#Rugby – Fédérale1 / Benjamin Caminati (Mazamet) : «Je ne viens pas pour faire Zorro!»

L’ex arrière / ouvreur du Sporting Club Albigeois a décidé de rester dans le Tarn cette saison, en Fédérale 1, au Sporting Club Mazamétain, tant par choix familial que par volonté de basculer dans la pluriactivité. Benjamin Caminati est bercé entre la frustration de ne pas avoir été conservé au SCA et la joie de découvrir une nouvelle facette du rugby au SCM, se sentant même libéré du carcan professionnel. Heureux de finir sa carrière avec son ami Carol Raynaud, l’ex joueur de Carcassonne espère amener son expérience acquise en Pro D2 et en Nationale, tout en prévenant « qu’il ne se prends pas pour Zorro ». Auteur d’un essai dès sa première apparition sous le maillot Mazametain (Victoire face au Stade Bagneraos en Match de pré-saison), Benjamin Caminati vient de lancer de la meilleure des manières cette nouvelle fois page de son histoire rugbystique.

 

Crédit photo Pierre Bras

 

Après 5 saisons émaillées de plein de péripéties au Sporting Club Albigeois, te voilà dans le sud Tarn à Mazamet. Qu’est-ce qui t’a amené à faire ce choix, un côté plutôt famille et cœur ? 

 

Déjà, on ne m’a pas gardé à Albi, ce n’était pas un choix de ma part, on n’a pas voulu me garder, on ne m’a pas renouvelé. J’ai eu quelques contacts dans la division (VRDR, Nice) mais j’ai fait le choix de rester dans la région d’une par rapport à mon enfant qui est encore jeune et je ne voulais pas laisser ma femme toute seule avec lui. Je voulais donc rester dans la région et, au final, basculer dans un autre projet et arrêter ce monde professionnel qui n’a fait qu’un temps.

Ce nouveau projet au Sporting Club Mazamétain va quand même être un passage dans ta vie en basculant du tout rugby à la pluriactivité ? 

 

Oui, c’est un passage mais finalement, quand j’ai arrêté à Albi, j’étais quand même délivré de quelque chose. Finalement, je me sens plus heureux et plus épanoui dans cette vie-là que dans celle que j’avais en étant professionnel. 

 

On va parler du Sporting Club Mazamétain, un club qui joue en Fédérale 1 avec des valeurs un peu à l’ancienne où tu retrouves ton grand copain Carol Raynaud ? 

 

C’est un club très familial où tout le monde est assez proche, les dirigeants, les entraîneurs, les bénévoles et tous les autres, il y a vraiment une très bonne ambiance. C’est surtout un club avec un joli projet amateur et c’était aussi intéressant pour moi. 

Avec Carol Raynaud et Julien Dumoulin, tu vas devenir l’un des papas du groupe et il va falloir que tu amènes ta science du rugby aux plus jeunes ? 

 

Papa du groupe, peut-être par l’âge mais il y a des joueurs qui sont quand même à Mazamet depuis très longtemps et qui sont des leaders. Moi, j’arrive tout simplement en tant que joueur de rugby. 

 

Quelles sont les ambitions à Mazamet ? Aller chercher des play-offs et vivre une aventure humaine ? 

 

C’est surtout ça mais comme tout le temps dans le rugby. C’est vraiment jouer des phases finales et voir ce qu’il se passe après. 

Quand on est comme toi joueur en Fédérale 1 et qu’on vient du niveau au-dessus, de Nationale ou même de Pro D2, il y a aussi le risque que l’on soit un peu visé et repéré comme le loup blanc ? 

 

Ça fait partie du rugby et ça ne changera pas le jeu que j’ai. Les mecs vont essayer de te viser mais c’est un sport un peu différent quand tu viens du monde pro et que tu arrives en amateur, tu ne viens pas non plus pour faire Zorro.

On va aussi parler de ton passage au Sporting Club Albigeois qui représente 5 années de ta vie. Tu es arrivé en 2017 dans les valises d’Arnaud Méla avec la  » Brive connection « , qu’est-ce que tu retiendras de ces 5 saisons ? 

 

C’est une période de ma vie qui m’a marquée et qui, je pense, restera tout le temps en moi car ça a été 5 saisons fabuleuses. Quand je suis arrivé à Albi, mon fils est né 3 ou 4 mois après donc il est Albigeois. C’est une belle période de ma vie. 

Pendant les 4 ans d’Arnaud Méla, vous avez vécu plein de péripéties. On a l’impression que dans l’adversité, avec l’histoire de Rouen, le Covid où vous étiez lancés comme des frelons pour essayer d’aller décrocher la Pro D2, on a l’impression que ça vous a encore plus soudé et grandement resserré ? 

 

Ça a déjà resserré le groupe car au final, il n’y pas eu énormément de départs ou d’arrivées chaque année donc on a toujours pratiquement été les mêmes joueurs. Oui, toutes les péripéties qu’il y a eu ont resserré les liens qu’il y avait déjà entre nous et qu’on avait déjà formé. Avec tout ce qui s’est passé, on est un peu lié à vie et avec certains mecs, on est amis, on se voit en-dehors du rugby, nos femmes sont amies et font des trucs ensemble comme nous on fait des trucs ensemble. Dans le rugby, c’est rare de dire que tu te fais des amis mais là, c’est le cas. 

Il y a quand même un petit goût d’inachevé dans cette aventure humaine ? 

 

Avec Arnaud (Méla) oui, il y a un goût d’inachevé mais pour le reste, je n’ai pas de regret par rapport à ça car ça fait partie du rugby tout simplement. Il faut l’accepter, on ne peut pas non plus revenir en arrière donc c’est comme ça. On aurait mérité mieux mais parfois, le sort en décide autrement.

 

On va parler de ta dernière année au Sporting Club Albigeois, une année mi-figue mi-raisin où tu es passé par tous les états. Du début au mois de Janvier, tu es titulaire indiscutable, on te voit un peu disparaître des cadrans ensuite et puis, tu es réapparu au meilleur moment, sur un fait de jeu suite à la blessure de Théo Vidal pour les phases finales face à Chambéry et Massy, un club qui n’est pas neutre pour toi ? 

 

Ce n’étais pas trop mal en début de saison et après, il y a aussi eu de la concurrence avec Enzo (Marzocca) qui enchaînait les bons matchs et il est normal que tu enchaînes quand tu fais des bons matchs. J’ai aussi eu une petite blessure avec l’Algérie, enfin, elle aurait été petite si elle avait été prise à temps mais finalement, il y a eu des complications. Grâce à mon beau-père, j’ai pu monter à Paris voir un spécialiste qui m’a opéré en urgence, ce qui m’a éloigné deux mois des terrains. Normalement, j’aurai pratiquement dû avoir fini la saison mais du coup, grâce justement au chirurgien de Massy qui a réussi à me remettre sur pied avec les kinés d’Albi, j’ai pu reprendre les entraînements le mardi du quart de finale.

Le paradoxe est que ton beau-père, président de Massy, a aidé à remettre sur pied l’arme qui a failli battre Massy ? 

 

L’arme, non, car je pense que l’équipe a réussi un très gros match à l’aller. Pour nous, ce match aller était aussi le moyen de rendre hommage à Mathieu André et Bastien Dedieu qui ont été des monuments du club. Quant au match retour, il était logique dans la physionomie de la rencontre, de la saison, de tout. 

Dans ton malheur, tu as eu un peu de chance à savoir qu’à l’inverse de Gaëtan Bertrand Benoit Sicart ou de Gianni Gaillard, tu as pu faire un dernier match au Stadium et communier avec le public une dernière fois, avoir une sortie comme tu le méritais ?

 

Oui et non car, finalement, je suis un peu déçu par rapport à ça. C’est vrai que pour tous les anciens joueurs, et même moi car je ne pensais pas que c’était mon dernier match, je pense qu’ils n’ont pas eu l’hommage qu’ils auraient dû avoir. C’est un peu dommage car ça a un peu gâché les 5 années voire plus que d’autres ont passé et qui ont fait énormément pour ce club. Je trouve quand même ça assez dommage que ces mecs n’aient pas pu dire au revoir au public et vice-versa. 

On peut quand même compter sur toi pour garder un œil invétéré sur le Sporting Club Albigeois, pour regarder les résultats et parfois même venir au Stadium pousser derrière les quelques copains qu’il te reste dans le groupe albigeois ? 

 

Ah oui ! Albi restera toujours mon club de cœur et jusqu’à la fin, je serai supporter d’Albi car c’est un club que j’aime et qui m’a tout donné. Il y a des gens formidables avec les supporters et les bénévoles qui font beaucoup pour le club et je suis toujours en contact avec des joueurs d’Albi. Je souhaite le meilleur au SCA, j’espère qu’ils feront une bonne saison et, si j’ai le temps, je passerai voir des matchs au stade, il n’y a pas de souci sur ça. 

Question bonus : est-ce que tu continues ta carrière internationale avec l’équipe d’Algérie ? 

 

Je ne sais pas encore, c’est en suspens. On est en discussion et, pour l’instant, je ne sais pas car, comme je vais travailler, je ne sais pas exactement comment ça va se passer mais normalement, oui, je rejouerai avec l’Algérie. 

 

On te souhaite une belle reconversion dans la pluriactivité et dans ce rugby semi-amateur / semi-pro ainsi que de belles épopées avec le Sporting Club Mazamétain

 

Merci.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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