#Rugby – Nationale / Jean Baptiste Di Martino (Massy) : «On a envie de savourer ce dernier mois tous ensemble!»

On continue notre focus sur le derby francilien entre Suresnes et Massy dans le cadre de la 25eme et avant deniere journée de Nationale avec le co-entraîneur du RCME, Jean-Baptiste Di Martino. Alors que les Massicois ont verrouiller la première place du championnat et la qualification directe en 1/2 finale d’accession Pro D2, dirigeants, staff et joueurs veulent profiter à pleines dents de ces dernières semaines ensemble, d’une saison qui, quoiqu’il arrive, restera une formidable aventure collective, sportive et humaine. Dans cet entretien grand format «JBDM » nous dresse un bilan des phases régulières, tout en fixant les objectifs des 2 dernières rencontres face à Suresnes et Valence Romans . Une chose est sure les Essonniens ont déjà dans un coin de tête la joute aller/retour du mois de mai qui déterminera si Massy fera son comeback ou non en Pro D2.

 

Crédit photo Audrey Killarney

 

Pour vous, ce derby face à Suresnes va être une grande fête du rugby francilien. C’est aussi surtout l’occasion de finir cette magnifique saison en phases régulières sur une très, très belle note ? 

 

Il nous reste maintenant deux matchs sur la phase régulière. Les joueurs ont fait le travail pour que l’on puisse acter de manière définitive la première place qui était l’objectif de cette fin de saison et donc, on a maintenant l’opportunité de pouvoir parler de demi-finale en toute légitimité. On va pouvoir également, en ce qui nous concerne, gérer et planifier un peu notre dernier mois un peu comme on l’entend, sans la contrainte du résultat. C’est une situation que l’on recherchait et on est content d’y être arrivé dès à présent. 

 

Il y a aussi un peu l’honneur de la  » suprématie  » francilienne puisque Suresnes est le petit qui monte, qui monte, qui monte ? 

 

Oui, c’est un club qui progresse vite et qui veut avancer vite avec, chaque année, des augmentations budgétaires et des structurations à tous les échelons. Ils sont en train de se structurer chez les jeunes, où je trouve qu’ils progressent énormément donc, c’est un club qui se présente comme un club voulant s’implanter dans le décor professionnel en Ile-de-France dans les prochaines années. Je ne sais pas si ça, ça se joue sur un match mais en tous cas, on sait qu’à terme, cette rivalité deviendra de plus en plus prégnante et on en est conscient. Après, on est très proches, on se connaît très bien, on est amis avec les coaches, les joueurs se connaissent donc c’est toujours un plaisir de les retrouver et puis, je préfère qu’on les retrouve dans un contexte comme le nôtre actuellement plutôt que dans un contexte où on aurait le couteau sous la gorge et qu’on devrait aller faire un coup là-bas où ce n’est jamais simple. 

On peut dire que le meilleur cadeau que pourrait faire Massy à Suresnes serait de monter en Pro D2 car, comme ça, le RCS serait les rois du pétrole dans la région francilienne ? 

 

Je ne sais pas s’ils le voient de cet œil-là et nous, on ne va pas s’attarder à faire un cadeau à qui que ce soit, on va essayer de monter parce-que c’est important pour nous. Mais oui, si on a la chance de monter en Pro D2, ils représenteraient tout seuls le bastion francilien en Nationale. 

 

On va revenir sur cette saison de Massy. Il reste deux matchs en saison régulière puis les play-offs et si vous remportez ces trois matchs de play-off, vous serez en Pro D2 mais avant de parler de Pro D2, on va revenir dans les rétros de cette saison. 24 matchs pour 20 victoires contre 4 défaites, c’est quasiment la saison parfaite ? 

 

Avec le recul que l’on peut prendre aujourd’hui, ça n’a pas été aussi linéaire que les résultats. On a quand même eu un effectif qui a été reconstruit, on a changé une bonne partie du staff donc on a mis du temps à faire prendre un petit peu ce liant, que ce soit sur le jeu ou sur le fonctionnement général. Je pense qu’on a aussi un groupe très jeune qui a eu besoin de prendre conscience de ses capacités au fil des matchs. Ça s’est vu sur notre début de saison où on perd un match à la maison contre Blagnac où on voit un petit peu tout s’effriter et les joueurs, non pas perdre confiance mais perdre le fil, contre une équipe qui nous avait fait déjouer. Derrière, on va à Albi, où je pense qu’on s’est aussi un peu rassuré sur nos capacités puis, progressivement, autour d’un état d’esprit et d’une solidarité remarquables, on a réussi à aller se construire des victoires, souvent dans la difficulté. Mais je pense que cette confiance et cet état d’esprit se sont progressivement forgés sur le groupe et ensuite, c’est un cercle vertueux, quand tu gagnes, tu es en confiance. Au fur et à mesure, on a gagné contre des gros et les joueurs ont peu à peu pris conscience qu’ils pouvaient légitimement avoir des ambitions dans ce championnat. On n’a pas tout le temps dominé notre sujet ni nos adversaires mais je trouve que ce sur quoi on se démarque dans ce championnat, c’est sur cette capacité à être régulier sur nos performances et de trouver de l’investissement. Chaque week-end, on a réussi à réinvestir les joueurs quelles que soient les rotations dans notre effectif et je pense que c’est ça qui nous a un petit peu démarqué dans cette Nationale, cette capacité à se remettre en question d’un week-end à l’autre et à rester constants sur l’investissement des joueurs. 

Est-ce que vous avez un regret dans ce championnat ? 

 

Non, pas de regret car aujourd’hui, je pense que la satisfaction est d’avoir réussi à construire un groupe très homogène avec 40 joueurs encore ultra investis à ce jour et même des joueurs qui n’ont joué qu’un ou deux matchs et on les sent toujours ultra concernés par l’objectif final. Il y a certains matchs qui ont basculé en notre défaveur comme Nice mais ces résultats-là, tu les expliques donc non, il n’y a pas de regret et on est très content de la tournure qu’a pris notre saison. On est très content aujourd’hui de ce qu’est devenu ce groupe, qui était un groupe un peu nouveau, et on a réussi à construire ce qu’on voulait et ce dont on n’osait même pas rêver début Juillet. C’est vraiment du plaisir au quotidien et on a envie de savourer ce dernier mois tous ensemble car on sait aussi que, dans un mois et demi, on va tourner une page et, quoi qu’il arrive, ça aura été une très, très belle page pour chacun.

 

En plus, Massy sera l’arbitre de la course au second strapontin direct aux demi-finales. VRDR, Albi et Soyaux-Angoulême se tiennent en deux points et vous recevez VRDR lors de la dernière journée, une équipe de Valence-Romans Drôme Rugby qui peut être l’un de vos concurrents à l’accession en Pro D2. Vous êtes donc là totalement en position d’arbitre ? 

 

C’est vrai. On sera à 15 jours de la demi-finale aller et je pense que c’est quelque chose de positif pour nous de pouvoir à la fois rencontrer et recevoir un prétendant aux demi-finales mais aussi une très bonne équipe. Pour nous, de pouvoir s’opposer à ce genre d’équipe aussi proche des demi-finales est une chance et, encore une fois, de pouvoir le faire sans pression du résultat, c’est encore plus une chance. On a reçu Chambéry la semaine dernière en étant un peu dans la même optique, même si on était assez loin des dernières échéances mais pour nous, il était important de répondre présent car ce sont des équipes que l’on peut rencontrer. Donc oui, on aura intérêt à être prêt à accueillir Valence-Romans car ça sera la dernière répétition avant les matchs couperets et ce sera important. 

L’avantage pour Massy, c’est que vous êtes directement qualifiés en demi-finale avec l’avantage du terrain au retour. L’inconvénient par contre, et on le voit souvent en Top 14, c’est que les équipes barragistes auront peut-être un peu moins d’influx mais peut-être un peu plus de rythme que vous qui allez avoir une coupure d’une semaine ? 

 

C’est à nous de vraiment bien gérer ce dernier mois. On a aujourd’hui des joueurs fatigués parce qu’on a bossé dur les semaines précédentes et on a des joueurs qui ont besoin de souffler et de retrouver un peu de fraîcheur tandis que d’autres ont besoin de prendre un peu de rythme en vue des phases finales. Donc on va essayer de rééquilibrer tout ça sur ces deux matchs et de faire en sorte de ne pas être pénalisés par le fait de ne pas jouer le week-end avant la demi-finale. 

 

On connaît maintenant les 6 qualifiés et qualifiables pour les play-offs. Parmi les concurrents, j’imagine que vous redoutez tout le monde à même échelle ou bien y a-t-il une équipe qui vous fait plus peur que d’autres ? 

 

De toute façon, quand on partait sur la ligne de départ de ce championnat et qu’on regardait les effectifs de ces équipes qui sont maintenant celles qui vont se qualifier, on ne faisait pas les malins. Franchement, ce sont de très belles équipes, Chambéry m’a impressionné, je trouve qu’ils ont encore progressé et je pense que, sur un match de barrage, ils peuvent poser des problèmes à tout le monde. Chaque équipe a ses spécificités, on sait qu’Albi, c’est une très, très grosse conquête, c’est très agressif, idem pour Valence-Romans sur le papier avec des joueurs de très haut niveau, expérimentés et un gros, gros pack, Soyaux-Angoulême, c’est la même chose avec des joueurs qui ont joué en Pro D2. Ce sont des effectifs qui ont de gros budgets avec des joueurs expérimentés, et c’est pareil pour Nice, donc je pense que sur un match et une demi-finale aller / retour, ce sera très dur contre chacune de ces équipes. Ce qui va changer, c’est un peu le profil de l’équipe et il faudra vraiment être capable de nous adapter au mieux mais nous aujourd’hui, très sincèrement, on se concentre sur nous et sur comment arriver le 22 Mai au niveau optimal de forme physique. Pour le reste, on verra après. 

Actuellement, il doit aussi y avoir un sujet importantissime à savoir préparer la saison suivante, que ce soit en Nationale ou en Pro D2. Vous devez sûrement faire un recrutement à double lame ? 

 

En tous cas, on essaye mais c’est toujours compliqué. Le premier recrutement qui était prioritaire était de pouvoir travailler dans la continuité l’an prochain et de faire re-signer les joueurs qui, pour beaucoup, étaient en plus en fin de contrat. On a réussi ce pari, ce qui n’est jamais évident quand tu n’es pas sûr d’évoluer en Pro D2 ou en Nationale mais on a réussi à faire re-signer tout le monde ce qui est aussi signe que le groupe marche et vit bien. On a beaucoup de joueurs qui ont été contactés en Pro D2 et qui ont préféré rester à Massy pour surtout ne pas louper une éventuelle année en Pro D2 avec Massy. Après, on essaye de renforcer l’effectif d’abord dans l’optique où on serait en Nationale parce qu’on ne veut pas se retrouver sur la paille dans ce cas de figure, c’est aussi un cas qui est possible, c’est du sport et tout est possible. Concernant les joueurs pour la Pro D2, c’est toujours pareil, c’est difficile de construire son effectif quand tu es dans cette situation. Il est sûr que, si le premier montait et que tu es certain d’être en Pro D2 début Avril, c’est un peu plus confortable pour recruter mais on fait avec et on essaye. Ça demande beaucoup de travail et beaucoup plus d’investissement parce qu’il faut approcher beaucoup, beaucoup de joueurs pour, au final, en avoir un mais on fait de notre mieux et on est plutôt content de la manière dont ça se déroule. 

 

Tu le sais, on a des consultants et des correspondants un peu partout en France dont un en Berjallie qui nous a glissé hier à l’oreille qu’un certain 2e ligne de Bourgoin, Nonkontwana, aurait signé à Massy. Info ou intox ? 

 

Je ne connais pas et non, on n’a pas fait signer ce joueur, Abongile Nonkontwana. 

On sait que la Fédé est en train de réfléchir à réformer le système de play-off pour l’année prochaine car, l’année dernière, Nice a roulé sur le championnat et n’est pas monté. Cette année, vous êtes premiers mais pas encore assurés de monter et on dit que la Fédé aimerait  » sanctifier  » le premier, comme c’était le cas en Fédérale 1 Elite et que l’équipe première de la phase régulière monte directement. Est-ce quelque chose que tu trouves salutaire ? 

 

Dans notre position aujourd’hui, oui (rires). C’est toujours pareil, quand tu es dans la position de Narbonne, tu es bien content de pouvoir t’accrocher jusqu’à la dernière journée et de pouvoir jouer ta chance sur des phases finales. Maintenant, ce qu’il faut surtout regarder, c’est que le cap aujourd’hui entre Nationale et Pro D2 est très dur à passer, on voit que Narbonne et Bourg vont certainement redescendre et c’est qu’il y a des raisons. Le calendrier décalé fait qu’il est très dur de se préparer à cette montée donc je pense que si on veut permettre à des clubs de monter et de pouvoir rester de manière pérenne en Pro D2, il faut qu’on permette aux équipes qui le méritent et qui sont régulières sur l’ensemble de la saison de pouvoir connaître leur sort le plus tôt possible. Je pense que c’est ce qui permettra à terme d’avoir des équipes qui réussissent à se maintenir durablement en Pro D2. Nous, on y serait forcément favorables car on a plusieurs fois fait l’ascenseur et que ça fait partie des raisons mais les règlements évoluent et changent, un peu souvent à contretemps de nos parcours sportifs j’ai l’impression puisque ça a changé en notre défaveur l’an dernier. Deux ans avant, on était 2e, il y a eu le Covid et on a failli monter directement et cette année, on est premier et, pour le coup, ça risque de changer mais pour l’année prochaine. Tant mieux si ça évolue, le hasard et le destin font que, pour l’instant, ça ne nous sourit pas mais on a les cartes en main et il ne faudra pas pleurer à la fin. Si on ne monte pas, ça ne sera pas la faute des règlements cette fois-ci mais de la nôtre. 

 

Quel est le mot d’ordre pour ce derby francilien et ce dernier match de gala face au VRDR pour ces dernières rencontres de phase régulière à Massy ? 

 

Amener le plus grand nombre de joueurs de l’effectif dans un état de forme optimal pour la fin de saison, éviter les blessures et les cartons. Le plus important, c’est que quel que soit les joueurs qui sont alignés, on veut garder le cap sur l’état d’esprit et les valeurs collectives du groupe qu’on montrera sur ces derniers matchs. Même s’ils n’ont pas d’enjeu comptablement, on veut que le comportement des joueurs sur le terrain reste en phase avec ce qu’ils ont été capables de montrer toute l’année. 

Et, cerise sur le gâteau, essayer de retrouver en finale ton ancien copain Mathieu Bonello ? 

 

En finale, ce serait bien. Je pense qu’on serait plus détendu en finale qu’en demi-finale où je ne suis pas sûr qu’on passerait un bon moment l’un comme l’autre. Du coup, je préfère que ce soit pour la finale.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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