#Rugby – Nationale / Jordi Pleindoux (Massy) : «Le plus bel aboutissement pour moi serait de partir sur une montée!»

Après 6 saisons en terre massicoise, Jordi Pleindoux va vivre ses derniers matchs dans l’Essonne et basculer dès la saison prochaine dans le rugby pluri/actif en amorçant une reconversion dans la fonction publique territoriale. Formé à Ceret et Perpignan ce catalan pur sucre a aussi connu le RC Narbonne et le RC Aubenas Vals avant de devenir le capitaine du RCME. Alors que Massy caracole en tête de la division nationale et va accueillir Chambéry (5eme), Jordi Pleindoux se rêve à un happy end qui verrait le club francilien renouer avec la Pro D2. Rencontre avec un 3eme ligne de devoir dont l’aventure massicoise restera une des périodes fondatrices de sa carrière.

 

 

L’année dernière, vous l’aviez eu un peu amer à Massy puisque vous étiez venus mourir à quelques encablures des play-off. Cette année, c’est totalement l’inverse puisque vous êtes déjà qualifiés en play-off et que vous pouvez même envisager très sereinement une demi-finale à Ladoumègue au retour ?

 

Oui, on l’avait eu un peu amer l’année dernière mais au regard de l’ensemble de la saison, ça n’a pas été une surprise qu’on ne se qualifie pas. On est parti des dernières places et on a commencé à remonter à partir du mois de Décembre donc on a un peu payé ce surplus d’énergie qu’il nous a fallu pour raccrocher les premières places puisqu’on en a manqué un peu sur la fin de saison. Je pense que cette année, on a appris de nos erreurs, on a fait un beau recrutement avec une équipe qui a très rapidement réussi à se trouver sur le terrain et en-dehors. C’est ce qui nous a permis d’avoir des résultats, de pouvoir tenir cette première place assez vite et d’être dans le confort très rapidement. Cela fait déjà quelque temps que l’on peut préparer les phases et normalement, si on gagne ce soir, on va pouvoir confirmer définitivement la première place et donc prévoir les demi-finales avec une demi-finale retour à la maison, ce qui nous mettrait dans les meilleures conditions pour tenter de monter. 

 

Et vu votre calendrier, vous allez un peu être l’arbitre des play-off puisque vous allez affronter Chambéry et VRDR ainsi que le juge du second strapontin pour les demi-finales retour ? 

 

Effectivement, pour un regard extérieur, on va passer pour les arbitres de cette fin de saison mais en ce qui nous concerne, on va bien sûr surtout se concentrer sur nous. On a l’avantage de ne pas avoir la pression des résultats donc on jouera les deux matchs comme des matchs de préparation aux demi-finales et pour nous personnellement, pour essayer de jouer notre meilleur rugby lorsque le moment sera venu dans les demi-finales. Ce sera des matchs où on va mettre en place notre jeu et où on va monter progressivement en intensité sans pour autant s’attarder sur l’adversaire. Je dirai qu’on va maintenant moins s’attarder sur l’adversaire et plus se concentrer sur notre jeu pour pouvoir construire les matchs qui vont suivre. 

Entre le match de Chambéry et celui de VRDR, il y en aura un qui aura une saveur particulière : celui du derby francilien face à Suresnes ? 

 

Je trouve que c’est bien que ce derby prenne maintenant un peu d’importance. Il y a besoin d’avoir ce genre de confrontation un peu fratricide dans le rugby en Ile-de-France, ça met de l’attrait et de l’engouement, ça permet aux gens de s’intéresser au rugby car vous savez qu’en Ile-de-France, il y a une offre culturelle et sportive qui est immense et le rugby est un peu noyé au milieu de tout ça. Ce genre de match, les derbys, c’est très, très important donc c’est un plaisir de les jouer et c’est forcément important pour les clubs puisqu’il y a un peu de concurrence et de communication autour de ça sur le club qui serait le club phare amateur d’Ile-de-France. Donc, forcément, celui qui gagne ce match-là, même si ça ne remet pas en question tout le reste de la saison, il a une répercussion sur l’image du rugby en Ile-de-France donc il est bien sûr important pour ça, pour les dites équipes mais également pour les clubs. 

 

Maintenant que vous êtes quasiment sûrs d’accéder aux demi-finales et d’en jouer une retour à la maison, quel est le club que vous voudriez éviter ? 

 

Très, très honnêtement, sans faire de langue de bois, on voudrait tous les éviter, si je puis dire (rires). Pour moi, tous les clubs sont dangereux, il n’y a pas une équipe qui soit plus dominatrice que l’autre, elles ont toutes eu leur période de domination au cours du championnat. Chambéry, ça a plutôt été en début de saison, Valence-Romans a été plus régulier, Soyaux-Angoulême a commencé à revenir à partir du mois de Janvier, Nice un peu plus en Février et Albi, un peu au regard du VRDR, est une équipe régulière qui a été performante toute la saison. Donc, ce sont des équipes qui ont toutes un jeu de qualité, une grosse conquête en mêlée et en touche, un jeu qui est développé et de qualité. Très honnêtement, elles seront toutes dures à prendre, elles sont toutes à respecter et je dirai qu’il n’y en a pas une qui est moins dangereuse que l’autre donc il n’y a pas de préférence. 

Pour toi, ce sont tes derniers matchs avec le RC Massy Essonne. J’imagine que ça revêt aussi une importance particulière puisque tu vas vouloir partir la tête haute, en faisant remonter le club en Pro D2, là où il était il y a trois ans ? 

 

Ce serait bien sûr le plus bel aboutissement pour moi que le club monte et de pouvoir partir sur une montée, j’ai envie de dire qu’il n’y a pas de meilleure sortie. Après, quelle que soit l’issue du championnat, ce qui m’importe actuellement, c’est le plaisir que je peux prendre sur le terrain avec mes amis, mes coéquipiers, les dirigeants, les bénévoles, tous les acteurs du club que j’ai appris à connaître, à apprécier et avec qui j’ai envie de passer le plus de temps possible et de profiter un maximum du temps qu’il me reste avec eux. Ce sont vraiment les plaisirs du quotidien qui ont une saveur particulière et qu’on apprécie d’autant plus quand on sait que ce sont les derniers.

 

On a quand même vraiment l’impression que, cette saison, le groupe a une osmose et que vous kiffez passer du temps ensemble ? 

 

Clairement oui, c’est l’une des caractéristiques du groupe cette année. Il est extrêmement soudé, il vit très bien ensemble donc, forcément, c’est un atout qui se retrouve sur le terrain dans les moments difficiles, quand il s’agit d’être solidaires, de se battre pour son coéquipier, de rattraper les coups quand d’autres lâcheraient. Cette cohésion est un atout pour nous et on essaye de continuer à l’alimenter en faisant des activités, on a une association des joueurs qui s’est montée cette année et qui est très active, elle tient par ailleurs la Bodega du club. En plus de ça, ce qui est génial, c’est que ça marche parce qu’on gagne sur le terrain et qu’on prend du plaisir en-dehors donc ce n’est que du positif. 

L’apanage de cet état d’esprit, c’est un peu le match à domicile contre Bourgoin. Vous êtes en infériorité numérique, vous êtes menés et là, vous vous êtes un peu mis en mode pilote automatique sans vous affoler, on voyait sur la retransmission que les joueurs n’étaient pas du tout affolés, et vous avez enchaîné les groupés pénétrants pour décrocher une victoire qui était loin d’être faite ? 

 

C’est drôle mais on a aussi une certaine sérénité. Je ne sais pas si c’est lié à cette solidarité mais en tous cas, ça se traduit par le fait de ne jamais s’affoler, d’être sûr de nos forces et c’est drôle quand on tient compte du fait que l’équipe est assez jeune mais elle a cette maturité, elle est capable de garder son sang-froid dans les moments difficiles. En ce qui concerne Bourgoin, on a réussi à reprendre le fil parce qu’on ne s’est pas tiré dans les pattes, personne n’a engueulé son voisin, chacun s’est reconcentré sur ce qu’il avait à faire et s’est mis au service de l’équipe. Il y a une sorte de cohésion et de dévouement au service de l’équipe qui est très forte et c’est vrai que ça nous est utile dans les moments comme ça. 

 

On sait que tu vas partir de Massy et que tu vas basculer sur une autre vision du rugby. Quel est l’avenir de Jordi Pleindoux ? 

 

Je vais mettre un terme au rugby en tant qu’activité principale. Mon souhait pour l’avenir serait de pouvoir continuer à jouer au rugby bien sûr mais ça sera en priorité de m’insérer dans la vie active donc je suis en reconversion professionnelle. Je passe actuellement un concours territorial des activités loisirs et sportives, j’ai été admis à l’écrit et je passe bientôt l’oral. Dans ce cadre, je cherche à intégrer un service collectivité territoriale au service des sports donc je suis en recherche. C’est difficile, il y a peu de postes mais je ne désespère pas et j’espère que l’obtention du concours va m’aider à m’ouvrir des portes. 

La question décalée : est-ce qu’on peut t’imaginer faire un retour à Céret aux sources de ton club formateur ou à Aubenas, club où il y a encore quelques pluriactifs ? 

 

Ça me plairait bien sûr beaucoup de revenir à Céret, dans le club où j’ai été formé. Au-delà de ça, j’aspire à rejoindre ma famille qui se trouve dans les Pyrénées-Orientales donc oui, Céret serait super. En tous cas, ça rentre dans le cadre de mon projet personnel, au-delà de mon projet professionnel, qui est de rejoindre les Pyrénées Orientales à plus ou moins court terme pour pouvoir ensuite construire ma vie avec ma famille. 

 

Et la convivialité et l’ardeur de l’Ardèche ne te manquent pas ? 

 

Je serai heureux d’y retourner pour les vacances mais pas dans le cadre du rugby. J’ai passé de très, très belles années à Aubenas, j’en garde des souvenirs magnifiques mais, comme je te l’ai dit, maintenant, la priorité, ce sont ma famille et mes enfants et pour eux, j’ai envie de me rapprocher de mes proches et de ma terre natale.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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