#Rugby – Nationale / Lionel Terré (Tarbes) : «Les jeunes des grands clubs progresseraient plus à jouer en Nationale qu’en espoirs!»

Le président du Stado Tarbes Pyrénées Rugby, Lionel Terré nous a accordé un entretien d’intersaison pour faire un bilan de la situation dans le club bigourdan. Avec un des plus petit budget de Nationale, les tarbais ont tout de même réussi à opérer un recrutement malin en activant l’intégralité des réseaux dont ils disposent. Vainqueur 21-12 de Fleurance (Nationale 2) lors de leur première rencontre amicale , les « Ours » se préparent dans la sérénité avec un petit arrière pensée dans la tête : tenter de renverser les pronostics estivaux . Focus sur un bastion du rugby français, dont le président aimerait faire de son club et de la Nationale, une division incubatrice des jeunes talents du rugby hexagonal.

 

 

Pour vous et tous les Tarbais, c’est une 3e saison en Nationale avec, cette année, une fin de cycle sportif puisque vous avez pas mal renouvelé l’effectif ?

 

Fin de cycle, non, c’est une continuité. On a quelques vieux grognards qui sont partis mais pour le reste, on a quand même 2/3 du groupe de l’année dernière et de l’année précédente. Dans notre ossature, on a plus de 50% de Bigourdans donc oui, on a remplacé quelques vieux grognards mais ce n’est pas une fin de cycle, loin de là. 

Cet ADN bigourdan est quelque chose qui vous est chevillé au corps, le fait de garder les pieds bien ancrés dans les terres bigourdanes ? 

 

Heureusement ! Nous l’avons déjà évoqué, nous n’avons pas de gros moyens et notre plus grosse richesse ici, c’est notre formation et notre culture qui récompensent notre travail depuis des décennies sur la formation. Cette année, j’étais le plus fier et le plus heureux de pouvoir faire monter 4 espoirs dans les contrats pros. Donc, notre plus gros recrutement cette année a été les espoirs mais comme on l’avait fait il y a deux et trois ans. C’est vrai qu’on est fier de cette formation-là. 

Le recrutement a aussi été malin  avec des joueurs revanchards car, comme vous le dites, vous n’avez pas le plus gros budget ? 

 

Oui, revanchards. On a la chance d’avoir deux entraîneurs, Fabien Fortassin et Romain Terrain, qui sont d’anciens pros qui ont été ailleurs et qui ont du réseau. Grâce à eux et à leurs carnets d’adresses, on arrive à toucher des joueurs intéressants et de bon niveau. Fabien Fortassin avait joué avec Alofa Alofa à La Rochelle, Romain Terrain connaît aussi beaucoup de joueurs de bon niveau dans ce milieu donc on bénéficie de leur apport. 

On va tirer un petit bilan de cette saison 2021 / 2022. Est-ce qu’elle était dans ce que vous attendiez ou est-ce qu’il y avait peut-être la marge de faire une ou deux places de mieux ? 

 

Le problème, c’est qu’on a fait un très bon début ce qui fait qu’après, on s’est enfermé un peu mais quand on voit notre effectif avec 20 contrats pros, on ne peut pas demander beaucoup mieux. On est 9e ex-aequo au même niveau que l’année dernière sauf que l’année dernière, la saison avait été tronquée avec 5 / 6 matchs en moins tandis que cette année, c’était un vrai championnat marathon. Il y avait 20 pros donc c’est difficile de tenir et c’est ce qui fait qu’on avait de belles performances au début car on avait tout le monde de préparé mais après, quand la casse et l’hiver arrivent, c’est dur de tenir. Une fois que l’hiver est passé, l’ours est sorti d’hibernation, a récupéré toutes ses troupes et on a fait une très belle fin de saison puisque tous les gros sont tombés à Trélut. 

Concernant l’effectif, vous parliez de 20 contrats pros l’année dernière. Est-ce qu’on a un peu monté le curseur du côté de Trélut ? 

 

On est 24 cette année avec les 4 espoirs de plus. 

 

C’est quelque chose qui va permettre au Stado d’avoir un peu plus de confort de travail ? 

 

On espère avoir un peu plus de personnes mais ça reste un effectif très léger. On a ces espoirs qui sont montés mais le problème que l’on a, c’est que les autres espoirs qui doivent les renouveler sont des 2003 / 2004 et seront-ils prêts comme ceux-là ? Ce n’est pas évident donc on a encore un effectif très réduit cette année. 

On a vu dans la presse locale pyrénéenne qu’il y avait eu une réflexion pour savoir si vous alliez garder ou pas la SASP vu que vous n’avez que 2M3 de budget. Est-ce que la SASP va perdurer et si oui, quel en est l’intérêt ? 

 

On se donne cette année pour voir, si on arrive à accrocher quelque chose d’intéressant, on continuera. Si c’est seulement pour avoir un budget comme le nôtre, la réflexion reste totale. 

 

Quel va être l’objectif cette saison ? Essayer de créer la surprise, être l’outsider qui surprend un peu tout le monde ? 

 

On s’était dit des choses l’année dernière mais quand on n’y arrive pas, bien qu’on y mette tous les moyens, on est déçu. Cette année, on va dire que ce sera d’être efficace à tous les matchs et le reste viendra après si ça doit arriver mais on va essayer de combattre un peu plus à tous les matchs. 

On voit qu’un nouveau diffuseur va arriver pour la Nationale sur les plateformes streaming. Est-ce que vous pensez que ça peut être quelque chose d’intéressant d’avoir une visibilité un peu plus importante que l’année dernière pour attirer des sponsors ? 

 

Dans la mesure où il n’y avait rien l’année dernière comme vous l’avez dit, s’il y a quelque chose cette année, c’est déjà mieux mais j’attends de voir comment les téléspectateurs adhèrent à ce procédé. 

 

Est-ce que les partenaires sont friands de voir leur équipe télévisée, même si ce n’est qu’en web ?

 

J’attends de voir (rires). Pour l’instant, la France est en vacances ou les gens sont en train de rentrer et c’est la même chose pour les partenaires donc, pour l’instant, je n’ai pas senti un élan extraordinaire pour ça. Mais je ne suis pas dubitatif, au contraire, il faut donner sa chance au produit. 

On va poser une question un peu plus transversale à savoir quelles sont les évolutions qui sont nécessaires dans le championnat de Nationale pour le structurer, le pérenniser et le voir grandir ? 

 

Je trouve qu’il est quand même vraiment calqué à la Pro D2. Comme vous l’avez dit, il faudrait un diffuseur car la diffusion permettrait de toucher une autre catégorie de partenaires locaux et nationaux. C’est surtout ça qu’il faudrait car après, je trouve l’arbitrage très bon tout comme les relations entre les différents clubs sont très bonnes aussi. Franchement, ce n’est pas un championnat à qui il manque grand-chose si ce n’est de la diffusion pour mettre un peu plus en lumière. On peut aussi toujours se poser la question au niveau de ce qui se fait en Pro D2 et en Top 14 par rapport aux JIFFS. Quand je vois les armadas d’étrangers que nous avons dans nos divisions, est-ce que c’est la division où on devrait voir autant d’étranger et pas plutôt la division où on devrait favoriser l’éclosion de nos jeunes ? Les espoirs des grands clubs progresseraient plus à jouer en Nationale qu’en espoirs d’après moi. Donc, selon moi, s’il y a quelque chose à faire, ce serait plus de partenariats et de prêts avec les clubs de Top 14 pour faire évoluer les joueurs à potentiel.

Et peut-être aussi une réflexion sur le statut du joueur de Nationale ? On sait que le COSMOS y travaille avec TECHXV et PROVALE main dans la main mais il serait bien que cette histoire sorte des cartons ? 

 

Moi, j’ai des joueurs pros qui ont les mêmes contrats qu’en Pro D2 et compagnie, je n’ai pas de souci par rapport à ça. 

 

Et avoir un statut particulier pour les joueurs de Nationale avec ces joueurs qui sont souvent à fleur entre le professionnalisme et la pluriactivité ne serait-il pas un nouveau levier pour attirer des joueurs ? 

 

Non parce qu’il faut être honnête, des joueurs qui ont un double cursus, il n’y en a pas beaucoup. Blagnac en a quelques-uns, moi aussi, autrement, sur le reste, 95% des joueurs sont des pros, il ne faut pas raconter d’histoires. 

Quel est le mot d’ordre pour cette saison 2022 / 2023 au TPR ? 

 

Il y en aurait plusieurs : prendre du plaisir et rêver à un beau printemps mais c’est d’abord prendre du plaisir. Pour le reste, c’est toujours pareil, ce sont des histoires d’hommes, de groupes et il n’y a que les résultats qui donneront du baume au cœur.

 

Et la cerise sur le gâteau, faire vibrer le bouillant public de Trélut ? 

 

Le bouillant public de Trélut est bouillant quand il est là et nombreux et le but est de les faire venir nombreux et enthousiastes au stade. 

 

Merci pour ce point de passage au Stado Tarbes Pyrénées Rugby en amont de cette saison 2022 / 2023 

Merci à vous

Propos recueillis par Loïc Colombié

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