#Rugby – Nationale / C.Lebian (Dijon) : «Quand l’arbitre a sifflé le coup de sifflet final… On aurait dit qu’on avait gagné la Coupe du Monde!»

L’euphorie et la joie était de mise du côté du Stade Dijonnais, le week-end dernier. Les Stadistes en déplacement à Soyaux Angoulême (ex pensionnaires de Pro D2), ont ramené une victoire de prestige, mais ô combien importante pour lancer la saison des Bourguignons. Autour de ce succès fédérateur, les Dijonnais et leur capitaine Colin Lebian, comptent bien capitaliser sur la confiance et la cohésion emmagasinée en Charente. Devant leur public de Bourillot, les joueurs de Benjamin Noirot, vont voir arriver un joli contest : un Bourgoin-Jallieu remonté et dans l’obligation de gagner. Celui qui est capitaine depuis deux matchs, va donc s’évertuer avec ses coéquipiers, à ferrailler pour empocher leur première victoire à domicile, dans ce championnat de Nationale. Rencontre avec un 3eme ligne, digne représentants de la nouvelle génération bleu et rouge, préformée à Migennes, à quelques encablures son village natal de Cerisiers, et formé par la réputée école de l’ABCD XV. Colin Lebian, un Icaunais en Côte d’Or devenu en 4 saisons et à tout juste 22 ans: un des tauliers du vestiaire dans la capitale des ducs.

Colin, une nouvelle saison à Dijon. Ça fait quatre ans que tu es arrivé sous les couleurs Stadistes. Cette année avec de nouvelles responsabilités puisque tu as eu le capitanat contre Albi à Bourillot et à Soyaux-Angoulême.


Exacte, je l’avais déjà eu une fois en Fédérale 1 contre Issoire mais c’était il y a un an et demi, deux ans. Ça fait deux matchs où je suis capitaine.

Tu es quand même très jeune pour un capitaine. C’est un sacré gage de confiance de la part du coach Benjamin Noirot ?


Oui ça fait plaisir. C’est une fierté et une grande responsabilité. Je suis très content de la confiance que m’accorde tout le staff.


Être un vrai Bourguignon du cru comme on dit, toi qui es originaire de l’Yonne, c’est quelque chose qui a peut-être participé à ton capitanat. Tu représentes la jeunesse, la formation Stadiste ?


Oui exactement parce que je suis encore au centre de formation. Je suis en dernière année. C’est vraiment important pour moi de représenter toutes les valeurs de la Bourgogne, d’autant plus en jouant au Stade Dijonnais que ça soit auprès des partenaires ou même des supporters. C’est vraiment cool. Même à l’école de rugby dans laquelle j’interviens.

Colin Lebian sous le maillot de l’équipe de France à 7 développement en 2019 / Crédit photo France Rugby

Tu es arrivé au Stade Dijonnais en 2017, au début d’une nouvelle ère. On peut dire que tu t’es formé en même temps que le Stade Dijonnais grandissait. Si on devait faire un point de passage, on en est où de ton côté et du côté du Stade Dijonnais depuis 2017 ?

Exactement, je suis arrivé en 2017. C’était la première année de Renaud Gourdon. C’était vraiment là où le projet du Stade a changé et s’est orienté vers le professionnalisme. C’était vraiment intéressant de voir le Stade évoluer. Il y a eu de nouveaux éclairages, de nouveaux panneaux leds. Voir tout ça au fur et à mesure des années, c’était vraiment impressionnant. Quand ils l’ont monté avec les grues, c’était impressionnant et ça donne un air de nouveau et ça donne encore plus envie que ça se développe.

Et toi tu t’es un peu développé au diapason du Stade Dijonnais.

Oui il faut. En plus au début, nous étions en Fédérale 1 donc déjà la Fédérale 1 c’est épais. Il fallait que je me développe personnellement. Avec la Nationale, encore plus. J’ai vraiment suivi le projet de tout le monde ces quatre années.

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Dans ta formation tu es aussi passé par l’ABCD XV, entre les mains d’Eddy Joliveau. L’ABCD XV c’est vraiment le carrefour des graines de champions de Bourgogne en termes de rugby.

Oui, il y a eu des grands noms qui sont passés par là. Actuellement il y en a qui jouent en Top 14 : Jules Fabre, Arthur, Gervais Cordin. C’était vraiment une superbe expérience de jouer pour ABCD XV et surtout avec ces mecs-là. Ce n’est que de la fierté de sortir de l’ABCD XV justement.

Et puis certains jouent contre toi en Nationale : Quentin Lalarme, JB Fuster…

Oui c’est sûr. C’est sympa de les revoir sur le terrain. On se connaît tous. Suresnes on les a dans la poule depuis quelques temps, Cognac, ça va faire deux ans. On les connaît déjà de visage. Sur le terrain maintenant, ça échange des bons mots de Bourguignons à la fin du match.

On va parler du début de saison du Stade Dijonnais. Tout d’abord de la présaison. Comment tu la jugerais ?

Elle a été bien amenée avec trois semaines de prépa physique intense où il fallait être sérieux. Ça permettait aux mecs qui n’avaient pas trop joué de se mettre au niveau physiquement. Après une semaine de vacances, trois matchs amicaux qui ont permis de se jauger face à deux Fédérale 1 et une Nationale. C’était vraiment bien puisqu’on a pu sortir des points et travailler le premier bloc. Après, les premiers matchs de championnat avec Albi et Soyaux.

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Sur le match d’Albi, c’est tout de même une désillusion puisque vous souhaitiez garder l’invincibilité que vous aviez depuis le printemps dernier à Bourillot puis faire un gros cadeau à ce public qui investissait pour le premier match officiel les travées de Bourillot.

Oui c’est sûr c’était une grosse déception. Même moi personnellement. Pour un premier capitanat, c’était vraiment dur à encaisser. Nous avions tous à cœur de bien commencer ce début de saison avec le retour du public avec qui on s’entend très bien et avec qui on a une grosse cohésion. On voulait vraiment leur offrir une victoire pour la première. On aura une deuxième chance dimanche.

Contre Albi, on peut dire que vous étiez si prêts, si loin en même temps. Qu’est-ce qui vous a manqué ?

Si prêts, en première mi-temps, nous étions vraiment prêts et tout. Il n’y a rien à dire. Deuxième mi-temps, ils commencent à prendre le score. On sait que quand ils prennent le score, ça devient difficile à jouer parce qu’ils jouent au pied, ça prend les trois points. Courir après le score quand tu n’as pas le ballon, ça devient compliqué.

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Peut-être la conquête qui était un peu défaillante sur ce match ?

Oui peut-être la conquête un peu défaillante. On sait qu’ils ont de très bons éléments en touche et une grosse mêlée. C’était très compliqué. On s’est fait assez embêter là-dessus. Même dans notre jeu. Nous avions des détails à gommer qui font qu’on perd le ballon, nos offensives. C’est dur après de continuer à mettre son jeu en place.

Contre Soyaux, on a vu une véritable réaction d’orgueil. Vous êtes allés chercher une victoire de prestige contre une équipe qui était, il y a quelques mois, en Pro D2. Comment s’est construit cette victoire à Soyaux ?

Je pense que ça s’est construit après une très bonne semaine d’entraînement. Les mecs étaient remobilisés après la défaite d’Albi. C’est un match où il n’y avait pas de pression. J’ai senti le groupe très apaisé et sûr de lui. Jouer sans cette pression du premier match, où nous étions tous un peu stressés avec la boule au ventre, là nous avons lâché les chevaux comme on dit. Ça fait du bien. Nous avons réussi à produire notre jeu en ne lâchant rien pendant 80 minutes. C’était très important.

On disait avec Julien Caramel en interview que c’est une victoire qui pouvait être très fédératrice pour le groupe.

Oui clairement ça peut être très fédérateur. Gagner comme ça à l’extérieur sur un week-end où nous sommes partis deux jours avec un retour en bus de huit heures. Je peux te dire que ça resserre les liens. C’était vraiment incroyable émotionnellement. Quand l’arbitre a sifflé le coup de sifflet final, tout le monde s’est pris dans les bras. On aurait dit qu’on avait gagné la Coupe du Monde. Mais franchement c’est super ce que ça a créé avec ce groupe et l’émotion que ça a créé.

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Et quand on est capitaine, la causerie d’après match est plus simple dans ces moments-là.

Oui beaucoup plus simple dans ce genre de match. On a tous profité à fond après ce match pour resserrer encore plus les liens.


Après cette victoire quelle est le risque au moment de recevoir Bourgoin à Bourillot ? De s’endormir sur ses lauriers ?


Il a fallu passer très vite à autre chose car nous avons eu une très courte semaine d’entraînement. Oui il va falloir passer très vite au-dessus de cette victoire et passer à autre chose car on sait que Bourgoin c’est une grosse équipe. Ils vont venir avec des intentions avec deux matchs perdus. Il va falloir très vite revenir sur terre et les affronter dimanche.


Une équipe qui en plus n’a pas trop réussi à Stade Dijonnais sur ces dernières années…


Oui l’année dernière ils ont mis 40 points à Bourillot. Effectivement, ce sont des choses auxquelles on pense un peu. Forcément ça sera dans un coin de notre tête. On sait ce qu’on a à faire et les ingrédients que nous devrons mettre pour espérer décrocher notre première victoire à Bourillot.


En cas de victoire à Bourillot, deux victoires sur un bloc de trois, l’objectif serait rempli par rapport à ceux fixés par Benjamin Noirot ?


Oui après nous n’avions pas forcément d’objectifs sur les blocs. Nous sommes plutôt match par match. La victoire à Soyaux a un peu gommé la défaite d’Albi en termes de points. Finir sur une bonne note à domicile sur ce bloc de trois c’est très important. Surtout qu’après on va entamer un autre bloc avec deux déplacements et ça sera très important de bien finir ce bloc.


Tu nous parles aussi de ce petit club qui t’a formé dans l’Yonne. C’est bien aussi de savoir d’où on vient.


Bien sûr c’est très important. C’est le club de Huigiène (désolé je sais que ce n’est pas ça). Un petit club près de de l’Yonne. J’y ai commencé à 5 ans car mon père, ma mère et mon frère y ont joué. Autant te dire que c’est une histoire de famille. C’est un club très familial et très convivial. J’adore y retourner dès que je peux. Par exemple lors de tournois de rugby à 7 à la fin de l’année pour arbitrer ou faire un petit tournoi de touché avec mes parents.

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Pour continuer sur la fibre sentimentale. On sait que tu as grandis avec Simon Armand et Enzo Marzocca au centre de formation. Ça ne t’a pas fait bizarre de voir Enzo en face contre Albi ?


Si ça fait bizarre. On s’est un peu chamaillé. Sur un plaquage je le chambre un peu au sol. A un moment, je lui tire le maillot. Je trouve que c’est aussi sympa de le retrouver en face. Ça permet cet échange d’expériences. Je suis même content pour lui. C’est un super gars et de voir qu’il joue c’est vraiment super.


Pour finir on va te demander les mots d’ordres pour la réception de Bourgoin ?


Victoire juste victoire très important.


La question décalée qui t’est posée par Julien Caramel ton coéquipier : es-tu un homme de chair ?


Oui je suis un homme de chair mais lui c’est plutôt un homme de sang avec Lucas Liabot. Les deux sont très très sang. (Rires)

Propos recueillis par Loïc Colombié

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