#Rugby – Nationale 2 / Kevin Boulogne (Graulhet) : «Je suis un escroc du rugby!»

Il y a de cela 15 jours, lors de la remise des prix du Trophée du Rugby tarnais, Kevin Boulogne lauréat du titre de meilleur joueur de fédérale 2021-2022, s’est exprimé à la tribune du forum de Graulhet, hôte de la soirée, par la diatribe suivante : « Je suis un escroc du rugby ». Comprenez avec l’autodérision et l’humour qui caractérise l’ouvreur du SC Graulhet, qu’il estime malgré une carrière qui la vu évolué dans les cinq premières divisions du rugby hexagonal (Top 14, Pro D2, Nationale, Nationale 2 et Fédérale1) sous diverses tuniques (Castres, Albi, Biarritz, Pau, Perpignan, Provence Rugby et Graulhet) n’avoir jamais fait les mêmes efforts que ses congénères ou avoir le même rythme de vie de certains de ses coéquipiers de l’époque, vivant uniquement pour le rugby. Car « Kéké » comme le surnomment tous ceux qui le côtoient , se rattache au rugby plus sur les valeurs de camaraderie et de solidarité qu’aux heures passées à l’entraînement ou dans une salle de musculation. Non conservé dans l’équipe première (même si il demeure coordinateur sportif de l’école de rugby du club jaune et noir) à l’arrivée de Mathieu Bonello en terre Albigeoise, le « Magicien » comme l’appelle ses adverses, a retrouvé un terre d’adoption avec les mégissiers Graulhetois. Avec les rouges et noirs il a été tout au long d’une saison 2021-2022 homérique, une des parties prenantes de la montée des tarnais en Nationale 2. Retrouvant à Graulhet une seconde famille et un esprit fraternel lui convenant à merveille, « le vieux » a rempilé une saison de plus sous les couleurs de la capitale du cuir avec le but de croquer à pleine dent dans l’aventure Nationale 2, même si à son grand âge (36 ans) les coachs du SCG le ménage souvent à l’extérieur. Encore indécis sur la suite de sa carrière, Kevin Boulogne continue de faire profiter le public de Noel Pelissou de sa maestria comme ce fut le cas il y a deux semaines de cela face au CS Vienne (Victoire 34-6). Avec ce titre honorifique au crépuscule de sa longue trajectoire sur un terrain de rugby, Kevin Boulogne a tenu à faire partager cette récompense avec l’ensemble de ses copains qui l’accompagne sur les pelouses le week-end.

Crédit photo Stephanie Maufoux – Le #MagSport

On est avec Kevin Boulogne qui vient de recevoir le trophée du joueur de rugby du Tarn 2022 pour la Fédérale 1. Il y a bien sûr une pensée pour toute l’équipe de Graulhet car tu es allé chercher ce trophée avec l’ensemble de tes coéquipiers du SCG. Il vient un peu sanctifier cette belle saison que vous avez faite avec le Sporting Club Graulhetois conclue par la montée en Nationale 2 ?

 

Bien sûr, tu as tout résumé et tout à fait bien dit les choses, c »est une récompense individuelle mais qui est juste le fruit d’un travail collectif. C’est cette équipe de Graulhet, et même ce club de Graulhet, avec ses supporters qui nous ont poussé, les bénévoles, les présidents, les entraîneurs et pour finir, le groupe qui a fait qu’on s’est éclaté sur le terrain et qu’on a fait ces résultats. On s’est éclaté en-dehors et c’est ça qui fait que les joueurs brillent sur le terrain. Pour avoir des récompenses, on ne peut pas être individuel, ce n’est pas possible sinon on change de sport. Aujourd’hui, la récompense est individuelle mais le vrai prix est la récompense collective, c’est grâce à eux et je les remercie pour cette saison de l’année dernière qui a été magique pour moi, personnellement sur un plan humain et rugbystiquement. Je les remercie car on va dire que je vis une seconde jeunesse à mon âge très avancé. 

L’année dernière, c’est Olivier Régnier qui remporte le trophée de meilleur joueur de Fédérale 1 du rugby tarnais et cette année, c’est toi. La chose qui est belle, c’est qu’il reste à Graulhet, à la maison ? 

 

Exactement, ça reste à Graulhet. On dit « jamais deux sans trois » donc j’espère que, l’année prochaine, on va pouvoir cibler quelqu’un qui nous ramène encore le trophée à la maison mais, comme je l’ai dit, ça montre l’évolution du club de Graulhet. L’année dernière, il a vraiment passé un cap également en termes de résultats, on est monté en Nationale 2, on y existe au jour d’aujourd’hui, ce n’est pas fini mais on existe alors que tout le monde nous voyait condamnés et ça montre l’évolution de ce club. Cette récompense-là montre surtout que le club grandit, les meilleurs joueurs arrivent de plus en plus, on est de plus en plus attractif et c’est de bon augure pour la suite. 

On voit que tu as de l’expérience car le speaker de la cérémonie te demandait si tu continuais ta carrière et tu as répondu :  » peut-être oui, peut-être non, il faut voir « . On voit donc que tu as quand même un peu d’expérience car tu laisses la porte ouverte et non fermée ? 

 

C’est tout à fait ça, on m’a appris qu’il ne fallait jamais dire jamais, ce qui est vrai. J’ai bien dit le mot  » peut-être  » dedans car je devais déjà arrêter l’année dernière et en fait, ce que j’ai vécu pendant une saison avec ma famille était tellement magique et vraiment un plaisir, un bonheur. Moi, je marche à ça, c’est pour ça que je travaille sur les jeunes à Albi parce-que je marche au plaisir des jeunes, que ce soit à l’école de rugby pour voir leurs sourires et leur progression, les cadets, les juniors, les espoirs, les filles qu’on a développées. C’est vraiment un plaisir de voir que tout ça prend forme à Albi et à Graulhet donc le plaisir me motive. S’il n’y a pas ça, la décision a été prise, c’est une certitude mais s’il en est de même cette année, on verra à la fin de la saison sauf qu’aujourd’hui, je vois que je revis avec eux et que le plaisir est au rendez-vous. 

Dans ton speech sur la tribune, tu as dit une chose que nous, nous savions au #MagSport (rires) mais que le grand public ne savait peut-être pas à savoir que tu es un escroc du rugby. Explique-nous pourquoi ?

 

Oui je suis un escroc du rugby, parce-que je n’ai jamais eu les standards d’un joueur professionnel (sourire). Les joueurs professionnels, ça fait de la muscu, du physique, ça s’entraîne à 300%, ça mange rugby et ça vit rugby et moi, je suis plutôt sur les valeurs. Pour moi, ça se joue vraiment sur le terrain, c’était la priorité alors que la muscu était toujours optionnelle. C’est le terrain, les soirées, les 3es mi-temps, c’est ça qui m’a toujours motivé donc c’est vrai que, pour devenir pro, c’est assez contradictoire de réussir à passer une carrière comme ça alors que beaucoup travaillent beaucoup plus dur que moi et que certains n’ont pas réussi à passer le cap.

Autre grand moment de ton discours sur la tribune, tu nous as appris que tu entraînais tes filles à la 3e mi-temps, sans alcool bien sûr, dès le plus jeune âge ? 

 

(Rires) Exactement, je ne le cache pas, ma fille fait aussi du rugby donc je pense que c’est dans les gênes (rires). Comme je le dis, c’est aussi important, c’est une vie sociale pour ma famille et pour moi, je le répète mais on a vécu sur le terrain comme en-dehors. Ce groupe est énorme pour ça, je parlais de mes filles à titre d’exemple mais tous les mecs connaissent nos familles et nos enfants, elles sont en sécurité, elles se régalent et en fait, c’est un plaisir tous les week-end. C’est aussi ça qui nous fait revenir au entraînements et aux matchs mais aussi que nos femmes et nos enfants nous suivent car sinon, je pense que ça serait compliqué pour beaucoup de gens.

Petite touche d’humour pour finir. On sait que tu as commencé le rugby avec Lucien Mias et René Crabos. On va te laisser rentrer à l’Ehpad de Graulhet pour préparer le match de dimanche car il faut que tu sois en forme ? (Rires)

 

(Rires) Je vais rejoindre Thierry Louvet, je suis en chambre avec lui et il m’attend (rires).

On te remercie et on te félicite encore pour ce beau trophée

Merci Loïc et merci à tous qui ont voté pour moi.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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