disait Alex Albouy après le match, il y a cette action du 9 qui vous a un peu aidé et donné un petit coup de pouce du destin ? 

 

Ça a été un petit coup de pouce mais franchement, on ne souhaite à personne des problèmes comme ça. On a quand même défendu pendant plus de 2 minutes 30 et je pense qu’ils étaient aussi à court de solution mais ça fait partie du jeu, parfois, la pièce tombe du bon côté, parfois non et on est bien placé pour le savoir sur les derniers matchs à l’extérieur. On a quand même fait ce qu’il fallait pour revenir dans le match et surtout, on l’avait bien démarré, on a eu un trou de 15 minutes où ils sont revenus mais, sur l’ensemble du match, je trouve que la victoire était méritée. Les joueurs sont allés se la chercher. 

Est-ce que ce n’est pas aussi le fait d’avoir mis de l’engagement et de l’investissement qui a permis de passer ce cap ? 

 

C’est exactement ça. Je pense que quand tu es convaincu au rugby, que tu te donnes les uns pour les autres et que tu rentres pour t’y filer, un terme qu’on emploie tout le temps, tu es récompensé et ça bascule souvent du bon côté. Je crois que les joueurs ont été généreux de la 1ère à la dernière minute, c’est vrai qu’ils ont eu un trou mais les temps forts et les temps faibles, ça arrive aussi. L’équipe a su se remobiliser, reprendre le match à sa guise et on a aussi réussi à passer devant sur nos points forts mais ça montre également que cet état d’esprit est fort chez nous et ça, c’est bon pour la suite. 

On voit que, plus on arrive au cœur de la saison, même 10 minutes d’indiscipline peut vite devenir rédhibitoire. Alors que 20 minutes passaient contre Dax, aujourd’hui, ça ne passe plus ? 

 

C’est ça et encore plus cette année au niveau de la discipline, car je trouve que par moment, l’arbitrage est encore plus rigoureux ce que je trouve bien parce-que ça permet aussi de fluidifier le jeu mais également de simplifier les choses donc je suis pour l’arbitrage assez sévère, quand c’est arbitré dans les deux sens, ça va bien. Ça veut dire que nous, on ne peut plus se permettre de faire des fautes inutiles ou bêtes car tu sais que, quand tu te retrouves à 14, tu es emmerdé. Là, on a eu un trou, un flottement pendant ce carton jaune qui nous a fait énormément de mal et on n’a pas su faire le dos rond, j’ai trouvé qu’on avait baissé la tête pendant ce moment-là. 

Le discours sur l’investissement était un peu le même avant Tarbes. Quelle est la différence entre Tarbes et Chambéry, est-ce que c’est le match contre Bourg-en-Bresse qui a un peu refait prendre conscience des choses ? 

 

Le match de Bourg, oui, mais ça ne vient pas de là. Je parle de construction de saison à savoir que, que tu gagnes ou que tu perdes, elle doit t’amener quelque chose. On dit toujours que, dans un échec, ce n’est pas l’échec qui est grave mais qu’il faut apprendre de l’échec et je crois que construire une saison, même si on préférerait que ce soit avec le plus de victoires possible, c’est aussi se servir de l’échec et le groupe s’est servi de l’échec de Tarbes en se disant  » si on met ça en pourcentage d’investissement, ça ne passe pas « . C’est un jeune groupe et on me disait encore en Septembre  » alors, la construction ?  » et c’était difficile parce qu’on avait beaucoup de nouveaux joueurs. Aujourd’hui, on est une seule et même équipe mais ils ont du vécu depuis mi-Juillet et les matchs depuis fin Août donc il faut passer par ces matchs-là qui permettent de se rendre compte qu’à ce pourcentage d’engagement, ça ne passe pas à ce niveau-là. Je pense que ce n’est pas spécialement le match à la maison qui a eu lieu derrière Tarbes mais que cette rencontre a permis de se dire que, si notre investissement n’est pas total, on n’a pas de marge. C’est ça qui a permis aux joueurs de s’investir totalement. 

Dans la gestion stratégique du match en 1ère mi-temps, vous allez deux fois en pénaltouche, ce qui est infructueux, alors que vous auriez peut-être pu prendre les points. A la fin, ce sont 6 points qui passent à côté et qui auraient pu vous coûter très cher ? 

 

Moi, je trouve que sur les deux, il y en a une qui était lointaine et quand c’est très loin, je ne suis pas pour vraiment tenter, le terrain était lourd, les appuis des buteurs n’étaient pas faciles. Après, quand on est à portée de prendre 3 points assez facilement, pour moi, il faut les prendre mais il y a des moments où on leur laisse le choix et d’autres où on ne leur laisse pas. Là, on a voulu leur laisser le choix et derrière, bien qu’on n’ait pas marqué, ils ont assumé et on a aussi éprouvé l’adversaire.

Il y aura un contexte particulier pour Cognac-Saint Jean d’Angély avec Mickaël Hygonnet qui, après commotions, a eu des séquelles avec deux crises d’épilepsie et qui, pour l’instant, est dans le coma artificiel. Toi qui parles souvent du niveau de la Nationale où ça tape de plus en plus fort, la protection du joueur doit être quelque chose qui t’alerte un peu ? 

 

Oui, c’est quelque chose qui m’alerte, je suis d’accord pour protéger le joueur, surtout sur les commotions qu’à l’époque on ne voyait pas trop ou qu’on laissait faire. On a l’exemple de Mohsen Essid qui a eu une commotion, qu’on a laissé tranquille au début puis il est allé voir un spécialiste, on l’a suivi, il a fait un ou deux IRM ou scanner, il a été énormément suivi et on a pris du temps, peut-être deux voire trois semaines en plus du protocole normal. Il a vraiment pris du temps et c’est une bonne chose car on ne le voit pas, c’est invisible mais la blessure y est donc il faut être précautionneux même si on ne le voit pas. Je trouve que les protocoles sont vachement avancés, que les docs et les kinés font hyper gaffe maintenant et c’est hyper important car derrière, si tu n’es pas bien soigné, tu as des séquelles comme on voit là. En tous cas, j’envoie tous mes encouragements au joueur, quand on est dans le rugby, on est des battants et je suis sûr qu’il va se remettre sur pied, je lui souhaite au nom du SCA, du staff d’Albi et de moi personnellement. Tous mes encouragements pour passer cette épreuve. 

Cognac-Saint Jean d’Angély, 12 défaites et 0 victoire depuis le début de la saison. On sait que les séries sont faites pour s’arrêter, ça a tout de la gueule du match piège ? 

 

Je crois qu’il faut aborder ce match sans forcément l’appeler comme ça. Il faut que l’on confirme la prestation de dimanche dernier, on vit les matchs les uns après les autres et on n’ira pas plus loin que Cognac-Saint Jean d’Angély. Aujourd’hui, on a une réception à faire et pour confirmer un résultat à l’extérieur, tu sais qu’il faut tout faire chez toi pour remporter la victoire. On aura une équipe face à nous qui ne va rien lâcher, c’est sûr, mais c’est à nous de bien le préparer. 

Malgré tout, et vu les positions, vous n’avez pas forcément droit à l’erreur. Ne pas prendre 4 points serait quand même une contre-performance ? 

 

Bien sûr, je suis d’accord mais je pars du principe quand tu perds à la maison, c’est quand même tout le temps une contre-performance. Par le passé un peu lointain, on sait que, quand on perd ici, on est souvent allé rattraper les points le dimanche d’après mais ce sont des points qui te manquent à la fin. Là, on a l’obligation de faire un gros match et, en tous cas, je sens les joueurs convaincus, on est dans une dynamique positive mais les joueurs savent qu’il va falloir s’investir totalement. C’est également important à mes yeux, on a besoin de confirmer et je pense qu’on n’a pas de marge.

Petit flashback, on revient à la première journée où on avait entendu dire que c’était un scandale que vous ayez perdu à Blagnac. Depuis, ils n’ont pas perdu un match à la maison, ils sont 5es juste derrière le SCA, ce n’était donc pas tant un scandale de ça que de perdre à Blagnac ? 

 

Moi, je n’ai pas entendu que c’était un scandale, je dis juste que je pense qu’on avait les ingrédients pour faire mieux. C’est une belle équipe, on le savait, ils sont outsiders chaque année mais je n’ai pas spécialement envie de parler d’eux aujourd’hui, aujourd’hui, c’est Cognac-Saint Jean d’Angély et on aura le temps de l’aborder la semaine prochaine. On aborde d’abord ce match mais, en tous cas, j’ai beaucoup de respect pour cette équipe de Blagnac qui fait une grande saison. 

Quel est le mot d’ordre pour ce match face à Cognac-Saint Jean d’Angély ? 

 

Sérieux et confirmation. 

Et éviter les blessures ? 

 

Oui mais ça, les blessures, on y est un peu abonné, ça ira mieux en Janvier (sourire). Je veux qu’on confirme ce qu’on a fait, on a besoin de faire un bon match également pour notre public, pour nous et on a aussi envie de faire un match abouti. 

Comment va Pierre Roussel ? 

 

Il sera arrêté jusqu’à la fin de l’année, il reprendra en Janvier. C’est moins grave que prévu, c’est un souci musculaire, une déchirure, il est donc dans les blessés.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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