#Rugby – Nationale / Jordan Peyri (Dijon) : «J’ai faim de rugby et de temps de jeu!»

L’ex Talonneur d’Agen et de Tarbes viens de vivre une année 2021 très compliqué. Privé de rencontre avec Marmande du fait de l’arrêt des compétitions la saison dernière en fédérale 1, ce pur produit du rugby corrézien a subit un grave blessure cet été (talon d’Achille) tout juste après avoir posé ses valises en Bourgogne. Après ce long tunnel de scoumoune, Jordan Peyri voit 2022 comme l’année de la résurrection et vient de faire ses premiers pas sous les couleurs du Stade Dijonnais, face à son ancien club (le Stado TPR lors de la 17ème journée de Nationale). Ayant découvert le Stade Bourillot lors de la journée précédente, ce grand fan du CA Brive Corrèze, espère pouvoir apporter toute son énergie et sa grinta dans l’objectif maintien des Dijonnais : à commencer ce week-end face à l’armada de Soyaux Angoulême. Rencontre avec une recrue du club bourguignon qui, a « faim de rugby et de temps de jeu ».

 

Ton arrivée au Stade Dijonnais a été un peu avortée à l’intersaison par une vilaine blessure. J’imagine que tu aurais rêvé d’un tout autre départ avec cette équipe bourguignonne ? 

 

Il est sûr qu’en arrivant ici, je ne m’imaginais pas me blesser aussi gravement ni surtout que ça prenne autant de temps. Mais finalement, j’en avais pour 7 mois et je suis revenu au bout de 5 donc je me dis que maintenant, il n’y a plus qu’à faire le boulot, essayer de gratter le maximum de temps de jeu et se maintenir. 

 

Quand, comme toi, on arrive dans un club et une ville que l’on ne connaît pas et qu’on se blesse de suite, comment fait-on pour ne pas broyer du noir et toujours regarder vers la sortie du tunnel ? 

 

C’est compliqué, j’avais déjà fait pas mal de sophrologie et du coup, j’ai continué. Vu que j’avais 15 semaines de plâtre, je suis rentré chez papa / maman, ce qui fait du bien, et ils se sont bien occupés de moi. Quand je suis revenu ici, j’ai été pris en charge par les kinés du club qui m’ont très, très bien soigné et m’ont ainsi permis de revenir avec deux mois d’avance alors que personne n’y croyait car, normalement, c’est une blessure qui est très, très longue. Finalement, on a fait du très bon boulot et ça me permet d’être sur le terrain. Quant aux joueurs, malgré le fait que je n’ai pas joué ni pu montrer ce que je valais sur le terrain, ils m’ont quand même très bien intégré au groupe et m’ont aussi sollicité pour d’autres tâches ainsi que les coachs qui ont fait en sorte que je reste toujours dans la vie du groupe. 

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Quand tu es arrivé à Dijon et qu’est survenue cette blessure, tu as dû te dire  » j’ai la scoumoune « . Tu signes à Marmande l’année dernière, vous faîtes 5 matchs et les compétitions sont arrêtées, cette année, tu signes à Dijon et tu blesses. Tu as dû te sentir  » mafré  » ? 

 

C’est ce que je me suis dit mais surtout, alors que je devais reprendre contre Angoulême, terrain gelé puis Covid le week-end d’après, je me suis dit  » ce n’est vraiment pas de chance « . Mais je prends ça positivement, je pensais que ça allait être très, très dur mentalement et finalement, je n’ai pas trouvé ça si long que ça car le prépa physique a réussi à ne pas me faire faire tous les jours la même chose, ça a été pareil pour le kiné. Du coup, au final, je n’avais pas le temps d’être dans une routine. 

 

Le beau clin d’œil, c’est que pour ton premier match sous les couleurs dijonnaises le week-end dernier, tu es rentré face à Tarbes, l’un de tes anciens clubs. La boucle était bouclée, c’était un petit clin d’œil du destin ? 

 

Oui, un petit clin d’œil du destin. Ça m’a déjà fait plaisir de revoir d’anciens coéquipiers ainsi que les coachs, quand j’y étais, ils entraînaient les espoirs mais ils travaillaient beaucoup avec nous. Et puis, ça te met une petite pression supplémentaire de jouer ton premier match à Bourillot car tu as envie de montrer. J’ai eu 12 minutes de temps de jeu mais ça n’était que du plaisir et surtout face à Tarbes où il y avait encore un peu plus d’émotions. 

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Quelle a été la force d’attraction pour que tu ailles à Dijon, toi l’enfant du Sud-Ouest ? 

 

Avec Marmande, on avait fait trois matchs où ça s’était plutôt bien passé puisqu’on en n’avait pas perdu un, on était allé battre Niort, qui était l’épouvantail de la poule, à Niort. Benjamin Noirot m’a appelé en me disant qu’il cherchait un talonneur, c’était le niveau Nationale et moi, j’avais toujours pour ambition de rebondir et de jouer au plus haut niveau possible à l’instant T. Du coup, je ne me voyais pas refuser ça sachant que j’attendais un peu car Djalil Narjissi était parti à Agen, voulait récupérer d’anciens Agenais et que lui aussi m’avait fait une proposition. Vu que ça a un peu avorté, j’ai signé à Dijon et, vu que je l’avais fait relativement tôt, j’avais aussi un peu assuré mes arrières vis à vis de la période Covid où on ne savait pas trop comment ça allait se passer. La Nationale jouait encore et donc, c’était un petit plus. 

 

En parlant d’Agen, c’est un club qui te tient bougrement à cœur car tu as été formé là-bas ?

 

 Oui, j’ai été formé à Agen et j’ai connu pas mal de choses avec eux. C’est un club qui m’a beaucoup apporté sur le plan personnel mais aussi sur celui de l’état d’esprit, pour voir comment se passe le rugby pro. J’ai fait des feuilles de matchs avec les pros et du coup, ça te donne envie d’aller chercher encore plus. 

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Tu connais cette équipe de Tarbes par cœur et, on l’a encore vu le week-end dernier, c’est une équipe qui ne lâche rien car vous n’étiez pas loin du bonus offensif et, à la fin, vous terminez avec un match nul. J’imagine qu’il devait y avoir beaucoup de frustration dans le vestiaire mais, en même temps, il y a peut-être des éléments à tirer de cette équipe de Tarbes qui se sont accrochés comme des diables ? 

 

C’est ça, on savait très bien qu’ils n’allaient rien lâcher de la première à la dernière minute. Ça a été la guerre dans chaque ruck, ils voulaient avancer à chaque ballon qu’ils avaient. Nous, on a très bien tenu le match mais on perd sur le fil, je dis  » on perd  » car on le prend vraiment comme une défaite et non comme un match nul car, dans la course au maintien, on doit prendre tous les matchs un par un et prendre tous les points possibles. On a laissé passer deux points qui pourraient compter à la fin et on trouve ça très dommage. 

 

Surtout que le prochain match est certes à Bourillot mais la mission va être très rude puisque vous allez recevoir Soyaux-Angoulême qui est l’une des plus belles équipes de Nationale ? 

 

Effectivement. On a déjà un peu épluché leurs vidéos et ça fait quelques semaines qu’on en voit car, d’après ce que j’ai compris, ils jouent des équipes que l’on va aussi rencontrer un week-end avant nous. Du coup, on a beaucoup de vidéos d’eux et ça joue très, très bien, c’est solide devant, ça se déplace de partout et c’est pareil derrière. C’est une équipe avec un gros effectif qui a déjà joué en Pro D2 et on sait à quoi s’attendre. On va essayer de préparer ça du mieux possible pour aller chercher la victoire comme tous les week-ends car tous les week-ends, bien que l’on joue le maintien, on essaye d’aller chercher la victoire. 

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Médiatiquement, on a vu que lorsque le match entre Dijon et Soyaux-Angoulême avait été annulé, les Charentais ont mis  » quelques pièces  » aux Dijonnais. Est-ce que ça peut être une source de motivation pour vous ? 

 

Je pense qu’on va prendre tout ce qui est en notre faveur pour nous motiver mais je crois que nous n’avons vraiment pas besoin de la sphère médiatique pour y arriver. Quand on joue le maintien, on doit être des chiens sur tous les matchs, on ne peut pas se louper sur le combat ni sur l’agressivité. Donc, on n’a pas forcément besoin de ça mais bien sûr que ça sera une pièce en plus pour nous motiver. 

 

Ce qui est quand même rageant pour Dijon, c’est qu’Aubenas a fait le taf à la maison mais que, par contre, Cognac avait perdu et qu’il y avait possibilité de revenir dans leurs rétros. Là, vous avez totalement grillé une cartouche ? 

 

Oui, on a grillé une cartouche mais, si j’ai bien compté, il nous reste encore 12 matchs et on va tous les jouer pour les gagner. Je pense qu’il faut déjà qu’on se concentre sur nous et si nous, on fait le boulot, on regardera les autres après. 

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Après le match face à Soyaux-Angoulême, il y aura une autre rencontre en retard à Bourgoin entre deux équipes qui jouent le maintien. Ce match va sentir le soufre ? 

 

On les a battus à la maison mais pas sur un gros score et je pense que ça va être un match où il va y avoir beaucoup de combat et d’agressivité. Ça sera un peu le match de la survie. 

 

Selon toi, quels sont l’ADN et le levier du groupe de joueurs que vous avez qui peuvent vous permettre de vous transcender et d’aller chercher ce maintien ? 

 

Depuis la Fédérale 1, le Stade Dijonnais est un club qui jouait tout le temps le haut de tableau. L’année dernière, en Nationale, même s’il n’y avait pas de descente, ils avaient à cœur de se maintenir et ils ont réussi. Cette année, on a aussi envie de s’appuyer ce qui s’est passé l’an dernier à savoir ne jamais lâcher pour aller de l’avant et se maintenir. 

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Le seul truc que l’on peut te souhaiter, c’est de te maintenir avec Dijon mais surtout de croquer à pleines dents dans les minutes de jeu que va te proposer le coach car j’imagine qu’après une saison Covid l’année dernière plus six mois sans rugby cette année, tu dois avoir faim de rugby ? 

 

Oui, j’ai faim de rugby et de temps de jeu et du coup, je vais prendre tous les entraînements et tous les matchs par plaisir et donner le maximum pour aussi essayer d’apporter à l’équipe.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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