#Rugby – Nationale / Alexandre Albouy (Albi) : «Le chemin n’est pas toujours tout droit mais l’essentiel est de continuer à monter!»

L’ex international français, Alexandre Albouy s’est présenté en conférence de presse en amont du déplacement à Chambéry. L’adjoint de Mathieu Bonello, est revenu sur la victoire face à Dax qui lui a procuré de belles émotions sur le bord de la pelouse et qui a permis aux jaunes et noirs de s’ancrer dans le quatuor de tête. Mais l’entraîneur des 3/4 du Sporting Club Albigeois n’en oublie pas le défi qui attend les tarnais ce week-end en Savoie face au SO Chambéry (19eme journée de nationale).

Chambéry Vs Albi une rencontre de la 19eme journée de Nationale à suivre en direct radio dès 14h45 sur le #MagSport by LFM81

Le sport et le rugby, ce sont beaucoup de rationnel mais aussi de la passion et des émotions. On peut dire que ce week-end, on a eu notre lot d’émotions ?

 

Oui, tout à fait. C’est le genre de match que j’aime, j’avais beaucoup aimé aussi le match de Nice. C’est le type de match qui me donne de l’enthousiasme, ça peut tendre certaines personnes mais moi, ça me donne de l’enthousiasme car il se passe des choses et que c’est là qu’on peut prendre de l’expérience collective et qu’on se construit. C’est difficile de dire un chiffre mais je considère que le sport, c’est beaucoup dans la tête et quand on arrive à gérer ce genre de situation, c’est que le collectif en sort grandi. 

 

Une chose est sûre, vous avez le mental ? 

 

On l’a depuis le début. On cherche à construire un groupe et non une équipe, on n’a pas à se plaindre de ça depuis le début de la saison et je pense que le groupe a une âme. Il l’a prouvé sur ce match là mais sur d’autres aussi, les scénarios ou les circonstances font que parfois, ça se passe bien ou pas bien mais on peut s’appuyer là-dessus. 

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Il y a eu un trou d’air pendant les 20 premières minutes. J’imagine que, maintenant que vous êtes à froid, vous avez dû l’analyser, quelles en sont les causes pour toi ? Le manque de rythme ? 

 

C’est comme tout, on fait des réunions, on essaye de chercher la cause un peu de tout. C’est parfois difficilement palpable, on peut faire de très bonnes semaines d’entraînements et de mauvais matchs ou une très bonne mise en place et un mauvais match et inversement. A l’échauffement, on avait l’impression d’être dedans, il n’y avait pas de voyant qui disait que. Même si la semaine de travail avait été bonne, peut-être que le fait de n’avoir pas joué pendant 3 semaines voire un mois a joué. On a peut-être été un peu surpris, Dax avait joué la semaine d’avant et avait peut-être un peu plus de rythme. Mais bon, fausse excuse ou pas, je n’ai pas la réponse nette mais ce qui est sûr, c’est qu’on n’était pas dans l’intensité au début du match et qu’on l’a payé. 

 

Sur le coup d’envoi, vous préférez jouer. Était-ce une consigne donnée car il y aurait possibilité de se mettre à l’abri en donnant un grand coup de godasse pour sortir du camp sans plus alors que les joueurs font le choix de jouer le ballon ? 

 

Je ne vais pas rentrer dans la stratégie de toute l’équipe mais je vais juste donner un paramètre, on était contre le vent. Est-ce qu’il fallait vraiment le jouer ou pas ? En tous cas, si ça s’est ouvert par la suite, c’est peut-être parce qu’on a joué celui-là. Ça fait partie des plans de l’équipe, et je rappelle qu’on était contre le vent. 

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On a beaucoup parlé de la profondeur du banc mais il y a aussi sûrement eu le fait d’avoir un gros coffre physiquement. Le fait que vous soyez au-dessus physiquement sur ce match vient peut-être du foncier de début de saison ? 

 

Je ne sais pas. Franchement, je ne suis vraiment pas sûr qu’on soit au-dessus physiquement sur ce match tout comme je n’ai pas vu une équipe plus dominer que l’autre sur ce secteur-là donc non, sur ce point-là, je n’ai pas vu qu’on avait dominé physiquement. 

 

Après le match, tout le monde s’est accordé pour dire  » coaching gagnant « . Est-ce qu’il y a clairement eu un apport du coaching que vous avez mis en place ? 

 

Là, je suis complètement d’accord sur l’apport du banc. On parle côté stratégie, on avait le vent en 2e mi-temps, j’y reviens, on savait qu’on avait une profondeur de banc que Dax n’avait pas forcément. Ça, ça fait une réelle différence mais pour le physique, je n’en suis vraiment pas certain. 

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Vous avez aussi joué sur les extérieurs un peu plus que d’habitude ? 

 

Non, pas forcément, je crois que c’est le jeu qui a guidé. Déjà, il fallait qu’on se remette la tête à l’endroit par rapport aux 20 premières minutes et ce n’est pas moi qui ai écrit le rugby. Le rugby, ça commence devant avec des choses simples donc on s’est recentré sur des ballons portés pour se retrouver et se remettre la tête à l’endroit. Une fois que ça a été fait, on a réussi à développer notre jeu et, en revenant comme il faut, on a su prendre le score à notre avantage. 

 

Avec Mathieu, vous avez fait du brassage ou du turn-over afin d’avoir une large revue d’effectif mais on se rend quand même compte qu’il commence à y avoir quelques indispensables, des joueurs qui s’affirment. J’ai regardé les stats de Parataiso Silafai Lea’ana, sur 1 400 minutes possibles, il en a déjà joué 1 270 donc est-ce que vous commencez à avoir des idées très claires sur une structure ou une ossature précise ? 

 

Très clair non, clair oui et j’espère qu’on a toujours les idées claires (rires). La construction d’une saison se fait comme ça donc, évidemment, plus on va se rapprocher de la fin plus les choses vont se resserrer. Qui y sera ? Aujourd’hui, je ne peux pas vous répondre mais quant à l’exemple de Taiso, il a rendu service à l’équipe pendant 3 ou 4 mois en jouant 13, ce qui n’est pas son poste de base donc humainement déjà, merci à lui pour l’équipe même s’il peut assumer ce poste sans problème. Mais maintenant que Baptiste revient, Gaëtan n’est pas là donc oui, il joue beaucoup, bien sûr qu’il fait de bons matchs mais il y a également le banc qui est un peu moindre et on peut moins tourner à ce poste-là. 

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Il va peut-être falloir faire souffler les joueurs comme Taiso qui sont beaucoup utilisés pour préparer les play-off car il ne faudrait pas qu’ils y arrivent carbonisés ? 

 

Exactement, c’est toute une gestion que l’on aura. Quand on parle de brassage, il y a revue d’effectifs mais aussi la gestion des uns et des autres en fonction des disponibilités. Quand on est pléthorique à certains postes, ce n’est absolument pas gênant et la gestion se fait toute seule avec la concurrence tandis qu’à d’autres postes, il faut que l’on arrive à le gérer différemment. 

 

Puisque tu parles des disponibilités, est-ce qu’on peut avoir un état des lieux assez précis ? On sait qu’il y a Benoît Sicart avec son genou, on a vu Jérémy Russel touché samedi dernier, là, tu nous parles de Gaëtan qui est semble-t-il blessé. Est-ce qu’on peut savoir qui est sur le flanc ou un peu en retrait pour l’instant ? 

 

Le check médical a eu lieu mardi matin donc on fera le point dans la semaine. Hormis les blessures longue durée comme Benoit ou Gaëtan qui la traîne depuis un bon moment, je pense que ce n’est vraiment pas grave pour Jérémy. Comme on ne jouait que dimanche, on a aussi donné le temps au staff médical de gérer un peu tout pour que l’on puisse reprendre tranquillement mardi. Ensuite, on a fait le point. 

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Mathieu nous disait que Gilen avait un problème au pied. Où est-ce que ça en est, est-ce que ça s’arrange ? 

 

C’est en train de s’arranger. Ce que nous voulions, c’est qu’il revienne à 100% donc il revient tranquillement, déjà pour que lui se sente bien. Pour nous, le mieux est qu’un joueur soit à 100% mais j’en reviens à la problématique car c’est toujours pareil, pour pouvoir tourner à certains postes, il faut qu’il y ait du monde. Mais le mieux, c’est que le joueur soit à 100%. 

 

Le match contre Chambéry a été l’un des plus réussis par le Sporting Club Albigeois sur la phase aller. Aujourd’hui, les leviers et le contexte seront complètement différents, déjà parce-que Chambéry ne tourne plus pareil qu’en début de saison mais on sait aussi que la Savoie, au pied des montagnes, c’est une terre assez hostile ? 

 

Ce n’est pas pour prendre le contrepied mais non, le match contre Chambéry n’était pas abouti du tout. On perd 9 à 0 au bout de 15 / 20 minutes, je pense franchement contre le jeu car c’est nous qui faisions le jeu et que l’arbitre les a pas mal aidés en 1ère mi-temps mais je n’aime pas parler de l’arbitre. Après, c’est vrai qu’on est resté dans le match mais le score s’est fait dans les 10 dernières minutes où on marque 3 essais donc, pour moi, le score qu’il y a n’est pas le reflet qu’il y a entre les deux équipes. 

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Pour toi, est-ce que les enseignements apparus lors de la seconde mi-temps contre Dax doivent être re-transposés sur le match de Chambéry ? 

 

Le rugby, c’est un sport de contact, c’est celui qui a envie d’avancer. Déjà, quand tu as ça, on peut parler du reste et quand tu ne l’as pas, c’est compliqué de parler de quoi que ce soit d’autre, de ballons portés ou de ballons à l’aile. 

 

Il reste 8 matchs dont 5 à l’extérieur. Ça veut dire que, en restant respectueux et humbles, il faut essayer de systématiquement ramener quelque chose des déplacements pour justement conforter cette place et ensuite envisager sereinement les play-off ? 

 

Vous allez forcément rire mais je ne regarde jamais le classement et d’ailleurs, je n’en parle pas du tout. On se concentre sur nous pour ne pas se disperser même si je ne dis pas qu’on ne le regardera pas à l’avant-dernière ou à la dernière journée, on n’est pas fou. C’est vrai qu’il ne reste que 8 matchs, ça va passer vite mais je préfère qu’on se centre sur nous, ça reste le plus important. Le match de Chambéry qui arrive sera un match de travail, on n’aura pas la pression comme quand on reçoit ici. Bien sûr que si on peut ramener quelque chose, on le prendra mais ça va être avant tout de continuer à travailler notre rugby. Quand on met les choses dans l’ordre et qu’on les fait comme il faut, le reste est censé suivre et si les autres sont meilleurs que nous et bien, ils sont meilleurs que nous. Moi, je regarde beaucoup le contenu et ce qu’on met dedans et, toujours selon moi, le résultat est la conséquence de ce qu’on met dedans. Il y a parfois des paramètres de l’autre équipe qu’on ne peut pas maîtriser, parfois l’arbitre et d’autres fois les conditions extérieures mais si nous, on y met déjà ce qu’il faut, ce sera satisfaisant et on aura rempli le contrat. 

Quel est le chantier du moment ? Sur quoi as-tu l’œil particulièrement acéré ? Mathieu a parlé de plusieurs chantiers à court, moyen ou long terme mais quelles sont actuellement tes priorités à toi ? 

 

Les mêmes que Mathieu, on les travaille ensemble. Je ne vais pas dire quel secteur on travaille, ça regarde notre équipe, il y a la conquête, l’attaque, la défense, le champ profond, la relance, les coups-francs, les pénalités. Nous, on se donne des priorités en fonction de certains moments de l’année parce qu’on estime que c’est à ce moment-là mais en fait, c’est une continuité de tout. Quand on commence à mettre l’accent sur un secteur, on en oublie automatiquement un autre mais c’est humain et ça veut dire qu’il faut tout le temps faire des piqûres de rappel. Oui, on dit  » c’est tel thème à tel moment  » mais il ne faut pas laisser tomber le reste, par exemple, il a forcément fallu que l’on parle des deux essais qu’on a pris contre Dax le week-end dernier et remettre l’accent sur certaines choses. 

 

Pour revenir sur Dax et ces deux essais, la meilleure solution était peut-être celle que vous avez choisie à savoir les laisser  » cracher leur venin  » pour mieux les contrer après ? 

 

Si on peut éviter de perdre 20 à 3 … (rires). C’est toujours pareil, je préfère le scénario où on perd et que, finalement, ça nous secoue un peu et qu’on peut remonter que celui contre Nice où à 14 à 3 au bout d’un quart d’heure, on se dit  » c’est bon, c’est gagné  » et de voir le résultat à la fin. Ce qui est bien dans l’expérience collective, c’est de l’avoir vécue et de se rendre compte que ce n’est pas parce-que tu gagnes que tu vas gagner à la fin et inversement, que ce n’est pas parce-que tu perds que tu vas perdre au final. Un match, c’est 80 minutes, il faut tout donner et comme je le dis, le contenu compte, chaque petite chose compte. Si je prends un exemple, c’est parce-que Mbappé n’a pas mis le pénalty qu’on ne s’est pas qualifié et bien non, il s’est quand même passé beaucoup de choses dans le match avant. Chaque petite chose qui se passe pendant le match sont les conséquences à la fin. 

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Quelle est ton analyse sur cette équipe de Chambéry, ce que tu en penses, ses points forts ? 

 

C’est une équipe qui, pour moi, est à sa place, dure dans le duel, avec de très, très bons joueurs, très bien organisée et qui aime jouer au ballon. A nous de nous adapter à cette équipe, on en discutera un peu plus avec les joueurs mais c’est une équipe avec qui on devra rivaliser dans le défi physique. Pour répondre à ta question de tout à l’heure, je pense qu’il y aura un peu de dureté au pied des montagnes  et là où il faudra que l’on réponde en priorité, c’est dans le combat. 

 

En parlant de déplacements, ceux du Sporting sont quand même épais : Chambéry dont on vient de parler, VRDR et Soyaux-Angoulême qui sont des concurrents aux play-off, Aubenas et son contexte chaud bouillant et Tarbes où ce n’est jamais simple d’aller à Trélut. On va avoir de vrais juges de paix dans ces déplacements ? 

 

Complètement mais de toute façon, c’est toujours dans la difficulté que l’on se forme. Quand on vit de mon expérience, j’ai eu la chance d’arriver au bout que ce soit avec les jeunes, avec les grands ou en tant qu’entraîneur avec Lavaur, tu n’es jamais premier du début jusqu’à la fin dans une saison. Ce n’est jamais un long fleuve tranquille et c’est souvent dans la difficulté que tu te construis, c’est là que tu vois si ton équipe a de la ressource et c’est là qu’elle acquiert de l’expérience collective. Ce sont les joueurs qui doivent le vivre, nous, on est là pour leur donner des outils et les aiguiller mais c’est aux joueurs de le vivre. Je prends souvent cette image de quand je dis à mes gamins  » ne touchez pas ça, ça brûle  » mais tant qu’ils ne se sont pas brûlés, ils ne l’ont pas vécu et en fait, il faut le vivre. On parle d’émotions mais ça fait partie du sport et l’équipe a besoin de vivre ces moments. 

 

Comme le disait Mathieu samedi soir, c’est autre chose qu’un match que vous avez gagné samedi soir avec l’expérience acquise sur cette confrontation qui, effectivement, était mal engagée ? 

 

Exactement, c’est plus qu’un match car il y a toute cette expérience collective de ce que vivent les joueurs et des choses dont ils se rendent compte. C’est important, c’est comme la dernière occasion de Nice où j’étais enthousiaste car je me disais  » si on marque là … « . Le match n’est pas abouti, loin de là mais c’est de te dire que tant que l’arbitre n’a pas sifflé, le match n’est pas fini, que ce soit dans un sens ou dans l’autre. 

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Il y a eu de l’émotion samedi mais également de l’initiative de la part des joueurs et c’est bien pour avancer ? 

 

C’est très bien. Il y a eu des comportements et j’ai aussi parlé samedi soir de la réaction du public qui a senti quand les joueurs ont remis la marche avant et là, le public les a aidés. Ça, c’est super important mais pour tout le monde et pour la construction de tout. 

 

Quel est le mot d’ordre pour ce week-end ? Les abeilles vont aller piquer les éléphants chambériens ? 

 

Tu as employé l’expression  » au pied de la montagne  » et bien, on va voir jusqu’où on peut monter. 

 

Attention, le Mont Blanc n’est pas loin ! 

 

Ouh, ça va peut-être être haut alors. Non, le mot d’ordre sera de continuer à travailler notre rugby et continuer ce que l’on fait depuis le début de la saison. Chaque marche doit être gravie, il arrive parfois qu’on en monte deux et qu’on en descende une. L’essentiel, c’est  » on est parti de là, on veut arriver là  » et le chemin n’est pas toujours tout droit mais pour nous, l’essentiel est de continuer à monter puisqu’il y a une montagne à passer.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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