#Rugby – Top14 / Clément Maynadier (UBB) : «Urios, Broncan, Béchu, les 3 sont exactement de la même trempe!»

L’ex joueur du XV de France , et Talonneur de l’UBB, Clément Maynadier nous a accordé une interview dans le cadre de notre série sur les anciens jaune et noir qui évoluent en Top 14 et /ou Pro D2. Formé au Sporting Club Albigeois, celui qui entame les derniers virages de son parcours en Pro, nous a livré un dialogue riche de souvenirs sur ses premiers pas dans l’élite du rugby français. Celui qui rêve de remporter le bouclier de Brennus cette saison nous a livré une analogie sur les 3 coachs qui l’ont marqué dans sa carrière : Éric Béchu, Henry Broncan et Christophe Urios. Il n’oublie pas, aussi de nous parler lors de cet entretien grand format, de ses coéquipiers qui vivent l’épopée du Tournoi des 6 nations 2022 avec les bleus. Rencontre avec un vieux briscard du Top 14 qui garde indéniablement un regard sur le SCA et un amour indélébile pour les jaunes et noirs.

Crédit photo Stephanie Prévot

Lors de notre dernière interview, on t’avait laissé en plein confinement avec beaucoup de frustration car l’UBB était lancée vers une belle aventure humaine et sportive. On a l’impression que cette année, vous avez retrouvé le fil de ce chemin-là ? 

 

C’est vrai que la dernière fois qu’on s’était eu, on était en plein confinement et on avait appris que la saison allait s’arrêter. Aujourd’hui, on en est à peu près au même point, la saison n’est pas finie et est encore longue mais effectivement, pour l’instant, ça se passe bien pour nous. On essaye de garder le cap mais on sait que ça va être compliqué car il reste encore 8 matchs mais on a encore cet objectif de finir le plus haut possible au classement. 

 

Et passer ce cap des demi-finales qui, l’année dernière, avait été rédhibitoires par deux fois face au Stade Toulousain ? 

 

Il est certain que l’on cherche toujours à progresser et la progression voudrait qu’on arrive à franchir ce cap. On a fait trois demi-finales l’année dernière et on a perdu trois fois donc, si on a l’opportunité de se retrouver à nouveau en demi-finale, ce serait bien qu’on arrive à franchir ce pas de plus d’abord pour nous mais aussi pour le club. 

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On a l’impression que ce groupe de l’UBB est peut arriver à maturité cette année ?

 

A maturité, je ne sais pas car je pense qu’il a encore une grosse marge de progression. On a intégré des jeunes et on a aussi un groupe très jeune car il ne faut pas oublier que les Woki, Jalibert, Moefana n’ont que 23 / 24 ans ce qui est très jeune avec une bonne dose d’anciens que sont les Picamoles et Trinh-Duc. Toute cette osmose fait qu’effectivement, on a un bon groupe, bien ancré et qui vit super bien donc on espère que l’avenir sera propice. 

 

Moefana, Jalibert, Woki, ce sont des jeunes mais quand on les voit en équipe de France, on a le sentiment que la pression glisse sur eux comme la pluie sur les plumes d’un canard ?

 

Je pense que c’est aussi cette nouvelle génération qui veut ça. Ils sont sans complexe et peut-être qu’ils se posent beaucoup moins de questions que nous, ils sont sûrs de leur force et du coup, on a l’impression qu’ils sont imperméables à tout ça. J’ai envie de dire tant mieux, tant mieux pour eux, tant mieux pour nous parce qu’ils nous régalent quand on voit ces matchs de l’équipe de France. Donc, pourvu que ça continue et je pense qu’ils auront de belles heures devant eux. 

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Toi, en vieux briscard que tu es et qui as connu l’équipe de France avant eux, tu leur as donné quelques ficelles et quelques tuyaux ? 

 

Je ne me le serai pas permis, pas du tout. Ils ont un talent monstre, je pense qu’ils n’ont pas besoin de mes conseils et ils ont déjà beaucoup plus d’expérience que moi à ce niveau-là donc je m’en serai bien gardé. 

 

On va aussi parler de ton manager Christophe Urios qui est l’une des personnalités du rugby français et l’un des entraîneurs les plus charismatiques de l’ovalie. Ça doit aussi être un plus d’avoir un entraîneur qui capte les médias et la pression médiatique car ça vous dédouane un peu de tout ça ? 

 

Ce qu’il vous dit à vous la presse, il l’a généralement dit dans les vestiaires avant. Il n’y a pas de faux-semblant, c’est quelqu’un qui défend ses joueurs et qui en prend soin aussi, il a un management abouti. C’est vraiment plaisant de travailler avec quelqu’un qui a un management aussi évolué. J’ai eu la chance d’avoir plein de managers mais le rugby a évolué et je pense que les managers que j’ai eus avant ont dû évoluer en même temps que le rugby mais c’est vrai que Christophe est le genre de manager qui pousse autant que les joueurs. On a une ligne de conduite individuelle et collective qui est très poussée, ça ressemble à ce que faisait Henry Broncan mais en plus écrit. Chez Christophe, tout est écrit et marqué, on le faisait plus à l’oral avec Henry. 

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Il y a également cet objectif d’aller glaner un Brennus avec l’UBB. Pour toi, personnellement, ce serait vraiment un aboutissement de carrière car tu as quasiment tout connu et c’est aujourd’hui la seule chose qui te manque ? 

 

Tu viens de le dire. C’est pour ça que je suis encore sur le terrain et que j’arrive encore à m’entraîner, je ne vais pas le cacher. Si j’avais le bouclier, peut-être que j’aurai déjà arrêté mais un titre, c’est ce qu’il me manque. Il ne me reste pas beaucoup de temps donc c’est pour cela que ce serait bien que ça arrive prochainement. 

 

Si d’aventure il y avait le bouclier pour Bordeaux à la fin de l’année, on peut imaginer Clément Meynadier venir faire une petite pige au SCA ? 

 

Franchement, non. Ce n’est pas que je ne veux pas mais, tu as dû le voir, j’ai re-signé 1 + 1 à Bègles et je l’ai fait car je ne savais pas si physiquement, j’aurais pu faire deux ans de plus. Je suis sur la fin ce qui veut dire que maintenant, je dois faire attention physiquement et mentalement, jeune, j’ai eu des pètes aux cervicales et il faut que je fasse attention. Effectivement, revenir au Sporting m’aurait peut-être plus si j’avais été bien physiquement mais j’ai aussi ma vie après le rugby qui, pour l’instant, est plus à tendance bordelaise que qu’albigeoise, malheureusement. 

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L’avantage d’avoir été pluriactif tout au long de ta carrière te permet de ne pas être comme certains qui, parfois, sont obligés de courir derrière la prime pendant leur carrière pour se faire un pécule pour leur retraite ? 

 

Il est certain que pour ça, c’est un avantage, si je m’arrêtais demain, je sais que je continuerai à avoir un salaire même s’il y aura forcément un bond plus vers le bas que vers le haut. J’aurai un travail à 100% et j’éviterai peut-être une période compliquée même si elle le sera un peu. Tout le monde parle de la reconversion mais il n’y a pas que cette problématique-là quand tu arrêtes ta carrière, il y aussi la problématique du  » tu te retrouves tout seul « . Tu as vécu 16 ans dans un vestiaire à voir des mecs toute la journée et à vivre ensemble et du jour au lendemain, tu as le côté social qui n’est plus là donc ça fait peur. J’ai la chance de m’être enlevé le poids de la reconversion mais je ne vais pas te cacher que ce qui me fait peur à l’heure actuelle dans le fait d’arrêter, c’est d’arrêter la vie de groupe parce-que c’est stressant de se retrouver seul alors qu’on est tout le temps ensemble. 

 

Pour ta fin de carrière, on peut imaginer un joli cadeau de la part de Nans Ducuing et Jean-Baptiste Dubié avec une petite vidéo ou une story dont ils ont le secret ? 

 

Je suppose qu’il y aura et s’ils le font, je le prendrai avec grand plaisir mais s’ils ne le font pas, je ne leur en tiendrai pas rigueur non plus (rires). Je sais que Nans et JB aiment ces choses-là, j’en aurai déjà peut-être un petit aperçu cette année avec les fins de carrière de Picamoles et Trinh-Duc s’ils font quelque chose. Mais pourquoi pas ? Les deux sont fous d’invention et d’imagination donc il faut s’attendre à tout avec eux. 

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Tu as deux premiers clubs d’amour et de cœur avec tout d’abord Saint-Juéry que tu aimes beaucoup puis le Sporting Club Albigeois ? 

 

J’aime beaucoup Saint-Juéry car je connais beaucoup de monde qui jouent là-bas mais moi, je n’y ai jamais joué. 

 

C’était une manière de faire un petit clin d’œil à Jean-Claude Laur et à toute l’équipe de Saint-Juéry

 

Je me suis douté que c’était pour ça que tu disais ça (rires). 

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Le Sporting Club Albigeois est ton club de cœur, celui qui t’a fait percer et, on l’a entendu dans tes propos précédents, l’un des entraîneurs qui t’a marqué, c’est Henry Broncan ? 

 

Les deux entraîneurs que j’ai eu à Albi m’ont marqué parce-que j’ai adoré Éric Béchu. Je dois beaucoup à Éric qui m’a fait confiance et qui m’a lancé en Pro D2 à 19 ans, à cette époque-là, il n’y avait pas beaucoup de managers qui le faisaient donc je dois une grosse partie de ma carrière à Éric. Je sais qu’avec les anciens, ça s’est mal fini à un moment donné et moi, si tu veux, je n’aurai peut-être pas eu la même relation avec Éric à 30 ans que je ne l’ai eu à 20 mais c’est aussi ça l’évolution. Je dois beaucoup à Éric tout comme je dois beaucoup à Henry, Éric parce qu’il m’a fait confiance et m’a lancé et Henry parce qu’il m’a fait grandir en tant qu’homme et en tant que joueur. Avec les deux, ça n’a pas été rose, il y a eu des hauts et des bas, je me souviens aussi de belles empoignades que j’ai eu avec Henry, moins avec Éric car avec moi, il était plus comme un  » papa « , il avait un côté paternel. Quand Henry est arrivé, il m’a poussé dans mes retranchements pour me faire grandir et ça m’a fait évoluer. Je dois énormément aux deux. 

 

Tu as fait l’analogie entre Christophe Urios et Henry Broncan mais on peut aussi la faire sur le caractère et la grinta d’Éric Béchu et Christophe Urios ? 

 

Les trois sont des gens exactement de la même trempe. Je suis certain que, si Éric était là, il aurait évolué dans le rugby comme Christophe a évolué tout au long de sa carrière car c’était quelqu’un qui cherchait à évoluer en permanence. Il y a des analogies certaines et c’est peut-être aussi pour ça que je m’entends bien avec Christophe parce-que ce type de management me va bien.

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Quel est le regard que tu portes maintenant sur l’ère moderne du Sporting Club Albigeois car j’imagine que tu dois suivre la saison ?

 

C’est toujours difficile de porter un regard quand tu n’es pas là et que tu ne vis pas dans le club. Je le vis à travers les résultats et à part Bastien Dedieu, Mathieu André et Vincent Calas avec qui j’ai joué, je n’ai pas joué avec les autres donc je ne connais pas trop la dynamique et le reste. Si je me fie juste aux résultats, ils sont qualifiés et je dirais que le point noir, c’est qu’ils perdent les matchs à domicile face aux équipes concurrentes mais ils ont aussi été capables d’aller chercher des points chez eux. Donc, je pense que c’est une première année avec un nouveau staff, il faut qu’ils apprennent à se construire ensemble et l’avenir dira ce qu’il en est pour le Sporting. 

 

Comme toi, Bastien Dedieu et Mathieu André sont plus proches de la fin que du début. C’est une page de ta jeunesse qui va se tourner ?

 

J’ai joué avec les deux, Mathieu arrivait de Dax et avec Bastien, on s’est presque connu à l’école de rugby même s’il a commencé à Carmaux. Quand j’arrêterais et qu’ils arrêteront, ce sera une page qui se tournera mais c’est comme pour tout le monde, c’est l’évolution des choses. L’important, c’est qu’il y ait des jeunes du cru, et en tous cas des jeunes Albigeois, qui aient cette fierté d’appartenance à ce maillot, qui veuillent jouer pour cette équipe fanion et grandir avec elle. J’espère qu’ils auront transmis le flambeau et j’en suis même certain. 

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En parlant de jeunes, il y en a plein qui sont en train de percer au Sporting Club Albigeois et qui arrivent de divers horizons. Si tu étais un grand frère, qu’est-ce que tu leur donnerais comme conseil pour leur dire de bien représenter les valeurs du Sporting ? 

 

Le Sporting a toujours été un club où le combat et le travail étaient primordiaux. Il a toujours fallu travailler plus pour arriver en Top 14, toujours travailler plus pour se maintenir. C’est un club comme ça et il faut construire sur ces valeurs-là, voilà ce que je leur dirais, mettre du combat, mettre du travail dans tout ce qu’ils font. Quand j’y étais, avec les Vincent Clément, Baluc, Martin Gady, Yogan, Delpuech, Van Der Westhuizen … et quand j’y suis arrivé, c’était cette philosophie-là dans le combat et dans le travail les uns pour les autres. C’est ce qui a fait qu’on est arrivé à remonter et qu’on avait pu exister en Top 14, même si on n’était pas arrivé à se maintenir, et en Pro D2. 

 

Les convivialités, les buvettes et tout ce qu’on aime dans le rugby ont rouvert depuis maintenant quelques semaines. On peut espérer te voir un jour dans le Stadium venir partager avec les bénévoles, Reynal Bruned et toute sa bande un morceau de camembert et une saucisse-frites ? 

 

Avec plaisir ! Tout le temps, dès que je peux, dès que je rentre, j’essaye de passer. Ce qui est compliqué, c’est que je n’ai pas beaucoup de temps et quand je rentre, j’ai parfois tendance à me concentrer sur partager des moments de vie avec ma famille. C’est vrai que j’ai tendance, et je le regrette, à ne pas dire que je suis sur Albi, je reste plus sur Fréjairolles et Roumegoux parce-que j’ai des choses à faire là-haut chez mes grands-parents. La dernière fois que je suis rentré, c’est parce-que j’ai eu 3 jours à Noël et je n’ai pas trop le temps car si je veux voir tout le monde, ça va très vite. 

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A peine le temps de poser les valises que ça repart ? 

 

C’est ça. Je n’ai pas pu rentrer en Novembre et la prochaine fois que je vais pouvoir le faire, si tout se passe comme je l’ai prévu, ça ne sera pas avant Juillet. Quand je rentre, c’est parfois une semaine, parfois 4 jours et quand ça fait longtemps, je me concentre sur la famille pour voir tout le monde ou aller voir mon frère jouer à Alban. Donc oui, ce serai avec grand plaisir que je reviendrai au Sporting, que je boirai des bières, que je reverrai les Reynal avec toute leur clique mais, comme je te le disais, quand je rentre, je ne le dis pas car je n’ai que deux jours à passer et que, malheureusement, je me connais, si je viens, je vais y rester deux jours au Stadium et du coup, je ne verrai pas les autres (rires). 

 

On va te donner un challenge pour le 1er Juillet, celui de venir avec un joli bouclier pour nous montrer à quoi ça ressemble car on en a pas touché beaucoup au Sporting Club Albigeois. L’équipe première n’en a jamais gagné donc ce serait sympa que tu viennes nous montrer un peu de quoi ça a l’air et en plus, avec le plus noble qu’est le bouclier de Brennus

 

Je te remercie et je l’espère aussi. En tous cas, si j’ai cette chance-là, c’est aussi grâce à l’école de rugby du Sporting et à la formation que j’ai eue. Je ne l’oublie pas et du coup, je reviendrai et je ferai une grande fête avec tout le club, ce serait vraiment cool. 

 

Merci beaucoup pour cette interview et ce coup de coeur pour les jaune et noir

 

C’est moi qui te remercie et je vais continuer à regarder ça d’un œil dans le Nord de la France à Bordeaux (rires).

Propos recueillis par Loïc Colombié

Article en partenariat avec :

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