#Rugby – Fed1 / Kevin Boulogne (Graulhet) : «Est-ce qu’on ne veut pas monter trop vite?»

Graulhet et sa légendaire fibre ovalienne populaire est en train de se remettre à rêver, au gré de cette saison de Fédérale1. Les mégissiers voient l’accession en Nationale 2 devenir un objectif plus qu atteignable et comme dans beaucoup de club, certaines questions commencent à poindre. L’ouvreur du Sporting Club Graulhetois, kevin Boulogne est revenu sur les enjeux de ce virage du rugby semi-professionnel en cas de montée et sur le débat qui assaillent son nouveau club. L’ex joueur du Sporting Club Albigeois à l’issue de la victoire face au CAC Rugby 82, nous a livré son sentiment sur la situation.

Crédit photo Maeva Franco

Une victoire 17 à 9 face à Castelsarrasin qui a eu du mal à se dessiner en 1ère mi-temps, notamment à cause du vent qui a été l’un des acteurs prépondérants de ce match ?

 

C’est vrai que le vent s’est invité aujourd’hui et que ça a été compliqué pour les deux équipes quand on a été contre. C’est là où je pense qu’on s’en sort bien dans le match, quand on est devant à 7-6 en étant contre le vent donc c’est plus facile en seconde mi-temps pour se permettre d’occuper, de souffler et de pouvoir choisir nos ballons pour jouer. Mais oui, ce vent a perturbé un peu beaucoup la donne. 

 

Malgré ce vent, tu as réussi à passer une pénalité de 50 mètres. Comment est-ce que tu appréhendes ton exercice de prédilection avec un facteur X comme le vent ? 

 

On jauge le vent selon qu’il est de travers ou de face, il faut qu’on s’adapte donc, s’il est un peu de travers comme c’était le cas, on vise le 2e poteau et ça passe au milieu. On est aussi dépendant des rafales de vent qu’il y a eu car, quand c’est un vent continu, ça va mais quand c’est en rafale, ça va le sortir plus que ce qui était prévu. Là, j’ai eu de la chance, c’est passé, tant mieux pour l’équipe et tant mieux pour moi mais c’est vrai que ce n’est pas très agréable de buter avec un vent comme ça. 

Quand tu es sorti du terrain, on t’a senti un peu frustré. A quoi était-ce dû ? Peut-être au fait qu’il y avait la place de faire beaucoup mieux ?

 

C’est exactement ça. Franchement, on a un groupe cette année qui a clairement du potentiel, je pense qu’on le sait, peut-être même qu’on le sait un peu trop et qu’on est tous un peu  » facile « . On se repose peut-être un peu trop sur les gros, derrière, on joue un peu trop en dilettante parce qu’on sait que dès qu’on accélère, on marque des points. C’est ça qui me frustre car je sais qu’en phases finales, et je sais qu’on va les faire, il n’y aura pas 60 actions et il faudra les concrétiser. Aujourd’hui, on perd beaucoup trop de ballons à faire des passes un peu  » rugby champagne  » et c’est ça qui me déçoit, il faut que l’on soit plus compétiteur et exigeant avec nous-mêmes. 

 

Jean-Christophe Bacca et Benoît Bellot vous attendaient sur l’état d’esprit. Est-ce que tu penses que vous avez répondu présent ? 

 

Sincèrement, oui. Je ne vais pas jeter des fleurs à toute l’équipe mais c’est un deal qu’on s’est mis depuis le début de la saison et on s’est dit  » peu importe les résultats, peu importe la saison, il faut qu’à la fin, on se regarde dans les yeux « . Franchement, depuis le début de saison et même à Céret où on fait une contre-performance rugbystique mais non dans l’état d’esprit, il n’y a pas un match où on triche. On peut avancer ensemble, on peut compter les uns sur les autres et ça, ça n’a pas de prix. 

Et s’il y a besoin d’avoir un petit coup de pouce du destin, peut-être que Guy Laporte vous jettera un petit coup d’œil de là-haut car vous êtes tous orphelins de Guy ? 

 

Clairement oui. Il y en a beaucoup qui sont venus pour lui, moi le premier avec Jean-Chris. Ça nous transcendait les jours de matchs, on avait notre petite routine avec lui, on avait toujours droit à la pharmacie où il cachait des straps dans ses poches par exemple. On est aussi un peu en manque de ça ainsi que de repères et on voit que depuis sa disparition, on enchaîne plus comme en début de saison. Est-ce que c’est ça, je ne sais pas, mais on peut quand même se poser la question. 

 

Comme le disait Jean-Christophe, le rêve de Guy Laporte était les play-off et la Nationale 2. C’est maintenant à vous de transformer l’essai ? 

 

Oui, c’étaient les play-off, on le sait. On va prendre les matchs les uns après les autres, il y a le FCTT qui vient, il faut qu’on score, qu’on prenne le plus de points possible et déjà qu’on gagne. On verra après ce qu’il se passe derrière sur les résultats mais il est certain qu’on veut jouer les play-off pour les phases finales et si on joue les phases finales, ce sera la qualification en Nationale 2. Est-ce que le club prendra ce virage ? Je ne sais pas mais je me dis qu’il y a peut-être le cœur et la raison. Le cœur, oui, on a envie de gagner tous les matchs pour le groupe, pour le club, pour la ville et pour tout le monde mais est-ce que jouer tous les gros de haut de tableau de chaque poule est notre place aujourd’hui ? Est-ce qu’on ne veut pas monter trop vite ? C’est la question que je me pose.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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