#Rugby – Fed1 / E.Mercadier (Pamiers) : «On sait d’où on vient, on sait où on veut aller et il ne faut pas brûler les étapes!»

Le manager du Sporting Club Appaméen, Éric Mercadier, nous a débriefé le début de saison des ariégeois en fédérale1, quelques heures avant d’affronter Castelsarrasin.

 

Crédit photo SCA officiel

 

On peut dire que pour Pamiers, ce retour de la Fédérale 1 se fait sur des chapeaux de roue ? 

 

On a fait deux matchs à domicile donc, on ne va pas s’emballer non plus (rires). Deux matchs certes gagnés, parce qu’il fallait à tout prix qu’on les gagne mais on n’oublie pas que c’est à la maison et que la saison est encore très longue. 

 

Deux matchs et deux victoires qui ont été construites de façons bien différentes ? 

 

Oui, tout à fait. Sur la première, on avait un peu manqué de réalisation devant et on a été un petit peu en difficulté sur les mêlées et les touches tandis que la 2e a justement été bien construite sur le jeu d’avants. Ça a effectivement été un petit peu différent. 

 

Le fait d’avoir rencontré en pré-saison l’autre SCA, le Sporting Club Albigeois, votre ancien club qui joue en Nationale à l’étage au-dessus a t’il aidé Pamiers à grandir et à préparer cette Fédérale 1 ? 

 

En tous cas, on a été très fier de jouer contre Albi. C’est un gros club qui joue à un niveau supérieur qui prépare au niveau de la Pro D2 donc, on n’est pas dans la même catégorie, on le savait d’entrée. Bien sûr, ça nous a fait du bien, on progresse toujours en rencontrant meilleur que nous même dès le début. 

Pour le coach que vous êtes, c’est plus facile après pour pointer du doigt et du curseur les choses qui manquent pour basculer à l’étage au-dessus ? 

 

Là, on est vraiment presque 2 étages au-dessus parce qu’Albi est un gros prétendant à la Pro D2 et non un club lambda de Nationale. C’est un gros, gros club donc on savait très bien qu’on n’était pas dans la même catégorie mais on sait très bien que si on monte un jour, il y a bien sûr le terrain à régler mais aussi tout ce qu’il y a autour avec l’organisation du club en général. Ça, c’est très important si on veut franchir une étape un jour, ça passera par le terrain mais pas que. 

 

A la fin de ce match, on avait le président Sannac en interview qui nous disait ambitionner de monter en Nationale 2 voire, plus tard, plus haut. Pour vous, monter directement en Nationale serait trop dur pour Pamiers ? 

 

Honnêtement, sans faire du Guy Roux, ce serait impossible (rires). On n’est pas encore structuré pour ça, il faut raison garder et se dire qu’il y a deux ans, le club avait failli redescendre en Fédérale 2. On sait d’où on vient, on sait où on veut aller et il ne faut pas brûler les étapes. Je pense que si on veut sauter deux ou trois marches à la fois, on risque de se casser la gueule donc il vaut mieux y aller doucement et sereinement. Ce qui nous fait rêver à la Nationale 2 cette année, c’est que le championnat est ouvert et qu’il y a possibilité : les 4 premiers peuvent monter, les 5e et 6e font les barrages donc, c’est cette année ou jamais. Enfin, pas jamais mais il est sûr que ce sera beaucoup plus dur les saisons d’après.

 

Quand on entend vos propos, vous avez vraiment acquis l’ADN des Ariégeois. C’est une terre qui s’est faite dans l’humilité et le labeur et quand on vous écoute, c’est vraiment cela que vous voulez mettre en avant pour le SCA ? 

 

Je ne sais pas si c’est l’ADN des Ariégeois mais en tous cas, c’est le mien. Moi, j’ai toujours été comme ça, je suis un travailleur et je sais que rien n’est jamais acquis. Je me remets en question en tant qu’entraîneur et manager à chaque entraînement et à chaque match donc, c’est ce que j’essaye d’inculquer aux joueurs. Ça me semble être la base essentielle pour avancer et bien avancer. 

Dans cette course à la Nationale 2, vous vous êtes quand même bien outillés à l’intersaison pour bien exister face aux grosses armadas des 4 coins de la France ? 

 

Je m’aperçois que tout le monde s’est bien équipé, je vois que tous les clubs, même ceux de notre poule, se sont bien armés donc nous, franchement, ça n’est pas plus que les autres. La chose peut-être, c’est qu’on a bien doublé, on s’aperçoit car on a des blessés et heureusement qu’on a pris pas mal de joueurs de bon niveau comme ça, on peut toujours aligner une équipe compétitive. Ceux qui sont justes en effectif, avec ce championnat, seront en difficulté à un moment donné, c’est certain. Nous, on le sera peut-être moins mais beaucoup d’équipes se sont bien renforcées, on n’est pas les seuls. 

Après deux journées, un petit regard sur les forces en présence qui commencent à se décanter dans ce championnat, à l’échelle nationale et pas que dans votre poule ? 

 

En deux journées, c’est compliqué pour moi de faire une stat sur ce qui se passe. On sait les grosses écuries de la Fédérale 1, on les connaît du moins financièrement mais l’argent et les résultats ne sont pas forcément tout le temps en adéquation. Il y aura sûrement des surprises, des clubs que l’on n’attendait pas qui vont monter en Nationale 2 et des valeurs sûres qui vont y être aussi mais je pense qu’il y a beaucoup, beaucoup de clubs qui rêvent d’y être donc la course va être âpre et même dans notre poule. 

 

Cette poule assez régionale associée au Midi-Pyrénées était un vœu des clubs du coin, de Pamiers, de Graulhet, de Mazamet. J’imagine que vous en êtes content ? 

 

Je suis à la fois content parce-que c’est vrai que l’on a beaucoup moins de déplacements et beaucoup plus de derbys, le trésorier est super content mais je ne suis pas du tout d’accord avec ceux qui commençaient à se glorifier d’une poule plus facile. C’est une poule âpre et compliquée où on ne sait pas qui va sortir du lot ou être en difficulté. Dans ces deux premiers matchs, il y a des surprises comme Graulhet qui va gagner à Valence ou Castelsarrasin qui fait un magnifique début de saison alors qu’il avait perdu tous ses matchs l’année dernière. Il y a beaucoup, beaucoup de surprises, nous sommes 2e ex-aequo parce-que nous avons fait deux matchs à la maison mais pour moi, ça ne ressemble encore à rien, ça ne veut rien dire. Je ne regarde même pas le classement actuellement, on fera le point à mi-saison. 

 

Quel va être le mot d’ordre pour finir ce bloc ? 

 

On finit le bloc aujourd’hui face à une très, très grosse équipe de Castel qui s’est renforcée et qui fait un superbe début de saison. Nous, on a quelques absents majeurs mais on ira pour faire un résultat, tout comme on ira partout pour faire un résultat. On ne gagnera pas partout mais je ne peux bien sûr pas dire aux joueurs  » on va se contenter de « , on va y aller comme on ira tous les week-ends pour essayer de faire quelque chose à l’extérieur. Mais il n’y a pas de souci, on sait que ça va être dur et qu’on sera attendu mais il faut assumer. 

 

Une équipe de Castelsarrasin qui marche un peu sur l’eau en ayant gagné son derby dès le premier match à l’Avenir Valencien ? 

 

Gagné et bien gagné avec le point de bonus ! Ensuite, ils sont allés faire match nul à Marmande, Marmande qu’on avait joué le week-end précédent et qui est une très grosse équipe à manœuvrer, donc ce n’est pas un mince exploit. C’est une équipe qui se construit depuis des années, qui a les moyens de se construire donc, c’est une belle, belle équipe et on sait que ça va être très dur aujourd’hui. 

Vous êtes un homme pluriactif voire hyperactif puisqu’on a eu écho que vous interveniez aussi au niveau de l’équipe d’Andorre qui s’est rapprochée du Sporting Club Appaméen ? 

 

En fait, on a discuté avec les présidents andorrans et avec notre président et on a convenu d’une petite entente où on essaye un petit peu de travailler ensemble. Je vais parfois les aider le mercredi sur le mouvement général, on essaye de travailler comme ça et je trouve que c’est bien et que c’est un bon rapprochement. Économiquement, si on arrive à monter en Nationale 2, on espère avoir de gros partenaires qui viennent se rajouter et nous aider un petit peu. Il y a une économie terrible sur Andorre donc on espère avoir quelques fruits et puis, en toute modestie, apporter notre expérience rugbystique et notre  » savoir  » à Andorre qui en a aussi besoin. 

 

Historiquement, l’Ariège est la porte d’entrée naturelle et géographique d’Andorre ? 

 

C’est ce qu’il me semblait et ce que j’avais dit à mon président. Pamiers aux portes d’Andorre, moi, ça me parle et je trouve que toutes les entreprises et les commerces andorrans ont un peu tout intérêt à travailler avec nous parce-que tous les Ariégeois montent au moins une fois par semaine au Pas de la Case chercher des vivres (rires). Je pense que ce partenariat est quand même intéressant et Andorre fait rugbystiquement partie de l’Ariège. 

On va finir par une question souvenir : on a vu quand il y a eu le match de pré-saison entre Pamiers et Albi que les supporters Albigeois vous avaient gardé dans un coin de leur mémoire. Avez-vous un petit regard sur ce club ? 

 

J’ai adoré Albi car c’était mon premier club de  » haut niveau « . J’y ai rencontré des gens fabuleux, c’est ma première expérience et quand j’ai vu mon ancien président, le 2e car le premier était Valax et Mr Moulinier en second, qui était en tribunes, ça m’a fait un plaisir fou de le voir. J’ai vraiment passé deux années fantastiques, je suis parti à Castres après car c’était beaucoup plus ambitieux, mais je serais resté quelques années à Albi si Castres ne m’avait pas appelé. J’y ai d’ailleurs encore beaucoup d’amis. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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