#Rugby – Nationale / M.Bonello (Albi) : «Je ne veux pas recruter pour recruter!»

Lors de la conférence de presse en amont de la 3eme journée de Nationale, opposant Nice à Albi, les manager tarnais a fixé le cap de cette ultime rencontre du premier bloc. Alors que le championnat fera relâche la semaine prochaine, et que le marché des transferts va bientôt se clôturer (30 septembre), Mathieu Bonello nous a donné son avis sur l’évolution des mutations en général dans le rugby et sur les derniers ajustements de son recrutement. Pour l’ex talonneur de Castres, alors qu’il recherche deux profils (pilier droit et seconde ligne), recruter pour absolument recruter serait une erreur. Le champion de France de fédérale1 (2018) avec Lavaur est donc à l’affût d’une ou deux bonne pioche en cette fin de mercato.

Le manager du SC Albi Mathieu Bonello / Crédit Photo : Pierre Bras.

Deux matchs, deux victoires, dans quel état d’esprit allez-vous à Nice ?

 

MB : Le bloc est réussi. Quand on a vu le calendrier, la chose qui était importante à nos yeux était d’aller gagner une fois à l’extérieur et les joueurs l’ont déjà fait donc on y va sans pression, relâché du résultat. On y va avec l’envie de faire un bon match de rugby mais sans pression. 

 

C’est peut-être l’occasion de faire une revue d’effectif ? 

 

MB : Oui, il est sûr que l’on va tourner. Alex et moi n’avons pas non plus la vision totale de l’effectif donc on a aussi besoin de voir des joueurs en situation mais comme je le dis, on ne tourne pas pour faire tourner. On va modifier certaines choses et le joueur qui aura le maillot, c’est à lui d’être bon pour le garder. Aujourd’hui, c’est le début de la saison, personne n’a gagné un statut ou une place de titulaire à nos yeux. Tant que tu as le numéro, sois bon et tu le garderas donc il y a des postes où ça va un peu tourner, des joueurs vont rentrer et c’est à eux de montrer, certains ont déjà œuvré et maintenant, c’est aux autres. Ça s’appelle la concurrence, c’est important d’être sur la concurrence que l’on a moins mis sur les deux premiers matchs car on voulait de la stabilité. Là, il est sûr que la concurrence va battre son plein. 

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C’est plus confortable avec deux victoires ? 

 

MB : Bien sûr, quand tu gagnes deux fois, ça te permet d’être plus serein mais, avec Alex, on est coutumier de beaucoup faire tourner même quand on est arrivé. Avec 40 joueurs, il faut qu’il y en ait de plus en plus qui prennent ce maillot de titulaire, il faut que ça tourne, qu’il y ait cette concurrence et cette émulation. Mais on a aussi besoin de stabilité en début de saison donc c’est toujours un compromis mais en tous cas, chez nous, c’est la vérité du terrain. Pour nous, à l’heure où je vous parle, il n’y a pas encore d’équipe type dans ma tête. 

 

Une équipe sans pression contre une équipe sous pression, c’est peut-être le moment de prendre le Stade Niçois ?  

 

MB : Je ne sais pas si c’est le bon moment. C’est une grosse équipe, c’est un poids lourd du championnat, et même un gros poids lourd, c’est une équipe qui a failli monter l’année dernière donc on va chez un favori et aujourd’hui, on ne regarde que nous. Je ne sais pas dans quel état ils sont ou pas mais en tous cas, je sais qu’on va face à un gros concurrent. 

Comptablement, c’est quasiment parfait mais il y avait encore des choses à pointer dans le contenu. Est-ce qu’on peut considérer ce match face à Nice comme un laboratoire pour tester de nouvelles choses ? 

 

MB : On a beaucoup de boulot devant nous sur la partie rugby dans tous les secteurs. J’en ai conscience, on en a conscience, tout le monde en a conscience mais l’objectif de ce début de saison était d’être performant dans d’autres domaines que notre partie rugby. Forcément, on arrive, on est nouveau, les joueurs ont beaucoup à intégrer nos nouveautés et c’est parfaitement normal que ça coince un peu et qu’on ne voit pas énormément de choses. En tous cas, il faut juste avoir conscience que ça ne suffira pas dans le temps mais il est certain que, contre Nice, avec beaucoup moins de pression, on va essayer de mettre un peu plus notre rugby en place. 

 

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Est-ce que la communication de Nice sur la problématique Queheille est opportune ou est-ce que ça veut dire qu’ils vous craignent ? Comment est-ce que vous gérez ça parce ça met un peu le bazar ? 

 

MB : Le bazar pour qui ? 

Est-ce que c’est une discussion qui est restée un petit peu au niveau des Prudhommes ? 

 

MB : C’est quelque chose qu’ils doivent gérer en interne. Le club n’est pour rien dans ça car, s’il y a des Prudhommes, c’est le droit du travail et je ne pense pas que, concernant ce dernier, on puisse mettre tout ça sur la place publique. Le club n’est pour rien dans cette situation-là, on n’a rien à dire sur le sujet à part qu’on a fait un contrat en bonne et due forme et qu’aujourd’hui, le choix que le joueur a fait est un choix personnel. Nous avons été confrontés à ça, je pense qu’eux aussi car il me semble qu’il n’y a pas eu qu’un cas chez eux mais plusieurs. Je crois qu’aujourd’hui, c’est le rugby qui est devenu comme ça, on se rapproche des transferts comme dans le monde du foot et en tous cas, nous, nous avons essayé que les choses se passent bien. Maintenant, il y a eu d’autres décisions de prises de l’autre côté, on respecte mais on n’a rien à rajouter sur le sujet et Gilen Queheille sera dans le groupe. 

 

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Sans parler du cas Gilen Queheille, on parle du contexte du mercato dans le rugby. On a l’impression que quelques dérives du foot sont en train de venir un peu polluer les us et coutumes du rugby en termes de transfert ?

 

MB : C’est certain. Il y a quelques années, quand j’étais encore joueur, on n’en voyait très peu, je dirais une fois par an avec un mec à très haut-niveau et on rachetait des contrats et tout le monde s’était offusqué. On en avait discuté avec des joueurs et ils m’avaient dit  » un jour ou l’autre, on en viendra aux transferts dans le rugby « . Il y a des mecs qui ne sont pas pour et qui disent  » non, le rugby, c’est sans transfert  » contrairement à d’autres. Je pense, et ce n’est que mon avis personnel, que le rugby est aujourd’hui un sport professionnel et que, justement, il faut accepter cette façon-là mais dans tous les sens, comme au foot. C’est à dire qu’aujourd’hui, il ne faut plus mettre en jeu la valeur du joueur, la valeur humaine en disant  » ce n’est pas bien, il n’a pas respecté sa parole  » s’il y a des dédommagements derrière. Le joueur veut partir, un club veut l’acheter, il rachète le contrat avec des sommes plus élevées et je suis persuadé qu’on va y venir, pas demain, mais on va y venir. Ces transferts-là serviront aux budgets des clubs comme ça se fait dans le foot et moi, je trouve que parce-que le rugby est professionnel, il ne faut pas taper sur les joueurs. L’année dernière, il y a eu toute une histoire avec le cas de Gaël Fickou et c’est ça qui a un peu mis le feu aux poudres. Moi, je dis juste qu’il faut voir avec la période, quand est-ce qu’on peut le faire et contrôler mais je prends l’exemple du foot qui est maître en la matière et, honnêtement, les recrutements et les transferts ne choquent personne. Pour moi, il faudrait le légaliser parce-que le rugby est passé professionnel et qu’aujourd’hui, un joueur qui s’est engagé peut peut-être avoir une offre ailleurs, et sportive et financière. Les carrières sont courtes, il faut accepter que les joueurs puissent aussi vouloir revenir sur leurs paroles si derrière le club est dédommagé. Bien sûr que tu perds un joueur mais, si tu es dédommagé, ça te permet peut-être de prendre un autre joueur un peu meilleur, de faire tes budgets. Moi, je pense qu’il faut juste se mettre autour d’une table et l’accepter, je le pense mais maintenant, il faut que ce soit bien fait, avec des règles, des timings, des genres de mercatos l’été et peut-être à Noël comme ça se rapproche du foot. Je ne sais pas si je suis en avance ou non sur mon temps mais je suis sûr que dans quelques années, on va y venir. Après, à dire que ce ne sont pas les valeurs du rugby mais tant que c’est encadré et qu’il y a beaucoup de respect, je ne vois pas pourquoi on n’y viendrait pas. Pour moi, c’est lancé et je ne nous vois pas faire machine arrière donc, je pense justement qu’il faut l’accepter, que tout le monde change aussi d’esprit. Je suis bien placé pour le savoir sur le cas Albi où on a eu des cas de joueurs qui étaient encore sous contrat, qui ne se sentaient pas de continuer bien qu’ils aient encore une année de contrat et qui avaient des clubs du dessus qui venaient les chercher et je crois que le club s’est mis d’accord avec celui d’en face pour être dédommagé. Après, c’est une négociation de club à club et moi, en tous cas, je n’ai pas du tout mal pris le départ de ces joueurs-là parce-que c’était du dessus, pour des raisons sportives et peut-être financières suivant les cas et derrière, tu es dédommagé. Oui, tu te dis qu’il était chez toi mais si ça se banalise, ça va être monnaie courante. Je crois que, dans ce rugby d’aujourd’hui, tu seras obligé d’y passer parce-que tout en haut, ils le font et c’est rentré parce qu’ils ont le pouvoir financier de pouvoir prendre les mecs. La carrière d’un joueur est hyper courte et parfois, quand tu t’es engagé sur 2, 3 ou 4 ans et que tu as des mecs de Top 14 à qui on fait des ponts d’or et qui peuvent gagner 3 ou 4 fois plus, ce ne sont pas des mercenaires mais juste la situation du moment. Moi, je trouve que l’on tape sur les joueurs alors que c’est juste le rugby qui est passé professionnel et là-dessus, je crois qu’ils n’y sont pour rien. Je trouve qu’il faut le légaliser en termes de dates. 

En parlant de date, c’est bientôt le 30 Septembre. C’est la course contre la montre pour signer ce fameux pilier droit que tout Albi attend ? 

 

MB : Je vous avais dit que je vous annoncerai une recrue en 2e ligne mais je vous avais dit aussi que je ne le ferai que quand ce serait signé. J’ai su hier qu’il ne viendrait pas, il y avait des accords mais moi, tant que je ne vois pas le papier signé … On se met de nouveau en recherche d’un 2e ligne et d’un droitier, j’ai des CV et il faut aussi que je prenne une décision mais j’ai toujours espoir de voir le petit CV que personne n’attendait tomber mais pour l’instant, j’ai quand même du mal à le trouver (rires). En fait, je ne veux pas prendre pour prendre, je suis très content de l’effectif que j’ai, ils ont juste besoin d’un peu de nombre sur certains postes pour tourner et souffler parce-que c’est quand même de plus en plus dur. Je ne veux pas recruter pour recruter, si je recrute, c’est que ça va amener quelque chose à l’équipe, au club et aux joueurs et comme pour moi, l’esprit est aussi important, je ne veux pas me jeter à corps perdu dans le CV d’un joueur pour prendre un joueur.

Et concernant l’arrivée de Venter ? 

 

MB : Il y a eu un décalage mais Venter, c’est un mystère (rires). On le signe un mois avant Backhouse qui est là depuis deux semaines et Venter est toujours en Afrique-du-Sud, bloqué par l’Ambassade et maintenant, par le Ministère des Sports de France qui doit valider son laissez-passer. Mais l’Ambassade attend le papier du Ministère des Sports donc, nous sommes quand même montés au créneau parce-que ça fait quand même 10 jours et cette semaine, on est monté fort et là, l’agent me dit  » je vous envoie les papiers parce qu’en fait, le Ministère des Sports n’avait pas eu la demande pour Venter « . Donc, en fait, tout le monde se renvoie la balle, j’ai espoir qu’il prenne l’avion lundi mais, honnêtement, l’espoir ne suffit plus. 

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En parlant d’effectif, celui de Nice est pléthorique. Tu as fait une grosse prépa physique pendant l’intersaison et avec la profondeur de banc que vont avoir les Niçois, c’est là qu’elle va battre son plein ? 

 

MB : Franchement, Nice a l’une des meilleures équipes de la poule, si ce n’est la meilleure en termes de qualité d’effectif avec un fort et très, très gros matos. Nous, on a un bon petit groupe, je suis très content des joueurs que j’ai et qui sont disponibles pour dimanche mais, encore une fois, ce n’est qu’un match de rugby et ce n’est que le 3e match. Il va en rester 23 derrière, la saison ne se jouera pas dimanche donc, on y va avec beaucoup de légèreté et en tous cas, j’espère que les gens prendront du plaisir sur le terrain plus que ce qu’ils en ont pris dimanche en terme de jeu. 

 

Qu’est-ce qui sera le plus important ? 

 

MB : L’esprit, la solidarité, s’aider pendant 80 minutes, s’encourager, rattraper le coup des copains qui ont fait une bourde, le socle qu’on a travaillé, qu’on travaille tous les jours et qu’on travaillera encore tout le long de l’année. Le socle, ce sont eux, ce sont les joueurs, j’avais dit que j’avais pris un groupe et on est en train de devenir une équipe, ce n’est pas gagné mais, en tous cas, ils m’ont fait plaisir et ils ont fait plaisir à beaucoup de gens sur l’esprit. Tout le monde a vu qu’ils étaient copains et au rugby, quand tu es copain, ça aide et ce sont les fondations que l’on veut faire avec Alex. Je suis très content de l’esprit et de la solidarité et je vais m’appuyer sur ça pour l’avenir et pour les matchs mais ça ne suffira pas. Il n’y a pas que ça et il va falloir mettre du rugby, être meilleur dans tous les domaines donc, il faut continuer à travailler mais on a du pain sur la planche. 

La saison ne se joue pas là mais c’est quand même l’occasion de mettre une grosse épine dans les crampons d’un adversaire ? 

 

MB : Honnêtement, je ne regarde qu’Albi. Je le redis, on y va avec beaucoup de légèreté, je ne regarde pas ce que font les autres parce-que vous avez vu ce championnat ? Tous les dimanches, il y a une surprise et il y en aura d’autres, tous les matchs sont difficiles, à l’extérieur comme à la maison. Je ne dis pas  » qu’est-ce qu’on va faire pour en embêter un autre ? « , non, c’est nous, comment on va construire notre match et qu’est-ce qu’on va y amener. Dimanche soir, l’objectif n’est pas le résultat mais c’est d’avoir avancé sur notre projet à savoir notre esprit, notre envie de se faire mal les uns pour les autres et maintenant, d’amener du rugby et d’être meilleur dans le rugby.

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Le mot d’ordre pour aller défier l’armada niçoise ? 

 

MB : Prenons du plaisir à jouer un bon match de rugby contre une très grosse équipe, c’est le leitmotiv de ce week-end.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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