#Rugby – Nationale / Joffrey Delacour (Suresnes) : «On va à Albi pour montrer qu’on a du caractère!»

Nous sommes allés faire un tour sur les flancs du Mont Valérien avec l’entraîneur des lignes avants du RC Suresnes, en amont de cette 20e journée de Nationale qui va voir les Suresnois débarquer en terre tarnaise. Joffrey Delacour, est revenu avec nous sur sa façon d’appréhender le coaching, sur son expérience au RCS, mais aussi sur ses expériences passées au sein du RC Massy tout en nous posant le cadre de la rencontre face à Albi. Alors qu’il affronter son ami Mathieu Bonello, l’ex talonneur de Macon nous a aussi parlé du profond respect qui unit les deux techniciens.

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Crédit photo sans filtre

 

Avant de parler du RC Suresnes, on va parler de ton parcours. En tant que joueur, il n’est pas seulement axé sur la région parisienne car j’ai vu qu’il y avait eu des crochets par Lunel mais aussi en terre bourguignonne, à Mâcon ? 

 

C’est ça. En fait, j’ai eu la chance de faire des études dans le vin qui m’ont permis d’évoluer, j’ai été une personne fidèle qui a beaucoup joué dans son club de cœur à Chevreuse dans le département 78. Après, de par mes études dans le monde du vin, je suis parti à Mâcon et à Couches-les-Mines en Fédérale 2 et Fédérale 1 puis à Lunel en Fédérale 2 pour ma licence. Je suis ensuite remonté sur le Bassin parisien pour jouer avec mes copains à Chevreuse. 

 

On dit souvent que le vin et le fromage se marient bien mais c’est aussi le cas pour le rugby et le vin ? 

 

Ce sont des lieux de partage où on passe de bons moments, des lieux où on rigole et où on échange. Je pense que ce sont des lieux sincères. 

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Le vin est un produit à maturation lente, un peu parfois comme une équipe de rugby qu’il faut construire pas à pas ? 

 

Tout à fait, je pense que c’est encore plus vrai devant tellement les détails sont importants. Aujourd’hui, on se rend compte que la stabilité des clubs est hyper importante, les repères et les vécus communs, les projets de jeu. En plus, on a des personnes qui, petit à petit, apportent sans trop y toucher et en plus, le bon vin vieillit comme les bonnes équipes, un peu à l’image de Bourg-en-Bresse qui change peu de joueurs. Ça se fait petit à petit, pas trop vite mais avec assurance. 

 

Après avoir fait une belle carrière de rugbyman, tu as basculé du côté entraîneur avec une très belle école pendant 10 ans, celle du Rugby Massy Essonne ? 

 

J’ai eu la chance d’être appelé par Massy à la fin de ma carrière pour entraîner les Balandrades. C’était la première année où ils mettaient cette équipe en avant donc je les ai entraînés et ça s’est bien passé. Ils m’ont payé le diplôme d’Etat et ensuite, j’ai monté toutes les catégories de Gaudermen à Espoirs. 

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Qu’as-tu retiré de cette école massicoise qui est quand même l’un des summums de la formation française en termes de rugby ? 

 

Déjà, énormément d’échanges avec des gens hyper pros, bien plus en avance que moi sur tout ce que je connaissais, sur la formation du joueur individuel et sur l’esprit d’équipe. Je garde surtout de supers souvenirs avec mes binômes, que ce soit Julien Tréhard, Jérémy Aicardi, Morgan Champagne qui est un très bon ami. Je garde aussi beaucoup d’amitié et de tendresse pour ce club, pour ce qu’ils font et ce que je leur souhaite de faire le plus longtemps possible. 

 

On a lu un papier dans le Web magazine Sans Filtre où tu mettais en avant le fait que parfois, dans le monde pro, on arrêtait de développer les qualités des joueurs dès qu’ils arrivaient à l’âge de 20 ans. C’est quelque chose que tu as appris à Massy ? 

 

C’est toujours quelque chose que j’ai dans un coin de la tête. Entre-temps, j’ai pu voir d’autres clubs comme Toulouse qui eux continuent de développer, à l’image de ce qu’ils font entre les espoirs et les pros avec des passerelles et des entraînements communs. Mais je pense que dans beaucoup de clubs, on oublie toujours de continuer à former les jeunes or, je crois que les routines et les gammes doivent toujours être travaillées. Aujourd’hui, on se focalise tellement sur le match du week-end, on est tellement sur la stratégie globale pour gagner le week-end qu’on en oublie un peu le développement du joueur et notamment du jeune joueur qui a souvent moins de temps de jeu et qui, pour en avoir, demanderait à exceller sur ces domaines tactiques, stratégiques plus qualitatifs sur le travail. 

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Un bon joueur, c’est comme le bon vin : en vieillissant, il prend de la saveur ? 

 

Exactement, il prend de la saveur, de l’assurance et il se développe. 

 

Quand tu es arrivé au RC Suresnes, venant du club des  » frères ennemis  » de Massy, ça a quand même dû être bizarre ? 

 

C’est un peu particulier car j’avais dit à Massy que j’étais vraiment fatigué au bout de 10 ans et que j’arrivais un peu en fin de cycle. J’ai annoncé à Morgan que j’arrêtais d’entraîner et dans le mois qui a suivi, j’ai été appelé par Alexandre Compan pour se rencontrer et parler de l’équipe première de Suresnes. 

 

Justement, tu peux nous parler de ce binôme avec Alexandre Compan ? 

 

C’est un binôme qui a très vite très bien fonctionné sur le côté où on avait envie de créer du jeu de mouvements. On avait cette envie commune d’avoir des joueurs les plus idéaux possibles c’est à dire de très bons joueurs de rugby qui se déplacent, qui prennent des initiatives, qui ont envie de jouer et de courir. 

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L’intelligence situationnelle, c’est quelque chose qui doit te plaire ? 

 

C’est ça, j’aime beaucoup ce côté prise d’initiative et intelligence situationnelle, évidemment avec un peu ce côté un peu utopique du rugby du jeu de mouvement et du placement, où tout le monde joue et est capable de faire les bons choix au bon moment mais sans oublier un réel attachement au vrai niveau de ce qu’est le très haut niveau de la Nationale où on est aussi un peu rattrapé par la vérité du terrain. 

 

Est-ce qu’on peut faire un peu d’introspection sur la saison passée et sur celle en cours du RC Suresnes ? 

 

Je pense justement que, ce qui est intéressant, c’est la première année où on jouait, surjouait, où on osait tout et que c’était quelque chose qui était très ancré en nous. Quand je suis arrivé, il y avait déjà un effectif choisi mais qui était plutôt armé pour de la Fédérale 1 puisque, l’année dernière, il n’y avait pas la connaissance de cette poule élite. Cette année, on a recruté des joueurs qui nous plaisaient aussi bien dans le mouvement que dans l’humain mais également dans la capacité à encaisser des entraînements à haute intensité et à être un apport pour l’équipe au niveau stratégique. 

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Ce samedi, vous débarquez à Albi face à un gros pack. Pour toi l’entraîneur des avants, trouver la clé est quand même un beau challenge ? 

 

Albi n’est pas qu’un gros pack, il ne faut pas les prendre que comme ça. Connaissant très, très bien Mathieu, je trouve que c’est une équipe qui lui ressemble c’est à dire une équipe bosseuse, rigoureuse, très, très forte sur les fondamentaux, les bases et la conquête, c’est une évidence. Mais ça serait leur faire injure que de dire qu’il n’y a que devant et aujourd’hui, par rapport au match aller, je trouve qu’un joueur comme Charly Trussardi leur apporte beaucoup dans la vitesse autour des rucks. Je trouve aussi que c’est une équipe très complète stratégiquement et je crois que c’est une équipe que je n’aimerai pas beaucoup jouer en phases finales parce qu’elle est vraiment capable d’être très embêtante à jouer. 

 

Comme tu le disais, tu as connu Mathieu Bonello à Massy. Ça va sûrement être un plaisir pour toi de le retrouver ? 

 

D’une, je suis très content et de deux, je vais quand même lui rendre un petit hommage car je pense que si Massy en est là cette saison, c’est parce qu’il y a eu des fondations très fortes que ce soit en conquête mais aussi dans le changement au niveau de l’esprit de travail. Je pense qu’il a beaucoup apporté au club et je sens qu’il est en train de faire la même chose sur Albi. Moi, ce que j’aime beaucoup, c’est que cette fois, c’est moi qui vais prendre ses arguments puisque je suis dans le rôle du petit poucet et de dire  » nous, on y va pour montrer qu’on a du caractère « . Ça sera déjà pas mal que de montrer ça contre Albi.

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Si vous voulez encore espérer et entretenir la flamme de se qualifier en play-off, ça passe obligatoirement par un très gros résultat ici au Stadium ? 

 

Avec Alex et Mathieu, on n’avait pas pris les choses comme ça mais on avait plutôt tablé sur un nombre de points sur ces 4 matchs. Il est évident que si on arrivait à faire un résultat, et même de prendre un point sur Albi serait un bon résultat pour nous puisqu’on avait tablé entre 8 et 12 points sur ce bloc. Évidemment, si on peut faire 12, ce serait top, on a fait 5 contre Blagnac, Valence-Romans reste un vrai regret car, pour nous, on doit prendre le point de bonus mais on se le fait enlever à la dernière seconde. Encore une fois, c’est l’apprentissage d’une meilleure gestion du jeu et d’être plus précis sur nos fondamentaux. 

 

Le match du week-end dernier est sûrement votre match référence de la saison où vous avez quand même emmagasiné beaucoup de confiance car, passer 64 pions à Blagnac, ce n’est pas tout le monde qui le fait ? 

 

C’est toujours un peu pareil, on parle toujours de match référence quand il y a des scores fleuve mais moi, je pense que Blagnac a un peu lâché les 20 dernières minutes ce qui nous permet de mettre beaucoup de points. Ce qui est sûr, c’est que c’est un match qui est satisfaisant sur la conquête ainsi que sur les ballons de récupération et où, pour une fois, il y a tout qui nous sourit un peu. On peut passer de match référence à match moyen sur deux actions qui font débloquer un match et qui font perdre la tête à l’équipe d’en face mais je pense qu’on a fait de très bons matchs sur d’autres équipes. Contre Blagnac, on a eu la chance d’avoir très, très peu de déchet sur ce qu’on a produit. 

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Question un peu décalée : en amont de l’interview, Olivier Pouligny me disait qu’avec toi, il fallait parler de vin et de restauration. Pour l’épicurien que je suis, ça me convient très bien donc on a compris que tu avais fait tes études dans le vin mais qu’est-ce qui corrobore le côté art de la table ? 

 

C’est un peu le même esprit que ce je fais dans mon restaurant à savoir que je suis très axé vin, nature, bio et biodynamie donc sur le produit et sur la qualité de ce que te donne le sol. Je pense que c’est un peu pareil sur la bouffe, quand on a des supers produits, on a qu’à les sublimer par une belle cuisson et par de beaux légumes ou de beaux féculents, une belle sauce et tout va bien. C’est simple, c’est bon mais efficace. 

 

Donc, si on voit Gueuleton chez Joffrey Delacour, on ne sera pas étonné ? 

 

Non, pas du tout (rires). 

 

C’est tout ce qu’on aime entendre sur le rugby qu’on aime et on te remercie pour cette interview

 

Avec plaisir et je vous dis à ce soir avec le plus de monde possible.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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