#Rugby – Nationale / E.Escribano (Blagnac) : «Ça va être un gros combat ce soir!»

Du côté du stade Ernest Argelès, la citadelle imprenable de Nationale, Eric Escribano, le coach du Blagnac Rugby, prépare avec assiduité et sa passion caractéristique le derby occitan contre le Sporting Club Albigeois. L’occasion pour le coach des Caouecs en amont de cette 9 journée de nationale marquant le passage du premier tiers de championnat, de nous faire faire le bilan du début de saison des hauts – garonnais.

Blagnac Vs Albi : Une rencontre à suivre en direct dès 17h45 sur le #Magsport web radio

Les saisons se suivent et ne se ressemblent pas. L’année dernière, Blagnac avait eu un début de saison et un automne très compliqués tandis que cette année, c’est un peu l’été indien ?

 

Oui, c’est un peu ça. Pour l’instant, on arrive à bien maîtriser à domicile et on avait tout fait pour bien débuter à domicile en reprenant beaucoup plus tôt ce qui a bien payé pour ce début de saison. Maintenant que l’on est en période hivernale, on va bien voir ce que ça donne sur notre terrain. 

 

Avec une victoire à l’extérieur à Massy qui, quand on voit leurs résultats actuels, est loin d’être anodine ? 

 

Elle n’est pas anodine mais c’était le premier match de la saison, tout le monde était en train de se chercher et on a eu l’avantage de les prendre au bon moment car aujourd’hui, ils marchent sur tout le monde. Tant mieux pour nous car cette victoire va peut-être compter énormément dans notre objectif maintien à la fin de la saison. Il fallait les prendre à ce moment-là et tant mieux pour nous. 

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On en est déjà à la J9, vous avez vu quasiment les 2/3 des équipes de Nationale. Pour vous, à Blagnac, quelle est l’équipe qui vous a le plus impressionnée ? VRDR ? 

 

Oui, je pense que Valence-Romans est largement au-dessus mais même Massy sur le match qu’ils font, ce sont eux qui font tout le jeu et nous, on n’est que dans un système défensif. On tient le choc, on tient le choc et on a ce jour-là un Antoine Renaud qui est sur un 100% dans le jeu au pied mais ils nous avaient dominé dans les séquences de jeu. Il y a aussi Chambéry qui est une équipe qui use beaucoup devant, un peu comme Valence-Romans et, petit à petit, ce sont des rouleaux-compresseurs qui s’emboîtent sur la ligne défensive et, à un moment donné, on craque. La moindre faute se paye cash et je pense que c’est ça qui est compliqué, les trois équipes sont largement au-dessus depuis le début de la saison. 

 

L’année dernière, on sait que vous aviez eu des problèmes en début de saison car, pour les pluriactifs que vous êtes, il était dur de s’adapter aux exigences de la Nationale quasiment professionnelle. Comment vous êtes-vous organisés pour passer ce cap ? 

 

Ce qu’on a changé un peu, c’est qu’on a rajouté une grosse séance de récupération tous les lundis soir avec tous nos kinésithérapeutes et nos médecins, ce qui a permis que nos joueurs récupèrent mieux. Ça a été le premier point et on a aussi rajouté une séance pour tous les joueurs qui peuvent se libérer professionnellement ainsi que pour tous les étudiants, car on en a quand même pas mal, qui viennent le mercredi faire une séance de technique individuelle. Je crois que, petit à petit, ça nous a fait monter les paliers du projet Blagnac Rugby et de Benoit Trey qui est de grandir doucement donc, étape par étape, on essaie de se rapprocher de ce qui se fait de bien partout et dans les grosses équipes de notre championnat. 

Avec aussi un joli recrutement cet été et on a l’impression que la greffe a bien pris avec les nouveaux arrivants ? 

 

Je crois qu’on les a bien sélectionnés, on a surtout eu de bons entretiens, on a essayé d’avoir des joueurs avec un bon état d’esprit et je pense que c’est ce qui a marché. Je n’en sortirai aucun du lot parce qu’ils nous apportent chacun leur expérience mais ce sont des joueurs qui sont aussi devenus pluriactifs donc qui découvrent ce monde. Ils amènent leur bonne humeur, leur exigence du monde pro pour ceux qui étaient au-dessus et ils découvrent cette exigence que l’on a dans notre équipe. Mais ça fonctionne bien et je suis content que nos « sergents recruteurs  » ne se soient pas trompés, ils ont fait du super boulot et c’est vraiment super d’avoir deux anciens Caouecs présents dans la cellule de recrutement et ils ont vraiment fait un super boulot. 

 

Comment a évolué l’ADN du Blagnac Rugby ou a-t-il évolué cette saison, un peu comme ton équipe ? 

 

L’ADN, c’est qu’on essaye de mettre un peu plus de jeu et de volume de jeu. Je crois que les joueurs y prennent un peu plus de plaisir, on a perdu des joueurs qui étaient un peu plus athlétiques, massifs pour jouer notre style de rugby donc, avec Romain, on a décidé de jouer un peu plus dans les espaces et un maximum debout. C’est ce qui fait notre force depuis le début de saison, notre philosophie a complètement changé, les joueurs ont adhéré et c’est tant mieux. On va croire jusqu’au bout à ce projet même si je dis que la période hivernale sera peut-être dure pour nous parce-que nous n’avons pas les joueurs denses que nous avions l’année dernière comme Mignonat et Tolofua, des joueurs un peu solides devant et derrière mais ce n’est pas grave. On va rester dans la même philosophie, de jeu un peu debout et de prise de risques. 

Est-ce que le retour des supporters dans les tribunes participe au fait qu’Ernest Argelès soit devenu une citadelle imprenable ? 

 

Oui, ça y participe et surtout, je crois que ce qui fonctionne, c’est qu’on a essayé tout le monde dans le club que ce soit des anciens à l’école de rugby en passant par les babys qui commencent. Cette année, on a créé un groupe parrainage entre l’équipe une et toutes les équipes du club, les joueurs vont les voir, les petits viennent nous voir et donc, ça crée un moment intergénérationnel fabuleux et c’est ça qui est top, pour mon groupe comme pour le club de Blagnac. On est ce club famille qui doit continuer à exister et qui soit dépareillé dans ce monde Nationale, il y a d’autres clubs famille mais c’est notre particularité ici, à Blagnac. Ayant Toulouse et Colomiers à côté, qui sont deux citadelles imprenables en Top 14 et en Pro D2, à nous de rester dans notre dynamique et à cette position de 3e dans la Haute-Garonne. 

 

Un club intergénérationnel mais également un club qui a de la mixité puisque les filles de Blagnac sont allées en finale du Championnat de France et portent haut les couleurs Caouecs. Et avec entre autres Carla Neisen qui a ramené une médaille d’argent des Jeux Olympiques ? 

 

Exactement et, on va être clair, même cette année, on a essayé d’embaucher des filles. Il y a un gros travail qui est fait au niveau des garçons et des filles et je crois que c’est tout un club qui est en train de se construire. Benoit a voulu que tout se regroupe donc, maintenant, on fait même des réunions techniques entre les garçons, les filles pour essayer d’échanger et de trouver des idées entre filles et garçons et c’est génial jusqu’au moins de 12. On crée des réunions, on échange, c’est une osmose qui est en train de naître dans ce club, on s’est tous rapprochés les uns des autres et c’est ça qui est important. Je crois qu’on en avait besoin à Blagnac et c’est aussi l’identité que d’avoir des filles et des garçons à un très bon niveau. 

On va maintenant de ce match entre Blagnac et Albi en commençant par regarder dans les rétros. L’année dernière, il y avait eu un Blagnac / Albi avec une partie de bravoure du côté des Caouecs et ça avait été un match un peu électrique ? 

 

Un match électrique, oui mais surtout un match d’hommes et de vaillants. Je crois que, dès les premières minutes, Albi n’a pas su nous tuer ni tuer le score car on en aurait pris 40, il n’y avait pas non plus photo l’année dernière. Ils n’avaient pas réussi, ils étaient dans un jour sans et nous, nous avions réussi tout ce que nous avions tenté, il y a des jours comme ça dans le monde du rugby. Mes joueurs ne se voyant pas distancés y ont cru jusqu’au bout et ils ont bien fait, moi le premier. Je sais que les Albigeois n’ont pas oublié, je n’ai pas de doute sur leur capitaine André ou Calas qui n’ont pas oublié ce qu’il s’est passé et je sais très bien que, cette année, ils ne referont pas la même erreur. 

 

Vous pourrez quand même réutiliser les vieilles recettes de l’année dernière ? 

 

Non, on a changé de style et je m’adapte aussi. Je crois également que l’équipe d’Albi a complètement changé, c’est un autre style de jeu quand on les regarde jouer. Je pense qu’Alexandre Albouy et Mathieu Bonello ont essayé de transformer ce club avec leur vision à eux du rugby, ce qui leur plaît avec les joueurs qu’ils ont. On voit que ça ne joue pas pareil donc je crois que ça sera de nouveaux une opposition de styles, ils ont des joueurs très intéressants, je pense notamment à Bertrand ou Vasuinubu, l’ailier qui est le tueur de leur équipe. Et bien sûr, il y a l’identité albigeoise qu’a su inculquer Éric Béchu dans ce club et c’est ce qui me fait toujours plaisir parce-que tout le monde sait la relation que j’ai eu avec Éric. Devant, c’est solide, c’est gaillard et je crois que Mathieu Bonello n’oublie pas ça, il s’appuie sur un pack très dense et très solide. 

J’imagine que tu as étudié le Sporting Club Albigeois en long, en large et en travers cette semaine voire depuis quelques semaines. Selon toi, quelle est l’évolution du SCA depuis que Mathieu Bonello a pris l’équipe en main ? 

 

Moi, je crois qu’ils jouent beaucoup plus et qu’ils essaient beaucoup plus de choses comme le jeu développé ou de liaisons entre avants et 3/4. Ça se voit sur les matchs contre Suresnes et Chambéry, pourtant nous avions joué Chambéry la semaine d’avant mais ils les ont concassés et ils les ont passés au rouleau-compresseur mais pas comme on pourrait le penser, avec beaucoup de déplacements de leurs avants. C’est ça qui a vraiment évolué dans ce jeu, on voit des garçons qui se retrouvent dans un nouveau jeu et j’ai l’impression qu’ils y prennent du plaisir. 

 

Cet été, il y avait eu un match de présaison entre Blagnac et Albi. On ne peut pas en tirer de conclusion car ce n’est pas du tout le même contexte ni du tout le même état d’esprit ? 

 

Ce n’est pas du tout le même contexte, c’était un match amical de début de saison, on avait pris 30 points. Je crois que nous, nous sommes dans une course au maintien tandis qu’Albi envisage plus haut, même si Mathieu Bonello est dans un discours simple et propre en disant  » on ne vise pas la Pro D2, on construit un projet « . Mais je connais assez bien Mathieu Bonello, c’est un coquin, il dit que son groupe est en construction pour viser la Pro D2 dans 2 ou 3 ans mais il avait déjà fait le coup avec Lavaur et, à l’arrivée, c’est lui qui est champion de France. Ils étaient tous les deux avec Alexandre Albouy donc, ils savent bien mener la barque donc, je m’attends à une grosse équipe albigeoise qui aura soif de revanche suite à leur défaite et pour les joueurs entre-eux, suite à leur défaite de l’année dernière. Ça va être un gros combat ce soir et je sais que Mathieu va trouver les ingrédients pour essayer quelque chose chez nous. Et puis, ils font partie des favoris quand nous, nous sommes dans cette catégorie d’outsider, comme contre Nice. On va le jouer à fond, on ne va pas se mentir et on verra ce qu’il se passe sur le terrain.

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On s’est aperçu d’un inconvénient au niveau du calendrier : Blagnac joue toujours une semaine avant les adversaires qu’Albi rencontre la semaine suivante. Ça veut dire qu’Albi doit vous connaître par cœur car ça fait 8 matchs qu’ils vous étudient à la loupe ? 

 

C’est ça, on le sait. C’était pareil l’année dernière au niveau du calendrier avec Narbonne, j’en ai un mauvais souvenir car ils jouaient toujours comme ça et Narbonne était venu lancer sa saison chez nous l’année dernière. Ils nous connaissent à la loupe mais moi, je m’adapte tous les week-ends au nombre de blessés que j’ai et ça n’est jamais la même équipe donc ils auront encore quelques surprises ce week-end. Je vais tenter des coups de poker et on verra bien. 

 

Pour toi, quels sont et le point fort et le point faible d’Albi ? 

 

Je crois que son point fort, c’est la conquête, et même si c’est très disputé dans les airs, ils ont une touche et une mêlée conquérantes, ça a toujours été dans les gênes du jeu albigeois. Ils ont aussi Bertand qui est vraiment quelqu’un qui prend du milieu du terrain et qui leur permet d’avancer à chaque fois et donc, je crois qu’ils sont vraiment ancrés dans ce jeu et si on n’arrive pas à avoir de ballons contre eux, on sera en grande difficulté ce soir, c’est certain. Quant au point faible, je ne sais pas, on a beau étudié … Je ne me sers pas du match contre Valence-Romans comme référence car ils roulent sur tout le monde mais dans les matchs d’avant, Albi avait aussi marché sur tout le monde. Ils sont assez sûrs, ils s’appuient sur cette conquête, ça dépendra de l’équipe qu’alignera Mathieu Bonello mais je pense qu’il mettra une équipe expérimentée pour jouer à l’extérieur. 

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Quel est le mot d’ordre pour Blagnac dans ce derby occitan entre les Caouecs et les jaune et noir ? 

 

Qu’on prenne du plaisir. Mardi soir, en retrouvant mes joueurs après le match contre Aubenas, j’ai dit à mes joueurs  » vous avez fait le job dans la course au maintien contre Aubenas en faisant 4 – 0 et maintenant, c’est votre match, ce que j’appelle le match de gala. Faites-vous plaisir, faîtes plaisir à vos amis, à vos familles et aux supporters blagnacais « . J’espère qu’il y aura du monde, des supporters albigeois, des supporters blagnacais qui n’ont pas pu vivre ce match l’année dernière et, je crois qu’on a tellement peu de derby dans la région qu’il faut le vivre à fond et que tout le monde se fasse plaisir sur ce terrain pendant 80 minutes et que, victoire ou défaite, tout le monde sorte avec le sourire à la fin de ce match. 

 

En présaison, il y avait eu un grand moment de convivialité à Saint-Girons entre les deux staffs de Blagnac et d’Albi. Quel que soit le résultat ce soir, on peut de nouveau s’attendre à revivre ce type de moment ? 

 

Oui, je crois qu’on peut s’attendre à un grand moment de convivialité, également entre joueurs albigeois et blagnacais. On avait partagé un grand moment de chants et de bières tous ensemble et je crois que c’est ça qui fait la force du rugby. On est capable de s’engueuler sur le bord du terrain mais on se respecte car on sait tous ce que c’est de bosser, de préparer des matchs. Les joueurs le savent aussi, ils s’apprécient tous, ils se sont tous rencontrés dans leur jeunesse pour la plupart et un derby, c’est ça. Ce sont 80 minutes de guerre entre nous mais après, c’est vraiment de l’amitié, notre sport est beau et il faut qu’il continue à le rester avec des moments comme ça. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

Article en partenariat avec :

Blagnac Vs Albi : Une rencontre à suivre en direct dès 17h45 sur le #Magsport web radio

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