#Rugby – Nationale / Romain Kusiolek (Dijon) : «Prendre du plaisir sur ce dernier match avec les potes!»

C’est une page du Stade Dijonnais qui va se tourner ce week-end à Bourillot. Outre le fait que les bourguignons n’évolueront plus en Nationale la saison prochaine, un des cadres du vestiaire et un figure emblématique du Dijon des temps modernes va mettre un terme à sa carrière. Romain Kusiolek, le 1/2 de mêlée arrivé dans la capitale des ducs en 2016 va faire un dernier tour de piste ce dimanche face au Blagnac Rugby. Le natif de Vierzon, formé à l’école Briviste, veut prendre du plaisir une ultime fois sur le terrain avec ses copains malgré un contexte ternit par la relégation en Nationale 2. Un brin mécontent de certains de ses coéquipiers qui ont déjà mentalement quitté le navire stadiste, celui qui va s’impliquer au près du centre de formation et de la catégorie espoir du club, veut que cette dernière journée de championnat se fasse sous les honneurs d’une victoire. Rencontre avec un joueur dont la bonhomie n’a d’égal que son attache au stade Dijonnais et qui a trouvé en Côte d’Or, une seconde famille.

 

Ça va être ton dernier match sous les couleurs dijonnaises et j’imagine que tu aurais aimé une autre sortie, certes à domicile mais pas dans le contexte actuel puisque Dijon est condamné à la descente en Nationale 2 ? 

 

J’aurai forcément préféré un autre contexte pour finir. Ça fait pas mal de temps que je prépare cette reconversion, j’ai déjà un poste au club depuis cette année sur les espoirs et le centre de formation et l’année prochaine, je serai en charge à temps plein du CDF et manager des espoirs. Donc, l’objectif pour ce week-end serait vraiment de finir sur quelque chose de positif car on a montré de belles choses cette année à Bourillot et on aimerait que le public garde au moins un bon souvenir de ce groupe pour la fin de saison. Et puis, ce qui est important aussi, c’est de finir sur une note positive pour rattaquer fort dès la saison prochaine avec les joueurs qui vont rester et avoir un peu d’entrain, de pouvoir remercier les joueurs qui partent et faire une belle fête tous ensemble dimanche. 

J’imagine qu’il y a des regrets sur certains matchs charnières à Bourillot ? Je pense au match nul face à Tarbes et à la défaite face à Cognac

 

Oui, forcément. On a laissé des points cette année, on a eu quelques soucis, pas mal de blessés sur l’effectif donc on a des garçons qui ont beaucoup joué et ça a été compliqué d’avoir du turn-over. On sait que sur une Nationale à 26 matchs, jouer tout le temps avec les 15 mêmes mecs, c’est très difficile. On a laissé des points, on avait le bonus offensif contre Tarbes à la 50e et on s’effondre sur les 20 / 30 dernières, on fait donc un match nul chez nous contre Tarbes, on perd contre Cognac soit des points contre des concurrents directs qu’on ne pouvait pas laisser en chemin et qui coûtent cher à la fin. 

Il y a deux semaines, quand vous avez appris que vous alliez être définitivement relégués, quel a été l’état d’esprit du vestiaire et comment as-tu retrouvé les gars ? 

 

Je vais être franc, il y a deux écoles. Il y a une partie du vestiaire qui s’est soudée et une autre partie qui a commencé à activer les réseaux et qui ont déjà la tête ailleurs, certains mecs qui ne sont plus invités et qui ne viennent plus trop dans la vie de groupe, qui ne s’investissent plus. Pour moi, c’est quelque chose d’important mais ça montre le vrai visage des personnes et c’est compliqué. Là, on a un groupe d’on va dire 24 mecs et quelques jeunes que j’ai eu la chance de faire monter avec moi car j’en suis satisfait sur l’équipe espoirs, en collaboration bien sûr avec Thomas Kohler. On sait qu’on a des mecs sur le terrain qui vont vouloir redorer le blason dijonnais, on sait que beaucoup d’anciens seront présents avec leur association à Bourillot dimanche et on a envie de leur faire honneur. Honneur au maillot, honneur à la Bourgogne et honneur à Dijon. 

Pour rebâtir une équipe en Nationale 2 l’année prochaine, j’imagine que le club va beaucoup s’appuyer sur le vivier, sur les espoirs et sur des gamins que tu surveilles depuis quelques années. Ça doit quand même te mettre un peu de pression tout en te faisant plaisir en même temps ? 

 

Ça me met un peu la pression parce-que j’ai quelques jeunes joueurs qui sont à fort potentiel mais le problème, c’est qu’ils ont aussi quelques contacts sur de grosses écuries de Pro D2. Il faut que nous, on arrive à les conserver car je pense qu’on peut les utiliser au club et les faire jouer rapidement. Forcément, c’est un beau challenge pour moi, une position qui est plutôt positive et je serai ravi de pouvoir les voir jouer à Bourillot dès la saison prochaine. On en a déjà deux qui vont jouer ce week-end, Thomas Premel et Julien Horst, deux jeunes Genlissiens, un bon club formateur de la Bourgogne avec qui on travaille bien. Ils sont chez nous et je suis content de pouvoir jouer un peu avec eux, je leur passe le flambeau pour qu’ils puissent finir en beauté. 

Il y avait déjà un ADN bourguignon cette année avec les Bécasseau, Beaufils, même s’il était blessé, Amiot, Hartmann et autres Prin ou Lebian. Mais est-ce que tu penses que le salut passera par cet ADN encore un peu plus bourguignon et le fait de revenir aux sources ? 

 

C’est bien de s’appuyer sur cette formation mais on ne peut pas que s’appuyer sur cette formation bourguignonne parce qu’il y a certains profils de joueurs qu’on ne pourra pas avoir pour les exigences de la Nationale et de la Nationale 2, qui sera aussi un championnat rude. On ne peut pas former que des tops joueurs en Bourgogne même si on essaye de faire le maximum donc on va essayer de s’appuyer sur nos meilleurs joueurs, si on arrive à les conserver mais ça, ça passera par le club pour leur proposer de bonnes offres et leur faire de bonnes propositions dans de bons contextes et de bonnes conditions de travail. Il y a des doubles projets qui sont ficelés et si on arrive à conserver nos meilleurs jeunes, ça ira de mieux en mieux et comme tu le dis, on va avoir notre ADN bourguignon de plus en plus présent au Stade Dijonnais. 

Parlons un peu de toi : une carrière, ça passe quand même vite ? 

 

Effectivement, c’est vrai. Toutes les bonnes choses ont une fin, j’aime bien maîtriser un peu les événements et ça fait pas mal de temps que je me prépare à ça. J’ai vécu de belles choses, de bons moments, j’ai rencontré de supers personnes, des joueurs énormes avec qui j’ai fait de belles choses. J’ai de supers souvenirs avec tous les Brivistes, j’ai rencontré de supers mecs, tous les gars contre qui j’ai joué et avec qui on a sympathisé, j’ai plein de souvenirs et je n’en garde que le meilleur. J’ai aussi rencontré de supers mecs à Dijon, c’est vraiment ma 2e famille ici et c’est top donc maintenant, avec mon job d’entraîneur, je vais essayer de rendre ce qu’on m’a donné, à savoir le partage, et essayer de fédérer un peu autour de moi comme j’ai toujours aimé le faire mais aussi comme on me l’a appris et pour pouvoir rendre la pareille. 

Quelles sont les deux, trois images marquantes que tu garderas de ta carrière ? 

 

J’ai forcément le titre de champion de France en espoirs avec Brive, c’est un super souvenir, les quelques matchs en professionnel avec Brive, le 1/4 de finale de Championnat Européen à Bath, c’était énorme. Un autre super souvenir, et c’est malheureusement contre vous, Dijon / Albi en Fédérale 1, ce 1/4 de finale à Bourillot où c’est hyper chaud et la phase retour chez vous où on fait un gros match mais où, malheureusement, on s’effondre un peu sur la 2e mi-temps et où c’est vous qui prenez le lead et qui gagnez. Il y avait beaucoup de copains à moi sur le terrain, une petite pensée pour un ami, Toto Lacelle, qui était présent à l’époque et qui nous a quittés. 

Il avait fait un match XXL « Toto » ce jour-là

 

Oui, une grosse pensée pour lui qui marque sur une belle passe au pied et qui nous cloue au poteau. Voilà, mes amis à Albi, Gaëtan Bertrand qui se reconnaîtra et toute la bande de potes. 

 

Quelles vont être tes pensées quand tu vas franchir pour la dernière fois le tunnel de Bourillot ? Il y aura à la fois beaucoup d’adrénaline et d’émotions qui vont se mêler ? 

 

Franchement, je ne pense pas trop. Comme je te l’ai dit, ça fait pas mal de temps que je m’y prépare et je suis très content de choisir ma sortie même si, comme on l’a énoncé plus tôt, ça aurait été top de finir sur quelque chose de plus positif mais franchement, je suis content. Juste prendre du plaisir sur ce dernier match avec les potes, s’envoyer un max et prendre du plaisir, c’est le seul mot d’ordre. Ça a été une saison compliquée sur le terrain et en-dehors donc c’est vraiment se retrouver et prendre du plaisir, il ne faut pas qu’on oublie qu’à la base, ce n’est qu’un jeu et qu’on est là pour se faire plaisir sur un carré d’herbe.

Et porter haut les couleurs de la capitale des Ducs de Bourgogne ? 

 

Forcément. C’est important parce-que cette année, on s’est un peu loupé, la ville est derrière nous et il faut vraiment qu’on se remobilise, qu’on se remette au travail dès la saison prochaine pour redorer ce blason. 

 

On sait que tu es professionnel rugby mais que tu es aussi un semi-professionnel de la pêche voire même quasiment un pro. Avec ton nouveau job d’entraîneur des espoirs, est-ce que tu auras plus de temps pour aller à la pêche ? 

 

L’année prochaine, je passe le DES (Diplôme d’Etat Supérieur) à Marcoussis donc je serai une semaine par mois à Paris donc, sans te mentir, ça va être compliqué d’aller à la pêche. Mais bon, je pense que je vais pouvoir trouver quelques petits moments comme j’ai su le faire, c’est ma petite vanne de décompression et c’est aussi important d’être équilibré en-dehors des terrains donc, bien sûr que oui, j’aurai un petit moment pour aller y faire de petits tours de temps en temps, c’est primordial. 

Pour conclure, une petite pièce comme d’habitude. On nous dit dans l’oreillette que quand tu mets de jolies prises sur Facebook, elles sont photoshopées. Vrai ou faux ? 

 

Ça, à mon avis, c’est soit Caminati soit Bertrand soit Liabot qui t’ont dit ça, ça peut être l’un des trois zigs. C’est faux bien sûr, maintenant, je suis obligé de prendre des vidéos pour les mecs tellement ils me caguent à chaque fois. C’est carré, il n’y a pas de souci là-dessus (rires). 

 

On te remercie, on te félicite pour l’ensemble de ta carrière et on te souhaite une très, très belle sortie à Bourillot

 

Merci.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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