#Rugby – Nationale / T.Grégoire (Dijon) : «J’espère vraiment que le club va continuer à grandir!»

Le 3eme ligne du Stade Dijonnais, Timothé Grégoire, est revenue dans nos colonnes sur le début de saison des bourguignons ponctués d’une défaite inaugurale face à Albi et de 2 victoires fédératrices et acquises de hautes luttes face à Soyaux – Angoulême et Bourgoin. Pour ce dromois enchaînant une troisième saison avec les Stadistes, ce nouvel exercice de Nationale s’apparente comme un défi ou celui qui a gravit pas à pas les strates du club veut s’imposer sportivement après avoir été totalement adopté par le vestiaire. Partons à la rencontre d’un joueur qui est tout autant pluri actif sur un terrain qu’à la vie civile, où il combine rugby professionnel, travail chez un partenaire du Stade Dijonnais et études. Un joueur talentueux qui veut grandir à l’unisson des pensionnaires de Bourillot.

Pour toi commence une saison assez importante. Après être arrivé en tant qu’espoir au Stade Dijonnais, maintenant tu bascules dans la catégorie des grands comme on dit. Tu as une place à te faire auprès de cette belle équipe du Stade Dijonnais.

Oui c’est ça. C’est ma troisième année au sein du collectif Bourguignon. Je suis arrivé un peu sur la pointe des pieds comme on dit. Là, je me sens de mieux en mieux dans le groupe. Je suis comme tous les joueurs au sein de l’effectif. Je m’y sens de mieux en mieux. Je me sens très bien maintenant pour cette troisième saison.

On va parler de ce début de saison qui est réussi pour le Stade Dijonnais. Certes, il y a eu l’accroc de la défaite face à Albi à domicile. Vous auriez aimé offrir une victoire à votre public d’entrée de jeu. Mais derrière, deux beaux résultats, une victoire chez un ex-pensionnaire de Pro D2, à Soyaux-Angoulême, et puis la première victoire à domicile face à un mythe du rugby : Bourgoin. Que demandez de mieux ?

C’est sûr qu’il y a eu le faux pas à domicile mais je pense qu’après, sur la lancée de la fin de saison dernière où nous avions de meilleurs résultats et où nous avions réussi à trouver un meilleur état de confiance. Là à l’extérieur à Soyaux, on savait qu’on n’avait pas grand-chose à perdre. On gagne vraiment dans les derniers instants mais bon l’état d’esprit était super positif. Contre Bourgoin, face à une équipe qui ne nous réussissait pas les dernières saisons, les gros ont fait un super travail et on a réussi à l’emporter. Ça aurait pu tourner dans l’autre sens, mais bon au final ça fait deux victoires sur les deux derniers matchs, et deux sur trois. C’est un bloc qui est validé et c’est du positif pour les matchs qui vont arriver ensuite.

Deux victoires ultraserrées que vous êtes allés chercher collectivement aux tripes et au courage…

Ça on le sait. Il faut que ça soit un marqueur à chaque match où on doit se donner ensemble les uns pour les autres pour faire tourner les matchs. C’est encore plus joli quand ça nous sourit à la fin. A la fin à Soyaux, tout le monde était très content car c’était un peu historique pour le club. Ensuite la victoire contre Bourgoin, ça pouvait aussi être un match piégeux. Quand tu sais que tu as gagné la semaine d’avant à Soyaux, il ne fallait pas se relâcher. On savait très bien que Bourgoin arrivait avec deux défaites mais c’est une grosse équipe. Ils ont de gros joueurs et c’est bien parce que le groupe a fait une semaine un peu plus allégée, mais on savait très bien que le dimanche il allait y avoir un gros match à 15h.

On a l’impression qu’après la défaite face à Albi, il y a eu un déclic, une remise en question. On sait que le coach Noirot n’était pas du tout content de ce qui a été produit à Albi. On peut vraiment parler de déclic ce soir-là ?

Oui, je pense que tout le monde était déçu de commencer la saison comme ça alors qu’on retrouvait le public. Ça nous a piqué un peu pour nous dire qu’il ne fallait pas s’endormir. La Nationale, c’étaient toujours des gros matchs. Ça nous a rappelé le niveau de cette poule. Albi est venu nous cueillir chez nous. Après on savait qu’il fallait faire des gros matchs tout le temps, être présents. Les semaines d’entraînement sont vraiment importantes aussi. On n’a pas tellement de temps à chaque fois pour préparer le match. Il fallait que tout le monde soit focus à l’entraînement pour qu’ensuite le week-end ça marche. Des leaders ont pris la parole à la fin contre Albi. On savait que c’était un match perdu, mais la saison était, et va être encore, très longue. Il faut être concentré tout le temps pour pouvoir réussir le week-end.

On a la sensation en suivant Dijon de très près au Mag Sport que depuis le match de Suresnes l’année dernière, la victoire à domicile à Bourillot, il y a un état d’esprit, un fond de jeu qui est né au Stade Dijonnais que vous essayez de cultiver…

Oui je suis d’accord avec ça. Je revenais de blessure contre Suresnes. Je ne sais pas trop ce qui s’est passé ce jour-là, mais tout le monde avait envie de gagner ensemble. La fin de la saison était super pour le groupe parce que tout le monde allait dans la même direction. On savait que certains allaient changer de club, qu’il y en avait qui partaient, d’autres qui restaient. Mais on avait tous envie de gagner pour passer de bons moments ensemble. On savait qu’on n’était pas mis en danger pour la relégation. Je ne sais pas trop comment l’expliquer, mais l’état d’esprit a été largement meilleur. Tout le monde avait envie de gagner. C’est ça qui a fait la différence. Je pense qu’on est en train de le retrouver encore avec de nouveaux joueurs cette saison. C’est comme ça que le club peut accrocher des victoires.

C’est ce qui des fois n’est pas simple dans un groupe avec l’intersaison, c’est de garder les dynamiques positives de la saison d’avant, tout en incluant les nouvelles recrues avec leurs spécificités ?

Oui, là on a quand même perdu des joueurs importants. Le groupe vivait super bien la fin de la saison. Le fait d’avoir perdu ces quelques joueurs, ça a été un peu différent. Mais bon, il y a quand même un noyau qui est resté. Les nouveaux sont des mecs cools aussi. Ça fait un peu plus de temps qu’on est ensemble maintenant, et là, ils ont compris comment était le club et comment on fonctionnait ici. Je pense que maintenant, ça ne peut que bien marcher. On va voir comment ça va se passer sur les prochains blocs. Là maintenant, il y a du mieux.

Quel va être l’objectif dans le prochain bloc ?

Dans le prochain bloc, il y a deux déplacements pour commencer. Je ne sais pas exactement en termes de points. J’aimerais bien un résultat à l’extérieur comme à Angoulême. Ça serait super de le réaliser soit à Tarbes, soit à Aubenas. Ensuite la réception de Massy et un dernier déplacement à Nice. En tout cas l’objectif sera d’enchaîner à Bourillot après la victoire contre Bourgoin et ensuite un résultat à l’extérieur. On sait que ça va être compliqué. A l’extérieur, sans pression, ça peut être intéressant d’essayer de réitérer la performance qu’on a fait à Angoulême.

J’imagine que pour toi, qui était formé au Valence Sportif, puis au ROC, la rencontre face à Valence Romans Drôme, ça va être quelque chose de très particulier ?

C’est ce que j’ai regardé en premier quand le calendrier est sorti. J’ai vu que c’était en décembre où ils venaient d’abord à Bourillot. Je suis bien évidemment leurs résultats, même si je ne connais plus grand monde en joueurs. Beaucoup sont partis avec leur montée en Pro D2 et la descente. J’ai quand même encore des amis là-bas. J’ai vu leur bon début de saison même s’ils se sont fait surprendre à Dax. Je pense que c’est un très gros de la poule et j’ai vraiment envie de les défier. Je n’ai jamais eu la chance de pouvoir jouer en première quand j’y étais. J’ai vraiment envie de les défier et de voir ce que c’est que le très haut niveau de la poule.


Un regard sur l’ensemble de ce club. Toi qui as grandi dedans et qui les voit continuer à grandir ?

J’ai vu vraiment un club grandir. Ils avaient du mal un peu début. Je me souviens quand j’évoluais en B, le club avait du mal parce qu’ils étaient dans les derniers de Fédérale 1 Elite. Ensuite le retour à la Fédérale 1 normale, et là ils étaient vraiment très dominants. Il y avait de grosses différences entre les équipes comme on a pu l’avoir en Fed 1 classique. Ensuite, les années en Pro D2, ils ont eu de la chance de ne pas descendre directement avec le covid puis où ils sont descendus ensuite, mais ils ont fait une meilleure saison. Là ensuite, leur retour dans une Nationale qui je pense est bien relevée. Certains disaient « peut-être que Valence est au-dessus de tout le monde », là ils ont déjà perdu un match sur ce premier bloc. Je pense que c’est une grosse équipe qui est programmée pour remonter. Ce n’est vraiment pas fait d’avance et ils vont devoir lutter tous les week-ends.

Pour le petit Drômois que tu es, j’imagine que le match face à Aubenas a dû avoir une saveur particulière parce qu’on connait la rivalité entre Drômois et Ardéchois ?

Exactement, j’ai beaucoup d’amis qui jouent là-bas maintenant. Ça va être la première fois en sénior un défi à Aubenas. Ça me tient à cœur parce que j’ai de la famille pas loin. Avec le public, je sais que c’est quelque chose d’aller jouer là-bas. J’attends aussi impatiemment ce déplacement à Aubenas.

Parlons un peu du classement du Stade Dijonnais. Certes il n’y a eu que trois journées disputées, ça ne veut pas encore dire grand-chose. Mais il n’est pas trop mal ce classement ?

Oui on est en milieu de tableau.

Vous êtes troisième ex-aequo quand même …

Oui tout le monde a le même nombre de points. Après franchement au bout de trois matchs, je ne pense pas que ça veuille dire grand-chose. A la fin du prochain bloc de quatre, on pourra voir un peu plus clair. Là pour l’instant, des équipes se sont plus déplacées que d’autres. Nous, on a fait le travail en validant deux victoires sur trois. Ensuite, on verra. C’est bien de nous voir là. Ça fait du bien par rapport à la saison dernière où vraiment notre début de saison n’avait pas été bon. Là, c’est vraiment une autre dynamique et j’espère qu’on va pouvoir s’exprimer toute la saison. On ne part pas avec ce poids et ce problème qu’on avait eu la saison dernière. Là, c’est vraiment positif Maintenant, on sait que ça peut aller vite dans les deux sens.


On sait que le slogan du club de Dijon, c’est humain et ambitieux, l’année dernière, vous avez un peu capitaliser sur l’humain pour vous remettre la tête à l’endroit. On peut espérer que cette année vous allez renouer avec l’ambition ?


Oui. L’ambition a été donnée par le président, Philippe Verney, plusieurs fois aux journalistes où il a parlé de top 6. Voilà, il les a affichés clairement dans la presse. C’est à nous de montrer ce qu’on vaut sur le terrain. J’espère vraiment que le club va continuer à grandir. Moi j’ai vu l’évolution depuis que je suis arrivé, notamment des infrastructures, au Stade etc. Mais aussi dans le jeu, d’année en année, je pense qu’on fait mieux. J’espère que ça va continuer et que le club va continuer à se développer même au travers des changements de joueurs ou de staff qu’il peut y avoir. Ce qui est important, c’est que le club progresse.


On va parler aussi de ton double projet. En plus de ta carrière de rugbyman pro, tu as des cours la semaine et en même temps, tu travailles un peu chez un partenaire !


Voilà, c’est ça. Je travaille avec un partenaire, un cabinet d’experts comptables, Equinoxe. J’essaye d’alterner les entraînements, et sur mes jours de repos, je me déplace au cabinet, mais toujours à Dijon. C’est grâce au club que j’ai pu trouver, ce qui à la base était un stage l’an dernier et est devenu maintenant un mi-temps. Je suis très content de continuer avec ce partenaire et en même temps de travailler au sein du Stade Dijonnais. Je m’épanouis dans cette vie où je garde le rugby de haut niveau et le travail. J’espère pouvoir continuer ça le plus longtemps possible.


Et niveau études ?


Niveau études, je veux atteindre mon stade de Master 2, que je vise dans deux ans. C’est un cursus étalé puisqu’on ne peut pas faire le même nombre d’heures que ceux qui sont en présentiel. Mon cursus est étalé. J’en ai pour quatre ans, j’ai fait les deux premières et à la fin de cette année, il me restera encore un an.


Et comme tu es un hyperactif, tu fais quelques fois quelques piges au Mag Sport pour commenter des matchs du Stade Dijonnais quand tu es blessé…


Oui c’est vrai qu’on n’en a pas parlé mais ça bientôt maintenant une saison que j’ai des petits pépins physiques. Je n’enchaîne pas trop les matchs mais du coup ça me permet dans ma mésaventure de commenter avec le Mag Sport et avec toi. C’était avec beaucoup de plaisir qu’à chaque fois je vois l’équipe du Mag Sport. Je sais que ça se passe bien donc c’est cool.


On va finir avec la question indéboulonnable, la question qui nous a été soufflée à l’oreille via Anthony Fuertes, une de nos taupes dans le vestiaire Dijonnais. Il nous a dit de te demander : est-ce que c’est vrai que tu es le Casanova, le Dom Juan du vestiaire ?


Le Dom Juan du vestiaire ? Ah non, Anthony, je crois qu’il se trompe de cible et alors je ne saurais pas. Enzo Marzocca qui est parti du côté d’Albi, lui je crois que c’était le grand chien fou de l’équipe. Mais non de mon côté, j’essaye d’être sérieux, je ne suis pas comme ça. Il ne faut pas écouter Anthony.


Question bonus, avoir vu Enzo avec le maillot d’Albi à Bourillot face à toi, ça a dû te faire bizarre parce que vous avez partagé pas mal de bons moments ensemble ?


Oui, j’étais super proche d’Enzo. C’est quelqu’un que j’adore. Je trouve que c’est un joueur très offensif. J’aime bien ces profils. Je suis content qu’il s’épanouisse, même si c’est sous un autre maillot. Je l’ai souvent au téléphone pour savoir comment ça se passe du côté d’Albi. Je crois que ça se passe bien pour lui donc je suis super content pour lui et j’espère que ça va continuer tout simplement.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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