#Rugby – Nationale / Arnaud Vercruysse (Nice) : «Nous avons une philosophie basée sur la volonté de jouer!»

Cet été le stade des Arboras a vu deux nouvelles têtes prendre la direction de l’équipe première du Stade Niçois. En effet Alexandre Compan (Ex Suresnes) et Arnaud Vercruysse ont pris les destinées sportives du club azuréens avec la volonté de finir le travail commencé par David Bolgashvilli. L’ex entraîneur de Bedarrides, Châteaurenard où encore Rodez, Arnaud Vercruysse nous a accordé un entretien grand format pour nous fixer la feuille de route niçoise et nous donner les tenants et les aboutissants de la philosophie de management qu’il compte mettre en œuvre avec son compère francilien. Rencontre avec un technicien qui voit le rugby comme un jeu simple, où l’humain est érigé en socle intangible.

Retrouvez en fin d’article l’intégralité des mouvements 2022 du Stade Niçois

Après avoir entraîné à Rodez, à Châteaurenard, à Bédarrides, te voilà maintenant sur un nouveau projet en Nationale au Stade Niçois. Première question logique et qui coule de source : qu’est-ce qui t’a amené à relever le défi des Azuréens ? 

 

Ça s’est fait à la fois tardivement et soudainement. J’étais dans un projet au sein d’un comité d’organisation de la Coupe du Monde France 2023 dans lequel je m’épanouissais totalement mais que les dirigeants du Stade Niçois m’ont interpellé et sollicité, l’appel du terrain était obligatoirement prégnant et est revenu de façon naturelle. Donc, il a fallu faire un choix sachant que faire un choix, c’est renoncer et il était donc naturel de revenir sur le terrain car l’adrénaline que génère l’environnement sportif est telle que ça te permet de te sentir vivant et totalement libre dans ta passion. D’autant plus que cela pouvait se faire avec Alexandre Compan avec lequel nous échangions depuis de nombreuses années et que nous avions déjà évoqué la volonté de collaborer ensemble donc tous ces paramètres se sont réunis et ça nous a permis de nous lancer ensemble sur le projet de continuité du Stade Niçois. C’est un projet qui a déjà commencé il y a quelques années et il faut rendre hommage au travail qui a été fait en amont de David Bolgashvili qui a mis ce club parmi les premiers échelons du rugby français à grands coups de travail, de combativité, de pugnacité et, je pense, d’expertise rugbystique. Globalement, il a dû faire 85 / 90% du travail d’objectifs de ce club qui a la volonté d’accéder le plus tôt possible à la Pro D2. Il reste peut-être la dernière marche à gravir qui est certainement la plus dure mais il y a quand même des fondations qui ont été mises en place et un travail de grande qualité. C’est à la fois bien mais ça génère aussi une certaine problématique parce-que ça nous met de facto la pression et c’est un élément qu’il faut prendre en compte, qui ne doit pas nous fébriliser mais qui, au contraire, est plutôt enthousiasmant et qui nous amène à réfléchir rapidement à tous les attendus pour atteindre cet objectif. 

Quelle va être l’organisation entre Arnaud Vercruysse et Alexandre Compan ? 

 

Structurellement, Alexandre s’occupe des 3/4 et moi des avants. La chance que j’aie est de pouvoir m’appuyer sur un expert reconnu et une personne admirable qu’est Sébastien Bruno qui nous apporte à la fois ses compétences, son expertise et son expérience du très haut niveau, je ne vais pas refaire son CV, tout le monde doit le connaître. On a deux supers préparateurs physiques que sont Viktor Maquaire et Romain Guérin, qui ont d’ailleurs concocté un programme de reprise qui a commencé le 1er Juillet et qui était très précis, très pointu et très éprouvant pour les organismes des joueurs mais qui devrait porter ses fruits. Dans tous les cas, au terme des 5 semaines de préparation, on a vu les résultats et c’était plutôt satisfaisant. Au-delà de ça, il y a Martin Jagr qui occupe la fonction de team manager mais c’est plus un rôle élargi avec la possibilité d’échanger très souvent avec lui parce-que son expérience du haut niveau et son expertise d’entraîneur d’il y a quelques années nous permettent de confronter nos idées. Donc, on est dans un travail collaboratif, de partage sachant qu’on connaît Alex Compan comme étant très pointu dans le domaine de la gestion de projets et c’est plutôt agréable que de collaborer avec quelqu’un de cette envergure. Ma sensibilité à moi est plus sur les hommes, sur le côté psycho et la partie entretien, motivationnelle et stimulation de l’individu. On échange beaucoup, il y a un partage des rôles qui se fait naturellement sur le terrain donc, parfois, quelqu’un s’occupe davantage de la partie défensive et l’autre de la partie offensive et vice-versa. Sur les ateliers, hormis sur la conquête directe que l’on éprouve avec Sébastien Bruno ainsi que le travail de lignes des 3/4 que l’on laisse à Alex, il y a beaucoup d’échanges et de participation ce qui nous permet de travailler en amont des séances, d’être dans l’échange dans les séances, de toujours débriefer a posteriori. On est d’accord sur la philosophie globale ainsi que sur un projet de jeu qui fait appel à beaucoup de lecture, il y a un cadre mais il y a surtout des repères qui sont donnés aux joueurs avec une ouverture sur la participation de tous les éléments. On avait la volonté et l’impatience de voir ce que ça pouvait donner et au terme de cette première partie de préparation, on a vu des choses très, très intéressantes lors de l’échange que l’on avait fait avec Provence Rugby fin Juillet. 

Pour toi qui, lors de tes dernières expériences à entraîner à Rodez, Châteaurenard ou Bédarrides-Châteauneuf du Pape avec des joueurs qui sont quasiment pluriactifs à 100%, tu arrives aujourd’hui dans un groupe 100% professionnel. Est-ce que tu as changé ta façon d’aborder le coaching ou ton discours ? 

 

On n’est pas encore rentré dans le discours à proprement parlé mais, obligatoirement, c’est une expérience qui est différente. Il y avait beaucoup de choses à mettre en place et je commence petit à petit par rapport à un environnement où les joueurs sont totalement dévolus au rugby, ce que je retrouve par rapport à la période où je suis allé aider Bourgoin quand Richard McClintock avait repris le club en cours de saison, on est dans un fonctionnement quasi identique. Les choses essentielles sont qu’on s’appuie beaucoup sur l’expertise de tout le monde et, en ce sens, je souligne encore le travail de grande qualité qui est fait par les deux préparateurs physiques Romain et Viktor qui calibrent les séances de sorte que l’on travaille de façon beaucoup plus scientifique mais comme le font tous les clubs professionnels. C’est une chance et une opportunité que de pouvoir mettre tout ce savoir à disposition et de pouvoir, au niveau de la partie rugby, bénéficier de cet apport d’éléments scientifiques et objectifs. Néanmoins, c’est un sport très particulier qui nécessite d’être dans l’attention permanente, que l’œil du maquignon soit réellement présent parce-que les données et les datas sont dans le domaine de l’objectif mais il y a toute la partie connivence, perception, relations et ça, c’est du domaine du ressenti et de l’observation. Donc, il faut trouver le bon équilibre et ça va plutôt très bien pour l’instant mais, ayant pris de l’âge, tu gagnes en sagesse et en maturité et on dira aisément que c’est plutôt facile. C’est l’été, il fait beau, un nouveau staff arrive, il y a obligatoirement de l’enthousiasme de la part des joueurs, le plus dur commencera quand on en sera à faire la première compo d’équipe et que, sur un effectif global de 35 joueurs, si tu n’as pas de casse, il y a potentiellement 12 joueurs qui ne seront pas dans le 1er groupe qui ira rencontrer Narbonne à Narbonne et certainement qu’il y a quelques regards qui risquent de changer sur le staff. Maintenant, il n’y pas vraiment de crainte car on joue la transparence, on communique beaucoup et on a commencé à expliquer à l’ensemble des joueurs que nous avons un objectif qui est simple à savoir que pour atteindre une mission, il faut impliquer l’ensemble de l’effectif et que tous les joueurs doivent être attentifs à cela. 

En parlant d’effectif, on a vu que le recrutement avait bien sûr commencé en amont de votre arrivée à Alex et toi. Vous y avez évidemment mis votre patte mais on a l’impression que cette année, on est moins allé piocher dans les strates au-dessus, Pro D2 et Top 14, mais plus dans des joueurs rompus à la Nationale ?

 

Il y a un recrutement qui a été ciblé même si, comme tu le soulignes, nous n’avons pas participé à l’essentiel de celui-ci. Le plus important et le meilleur du recrutement est de conserver ton effectif et c’est totalement raccord avec ce que j’expliquais à savoir qu’il y a eu une grande stabilité de l’effectif ce qui a aussi permis de gagner du temps sur les relations entre joueurs. Il y avait un groupe de très grande qualité humainement mais surtout très intéressant à découvrir donc là, on est encore dans la phase de découverte des hommes avant de découvrir les joueurs car si tu veux que ton joueur soit performant, il faut d’abord s’intéresser à l’homme pour découvrir quelle est sa motivation intrinsèque, comment on peut entretenir cette dernière, comme on peut aller chercher des ressorts émotionnels pour le rendre encore meilleur. Par rapport à tout ça, il y a eu cet objectif de maintien de l’effectif qui a été atteint suivi d’un recrutement qui a été ciblé avec un seconde ligne qui arrive de Rouen qui est Marvin Woki et qui apporte à la fois sa puissance et son explosivité. Il y a aussi un jeune 3e ligne, il faut aller les chercher mais Alex le connaissait très bien puisqu’il l’avait à Suresnes, Arthur Vignolles qui correspond totalement au besoin dont on voulait fournir l’effectif, un joueur très intéressant et intelligent avec de grandes qualités rugbystiques et humaines. Mathieu Lorée arrive du VRDR, on ne va pas le présenter mais il est arrivé après le tournoi de qualification en Afrique où il a brillamment défendu les couleurs de l’Algérie, et il s’est fondu dans l’effectif en un temps record. Ça prouve que c’est un garçon et un joueur avec à la fois beaucoup d’expérience, beaucoup de caractère mais aussi beaucoup d’humilité et ce côté un peu pince sans rire qui fait que tu rentres rapidement au sein d’un effectif déjà en place. Il y a Mathis Viard qui arrive de Bourg-en-Bresse, un joueur que j’ai pu croiser à l’époque où il était en catégorie espoir à Bourgoin et qui laissait déjà poindre d’énormes qualités de joueurs qu’il a amélioré et évidemment mis en pratique à Bourg-en-Bresse. Il nous apporte à la fois toutes ses qualités rugbystiques ainsi que ce côté un peu insouciant car il est encore jeune mais on sent qu’il a de l’aplomb et qu’il a pris en maturité. Il y a encore David Odiete que nous sommes allés chercher à Dijon, un joueur qui a quand même un parcours assez intéressant parce qu’il a été international italien, c’est un pur athlète, quelqu’un qui est résilient, qui apporte au groupe de par sa sérénité et, quelque part, un peu de leadership mais pas uniquement par l’action. Il a évidemment des qualités d’explosivité et de vitesse qui devraient évidemment être une arme importante sur les extérieurs. Autre joueur qui arrive de Dijon, Alban Conduché, un joueur qui a de grandes qualités, excellent passeur, de la vitesse, une capacité à décoder les espaces disponibles assez rapidement. De surcroît, il butait à Dijon donc il va falloir qu’il entretienne aussi cette qualité naturelle qu’il a pour en faire une arme supplémentaire, même si nous avons d’autres buteurs au sein de l’effectif. C’est un joueur qui, je pense, arrive à maturité avec son parcours rugbystique qui fait que ça pourrait devenir quelqu’un sur lequel les attendus peuvent être forts mais qui n’a pas l’air de subir la pression. Enfin, il y a le joueur phare, même si je sais qu’il n’aime pas trop qu’on parle de lui comme ça, en la personne de Steffon Armitage que l’on ne présentera bien entendu plus puisqu’il a un parcours très riche, c’est certainement le dernier international en activité qui est issu de la filière de formation niçoise. Il nous apporte son expérience, ses qualités de joueur et on va rapidement voir comment il s’inscrira dans un championnat où il sera attendu. C’est quelqu’un qui est intelligent et surtout, qui apporte une humilité sans faille, il prend ses marques petit à petit au sein de l’effectif, on sent qu’il a un côté à la fois rassurant mais il n’est pas venu ici en pré-retraite, je n’aime pas ce terme mais comme certains peuvent le penser, on va les devancer. Je pense qu’il a envie de marquer de son empreinte son passage au Stade Niçois, il avait d’autres opportunités de clubs en Pro D2 voire même en Top 14 et en fait, il voulait rendre au rugby niçois ce qui lui avait permis d’être en point de départ de sa carrière ce qui à la fois l’honore, force le respect et peut être inspirant pour l’ensemble du groupe, joueurs et staff confondus. 

Si, d’aventure, vous finissez aux tirs aux buts pour une montée en fin de saison, vous savez qu’il a le pied qui ne tremble pas ? 

 

Exactement ! (Rires) Pour finir, on a récupéré il y a peu de temps un jeune pilier d’origine argentine qui était au centre de formation de l’USAP, Nicolas Ciancio. Il arrive en prêt et laisse présager de magnifiques attitudes au poste en lui-même et qui vient se mêler à la concurrence importante qu’il y a au sein de notre première ligne. C’est un gamin de 21 / 22 ans qui va, je pense apporter, toute sa volonté et toutes ses qualités qu’il a apprises en Amérique du Sud avec ce côté  » gaucho  » qui font que les piliers argentins sont quand même assez redoutables.

Est-ce qu’on peut dire que le recrutement est fini ou peut-il encore y avoir quelques surprises qui vont sortir du chapeau d’ici la reprise ? 

 

Aujourd’hui, il est clos. On avait d’autres opportunités mais pour plusieurs et de sorte à ne pas bouleverser un équilibre qui commence à s’opérer, on a préféré, après réflexion, le maintenir en état. S’il y a des blessés, le championnat de Nationale te permet de pouvoir prendre des jokers mais on ne l’espère pas tout simplement pas. Si ça doit arriver, on avisera sur le moment mais pour l’instant, pour nous être entretenus plusieurs fois avec Alex, Seb, Martin, Viktor et Romain, l’effectif nous apparaît compétitif en l’état. Et puis, le but n’est pas de faire une addition de joueurs, une équipe n’est pas de faire l’équipe des meilleurs mais de faire la meilleure des équipes avec les connivences et les relations qu’il peut y avoir au sein de l’effectif. 

Fort de ce groupe qui est resté, dont l’ossature est prégnante et qui a fait deux play-off d’affilée, fort de ce recrutement avec de belles plus-values et fort aussi du seconde ou troisième budget de Nationale selon par quel bout de la lorgnette on regarde, on peut allégrement dire que le Stade Niçois vise le Top 6, les play-offs et la montée en Pro D2 ? 

 

Le dire pourrait paraître prétentieux mais si on ne le dit pas, ça veut dire qu’on manquera d’ambition. On va être beaucoup plus pragmatique dans notre approche, on se focalise sur le bloc des 4 premiers matchs qui arrivent à partir de début Septembre avec le déplacement à Narbonne, les réceptions de Dax et Bourgoin et le déplacement à Suresnes. Il faut que l’on prenne un maximum de points sur ces 4 matches et notre philosophie est simple : chaque match que l’on abordera, qu’il soit à domicile ou à l’extérieur, le sera pour être gagné. Est-ce présomptueux que de le dire ? Je ne sais pas mais si on ne l’affirme pas, ça veut dire qu’on manque d’ambition et je crois que tout compétiteur quel qu’il soit, à partir du moment où il fait un match, a la volonté de le gagner. Après, les résultats peuvent être dans une spirale positive, néanmoins, les phases finales peuvent ramener très vite à une situation qui fait que le ballon étant capricieux, tu peux, sur un mauvais rebond, avoir un résultat défavorable et sur un rebond qui t’est favorable, une opportunité de résultat que tu ne devais pas avoir. C’est aussi le sel de notre sport et nous, on ne se focalise pas sur l’objectif final mais par contre, on se focalise énormément sur le chemin qui va nous permettre d’atteindre un objectif que l’on a défini en interne mais que l’on gardera pour nous. 

On va aussi parler de la pré-saison avec les matchs amicaux. Quel va être le programme du Stade Niçois ? 

 

Fin Juillet, nous avons fait un entraînement dirigé face à Provence Rugby et il faut déjà les remercier de nous avoir accueillis, de la relation naissante qu’il y a entre leur club et le nôtre car un échange entre un staff de grande qualité à la tête duquel il y a Mauricio Reggiardo, des techniciens reconnus que sont Jacques Delmas, Stéphane Glas, Rémy Ladauge te permet assurément de pouvoir t’enrichir. Ça a été très, très intéressant, à la fois sur la répartition de la séance que l’on a mise en place où on a pu travailler en séparés pour ensuite définir des temps de travail en collectif de façon crescendo avec une quantification en termes de temps des séances que l’on voulait voir. Ça avait été mis en place entre nos prépas physiques, Viktor et Romain, et Gareth, le préparateur physique de Provence Rugby, ça s’est super bien articulé donc nous, on voit du positif là-dedans. On a ensuite prévu deux matches qui ont eu lieu les 12 & 19 Août avec un aller / retour face à Hyères-Carqueirannes avec l’aller au RCHCC et le retour à Nice. C’est une équipe qui vient d’accéder récemment à la Nationale 1 et qui s’est renforcée de façon très importante et très solide mais on n’en attendait pas moins de la part d’un expert en management et en réseau qu’est Greg Le Corvec. Donc, on savait qu’on aurait à faire à une opposition qui serait très dure d’entrée mais qui nous a permis de voir où on en était sur l’aspect offensif et défensif et comment se comporte notre conquête (NDLR : Nice a gagné le match aller 3-14 et perdu le match retour 14-28). 

Quelle va être la patte Vercruysse / Compan sur le jeu et le projet de jeu du Stade Niçois ? 

 

Nous avons une philosophie de jeu basée sur la volonté de jouer. Jouer ne veut pas dire se jeter des ballons sur la tête ou rester sur le cliché  » la balle à l’aile, la vie est belle  » mais on a la volonté de jouer vite et d’être dominant physiquement et mentalement. C’est totalement raccord avec notre ADN et l’ADN du rugby niçois, n’oublions pas que le rugby à Nice a plus d’un siècle d’existence et que les heures de gloire qu’a connu le rugby à Nice sont venues quand le pack était dominant et que les 3/4 vibraient de façon identique à celle des avants. Ça, on ne va pas l’occulter et on va même l’entretenir néanmoins, la volonté de faire du jeu n’est pas uniquement pour faire du spectacle, c’est pour que cela devienne efficace. Aujourd’hui, la vitesse te permet de prendre un petit temps d’avance sur l’adversaire, on construit le développement de nos séances en insistant beaucoup sur le jeu sans ballon. On insiste aussi beaucoup sur la volonté de se mettre à disposition des partenaires et notamment du porteur de balle et que, quand on n’a pas le ballon, c’est de tout mettre en œuvre pour le récupérer très rapidement de sorte à pouvoir l’utiliser à nouveau. On n’inventera pas le rugby parce qu’on n’en a pas la prétention et parce-que le rugby est un jeu simple qu’on a certainement complexifié à outrance, on essaye surtout de garder la mesure d’en faire quelque chose sur lequel les principes fondamentaux vont prévaloir : être puissant, être vite, être rapidement placé, être capable d’entretenir une certaine forme de pression psychologique sur l’adversaire. Mais surtout, le maître mot de tout ça, c’est que l’ensemble des joueurs prenne du plaisir, qu’ils prennent du plaisir quand ils sont à l’entraînement et qu’ils prennent du plaisir les jours de matches. Ça, c’est vraiment l’objectif.

On va te demander ton regard sur les adversaires : quelles sont les équipes que tu redoutes le plus pour la course aux play-offs ? 

 

On n’en redoute aucun et on respecte tout le monde, c’est à dire que le respect que méritera une équipe de Pro D2 tout comme celui que méritera une équipe qui monte de Fédérale 1 et qui accède directement à la Nationale 1 sera le même et l’état de vigilance devra prévaloir. Si certains de nos joueurs, ou une grande part de notre effectif, fait le distinguo entre ces équipes en considérant que ce sera plus facile et qu’ils se mettent en état d’alerte contre des équipes plus réputées et plus fortes parce qu’elles descendent de l’échelon supérieur ou qu’elles étaient dans le haut de la Nationale 1 l’année dernière, on les rappellera à leur premier devoir qui est de respecter tout le monde et que le rugby ne souffre pas la supériorité et qu’il doit rester dans le domaine de l’humilité permanente. Maintenant, on se concentre beaucoup sur nous-mêmes parce qu’on veut à la fois être conscient de nos forces et que l’on a des convictions. Tout cela doit nous permettre d’aborder les matchs avec une forme de volonté, d’imposer et non de subir. Mais ce je dis, d’autres techniciens doivent dire pareil et c’est aussi ce qui fera le charme et qui entretiendra le côté spectaculaire de cette division qui représente quand même un championnat marathon. 

Merci pour cette interview grand format et vos premiers pas au Stade Niçois pour Alex Compan et toi-même ainsi que pour cette projection de cette saison 2022 / 2023 qui nous met déjà en haleine

 

Merci

Propos recueillis par Loïc Colombié

Les mouvements du Stade Niçois

Arrivées : 

–          Steffon Armitage, 3e ligne, Biarriz

–          Nicolas Ciancio, pilier, Perpignan

–          Alban Conduché, centre, Dijon

–          Mathieu Lorée, ½ de mêlée, VRDR

–          David Odiete, arrière, Dijon

–          Mathis Viard, ½ d’ouverture, Bourg-en-Bresse

–          Arthur Vignolles, 3e ligne, Suresnes

–          Marvin Woki, 2e ligne, Rouen

Départs

–          Vincent Alessi, ailier, Hyères-Carqueirannes

–          Corentin Astier, 2e ligne, Chambéry

–          Ignacio Calas, 2e ligne, inconnue

–          Paul Champin, ½ de mêlée, arrêt

–          Yann Foucault, pilier, Berre l’Etang

–          Richard Fourcade, 2e ligne, Périgueux

–          Pacôme Gougeon, ailier, Floirac

–          Aurélien Labau, centre, Blagnac

–          Dorian Lavernhe, ½ d’ouverture, Provence Rugby

–          Jean-Blaise Lespinasse, 3e ligne, Fleurance

–          Jonathan Mace, 3e ligne, arrêt

– Jean-Alain Melot, talonneur, Grasse

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