#Rugby – Nationale / Alexandre Albouy (Albi) : «Ce sont de beaux moments à vivre!»

Ce mardi, l’Adjoint de Mathieu Bonello, s’est présenté en conférence de presse pour nous dresser le contexte en amont du choc de la 24eme journée de Nationale entre Soyaux Angoulême et Albi. Satisfait de la qualification en playoffs, Alexandre Albouy voit se match comme une opportunité pour que ses joueurs s’épanouissent et prennent du plaisir face à une des meilleures équipes du championnat. Préférant se focaliser sur le contenu et l’état d’esprit avant le résultat intrinsèque, l’ex joueur du Stade Français et du Castres Olympique a une vision qui détonne dans le rugby moderne où les stats et le côté comptable prime avant tout. Entretien avec un technicien qui appréhende la fin de saison avec un flegme certains.

Soyaux Angoulême Vs Albi J24 Nationale, une rencontre à suivre ce vendredi dès 19h45 en direct sur Le #MagSport et LFM81 en cliquant ci dessous:

https://le-mag-sport.com/2022/04/14/directrugby-suivez-des-14h45-le-live-soyaux-angouleme-vs-albi-nationale-j24/

Crédit photo Jacques Massine – Le #MagSport

C’est un match de prestige et de gala mais aussi pour les play-offs et pour l’honneur car Soyaux-Angoulême était un peu venu gifler le Sporting Club Albigeois à domicile ?

 

C’est vrai, je crois qu’on avait pris 30 à 10 ce qui fait un score lourd à la maison. Mais c’était il y a 5 mois et pour nous, c’est un match de plus que l’on va jouer contre une très bonne équipe qui, pour moi quand je regarde les joueurs, est une équipe de Pro D2. Comme je l’avais dit, nous avons des matchs à l’extérieur sur cette phase retour qui nous permettent de nous tester et de continuer à construire et celui-là, c’en est un de plus. 

 

Ce n’est quasiment plus la même équipe que vous allez affronter car au fil de l’eau, Soyaux-Angoulême recrute de nouveaux joueurs. A la fin, ça ne sera pas le même XV que celui qui est venu au Stadium ? 

 

Vous savez, ce sont 40 / 45 joueurs qui constituent une équipe et dans notre philosophie, je pense que Soyaux-Angoulême est comme tous les autres. Ce sont les 15 qui sont sur le terrain, les 30 / 40 qui bossent car les blessés sont aussi-là pour aider dans le travail qui est fait la semaine donc ce seront peut-être des joueurs différents mais peut-être que pour nous aussi. Ça reste un match de rugby et on va affronter une équipe qui, je le dis et le répète, a un effectif de Pro D2. 

On arrive au bout de la saison. Il y a quand même un petit peu de pression ou, en tous cas, ça pimente les déplacements car il y a toujours des points à grappiller ce qui ne ferait pas de mal ? 

 

De la pression, pas du tout car nous, notre objectif était de nous qualifier et c’est fait. Pimenter, oui car les beaux jours arrivent, ce sont de beaux moments à vivre, on va aller dans un stade et, encore une fois, c’est une très, très belle équipe donc j’espère que les joueurs auront l’énergie de l’enthousiasme qu’ils pourront mettre sur le terrain.

 

C’est justement l’occasion de se jauger sur une grosse cylindrée, en tous cas sur le papier ? 

 

Exactement. On est allé se tester à Massy, Chambéry et Valence-Romans, là, on va à Soyaux-Angoulême, c’est un match de plus dans notre construction, un test de plus mais pour nous, ça reste un match de rugby avec les aléas de la préparation, de la semaine, du match, de l’arbitrage, de la météo, de plein de choses. Nous, on verra si comme dans les derniers matchs, on a pu progresser par rapport à la première partie de saison. 

On a quand même l’impression que le Sporting Club Albigeois voyage très bien ? Vous avez gagné à Chambéry et VRDR ce qui n’est pas rien. 

 

On a aussi pris 30 points à Massy et perdu à Dax, on ne s’arrête pas à ça, ce qu’on a fait derrière est derrière. C’est vrai qu’on a eu pas mal de résultats positifs à l’extérieur mais justement, puisqu’on parlait d’équipe, ça montre que notre équipe a une âme, peu importe les joueurs qui jouent. Elle l’a notamment montré à l’extérieur dans des contextes difficiles, car c’est souvent à l’extérieur que c’est un peu plus difficile, et c’est ça qui est intéressant. Nous, on jugera à nouveau le contenu qu’il y aura dans ce match, le résultat sera ce qu’il sera, car vous l’avez vu à Valence-Romans où on peut perdre sur une pénalité mais le contenu reste le même. Nous, c’est le contenu que l’on juge et on verra ce qu’il se passe sur le terrain vendredi soir. 

 

Il y a aussi la gestion des ressources physiques car on garde un œil sur les phases régulières tout en en jetant un autre sur les play-offs ? 

 

Pas du tout. On est dans notre philosophie depuis le début de la saison où on construit match après match et les joueurs le savent, on le dit  » si vous avez été bon le match d’avant, vous jouerez le match d’après « . Il n’y a pas de calcul par rapport à ça. 

Vous resserrez quand même, on voit que depuis fin Février, il y a une équipe un peu type, même si vous n’aimez pas ce mot, qui commence à se dessiner ? 

 

Je vais le répéter, si vous êtes bon le week-end d’avant, vous aurez le maillot le week-end d’après. Il y a des joueurs qui sont bons, qui confirment de week-end en week-end donc ils le gardent. 

 

Sur quoi mettez-vous le focus actuellement dans le travail de la semaine en vue du long terme ? 

 

On a eu à chaque fois des thèmes sur deux / trois mois mais on arrive sur la fin donc maintenant, on va dire que c’est un peu de l’affinage. On a passé tous les thèmes et aujourd’hui, on fait des piqûres de rappel, il n’y a pas de gros thèmes. 

Peut-être du foncier ? 

 

Ça, c’est pour le prépa physique (rires). 

 

Est-ce que tu as regardé VRDR / Nice car ça klaxonne très, très fort dans les rétros du Sporting avec VRDR qui est revenu au coude à coude en termes de points ? 

 

Je ne sais pas (rires). 

 

Cette équipe de VRDR est maintenant l’adversaire à surveiller, à la limite un peu plus que Soyaux-Angoulême sur qui vous avez une petite marge. Si vous voulez vous qualifier directement en demi-finale, c’est avec Valence-Romans que vous allez un peu matcher ? 

 

Je vous le dis et je vous le prouve, franchement, je ne regarde pas. On regardera le 8 Mais où est-ce qu’on sera mais jusque-là, on se concentre sur ce qu’on à faire nous. On fait notre chemin car tout le monde a de l’énergie mais elle est quand même limitée, il faut quand même un peu dormir, et on veut la mettre sur nous, pas sur les autres. Une fois qu’arrivera le 8 Mai, on aura des matchs à préparer, ce sera une saison différente et en ce qui concerne l’énergie, on aura fini les thèmes et l’affûtage et une fois qu’on aura fini de se regarder nous, même s’il faudra se recentrer sur nous à 80%, on pourra mettre un peu d’énergie sur l’adversaire. Mais on regardera où on en est le 8 Mai. 

Si tu regardes toute la saison d’un seul trait, tu ne vas pas beaucoup dormir

 

C’est pour ça. Je préfère ne regarder que le match d’après, évacuer d’abord le match du dimanche d’avant, et il y a assez de boulot le dimanche pour évacuer le match qui vient de se passer pour ensuite se concentrer sur le match d’après. 

 

Est-ce que vous comptez sur toutes les forces vives pour ce déplacement ou y a-t-il encore des gars sur le flanc ? 

 

Il y a encore quelques blessés, les blessés de longue date comme Gaëtan Bertrand qui s’est fait opérer et Simon Pardakhty. Pour le reste, tout le monde est sur le point. 

Il y a aussi Tagotago qui a pris un rouge ? 

 

On attend. Je pense qu’il sera suspendu mais on n’a pas encore le résultat. 

 

On est déjà sûr qu’il sera suspendu pour ce match ? 

 

Oui, c’est certain. 

 

Au niveau de Soyaux-Angoulême, comment est-ce que tu analyses cette équipe en termes de forces et de faiblesses ? 

 

C’est une équipe qui est portée sur l’attaque et notamment une ligne de 3/4 avec de grosses, grosses individualités qui jouent très bien sur la largeur. Pour nous, ça serait bien de les bloquer, si c’est possible car ils sont aussi capables de jouer devant. Ça reste une équipe complète mais il est sûr que leur point fort se trouve sur les lignes arrières. 

Et quel est le point fort du Sporting ? L’unité ? Si vous restez unis et que vous allez à la guerre ensemble, vous ne risquez rien ? 

 

C’est parfait, tu as tout compris (rires). Le collectif. 

 

Il y a une série de 7 victoires consécutives en cours

 

Je n’y pense même pas même si ce serait bien d’arriver à 8 (rires). Les séries, c’est bien mais c’est souvent le calendrier qui les permet aussi. C’est pareil, je ne vais pas non plus m’attarder là-dessus car c’est parfois le calendrier qui te permet ça tout comme parfois, il ne te permet pas de faire de séries. Je vais encore le redire mais l’important, c’est le contenu des matchs, on aurait très bien pu perdre à Chambéry tout comme à Valence-Romans alors que, pourtant, le contenu du match était quand même bon et on n’aurait pas fait de série. Franchement, si la série continue la semaine prochaine, tant mieux, c’est que c’est bon signe (rires). 

Même si ce sont de petits détails, pour l’ambiance et le moral de l’équipe, se raccrocher à ça crée aussi de la dynamique positive dans un groupe ? 

 

Exactement mais c’est comme tout. Les victoires amènent du positif et la défaite amène parfois la tête qui se baisse et c’est à nous, car c’est notre rôle en tant qu’entraîneurs, d’agir. Quand je parle de contenu, c’est quand il y a victoire mais qu’on leur dit  » attention les gars, il y a victoire mais ça, ça et ça, ce n’est pas bien  » ou  » là, il y a une décision qui nous a aidé « et à l’inverse, quand on perd, tout n’est pas à jeter. Si je prends l’exemple de Nice, où c’était la fin du monde et bien, franchement non car la meilleure action qu’il y ait eu, c’était contre Nice : 3m35 de temps de jeu, 25 rucks et on doit marquer à la fin parce qu’il nous manque ce petit détail. On n’avait jamais fait ça dans un match donc non, tout n’est pas à jeter. Et notre rôle, c’est ça, c’est de dire non quand on se croit arrivé mais aussi de dire  » les gars, ce qu’on a fait, ce n’est pas tout à jeter non plus « , quand les têtes se baissent un peu. Par contre, bien sûr que quand il y a la victoire, ça met plus d’enthousiasme, plus de positif et plus de sourires, c’est évident. 

 

On arrive maintenant au bout de la saison. Pour toi qui découvrais le championnat de Nationale cette année, quel regard portes-tu sur ce dernier ? Est-ce quelque chose de vraiment intéressant et un bon échelon pour accéder à l’échelon supérieur derrière ? 

 

Administrativement, il y a pour moi des problèmes sur lesquels on est très en retard mais sportivement, c’est vraiment très intéressant, déjà parce-que c’est une vraie poule où on joue tout le monde en aller / retour. Et puis, il y a des surprises tous les week-ends malgré ce qui est dit sur le papier ce qui veut dire que tout le monde est compétitif. Je ne vais pas dire de nom mais il y a bien sûr des équipes qui sont plus faibles que d’autres sauf que ces équipes plus faibles peuvent aller gagner à l’extérieur chez un gros. Ce n’est jamais écrit et on l’a vu, on est allé gagner à Valence-Romans qui lui-même est allé gagner à Soyaux-Angoulême et des choses comme ça, il y en a plein dans la saison. Ça veut dire que la poule est quand même homogène et donc, c’est intéressant car on ne peut pas dire  » il y a un match qu’on va lâcher  » ou un match où on va se dire  » pffff, celui-là, c’est bon, c’est fait « . Non, ce n’est pas possible et donc, ça veut dire aussi que ça fait monter le niveau sportivement des joueurs car il faut être bon tous les week-ends. 

Il y a aussi le rythme des blocs qui te font connaître ce que tu vas découvrir si, éventuellement, tu as la chance de monter à l’échelon supérieur. Ça aussi, c’est bien pour préparer les gars ? 

 

Exactement, ça permet de travailler dans ces blocs-là. Quand tu enchaînes les matchs, souvent, les mecs peuvent être fatigués ou il peut y avoir des blessures donc ça permet aussi de vivre ce qu’il peut y avoir au-dessus. 

 

Tu nous parlais du match de Nice et de cette défaite un peu en trompe-l’œil. Est-ce que le match déclic est celui contre Dax ? 

 

Non, pour moi, il n’y a pas de déclic. Ce qui a été bien, si je veux tirer du positif, c’est que si on avait joué le match de Nice en Septembre et le match de Dax en Avril, ça n’aurait pas eu le même impact et là, ce sont les hasards du calendrier. On a perdu contre Nice alors qu’on menait 14 à 6 au bout de 15 minutes, un mois après, on reçoit Dax, on perd 20 à 3 au bout de 20 minutes et on gagne 40 à je ne sais plus combien. En fait, on a vécu le scénario dans un sens puis dans l’autre, juste pour montrer aux joueurs ce qu’on leur dit tout le temps, comme aux enfants,  » ne va pas toucher la cheminée, ça brûle « mais tant que tu n’as pas touché la cheminée, tu ne sais pas que ça brûle. Là, ce qu’il y a de bien, c’est qu’en un mois, ils ont vécu un scénario et le scénario inverse et quand on leur dit tout le temps que le match dure 80 minutes, mettre toute l’énergie pendant 80 minutes, faire le maximum que l’on peut, on verra à la fin au coup de sifflet ce qu’il s’est passé. Là, ça a permis au groupe de le vivre et quand on parle d’expérience collective, ce qui a été bien dans ce mois-là, c’est qu’ils ont pu prendre cette expérience collective. Ça ne sert à rien que nous, on le répète, il faut plutôt le vivre et quand on parle de construction, ça, ça en fait partie. Il faut que les joueurs le vivent, on a beau leur dire  » attention « , je reprends l’exemple des enfants mais c’est ça, c’est à eux de le vivre. J’ai parfois surpris du monde en disant que, contre Nice, j’étais super enthousiaste et super content mais c’est parce-que là, il se passait des choses, il y avait de l’émotion à la fin et j’aurai été trop content qu’on puisse marquer, on ne l’a pas fait mais c’est comme ça. Les joueurs se construisent là-dedans, ils ont besoin de vivre ces situations. On parlait des matchs à l’extérieur et c’est parfois hyper important dans un contexte hostile ou quand l’arbitre se trompe contre nous mais ça, quand ça arrive, je suis content car j’ai envie de voir comment les joueurs vont réagir. 

Pour parler un peu de toi, tu as eu une expérience à Lavaur et maintenant une autre à Albi. Est-ce que la façon d’appréhender, de manager, de gérer et d’entraîner est différente ? 

 

De manager, j’ai envie de dire non parce-que les joueurs restent des joueurs et qu’une fois qu’on est sur le terrain, on est comme des enfants parce qu’on aime ça donc ça reste la même chose. D’entraîner, c’est différent car en Fédérale 1, les joueurs étaient au travail la journée, je prenais la voiture et j’entraînais le soir tandis que là, c’est toute la journée donc l’entraînement est beaucoup plus précis, il est moins long mais il y a plus de qualité à mettre à l’intérieur. On parlait des prépas physiques qui font aussi leur travail, le travail de l’ombre car on parle peu d’eux mais sachez qu’on échange en permanence avec eux. Quand on monte les entraînements, on le fait avec eux car ce sont eux qui nous disent  » l’énergie à mettre, c’est celle-là, le temps de course, c’est celui-là  » et nous, on va monter nos entraînements par rapport aux thèmes qu’on va avoir.

Propos recueillis par Loïc Colombié

Soyaux Angoulême Vs Albi J24 Nationale, une rencontre à suivre ce vendredi dès 19h45 en direct sur Le #MagSport et LFM81 en cliquant ci dessous:

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