#Foot – N2 / P.Maurel (Colomiers) « Nos moins, c’est une préparation athlétiquement complètement tronquée »

Après trois matchs dans le dur, l’US Colomiers a su continuer à progresser pour s’offrir son premier succès de la saison ce week-end contre Montpellier (retrouvez tous les résultats ici). Le coach Columérin, Patrice Maurel, revient sur les circonstances des quelques difficultés des premiers matchs et reste confiant dans les capacités et la motivation de son groupe.

Crédit US Colomiers

On vient d’arriver au terme du premier mois de compétition en National 2. Du côté de Colomiers, on a du attendre la quatrième journée pour glaner une première victoire. Que retenez-vous de ces premières semaines ?

Quand on vit avec un groupe, on sait d’où on vient et où on veut aller. Nous avons eu une préparation complètement tronquée dés le premier jour avec six cas de covid lors de la première semaine et un variant très difficile pour le joueur touché. Derrière, ça donne une préparation coupée dix jours au minimum pour les cas contacts et presque vingt jours pour ceux qui ont eu le covid. Quand on fait une préparation de cinq semaines, ça fait quelques jours qui sont impactés. Après, nous avons eu une deuxième vague avec trois ou quatre joueurs supplémentaires. En gros, nous avons eu 10 joueurs touchés par le covid sur ce mois de juillet. Nous nous sommes simplement mis comme objectif de récupérer les joueurs petit à petit et surtout de récupérer des points sur ce mois d’août. Du coup on rentre dans l’objectif. Au final, dans l’analyse des matchs, avec des joueurs à 30% de leurs capacités, avant d’aller à Montpellier, il nous manquait cinq points.

Comment ça ?

C’est une réalité. On manque un penalty à Angers (match nul 0-0) sur un match où on ne subit rien. Contre le Puy (défaite 0-1), on leur donne le but sur leur seul tir. C’est une erreur individuelle de notre part. Après contre les Herbiers, on les remet dans les clous sur une grosse erreur individuelle alors qu’on menait 2-0 (match nul 2-2). Beaucoup de positifs pour moi. On a un solide esprit de groupe avec des joueurs qui se battent et veulent progresser journée après journée. Progresser athlétiquement, techniquement et puis collectivement. C’est une période où il faut s’adapter.

Et également gommer ces petites erreurs techniques pour la suite de la compétition…

En fait ça a été l’objectif mais on fait vraiment des grosses erreurs qui nous font très mal. Le Puy, c’est un match qui doit finir à 0-0. On perd le ballon tout seul sans pression de l’adversaire et à la fin, ça nous coûte des points. Ce qui n’était pas notre marque de fabrique à la base. Après, nous avons eu la même chose contre les Herbiers et ce penalty important contre Angers. Nous ne pleurons pas sur notre sort. Nous avons identifiés nos moins. Nos moins, c’est une préparation athlétiquement complètement tronquée. Après, le plus c’est que nous avons une grosse habitude de la compétition. C’est un championnat très long, il faut gratter des points et c’est ce qu’on fait.

En conclusion Colomiers ne sait que se transcender dans l’adversité !

Pour l’avoir vécu quasiment tout seul comme tout le monde était en vacances c’est très difficile quand on a été aussi sérieux face au covid. L’année dernière nous avons vraiment joué le jeu. C’était un test par semaine où le laboratoire venait sur place. Là, c’est vraiment le premier jour en rentrant des vacances où nous avons un cas, puis trois jours après six joueurs puis après trois de plus. C’est difficile quand nous sommes sérieux et que malgré tout, nous sommes impactés. Après, c’est compliqué aussi de voir des joueurs très mal. J’ai eu quelques joueurs qui ont été très malades. L’un est parti aux urgences, un autre à la reprise, j’ai du l’arrêter car il n’arrivait plus à respirer. Ce n’est pas rien ! L’idée c’est que cette histoire nous serve plus tard. Pour qu’elle nous serve, il faut réussir à en sortir grandit. Pour cela, il faut forcément gratter des points alors que nous n’avons pas eu une préparation similaire aux autres équipes.

La question principale demeure est-ce que les joueurs touchés ont pu s’en remettre ?

Oui. Quelque part, les résultats montrent qu’ils progressent notamment athlétiquement. Le premier match, nous avons 30 minutes dans les matchs, le deuxième 45 et puis là on pousse. Les joueurs vont de mieux en mieux au fil des jours et des semaines. J’avoue que ce n’est pas simple. Aujourd’hui, l’avantage c’est que 100% des joueurs et du staff sont vaccinés. On a une vraie bulle sanitaire et c’est un plus.

Bulle sanitaire que vous aviez déjà quelque peu créé l’an dernier avec des contrôles rigoureux avant les matchs et entraînements !

Oui mais parce qu’après, je pars du principe que nous avons des familles. Il faut se respecter entre nous et après aussi respecter les familles que l’on retrouve tous les soirs. C’est très important. La grosse différence, c’est que les restaurants, les bars, les boîtes ont rouvert après deux ans de frustration. Comme j’ai pu dire à mon président, j’ai des jeunes joueurs. On ne va pas leur demander de ne pas sortir. Ils vont sortir. Après c’est à nous aujourd’hui d’être vaccinés, c’est un premier pas, et de faire comprendre que c’est important. Après, le point positif c’est que dans la douleur, les joueurs non-vaccinés ont eu peur pour leurs potes donc ils se sont de suite faits vaccinés. Il y a une prise de conscience qu’il s’agit d’une maladie pourrie. Quand je dis autour de mois que j’ai des mecs en formes, des athlètes et quand je vois dans quel état ils étaient pour que je m’inquiète autant. Je me dis toi papy ou mamie si tu n’étais pas vacciné, malheureusement, ça serait difficile. C’est un peu l’histoire de notre début de saison. On s’accroche, c’est nos valeurs à Colomiers.

C’est un peu la marque de fabrique Columérine de relever la tête dans l’adversité…

C’est ce que j’essaye de faire passer. C’est un point important pour moi de se bagarre. On est souvent considérés par certains comme un petit club, par certains un club de bouseux. On nous confond avec Coulommiers le fromage. Mais on est tout le temps dans le top 5 avec le dernier budget du groupe. C’est une grande fierté, mais en même temps, ça a un prix. C’est donc de l’humilité et s’accrocher. C’est ce que je véhicule et que je véhiculerais tant que je serais là.

Ce week-end vous avez donc acté votre premier succès de la saison contre Montpellier. Après avoir été rattrapé par la patrouille contre Angers ou Les Herbiers, qu’est-ce qui a changé contre les Héraultais pour l’emporter ?

J’étais hyper serein sur le début de saison. C’est mon rôle. Au final, c’est assez paradoxal car c’est peut-être le moins bon match de tous. Ça c’est la réalité. Après, nous avons eu un peu de réussite. Ce que nous n’avons pas eu sur les premiers matchs où vraiment nous avons été sanctionnés sur des erreurs alors que nous devions vraiment gagner. On devait vraiment gagner contre Angers, assez facilement d’ailleurs. On devait vraiment repartir facilement avec la victoire des Herbiers. Sur des erreurs, nous avons été dedans. Là, contre Montpellier, c’est l’erreur du gardien adverse qui nous permet de recoller de suite à 1-1. Comme j’ai dis aux joueurs, il fallait valider notre progression notamment mentale. Après, c’est eux qui sont allés chercher la victoire. Ils auraient pu se contenter du nul. Mais à 1-1, je ne voyais pas comment on n’allait pas gagner le match. Il y avait vraiment une volonté de pousser et de repartir avec trois points de ce déplacement. Je trouve ça très positif. La qualité du match, c’était paradoxal. Il y avait du bon comme du moins bon. C’était moins bon que contre les Herbiers par exemple.

Comme on dit, la roue tourne. Le contenu y était moins, mais le résultat était au rendez-vous cette fois.

Oui. On construit une saison. On la construit par exemple sur le technique, mais le premier truc, c’est le mental. Nous avons peut-être été plus juste que les semaines précédentes. Par contre, là où contre Les Herbiers nous nous sommes effondrés lorsqu’ils reviennent à 2-1, là à 0-1, nous sommes restés sereins et nous avons attaqué pour revenir à 1-1. Après, notre marge de progression, c’est que ça doit finir à 3 ou 4-1. On doit encore progresser, ce qui est logique. Mais pour moi, le mental reste une valeur principale. On peut tout greffer dessus et pas l’inverse.

Ce week-end, vous allez retrouver votre antre pour espérer un premier succès à domicile contre Chamalières. Est-ce que vous avez déjà jeté un œil à leurs performances ?

C’est vraiment une période où je me centre sur nous, sur la progression des joueurs et la progression collective. J’ai vu les résultats mais après c’est vraiment une posture. Ce qui m’intéresse, c’est de savoir ce qu’on est capable de proposer. Ce n’est absolument pas un manque d’humilité car je respecte bien évidemment toutes les équipes. C’est une période particulière. On va passer ces cinq journées et après nous verrons derrière. Là il faut vraiment être centrés sur nous, et voir ce que nous sommes capables de proposer et pendant combien de temps nous en sommes capables. A la mi-temps contre Montpellier, j’ai trouvé des visages pas fatigués alors que contre Les Herbiers, ils étaient complètement fatigués à la mi-temps. C’est un groupe qui travaille tout le temps et donne toujours tout. Après, qu’ils soient critiqués quand ça ne gagne pas, tant mieux c’est qu’ils ont habitué les gens à de bons résultats et de bons matchs. Après, à moi d’être lucide, c’est un groupe qui ne triche jamais. J’ai eu des groupes différents avec de bons résultats et quelques individus différents. Mais là, c’est vraiment un groupe travailleur. Il a des qualités et des défauts, mais la tricherie ne fait pas partie de ses défauts. C’est un groupe qui donne toujours tout. Au quotidien, même aux entraînements, c’est un groupe qui est tout le temps à 100%. Quand il n’y arrive pas, ce n’est pas car il n’a pas assez donné. C’est parce qu’on n’a pas trouvé les solutions ou qu’on n’avait pas assez de jus pour s’y donner pendant 90 minutes.

Propos recueillis par N.Portillo

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