#Rugby – Nationale / D.Pitcho (SAXV) : «Je ne vous cache pas que c’est une situation très difficile et compliquée!»

Didier Pitcho, le président de la SASP « SAXV Charente Rugby Pro » nous a accordé une entretien grand format où il revient sur le parcours des charentais depuis l’union entre Soyaux et Angoulême. Après avoir monté les échelons de la fédérale 3 à la Pro D2, le SAXV a connu une relégation en Nationale et du se renouveler tant en terme d’effectif , que de ressources économiques. Avec là pertes des droits TV afférents à la Pro D2 (1,7 million), couplé à l’impact de la crise du Covid 19 (huis clos, perte de billetterie et de réceptifs), le président Pitcho ne nous cachait pas qu’il a du se retrousser les manches avec l’ensemble de son conseil d’administration et rester prudent sur la sphère économique. Mais grâce aux bas de laine constitués durant les 5 saisons en Pro D2, Soyaux-Angouleme a pu repartir dans la jeune division nationale avec ambition et détermination. Malgré qu’il soit impressionné par le niveau et la qualité de cette division naissante, Didier Pitcho espère vivement remonter directement dans l’antichambre du Top 14. Rencontre avec un président qui dirige les destinées du SA XV depuis 10 ans (Asso+SASP), et qui vient à Albi certes avec humilité, mais en espérant que ses hommes, après un départ raté, frappent un grand coup en terre tarnaise, a l’instar de ce qui a été fait à Valence Roman lors de la 9eme journée.

Albi Vs SAXV : Une rencontre à suivre en direct radio via « Le #MagSport WebTV / Radio » dès 18h45.

Depuis la montée en Pro D2, vous êtes le président de la SASP SA XV. Ce club de Soyaux-Angoulême qui est la fusion de ces deux villes, de ces deux clubs, existe depuis 2010, on peut dire que beaucoup de chemin a été parcouru. Beaucoup d’aléas mais beaucoup de chemin parcouru de la Fédérale 2 à la Pro D2, en passant par la Nationale.


Effectivement. La création a même été faite en Fédérale 3. Dès la première année, nous avons accédé à la Fédérale 2. Effectivement, il y a eu beaucoup de chemin parcouru en hausse comme en dégradée. Effectivement dernièrement, on a connu un coup d’arrêt, et une chute.


Ce coup d’arrêt, cette chute en Nationale on peut dire que c’est une respiration un peu pour le SA XV, après avoir franchi pas mal d’étapes très rapidement ?


Effectivement on a monté trois divisions très rapidement, puis on s’est installés en Pro D2 jusqu’à la septième place avant l’arrêt pour le covid. On ne le prend pas comme une respiration, mais comme un nouveau départ. Même si la situation a été difficile à accepter pendant un certain temps puisque nous avions des équipes de niveau des dix premières places au moins de Pro D2.

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Quand on descend de Pro D2 à la Nationale, il y a un gros gouffre financier. C’est-à-dire qu’on perd 1,7M de droits TV. Comment on fait avec 1,7M en moins dans le budget pour maintenir un navire amiral, professionnel à flot ?

Il faut savoir que non seulement vous perdez 1,7M, mais puisque nous avons pris la crise covid, nous avons perdu 1,2M de partenariat. La suite a été beaucoup plus brutale et pour nous ça a été un peu la double peine. Il faut serrer les boulons de partout. Maintenant, il se trouve que pendant cinq ans, nous avions une gestion saine. Puisque la SASP a été bénéficiaire pendant cinq ans. Les fonds propres servent à colmater les brèches. L’actionnariat suit, et le soutien de tout le monde permet de tenir le coup. Je ne vous cache pas que c’est une situation très difficile et compliquée.

Pour vous et un club comme Soyaux-Angoulême, rester deux, trois, quatre ans en Nationale, sans ces droits tv, ça pourrait induire une baisse de budget et un ralentissement du développement du club ?

Dès la première année, on a une baisse de budget. On perd pratiquement 3M donc ça induit beaucoup de choses. Rester trois-quatre années, ça serait très difficile. L’objectif est de remonter la première année, je ne vous le cache pas.

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Pour Soyaux-Angoulême, vous êtes un des plus gros budgets de cette Nationale avec VRDR. On voit quand même que dans ce championnat, les équipes qui descendent de Pro D2 ont un avantage financier puisqu’elles sont un peu plus structurées et ont un peu plus de trésor de guerre comme on dit…

On est vraiment organisés. Le soutien de la Ligue au départ nous a bien aidé. Nous sommes organisés et prêts à remonter en Pro D2. On a un service commercial performant. On a su pérenniser un certain nombre de partenaires. Ce qui fait qu’aujourd’hui, en partenariat, nous sommes sans compter les acteurs majeurs à environ 2,4-2,5 millions. Ce qui est notamment inférieur à notre statut quand nous étions en Pro D2. Mais ça permet d’assurer un budget correct et plus que correct.

Pour le moment vous êtes en Nationale. Quel regard portez-vous sur ce championnat et sa structuration. Vous arrivez dans ce nouveau championnat. C’est sa deuxième saison. Vous avez j’imagine un regard sur les failles, les défauts, les réussites de ce championnat.

Vous savez pour moi un des meilleurs championnats c’est la Pro D2. Je trouve que la formule imaginée par la Fédé est excellente. Elle se rapproche de la Pro D2. C’est un championnat long, à la différence de la Pro D2, nous avons 14 clubs contre 16. Mais toutes les équipes que nous rencontrons sont d’un excellent niveau, et on s’aperçoit que la création de la Nationale a tiré le rugby amateur vers le haut. De nombreuses équipes peuvent postuler à la Pro D2.

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Et puis dans cette Nationale, comme elle est en création, on va dire en gestation, il y a des débats riches entre président. On l’a vu avec le débat sur les jokers médicaux, sur la diffusion des matchs de Nationale. Ça doit rappeler un peu les quelques débats d’il y a quelques années en Pro D2 ?

Je pense qu’effectivement cette Nationale est pratiquement le copier-coller de la Pro D2 d’il y a une dizaine d’années. On s’aperçoit que ça tire le rugby vers le haut et également les spectateurs. Je ne vois pas trop de failles dans ce championnat si ce n’est qu’il faudrait que le statut soit le même qu’au niveau de la Ligue. Ce qui n’est pas le cas. Il faudrait qu’un club qui descende ne soit pas pénalisé par ses contrats par rapport aux autres clubs. Dans notre cas, nous avions les contrats et les joueurs sont restés. On n’avait aucune possibilité de s’en séparer puisque c’étaient des CDI et ça nous a pénalisé parce qu’ils n’ont pas tous le statut licence 1. C’était très pénalisant pour nous. Nous avions des joueurs avec des licences B mais avec des statuts de licence A. La règle est totalement différente entre la Nationale et la Pro D2. On s’est retrouvé pénalisés à la fois financièrement et sportivement par cette différence de statut. C’est la chose, il faudrait un petit peu une harmonisation. Ça commence avec le joker et je ne doute pas un seul instant que les autres harmonisations vont intervenir dans les mois qui viennent.

Quel est l’objectif pour Soyaux-Angoulême cette saison ? Se restructurer ? ou monter directement ?

Ce n’est pas se restructurer puisqu’on l’est déjà. On l’était, et on a essayé de conserver le maximum de structures qu’on avait en Pro D2. Même au niveau de l’organisation, de l’accueil du public. Toutes les procédures d’accueil de Pro D2, nous les avons pratiquement maintenues au niveau Nationale. Ce qui fait maintenant que même au Stade Chanzy, nous avons un service d’ordre et conforme à ce que demandait la Pro D2. Notre vigilance est pratiquement la même que l’année précédente. Maintenant l’objectif au départ, c’était la qualification. J’oserais presque dire que c’est le minimum vital.


VRDR est comme le SAXV un club unioniste. On voit que c’est une grande mode. C’est quelque chose qui peut apporter de nouvelles perspectives pour rayonner sur un territoire large?

En fait, Soyaux et Angoulême, la vie commune existait déjà bien avant. Depuis 20-30 ans, nous avons monté une école de rugby commune. Plusieurs joueurs en sont sortis et évoluent à des niveaux comme le TOP 14 ou la Pro D2. En fait, nous c’était une nécessité pour Angoulême. Il y avait deux clubs qui végétaient, il fallait unir toutes les forces. Maintenant, je ne suis pas convaincu que ça soit forcément l’avenir. J’aime bien cet écrémage sur tout le territoire. C’est ce qui m’a plu dans le rugby. Nous c’était une nécessité parce qu’on n’avait pas le choix autrement c’était la mort assurée de deux clubs.

Comment on se débrouille quand on créé un nouveau club pour respecter les deux identités du club et en créer une nouvelle ?

Dans notre club, les deux identités n’en n’ont fait qu’une. Pour moi, le SAXV, ça a été une création nouvelle. Dans mon esprit le Sporting Club d’Angoulême est mort, et le RC Soyaux est mort. Nous avons créé un nouveau club qui bénéficiait de l’antériorité de ces deux clubs, qui étaient quasiment au même niveau. C’est une nouvelle identité qu’on a créée. Faut l’avouer sur les 10 premières années, le club a été assez performant.

Ce week-end vous rencontrez Albi, que vous aviez croisés lors de la saison 2016-17 en Pro D2. Vous montiez en Pro D2 et eux faisaient leur dernière saison à cet étage. Comme on dit les chemins se croisent.

Exactement, les chemins se croisent et c’est avec plaisir que je retourne à Albi. C’est un des premiers clubs que nous avons rencontrés quand nous sommes arrivés en Pro D2. J’ai beaucoup de plaisir à aller dans cette région. Il y a tellement de choses à voir et à bien manger.

Certes à Albi on mange bien et il y’a de belles choses à voir (la cathédrale, la cité épiscopale etc), mais aussi une équipe à battre? C’est une équipe en reconstruction mais qui est assez redoutable. J’imagine que ça doit aussi vous mettre en appétit ce genre de défi face à un ancien pensionnaire de la Pro D2…

Oui de toute façon nous y allons avec beaucoup d’humilité. Nous avons eu tellement de revers cette année et de déception, surtout en début d’année qu’effectivement, on ne va pas faire les fanfarons en allant à Albi. Maintenant je ne cache pas que notre désir depuis deux mois maintenant, c’est de remonter au classement. Si on veut continuer, ça passe par une victoire à Albi. Maintenant, je ne doute pas que les Albigeois ne vont rien faire pour nous laisser passer.

Un bilan sur ce début de saison. On arrive quasiment à la mi-saison, on est à trois matchs de la fin de la phase aller. Quel bilan vous pouvez dresser, vous êtes content au point de passage où on est ?


Ecoutez, je vous le dirais plutôt à la fin de l’année. Sincèrement, j’ai été très déçu par notre début de saison. On a fait trois défaites d’affilé. On n’était pas à la place que l’on aurait dû avoir sur le papier. Maintenant, les stigmates de l’année dernière étaient encore parmi nous. On a eu du mal à se redresser de cette saison qui a été assez catastrophique pour nous. On est en train de redresser la barre. J’espère que ça va continuer. On verra à la fin des matchs aller. Mais je suis assez satisfait des dernières semaines qui nous remettent plus conforme à nos ambitions.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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