#CarnetNoir – Rugby / Guy Laporte : Disparition d’un mythe de l’ovalie française et de l’idole du peuple graulhetois.

L’enfant de Beaufort (31) qui a irradié de son talent le rugby rieumois et graulhetois, tout en écrivant sous le maillot frappé du coq certaines des plus belles pages du XV de France, vient de disparaître brutalement ce vendredi 28 janvier 2022 aux alentours de 22h . Emporté par un infarctus dans sa 69 eme année, Guy Laporte dont le coeur battait à la chamade pour le ballon ovale, s’en est allé plongeant le rugby français, le peuple graulhetois et ses proches dans une profonde tristesse.

Guy Laporte sous les couleurs de l’équipe de France

Héros du Grand chelem 81 avec son légendaire drop à Lansdowne Road, vice champion du monde 87 lors de la première coupe du monde (finale perdue face aux All Blacks), celui qui présidait le SC Graulhetois vient de laisser orphelin toute une ville ainsi qu’une génération qui avait vibré au gré de ses exploits. C’est un pan du rugby graulhetois qui s’est éteint tout comme l’étendard d’une ovalie à l’ancienne porteuse de valeurs emplies de franche camaraderie, de ripailles et de quelques coups de gueule bien sentis. Joueur de légende sur un terrain, doté d’une technique au pied hors du commun, Guy Laporte savait se muer en ami fidèle parfois un brin taquin, pour ceux qu’ils adoptaient dans le cercle de son affection.

Le décès de Guy Laporte laisse le Sporting Club Graulhetois orphelin – Crédit photo DDM

L’homme était tout aussi affable, que son rire plein de bonhomie ne pouvait laisser insensible. Jamais avare d’une anecdote hilarante ou d’un bon mot, Guy Laporte était un bonbon au miel pour celui qui écoutait ses récits toujours teintés d’un brin de malice. Aimant raconter les homériques 3eme mi temps du XV de France, comme ironiquement regretter que les sapins du stade Pélissou de Graulhet ne soient plus squattés par d’éphémères locataires les jours de match, cet éternel passionné n’etait pas qu’un orateur invétéré de son sport, mais bel et bien une de ses légendes.

Crédit photo Le #MagSport

Successivement manager du XV de France, président du comité de sélection, puis vice président de la FFR, Guy Laporte avait par dessus tout deux couleurs tatouées dans son cœur : le rouge et le noir. C’est tout naturellement qu’après avoir porté fièrement les couleurs Graulhetoises en tant que joueur, qu’à l’aurée de sa destinée dans le rugby national, cet ouvreur de légende avait pris les destinées du club des mégissiers. Co-Président du SCG, Guy Laporte était tout autant un papa pour les joueurs, un porte-drapeau dans les instances de l’ovalie, qu’un supporter invétéré d’un club qui lui aura donné ses plus belles joies sportives.

Le pied en or de Guy Laporte sous le maillot bleu

Capable d’appeler Bernard Laporte en pleine tournée du XV de France en Australie cet été , pour faire entendre la voix de son club, ou encore de punchlines dont le verbe et la gouaille ont très souvent délecté les auditeurs du MagSport, Guy Laporte était de ses figures du rugby qui ne laissent pas insensibles. L’aura et le charisme de l’homme s’étaient certes consacrés sur un terrain de rugby, tant avec Graulhet où il atteindra les demi-finales du championnat de France et du Challenge Yves Du Manoir, qu’avec l’équipe nationale, mais la faconde de « Monsieur Guy » (comme nous l’appelions dans notre rédaction) avait fait de ce chasseur de drop, un véritable poème ovalien.

Guy Laporte un orateur d’exception /Crédit photo DDM

Le grand chelem 81 ou cette 1ere coupe du monde en Nouvelle Zélande (1987) avait écrit son histoire ,(sans oublier sa participation en tricolore à « l’essai aux milles passes », )mais Graulhet fut pour ce 10 au pied d’or sa patrie d’adoption. Idole du Stade Pélissou à l’heure « d’un grand Graulhet » faisant trembler l’ensemble de l’élite rugbystique hexagonale, Guy Laporte avait fait de la cité des mégissiers un jardin qu’il cultivait avec amour. Conseiller général du canton au cœur des années 90, ambassadeur de la ville, celui qui réussissait la prouesse de passer des pénalités du talon à l’entraînement, s’est toujours évertué à rendre au centuple l’amour viscéral que ce territoire industriel lui avait donné.

Crédit photo Christophe Fabries / Rugby Amateur

Dans cette terre de labeur qu’est Graulhet, Guy Laporte était un magicien pourvoyeur de rêve en tant que joueur, puis devint le gardien d’un temple sacré, une fois président des rouges et noirs. Après de nombreuses années de galère et de pain noir pour la génération Montbroussous, Montels, Regnier et consorts, celui qui avait commencé sa carrière à Rieumes vivait une seconde jeunesse cette saison. Grâce à la patte d’un de ses fils spirituel (Benoit Belot) et de l’albigeois Jean Christophe Bacca, son si cher SCG était en train de renaître de ses cendres sous la férule de ce binôme d’entraîneurs. Guy Laporte, qui n’était pas étranger à la chose, s’enthousiasmait de voir la bande à Boulogne et Maisuradze redonner des lettres de noblesse au rugby graulhetois, et voir re-poindre qui sait le doux parfum des playoffs en fin de saison. Goguenard, il aimait imaginer ce regain sportif récent de son phrasé si caractéristique d’un : « Je crois qu’ils ont pris le goût au sucre.».

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Cette montée en Nationale 2 qui commençait à se dessiner doucement, était parfois une sources de tracas pour l’international au 16 sélections tant le fossé financier et structurel pouvait paraître grand entre une fédérale 1 amateur et une Nationale 2 semi Pro. Mais, une fois la raison rangée au placard, la passion reprennait le dessus, avec son cortège de joies et de fierté non feinte, d’apercevoir les mines à nouveau bercées de sourire dans les travées du club centre tarnais. Guy Laporte recelait aussi de jardins secrets plus enfouis. Pour exemple, cette passion dévorante qu’une simple étincelle pouvait faire naître au grand jour : celle du vélo et du Tour de France l’égayant chaque été. Incollable sur le sujet, Guy Laporte était intarissable de souvenirs et laissait percevoir une pointe d’admiration pour ces forçats de l’effort solitaire , lui le métronome d’un sport de combat collectif.

Guy Laporte en action face à l’Ecosse

De sa voix rocailleuse typique de ses origines méridionales et occitanes qu’il revendiquait à plein poumon, ce « 10 moderne » esthète du ballon ovale avant l’heure, savait aussi parler avec passion de l’Aubrac (où résidait ses amis les Bastide) et du Gers (de son ami Michel Courtes le président de Fleurance), deux terroirs où il prenait joie à partager les plaisirs simples de l’art de la table. Un enfant illustre du rugby vient de s’envoler posant une chape de plomb sur Graulhet. Alors qu’un XV de France le rendant heureux de par sa résurrection sportive va entamer le tournoi des VI Nations, et que « son Graulhet » entame la dernière ligne droite du championnat, il est sûr que du du haut du Panthéon de l’ovalie, Guy Laporte rouspétera, tancera et apostrophera l’arbitre lors de certaines décisions comme à l’accoutumée. Mais il est tout aussi certain que son âme et sa foi en son sport, pousseront « ses petits » tricolores ou rouges et noirs, dans leurs quête d’exploits futurs les faisant rayonner au firmament.

Crédit photo SCG Officiel – Arnaud Bertrand

Un grand chelem pour l’un, et une montée en Nationale 2 pour l’autre, pourrait être l’hommage qui sied le mieux à ce personnage, talentueux, atypique et bougrement attachant qui a donné jusqu’à son dernier souffle au rugby. Le MagSport vient de perdre un intervenant passionné et un auditeur assidu, la ville de Graulhet son idole,tandis que le rugby tricolore perd une légende . Guy Laporte dans un ultime drop de la vie vient d’entrer dans la voie lactée de l’ovalie, et la garnir d’un nouvel astre.

Adissiatz Guy …

L’ensemble de la rédaction présente ses plus sincères condoléances à sa famille, ses proches, ainsi qu’au Sporting Club Graulhetois.

Article rédigé par Loïc Colombié

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2 commentaires sur “#CarnetNoir – Rugby / Guy Laporte : Disparition d’un mythe de l’ovalie française et de l’idole du peuple graulhetois.

  1. bravo au rédacteur, du bout de mon nez collé à la balustrade des populaire de Noël Pelissou dès mes 6 ans en 1957, j’ai suivi les invincibles Graulhetois entrant sur le terrain en courant et propageant une fumée nasale sans égal et foudroyant l’adversaire. Guy s’était fondu dans ce monde de valeurs amicales et comme vous le dites faisait renaitre nos couleurs. J’invite tous les lecteurs à lire et ainsi apporter l’intégralité de la part de ‘l’auteur au secours populaire et l’école de rugby du sporting, en mémoire de Guy que vive le sport amateur.
    https://livre.fnac.com/s1364/Sports-Loisirs-Transports

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