#Rugby – Nationale / Julien Beaufils (Dijon) : «Une blessure aussi grave c’est une première pour moi!»

Blessé depuis l’intersaison après une rupture des ligaments croisés qui devrait le laisser éloigné tout au long de la saison, Julien Beaufils nous a livré un entretien pour nous parler tant de son approche de la blessure que de la rééducation et de sa vision de ce premier gros aléa de sa carrière. Élevé à la mamelle du stade Dijonnais depuis son adolescence, ce grand espoir du rugby bourguignon, a profité de sa longue absence des terrains pour transmettre aux plus jeunes. Mais ce pilier de devoir n’en oublie pas porter un regard sur la saison des pensionnaires du Stade Bourillot qui lutte pour le maintien en Nationale. Rencontre avec l’un des étendards de la nouvelle génération de rugbyman made in Côté d’Or.

 

Crédit photo Stade Dijonnais

 

Toi qui as tout connu avec le Stade Dijonnais, pour la première fois de ta carrière, tu as subi une grosse blessure à l’intersaison avec une rupture des ligaments croisés. Où en es-tu de ce gros pépin ? 

 

Comme tu le dis, une blessure qui prend autant de temps et qui est aussi grave est une première pour moi, c’était aussi une première opération pour moi. J’ai l’impression que c’est un peu la case par laquelle il faut passer car c’est quand même du vécu pour tout le monde, une blessure aux ligaments croisés arrive à la plupart. J’en ai profité pour m’investir dans d’autres parties du club comme l’école de rugby et du coup, tout le temps que je ne passais pas sur le terrain, je le passais à m’occuper des jeunes de l’EDR.

 

Cette activité a dû te donner un peu plus de hauteur et de profondeur sur ta vie de rugby en général ? 

 

Depuis trois ans, je poursuis des études dedans, dans l’entraînement et l’animation donc ça m’a forcément permis d’en apprendre plus et de passer plus de temps sur le terrain en tant qu’entraîneur puisque, les années précédentes, j’étais souvent sur le terrain en tant que joueur le week-end. Maintenant, je suis passé de l’autre côté, côté entraîneur, ce qui te fait obligatoirement réfléchir sur certaines choses et parfois, tu vois le rugby autrement. 

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On va revenir sur ta blessure, les ligaments croisés, et on a l’impression que de plus en plus de rugbymen sont assujettis à ce genre de blessure. Comment analyses-tu cette recrudescence de blessures aux ligaments croisés ? 

 

Si je parle de moi et de mon histoire personnelle, c’est arrivé sur un appui mal placé. Du coup, c’est surtout une technique de course qui a été mal réalisée mais aussi une technique d’appuis et un changement de direction ce qui m’a valu une telle blessure. Ça peut arriver sur des appuis, sur des contacts, on sait qu’on joue un sport qui est violent et dur, de plus en plus dur et de plus en plus rapide avec des physiques de plus en plus importants et la blessure fait partie de tout ça. Mais pourquoi les ligaments croisés arrivent de plus en plus, je ne peux pas répondre à cette question. 

 

J’imagine que tu dois être entre les mains du staff médical du Stade Dijonnais et de Marc Patte ? 

 

Oui, exactement, notre kiné Marc Patte qui m’a fait faire du très bon boulot et qui est aussi très lié avec Martin, notre prépa physique. Le mélange des deux fait que ma rééducation se passe très bien. 

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Une rééducation un peu plus longue que pour certains dans l’équipe qui avaient eu cette blessure car, du fait que tu sois pilier, tu es soumis à beaucoup plus de pression sur le genou avec la technique de la mêlée ? 

 

C’est ça. On a par exemple eu un 3/4 qui a repris le rugby pendant l’année en revenant des ligaments croisés et je pensais suivre le même protocole que lui en 7 mois mais finalement, il a fallu me rajouter deux mois de plus donc mon retour sur les terrains va se faire au bout de 9 mois de rééducation. C’est surtout à cause du fait qu’il y ait les mêlées qui mettent une pression énorme sur les genoux et, pour être sûr d’être prêt à 100%, il faut que l’on parte sur un protocole de 8 mois 1/2 / 9 mois. 

 

On va parler de la saison du Stade Dijonnais qui est compliquée. Je suppose que tu dois souvent ronger ton frein au bord du terrain à voir Dijon buter à quelques secondes, quelques encablures et quelques détails d’une victoire ? 

 

Tu ne peux même pas imaginer à quel point mon envie de rentrer sur le terrain est importante. Je trouve même que, pour l’instant, c’est encore plus stressant d’être au bord du terrain que d’être dessus. Ça me fait un peu mal de voir tous les week-end mon équipe tenir le match quasiment jusqu’à la fin et laisser des plumes sur quelques minutes qui nous font perdre les matchs. Malheureusement, vu que je suis un peu écarté du groupe au niveau des terrains, je ne peux pas trop expliquer ce qu’il se passe. C’est bien sûr malheureux mais je passe quand même un peu de temps avec eux la semaine et je vois très bien que tout le travail tourne autour de ces difficultés et que tout le monde essaye d’y répondre, que ce soit les joueurs ou le staff. On attend que notre travail paye car, en tous cas, ce n’est pas ce qui manque. 

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Face à Albi, à l’extérieur, vous craquez à la fin, contre Tarbes, vous aviez le bonus offensif à un quart d’heure de la fin et vous terminez avec le match nul. Face à Soyaux-Angoulême, il y avait 13 à 13 jusqu’à la 68e minute et vous teniez la bonne corde. Honnêtement, qu’est-ce qu’il manque à ce Stade Dijonnais pour arriver à basculer du bon côté ? 

 

Je pense qu’on a tous les ingrédients, on a des joueurs de qualité avec des individualités et un collectif qui est plutôt compétent. Mais, comme je le disais, je ne suis pas sur le terrain avec eux donc, savoir ce qu’il manque à la fin, c’est un peu la question qui revient tous les week-end et celle à laquelle on essaye de répondre sans arriver de trouver de réponse de jour en jour et même de semaine en semaine. 

 

L’année dernière, on t’appelait un peu  » le fils à Bécasseau « . On a vu que  » papa Bécasseau  » avait un peu pris du grade car il est capitaine maintenant ? 

 

Oui, j’ai l’impression que papa Bécasseau a retrouvé sa jeunesse. J’ai même presque envie de dire que si j’arrive à jouer comme lui à son âge, ce seront déjà de bons objectifs. Il fait de très bons matchs, il arrive à pousser les mêlées jusqu’à la fin de la rencontre et parfois à la 80e minute. Maintenant, il a pris son poste de capitaine qu’il arrive à bien gérer et franchement, c’est une bonne année pour Mr Bécasseau. 

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On va dire qu’il y a une autre similitude entre toi et Jérémy Bécasseau, c’est l’attachement à la Bourgogne ? 

 

On est tous les deux passés par le Pôle Espoir de Bourgogne Franche Comté, moi, j’ai commencé par le CREF puis par le Pôle Espoir. On a tous les deux commencé le rugby professionnel à 18 ans avec le Stade Dijonnais puis, lui a suivi un autre chemin et moi, je continue dans ce club. 

 

Tu as tout connu avec ce club de Dijon : la Fédérale 2, la Fédérale 1 et la Nationale. Tu es un peu monté en puissance en même temps que le club ? 

 

Exactement, je suis arrivé quand le club était en Fédérale 1 mais quand j’étais en équipes jeunes, j’ai vu le club monter de Fédérale 2 à Fédérale 1, se maintenir, avoir des difficultés, réussir à les surmonter. Des difficultés comme on en rencontre cette année, c’est du vécu donc je ne me fais pas de souci pour eux ni pour le club, on arrivera à surmonter tout ça. 

 

Dans l’amélioration du club, il y a quelque chose qui est attendu impatiemment, le nouveau stade avec la réfection et l’aménagement de Bourillot. Avoir de belles infrastructures est quelque chose d’important pour toi, en tant que joueur ? 

 

Je pense que c’est quelque chose qui est très attendu par les joueurs, on ne va pas se le cacher. Changer un peu tous nos vestiaires, avoir un peu plus de place et de mobilité, avoir des installations un peu plus modernes et, forcément, la modernité fera venir un peu plus de personnes car je sais qu’il y aura des salles pour se réunir et pour manger dans cette nouvelle tribune. Je pense que de la modernité au sein d’un club qui n’a pas trop changé depuis quelques temps et qui, en tous cas, est en train d’évoluer ne pourra que faire du bien à tout le monde. 

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Cette réception d’Aubenas ce week-end est un peu  » peur sur la ville  » car il ne faut surtout pas perdre ce match ? 

 

J’ai presque envie de dire que, que ce soit Aubenas ou d’autres matchs, mais oui, celui-là principalement, on n’a plus trop le droit de laisser des points derrière nous. Forcément qu’Aubenas ce week-end sera un gros combat, c’est certain, c’est un match qui est très attendu et beaucoup travaillé. Pour ce week-end, il n’y aura pas trop droit à l’erreur, c’est sûr.

 

L’année dernière, à partir du mois de Février, vous avez fait une série de matchs où vous avez remporté beaucoup de rencontres à domicile et même à l’extérieur. Qu’est-ce qui s’était passé ? Etait-ce le fait qu’il n’y ait plus la pression de la descente qui vous a permis de vous relâcher et de jouer votre rugby à fond ou bien, était-ce un déclic qui s’est fait ? 

 

C’est vrai qu’en fin d’année dernière, on avait bien rectifié le tir. Je pense que le fait de se dire qu’on allait être maintenu dans tous les cas a joué un grand rôle, ça nous a permis d’être un peu plus libres. On jouait plus pour jouer, on n’avait pas de pression derrière et finalement, c’étaient les bons ingrédients pour retrouver une bonne équipe qu’on n’avait pas vue depuis le début de l’année. 

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On va conclure en parlant de ton club formateur, ton premier club, car avant le Stade Dijonnais, il y en a eu un autre ? 

 

C’est ça, j’ai commencé le rugby à 11 ans à Saint-Apollinaire, un petit club à côté de Dijon. Suite à des sélections en équipes de Côte d’Or et de Bourgogne, je suis arrivé à 15 ans au Stade Dijonnais pour ensuite jouer dans les équipes moins de 16 et moins de 18 avant d’intégrer l’équipe professionnelle. 

 

On ne peut te souhaiter qu’une chose, celle de pousser à pleins poumons derrière le Stade Dijonnais dans les tribunes ce dimanche face à Aubenas

 

Il est sûr que je ne les lâcherai pas ! Vous m’entendrez au bord, c’est certain.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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