#Rugby – Fed1 / N.Dupouy (Fleurance) : «Quand on recrute, on essaye de regarder autant l’humain que le sportif.

À Fleurance, terre bénie de rugby et de passion pour ses acteurs, la saison a commencé en fanfare au Stade Lacoste, avec un derby gersois face à Auch dès le second acte de cette saison de fédérale 1. Aux prises avec la crème du rugby basque, landais ou Pyrénéen, dans une poule 4 dense et homogène, les gersois comptent bien tirer leur épingle du jeu. Nicolas Dupouy, le directeur sportif du club fleurantin nous a donc expliqué les tenants et les aboutissants de la philosophie de l’ASF, tout en nous exposant les ambitions gersoises à l’heure de l’avènement du rugby semi-professionnel.

Pour l’AS Fleurance va reprendre la Fédérale 1, ce coup-ci pour de bon et on l’espère jusqu’à la fin de la saison ?


On l’espère aussi. Nous avons eu une grande période l’année dernière où nous n’avons pas pu nous entraîner ni jouer. On a repris en juin avec beaucoup de ferveur aux entraînements et là les trois matchs que nous avons pu faire en championnat donnent vraiment envie de continuer la saison et surtout de la finir et d’en finir avec cette pandémie qui était pesante et qu’on a envie d’oublier.

Avec en plus quelque chose qui va mettre l’eau à la bouche et au staff, et aux joueurs et aux supporters, de nouvelles ambitions, de nouveaux objectifs pour Fleurance puisqu’il y a la création de cette nouvelle Nationale 2 qui va voir le jour l’année prochaine et j’imagine que Fleurance veut s’inscrire dans cette nouvelle compétition semi-professionnelle ?

Dans tous les cas, notre objectif est de se qualifier dans les six premiers. Nous ne nous en sommes pas cachés. Demain, si ça devait arriver, de se donner les moyens de pouvoir monter en Nationale 2, on ne refuserait pas. Maintenant étape après étape. On a joué trois matchs. On a une victoire, un match nul, une défaite. Pour l’instant, on est dans le ventre mou du classement. Nous avons par contre joué trois grosses équipes de la poule qui, pour moi, finiront dans les six premiers. Même si pour l’instant je ne peux pas évaluer les autres équipes. J’espère que ces trois équipes finiront en haut. Nous avons eu du fil à retordre sur tous les matchs et je trouve que ce sont de très belles équipes de Fédérale 1. Pour l’instant, nous avons six points, on s’est déplacé deux fois et nous avons reçu une fois. Notre objectif reste le même : la qualification. Donc oui si la Nationale 2 venait à se présenter, nous irons nous frotter à toutes ces équipes qui y seront.

Pour parler un peu du rugby Gersois en général et de cette mutation du rugby fédéral. On se souvient qu’au crépuscule des années 1990 et à l’aube des années 2000, petit à petit la professionnalisation avait la mort de l’élite du rugby en terre Gersoise. Est-ce qu’on peut espérer, avec ce virage du rugby semi-professionnel, que l’on ait un come-back du rugby Gersois dans ce rugby semi-pro ?

Oui j’espère qu’on pourra avoir un combat dans le Gers dans ce nouveau rugby semi-pro. Mais j’espère aussi qu’un club comme Auch qui a toujours été en haut du classement ou du niveau dans le Gers pourra demain retrouver l’élite professionnel. Aujourd’hui avec Lombez, on se bat contre eux car on est en Fédérale 1 et c’est très bien. On l’a vu, il y a 15 jours lorsqu’on les a reçus. Mais c’est quand même un club qui est structuré pour aller plus haut. Je suis certains que si jamais demain ils arrivent à revenir professionnels, ça servira tous les autres clubs qui seront derrière eux et avoir de belles équipes en Nationale 2, et que le rugby Gersois continue à progresser comme on peut le voir tous les week-end en Top 14 ou en Pro D2 comme on peut le voir avec tous ces joueurs Gersois qui jouent à haut niveau.

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Pour revenir sur le rugby Fleurantin, toi qui es directeur sportif, qui a un poste transversal au club. Pour toi la sociologie de l’AS Fleurance, elle est plus sur le court terme pour être semi-professionnelle en Nationale 2 que totalement amateure en Fédérale 1 ?

Je pense qu’on est un petit peu entre les deux. Aujourd’hui, nous sommes en Fédérale 1 et nous sommes à notre place car le club se structure de mieux en mieux chaque année. On y travaille énormément que ce soit les dirigeants, les coachs, les bénévoles qui sont énormément investis. La Nationale 2, ça nous attire, maintenant on sait que si on y va, il faudra encore plus structurer le club, que ça soit administrativement ou que ça soit sportivement. On ne veut pas que ça soit un flop et on ne veut pas y aller pour y aller et redescendre aussi tôt. Ça pourrait être dangereux pour le club. Dire qu’on veut se pérenniser dans le rugby semi-pro, à ce jour, on en a envie, mais ça sera compliqué. Fleurance, c’est une ville de 6000 habitants. On a des dirigeants qui vont chercher de l’argent partout parce que jouer en Fédérale 1, ou en Nationale 2, ça coûte cher aujourd’hui. La formation, on y bosse dessus, ce n’est pas simple. Le covid ne nous a pas aidé. Nous n’avons pas de lycée à Fleurance donc les jeunes n’arrivent pas comme ça au rugby. Oui nous avons envie, maintenant nous ne ferons pas n’importe quoi pour y arriver. On veut vraiment le faire étape après étape avec quand même une idée derrière la tête qui est de se pérenniser demain en Nationale 2. Mais, si par cas sportivement, on ne peut pas, on ne sera pas déçus plus que ça parce que notre place sera aussi en Fédérale 1.

Pour nous donner un ordre d’idée, le budget de Fleurance, ça représente quoi à peu près ?

On est entre 600 et 700 000 euros.

A peu près l’équivalent que ce qu’a un club comme St Jean de Luz.

Exactement. Un club comme St Jean de Luz a à peu près le même budget que nous, mais attire beaucoup plus de personnes par l’attrait de la côte. Nous, malheureusement, nous sommes loin de tout, économiquement, il n’y a pas énormément de travail à trouver du côté de Fleurance ou dans le Gers. On s’appuie sur des villes comme Agen, Toulouse qui sont à 3/4 d’heures. Ce n’est pas simple. Du mois de mars au mois de juin pendant la période des mutations, quand tu es à Fleurance, il faut se battre.

Après l’analogie avec St Jean de Luz, vous pouvez vous aussi activer le levier émotionnel avec un certain art de vivre, une certaine convivialité, une certaine gastronomie qu’il y a dans le Gers.


Complètement. Mais aujourd’hui, un jeune de 20 à 25 s’il a le choix, malheureusement, il va plus partir vers le Sud/Sud-Ouest vers St Jean de Luz, vers la côte Basque que dans le Gers.

Tu nous parlais des partenaires de l’AS Fleurance. Une légende urbaine dit que la palombière de Michel Courtes est une véritable force commerciale pour attirer des partenaires ou négocier des contrats avec des partenaires. C’est une légende urbaine, ou il y a une part de vrai ?


Il y a une part de vrai. Complètement, il aime bien recevoir certains partenaires dans cette fameuse palombière parce que c’est un endroit typique. Derrière, les gens se sentent bien donc ils font du bon boulot. Michel qui est co-président avec Jérôme Lhospital et Pierre Zachariades. Mais c’est vraiment eux-trois qui font ce boulot de sponsoring. Même Pierre Zachariades fait un travail remarquable parce qu’il connaît la moitié de la France entière. Quand il va me lire, il va rire, mais c’est la vérité. Aujourd’hui, avec Michel, et Jérôme ils font un boulot de titan pour ramener tout cet argent car nous avons zéro gros sponsor, par contre nous avons pléthores de petits et moyens sponsors qui font la force du club parce que demain, on ne dépend pas d’une ou deux personnes.


On va parler maintenant de l’intersaison de l’AS Fleurance avec un recrutement qui a été assez qualitatif ?


D’abord, nous avons voulu faire un recrutement interne en gardant un maximum de monde. La saison précédente, nous avons pris nos anciens par le cou en leur disant qu’ils n’allaient pas finir par le covid. Aujourd’hui, nous avons essayé, mais c’était plus compliqué. La Fédérale 1, ça demande beaucoup d’investissements. Nous avions des joueurs du cru qui avaient entre 33 et 36 ans et qui ont soi arrêté soi retrouvé des petits clubs autour. Nous sommes contents pour eux. Ils veulent finir leur carrière là-bas tranquillement pour pouvoir jouer au rugby et faire du rugby un peu plus plaisir. Derrière, il a fallu se retrousser les manches pour aller chercher du monde. Pour recruter une dizaine de personnes, c’est 100-110 contacts, c’est des entretiens, c’est de la visio. C’est vraiment un boulot de titan. Mais aujourd’hui, après trois matchs de championnats et trois matchs amicaux, nous sommes satisfaits des gens que nous avons attirés que ça soit sportivement ou humainement. Quand on recrute à Fleurance, on essaye de regarder autant l’humain que le sportif. Nous sommes dans un petit village et avant tout, il faut se faire accepter par tout le monde pour pouvoir passer une belle saison.

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En parlant de l’humain, un peu des valeurs de l’ovalie. On a vu que vous aviez fait un match amical à Graulhet. On a l’impression que ces deux clubs, ce sont deux clubs qui s’apprécient et qui partagent les mêmes troncs communs de valeurs ?


Ce sont des clubs qui s’apprécient qui peuvent partager le même fondement de valeurs parce que je pense que nous avons à peu près des budgets similaires. On a à peu près une histoire similaire depuis 15 ans. On a fait la Fédérale 2 en même temps. Ils sont montés avant nous, on les a rejoints. On a joué souvent les uns contre les autres en poule depuis qu’on est en Fédérale 1. Surtout, on a deux coachs de la Une, Mickaël Carré et Bernard De Giusti qui sont passés par là-bas et qui ont fait leur carrière professionnelle là-bas. Ils y connaissent beaucoup de monde. Cest toujours intéressant de faire des matchs amicaux contre Graulhet parce qu’on est bien reçus là-bas, parce qu’on les reçoit bien et que ça nous permet de passer un bon moment sur le terrain et en dehors.


Vu que cette année, ils ne sont pas dans votre poule. Un petit regard sur le recrutement et les forces en présence de Graulhet. C’est une équipe qui va pouvoir ambitionner quelque chose de plus haut que d’habitude ?


J’ai l’impression qu’ils ont fait un très bon recrutement. Ils font un bon travail. Ils sont allés faire un bon résultat à Valence d’Agen en leur laissant zéro point. Ils ont arraché la victoire contre Marmande ce dimanche. Aujourd’hui, ils sont quand même dans une bonne dynamique. Je pense que malheureusement pour eux, ça faisait longtemps que ça n’était pas arrivé. Pour moi cette saison, ils vont pouvoir ambitionner, avec cet effectif et ce début de saison, beaucoup plus de choses que sur les trois-quatre dernières années.

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On va parler du début de saison de l’AS Fleurance. Il est quand même de bonne facture ?


Il est de bonne facture. Comme j’ai dit tout à l’heure, on a rencontré trois équipes qui finiront dans les six premiers, j’en suis sûr. On s’est déplacé à Lannemezan, premier match de championnat depuis 10 mois. Sur le plateau, il n’y a pas grand monde qui y gagne. On a fait un match plein à l’extérieur où nous avons été forts en conquête, dans l’agressivité. On n’a jamais rien lâché. On l’emporte, juste, mais on l’emporte. Derrière, il y a ce fameux derby qui a été une superbe journée de rugby pour le Gers avec un beau match. 27-27 pour un derby, ce n’est pas tous les jours. A la 30ème minute, j’étais frustré de la fin du match, par contre à la 70ème, j’étais content que l’on fasse match nul. Je pense que tout le monde mérite les deux points. Les gens ont pris du plaisir. Dimanche à St Jean de Luz, un peu frustré sur le match pour les garçons parce que j’ai l’impression que nous avions mis les ingrédients. Pour moi le score ne reflète pas le match. Il y a eu des événements pendant le match qui font qu’on ne pouvait pas ramener un point de St Jean de Luz. Je ne m’étalerais pas sur le sujet car je n’ai pas envie d’en parler.


Comme tu es un garçon malin, tu as vu le mauvais temps arriver, tu as un pris un rouge pour aller faire un tour en tribune.


Oui mais j’aurais préféré rester sur le terrain. Ce n’est pas mon habitude de réagir comme ça. Je suis un peu sorti de mes gonds. On n’a pas à faire ça. On n’était pas d’accord avec certaines décisions du trio arbitral. Aujourd’hui, je viens d’apprendre que le carton rouge de mon centre devrait être annulé parce qu’il n’y avait pas grand-chose sur la faute. Je préfère que le sien soit annulé que le mien. Maintenant j’ai vu monsieur l’arbitre à la fin du match. On a discuté. On est des humains et on peut sortir de soi de temps en temps, mais ce ne sont pas des choses très belles dans le rugby. Ça arrive. J’irais regarder certains matchs avec un peu de hauteur avant de revenir au bord parce que j’aime bien être en bas.


On va revenir un peu sur le derby. C’était quand même une grande fête du Gers au sens noble et au sens large du terme.


C’est fantastique. Encore plus aujourd’hui quand ça fait dix mois que tu n’as pas eu de compétition. Dans le stade, il y avait 2500-3000 personnes, il y a pratiquement 400 repas. Tout le monde se connaît plus ou moins. Il y a une ferveur pour les joueurs car ce n’est pas tous les jours qu’ils jouent devant autant de monde. En dehors du terrain, j’ai ressenti des gens heureux même malgré un match nul. Ils ont passé un bon moment et les gens en avaient envie et besoin. Pour le rugby Gersois, c’est super. Tant que de tels derbys contre Auch pourront perdurer, tant mieux pour nous, c’est que nous serons dans le bon wagon. Si demain on ne les joue plus, j’espère que c’est parce qu’ils seront repartis dans le monde professionnel.

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On va te demander maintenant quels sont tes objectifs pour le deuxième bloc ?


Pour le deuxième bloc, nous allons avoir deux réceptions. Deux promus dont nous allons nous méfier. Ce sont des clubs qui sont connus et dont il faut se méfier. Ensuite nous iront chez le leader, Tyrosse, qui marche sur l’eau. Nous avons quelques connaissances là-bas. On essaiera d’aller mouiller fort le maillot là-bas et enfin on ira à Bagnères à l’entrée de l’hiver où ça ne sera pas rigolo. A Bagnères, ce n’est jamais rigolo. Maintenant, nous avons de gros objectifs pour ce deuxième bloc. Si nous voulons continuer à progresser, et être dans les six premiers à la fin de la saison, il faut qu’on ramène le maximum de points à la fin de ce bloc-là.


On va finir avec la question décalée. Tu as recruté un joueur qui vient du Stade Dijonnais, originaire de Tours, Axel Ducelier. Est-ce que tu lui as expliqué que dans le Gers, c’est le pays du friton, pas du rillon ?


Je ne lui ai pas expliqué encore parce que je ne sais pas s’il saura faire la différence entre un rillon et un friton parce que le seul truc qu’on a pu deviner avec l’entraîneur des 3/4 avant de le recruter et à la fin de la visio, c’était de savoir quelle personne chez nous avec qui il allait s’entendre le mieux. De suite, on ne s’est pas trompé. On a recruté un énergumène. Je pense que c’est le plus fou du groupe.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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