#Football – Edito / J’ai mal à mon Bollaert

Ce samedi, le Racing Club de Lens remportait le premier derby du Nord sur le score de 1 but à 0 contre le Lille OSC. Une victoire presque historique pour les Lensois, quinze ans après la dernières victoires des Sang et Or contre les Dogues. Malheureusement, ce succès a été quelques peu gâché…

Toute personne me connaissant le sait et je ne m’en suis d’ailleurs jamais caché, je suis supporter Lensois. Ce fut d’ailleurs le surnom qui m’a le plus collé à la peau au fil des années depuis ma plus tendre enfance. Il faut dire qu’un supporter Sang & Or en terre Toulousaine, c’est plutôt assez rare. Malgré « l’adversité » des autres bambins de l’école, je n’ai jamais dévié de ma passion pour le club Lensois. Dans la défaite comme dans la victoire, j’étais fier d’arborer un maillot frappé du blason où l’on retrouve entre autre une lampe de mineur. Si bien évidemment mes origines ch’ti ne sont pas étrangères à ce coup de coeur, mon attachement est également né d’un symbole : le Stade Félix Bollaert. Ce fut pendant des années un rêve pour moi de pouvoir franchir les grilles de ce stade et de pouvoir vibrer dans une telle ambiance pendant les 90 minutes d’un match. Une première qui sera réalisée à l’été 2004 lors d’une victoire 3 buts à 0 contre l’AS Saint-Etienne grâce à un doublé de Seydou Keita, et une tête de Daniel Cousin malgré une prestation de haut vol de Jérémy Janot. Quasiment 20 ans plus tard, ce souvenir demeure plus que jamais présent dans ma mémoire. Je me revois monter les marches de la tribune Trannin et sentir tout simplement le temps s’arrêter au moment d’entrer dans le stade. Je n’avais alors jamais vu quelque chose d’aussi magnifique. Par cette soirée d’août, mon oncle avait réalisé mon rêve, voir vibrer quasiment 40 000 personnes aux couleurs Sang & Or dans l’antre Lensoise. Depuis bien évidemment, l’occasion me fut donner à plusieurs reprises de retourner au Stade Bollaert avec toujours le même engouement, même si une première fois demeure unique.

Il faut dire que même si il y a encore peu de temps les résultats sportifs du RC Lens n’étaient pas exceptionnels, la ferveur du douzième homme Sang & Or faisaient encore l’unanimité auprès de la communauté du football Français. Joueurs, coachs et supporters d’autres horizons de l’Hexagone se languissaient de retrouver l’ambiance du Stade Félix Bollaert en Ligue 1. Rendez-vous manqué, covid oblige, la saison dernière, la quasi-totalité de la saison ayant été jouée à huit clos. Alors on ne peut que comprendre l’engouement des supporters Lensois lors de la deuxième journée de Ligue 1 contre St Etienne lorsqu’ils ont pu regoûter au plaisir d’une rencontre de l’élite du foot Français dans leur temple. Tout y était, il ne manquera que la victoire Sang & Or pour fêter cela comme il se doit. Ce sera d’ailleurs sur le même score arraché contre Lorient (2-2) que les Lensois repousseront leur premier succès à domicile de la saison.

Le hasard du calendrier va alors offrir comme prochaine affiche à domicile contre le voisin et rival Lillois. Pour tout le peuple Lensois c’était l’occasion de décrocher de la plus belle des manières ce premier succès à domicile et au passage de laver l’affront de la saison dernière (revers 4-0 et 3-0). Samedi, vers 19h30, le succès tant attendu est là. Par la plus petite des marges, et sur une réalisation de Frankowski, les joueurs de Franck Haise viennent offrir à leur public le premier succès de la saison à Bollaert qui plus est contre le voisin Lillois. Je ne vais pas vous mentir. J’étais moi-même comme un fou au coup de sifflet final. J’étais sur un petit nuage. Il y avait de quoi entre ce succès symbolique et au passage une place sur le podium de la Ligue 1. Mais au final, la victoire, si elle est belle, restera malheureusement anecdotique dans le contexte.

Car oui, le douzième homme Lensois n’aura pas été 100% exemplaire lors de cette rencontre. Loin de moi l’idée de dédouaner l’égale responsabilité des supporters Lillois mais les faits sont là. Ce qui devait être une fête du sport Nordiste a vite tourné au règlement de compte et aux petites bagarres faisant même courir le risque de ne pas pouvoir reprendre la rencontre. J’imagine alors les pères et mères qui étaient avant le match plus que ravis d’avoir habilles leurs « tiots » en tenue Sang & Or, comme jadis mon oncle en 2004, pour aller profiter d’un moment convivial dans ce qui est pour moi le stade le plus mythique du monde. Quel est alors le ressenti du bambin ressorti de Bollaert, certes avec la victoire Sang & Or, et l’image de l’ambiance d’un Stade en effusion, mais aussi l’image de violences qui n’ont pas leur place dans un temple du football, quel qu’il soit. J’imagine aussi les jeunes bambins qui ce soir ne pourront profiter du billet qui était le leur pour aller voir la rencontre entre Lens et Strasbourg (Lens ayant été pénalisé de deux rencontres à huit clos). Je me demande aussi comment j’aurais réagis, quel sentiment j’aurais eu samedi, si j’avais fais parti des nombreux Lensois venus dans le Stade en famille, ou comment cela gâcherait ma fête si cela se produisait le jour où j’emmènerais, je l’espère, pour la première fois ma fille dans cette travée si chère à mes yeux… Un gâchis sans nom qui ne peut que nuire à l’image du football, comme se fut le cas quelques semaines plus tôt à Nice. Mais malheureusement, il semble que cela ne soit que le début…

Nicolas Portillo

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