#Rugby – Fed1 / B.Bagate (Oloron) : «J’avais besoin de quelque chose qui me rapproche du vrai rugby! »

En pays béarnais, dans la poule 4 de Fédérale 1 version 2021 / 2022 , le néo-manager du FC Oloron, Benjamin Bagate, s’active avec sa passion caractéristique et son énergie dévorante à préparer le retour du rugby à Saint Pée. Nommée à la fin du printemps, ce globe-trotter de l’ovalie arrive à Oloron Sainte – Marie fort d’un parcours riche en émotion sportives, ou en aventure humaine, teinté de quelques péripéties extra sportives. Passée par l’UBB, Hagetmau, Saint Jean d’Angely, Albi, Chambéry ou encore Perigueux, ce proche de Christophe Dominici a aussi vécu la désillusion du projet Emiratis biterrois ou encore l’effondrement financier de Trelissac. Un parcours formateur lui ayant permis de côtoyer tant le suc de ce sport , que les venins qui coule dans certaines veines de l’ovalie. Benjamin Bagate est donc revenu dans nos colonnes sur ce parcours qui a construit la personne qu’il est aujourd’hui et qui l’a amené à rejoindre les Pyrénées Atlantiques. Emballé tant par la personnalité de Laurent Malié et Pierre Serena (les 2 co-présidents), que par le projet de club ou encore l’âme de cette entité partie prenante de la vie sociale de la cité béarnaise: ce girondin pur sucre a décidé de relever le défi du « Fécéo». Rencontre avec un coach qui voit avec appétit le prisme de la Nationale 2 et un possible retour de playoffs dans l’antre du FCO, mais qui espère bien ,aussi, s’imprégner de la culture d’un territoire à l’identité marquée .

Benjamin Bagate et son staff pour l’accompagner dans le challenge Oloronais / Crédit FCO Rugby Officiel

 

Te voilà à la tête d’une nouvelle équipe en Fédérale 1 après un passage éclair, du fait du re-confinement du rugby hexagonal, à Trélissac. Qu’est-ce qui t’a amené à choisir d’aller dans le Piémont des Pyrénées, à Oloron auprès de Pierre Séréna et Laurent Malié ?

 

Moi, je me nourris de plein de choses et notamment de ce que l’on peut considérer comme des échecs que j’ai eus, notamment le fameux projet biterrois / émiratis qui n’a jamais vu le jour et qui s’est transformé en drame avec le décès de Christophe Dominici. Il y a ensuite eu cette opportunité à Trélissac qui a vite fait  » plouf  » à cause de la crise sanitaire donc, j’avais besoin de quelque chose qui me rapproche du  » vrai rugby  » c’est à dire du rugby avec encore un peu de valeurs du clocher que j’avais connu dans ma jeunesse avec mes grands-parents, originaires de Saint-Vincent de Tyrosse. J’avais envie de retrouver un projet à dimension humaine et c’est ce que m’ont proposé Pierre et Laurent avec qui j’avais échangé, grâce à toi, sur tes ondes. Ça aurait été trois ans avant ou trois ans après, ça aurait sans doute été non mais là, c’est le bon projet au bon moment.

 

Pierre et Laurent sont maintenant dans une volonté de donner un nouvel élan et un nouveau souffle au FCO. Comment vas-tu t’y atteler avec ton adjoint ? 

 

La première des choses est d’avoir un projet en adéquation avec l’organisation du club. Comme je leur ai expliqué, le projet d’aller en Nationale 2 va tout relever car aujourd’hui, la Fédérale 1 s’organise de mieux en mieux avec des stades de plus en plus grands. Nous, malheureusement, nous n’avons pas les moyens de faire ça, donc on fera avec ce qui a fait la richesse d’Oloron après les périodes de Barbarena , de Daussat qui ont quand même amené le club à un niveau assez haut dans cette division fédérale. Tout en gardant les valeurs qui ont fait du FCO un club respectable et respecté. On va essayer d’y amener un peu plus d’organisation avec Thomas, qui lui sera chargé de la préparation physique, du jeu des avants et de la conquête. On va donc essayer d’amener cette patte-là d’organisation sur tout le sportif.

 

C’est un club comme tu les aimes, qui a une âme, un tissu de supporters et une ferveur autour de lui venue de toute la vallée. En plus, il va y avoir de beaux derbys dans cette poule avec Peyrehorade et Mauléon ? 

 

Oui, surtout Mauléon qui est le premier match le 5 Septembre. Il y a effectivement pas mal de supporters, on le voit aux entraînements et même dans la ville où ça bouillonne tous les jours car tu sais, ici, c’est le rugby, la pelote et les fêtes. Les fêtes n’ont pas pu avoir lieu, ça a été un peu pareil pour le rugby qui a été en pointillés donc oui, il y a une grosse attente ici dans une poule où il n’y a quand même quasiment que des derbys et tant mieux. Il va y avoir une grosse ferveur populaire, un gros engouement le dimanche, des stades pleins et ça fait plaisir après cette crise sanitaire qui a secoué tout le monde. 

 

Pour toi, quelles sont les équipes les plus épaisses et les plus calibrées dans cette poule pour accéder à la Nationale 2 voire à la Nationale ? 

 

Je crois que c’est une poule très homogène, il n’y a pas de petites équipes. Tu sais bien qu’il est toujours compliqué d’aller jouer à Nafarroa, Albi s’y était cassé les dents à une époque, Saint-Jean de Luz a joué le haut du tableau de Fédérale 1, Tyrosse et même à Peyrehorade, qui est monté, ce sera difficile. Il n’y aura pas de matchs faciles, il faudra respecter tout le monde et essayer de se faire une place dans cette poule, encore une fois, avec des bastions du rugby comme Mauléon, Nafarroa, Saint-Jean, Tyrosse. Ce sont des coins où il est quand même compliqué d’aller jouer le dimanche à 15h, ils sont souvent soutenus par leur public comme à Lannemezan ou à Bagnères. 

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Tu es déjà allé jouer à Bédarrides, plus rien ne te fait peur ?

 

Moi, ça me plaît les endroits où c’est un peu chaud, où il y a du public qui est chauvin, c’est le vrai rugby et ça me plaît. C’est vrai qu’à Bédarrides, c’était un peu compliqué mais bon … 

 

Niveau public passionné, tu touches le summum là-bas

 

Oui, tu peux prendre des cailloux sur la tête, ça m’est arrivé mais c’est le folklore. Ici, on va dire que c’est bon enfant et c’est ça qui est appréciable et puis, c’est une terre de rugby, une terre où les gens savent bien vivre et où il y a une vraie appartenance au village et si ce n’est au village, à leur club de cœur. Je le vois avec les joueurs, j’en ai qui sont très attachés et qui sont à l’école de rugby depuis l’âge de 5 ans, c’est quelque chose qui est rafraîchissant dans ce monde du rugby qui aujourd’hui, malheureusement, perd un peu ces valeurs-là. 

 

Avant de poser tes valises à Oloron, tu as eu un parcours assez riche en expériences et on va essayer de revenir un peu dessus. Pour débuter, tu as bien sûr commencé à entraîner dans ta région bordelaise natale ? 

 

J’ai fait deux ans en espoirs au départ à l’USB-CABBG la première année puis de l’UBB la deuxième année puisque le club s’était transformé avec l’arrivée de Laurent Marti, l’actuel président. J’ai eu la chance d’avoir un groupe avec des joueurs qui ont fait carrière aujourd’hui comme Maxime Machenaud, Raphaël Lagarde, Jérémy Dumont qui est l’actuel entraîneur des avants de Marmande. Ça me fait d’ailleurs bizarre de retrouver des joueurs que j’ai entraînés qui sont aujourd’hui entraîneurs ou managers car, ça veut dire que ça date peut-être pour moi mais la roue tourne (rires). On a eu la chance d’être champion de France avec cette génération-là en 2009 avant que je ne parte à Valence d’Agen où j’ai eu la chance de gagner le Challenge de l’Espérance, qui n’est plus au goût du jour aujourd’hui. Il me semble qu’ensuite, j’ai atterri à Hagetmau. 

 

Hagetmau qui est aussi une grande terre de rugby ? 

 

Oloron me rappelle beaucoup Hagetmau où j’ai eu la chance d’y avoir un grand président, Jean-Pierre Dumartin. A l’époque, je faisais la route Bordeaux / Hagetmau trois ou quatre fois par semaine et il n’y avait que lui pour me persuader que c’était super et que je me régalais. Ça s’est arrêté au bout de deux ans parce-que, malheureusement, je m’endormais un peu au volant de la voiture en rentrant le soir et je n’ai pas voulu prendre de risque mais c’était une expérience énorme où l’humain avait vraiment sa place avec un groupe de joueurs extraordinaires. D’ailleurs, j’en ai deux qui entraînent cette année à Hagetmau et je leur ai piqué un joueur donc, ça m’a fait bizarre de les appeler pour leur dire que j’allais leur prendre un joueur car j’ai beaucoup de respect pour ce club. Même si Jean-Pierre Dumartin n’est aujourd’hui plus président, c’est un club qui a plein de valeurs. 

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A Hagetmau, chaque match a un air de féria ? 

 

Oui (rires). Je le redis, c’est vraiment un très, très bon souvenir : de supers joueurs, des mecs bien sûr 100% amateurs qui travaillaient comme des ânes la journée et qui s’envoyaient le week-end. Je me souviens d’un match mémorable où l’on avait fait match nul contre  » le grand Périgueux  » à l’époque, où on avait battu Valence d’Agen. Ce sont des supers souvenirs et, avec le plus petit budget de Fédérale, on s’était maintenu. Ça fait partie de mes meilleurs souvenirs d’entraîneur avec bien sûr le titre espoir que je n’oublierai jamais pour tout ce que ces gosses m’ont apporté à l’époque. 

 

Il y a ensuite où l’arrivée au Sporting Club Albigeois où tu as connu un entraîneur qui fut quand même fondateur pour toi, Hugo Mola ? 

 

Au-delà de l’entraîneur et du manager qu’il est devenu, car il fait partie aujourd’hui des références, il était à l’époque un peu décrié car il sortait d’une expérience un peu compliquée à Brive où ça ne s’était pas super bien passé. Suite à plusieurs discussions que nous avions eues ensemble, il m’avait dit  » si je reprends un club, je te prendrais avec moi  » et nous sommes tombés dans cette ville, avec ce public merveilleux, ses bénévoles. On a vécu une année différente des autres évidemment mais surtout parce-que le club sortait d’une année assez difficile où je crois qu’il s’était maintenu à l’avant-dernière ou à l’antépénultième journée. Avec Hugo, je m’en rappelle encore, nous avions fait un recrutement avec des joueurs méconnus à l’époque qu’on avait récupérés en Fédérale 1 comme Tavalea, Tonga, Farré qui depuis ont fait carrière, nous avions été chercher Morgan Marchini, joker médical, qui jouait à l’époque à Hagetmau. C’était vraiment quelque chose de différent et je crois d’ailleurs qu’il n’y a pas un club de Pro D2 qui avait repris un joker en Fédérale 2. C’était une année folle où l’on a réussi, avec une fin de saison extraordinaire, à se qualifier pour les demi-finales d’accession. Tant sur l’aspect sportif qu’humain, avec des joueurs comme Gabriel Lacroix, Mathieu Peluchon, Malik Djebablah, Malik Hamadache, Romain Barthélémy, Sipa Taumoepeau, André Hough, Vincent Farré Morgan Marchini, que des bons mecs. Il y avait vraiment une osmose entre tout le monde et on s’est régalé, c’est passé trop vite, comme souvent, quand tu as de la chance de passer de bons moments, tu trouves que ça ne dure pas assez longtemps mais, en tous cas, c’était très intense. Je sais que ça a marqué aussi Hugo cette année-là, bien sûr, depuis, il a eu d’autres émotions mais ça nous arrive souvent d’en reparler. 

 

On va aussi parler de ton passage à Saint-Jean d’Angély. Au #MagSport, on a souvent le club de l’UCS, l’Union Cognac-Saint Jean d’Angély mais toi, tu as connu la période d’avant fusion, celle de Saint-Jean d’Angély seul ? 

 

En fait, c’était dans l’air du temps. J’ai signé en 2016, on avait prévu d’y rester deux ans et à l’époque, j’avais dit à Christophe Lacombe, le président de Saint-Jean d’Angély, club dont il faut savoir qu’il ne s’était jamais maintenu en Fédérale 1 à part une année sur tapis vert, que le premier objectif serait de se maintenir. D’ailleurs, j’avais ramené pas mal d’Albigeois comme Dawetawalu, qui y est toujours, le petit Guitoune qui est maintenant à Pamiers, un pilier droit qui jouait à l’époque en espoir à Albi, Mickael Hygonnet . Non content de se maintenir, on s’était qualifié et on avait perdu en 8e du Jean Prat contre Tyrosse donc, c’était une réussite. C’était la première fois que le RACA, le club de Saint-Jean d’Angély se qualifiait pour les phases finales et puis, il y a eu cette fusion, ou entente, on l’appelle comme on veut, avec Cognac. J’ai fait deux, trois repas avec le président de Cognac et puis, j’avais dit à Christophe que je ne resterai pas, il y avait des choses qu’à l’époque, je ne sentais pas trop. J’avais donc préféré partir et je me suis retrouvé à Chambéry.

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Chambéry qui vogue aussi maintenant en Nationale, équipe que tu avais entraîné en Fédérale 1 puis en Fédérale 1 Elite. Une année où tu as eu quand même pas mal de frustration à cause des points qui vous ont été retirés et de l’interdiction de jouer les play-offs car, jusqu’en Décembre, vous étiez quand même lancés comme des frelons ? 

 

La première année, nous étions invaincus après 6 journées, je crois que nous avions la meilleure défense et la 2e meilleure attaque. Et puis, on a eu des problèmes avec la DNACG à partir du mois de Décembre qui nous ont un peu plombés la fin de saison puisque nous avons été menacé de rétrogradation une première fois puis une seconde fois en appel et on a dû notre salut qu’au conseil du CNOSF. On avait malgré tout fini 5e, on aurait dû faire la demi-finale d’accession mais ça n’était pas possible à cause de cette sanction. Nous avons été maintenus en Fédérale 1 en repartant la saison suivante avec -8 points ce qui est très compliqué. Je crois que l’équipe de Dijon avait eu la même sanction l’année d’avant et ils avaient fini 8es. Nous, nous avons réussi à nous qualifier avec des joueurs qui jouent maintenant au niveau au-dessus comme Jérôme Rey qui vient de signer à Lyon qu’on était allé chercher à Bourgoin, un 3e ligne qui ne jouait pas. Il y avait aussi Aurélien Azar qui joue aujourd’hui à Carcassonne, Fabien Nabias, Raph Mérancienne qui était venu nous rejoindre la première année, Mojee Ratuvou, que des supers mecs. La 2e année a été plus compliquée puisque nous avions eu une vague de départs, notamment le regretté Nemani Waka qui est décédé cet hiver, ou Yoann Villanove, encore des mecs supers. L’année avait été très compliquée dans une poule elle-aussi compliquée avec Nice, Hyères-Carqueiranne, Bourgoin, La Seyne, Dijon mais on avait réussi à finir dans les 6 premiers malgré les -8 points et à se qualifier. Et puis, il y a eu une fin un peu difficile qui a encore du mal à cicatriser aujourd’hui mais c’est comme ça. Je crois que la suite m’a malheureusement donné raison, le club a eu des difficultés sportives. Aujourd’hui, ils ont la chance d’avoir été repêché en Nationale et surtout, d’avoir trouvé un super manager en la personne de Cyril Villain, à qui j’ai succédé, et qui est quelqu’un d’humainement très bien et qui, j’en suis sûr, va mener le SOC au plus haut du classement de Nationale. De ça, j’en suis certain.

 

Chambéry a aussi l’été l’occasion d’une autre belle rencontre avec une légende du rugby, Michel Ringeval ? 

 

Bien sûr ! Michel est un puits de savoir, je disais souvent que j’allais travailler le matin avec le sourire parce-que j’apprenais tous les jours avec lui. On a beaucoup échangé ensemble, il fait bien sûr partie des gens qui ont une expérience folle, il a entraîné plein de joueurs. Évidemment qu’on s’est régalé, évidemment que lui aussi n’a pas trop compris ce qui s’est passé à la fin de la 2e année et évidemment que nous sommes toujours en contact. Je suis heureux d’avoir pu le rencontrer et si j’ai une chose à retenir de mon passage à Chambéry, c’est tous les amis que j’ai pu me faire en-dehors du club et ma rencontre avec Michel. 

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Après Chambéry, tu as rebondi en Dordogne, à Périgueux, dans un club en reconstruction, un ancien grand bastion du rugby français qui tend à re-tutoyer le haut-niveau ? 

 

Pour être tout à fait honnête, je n’étais pas du tout le premier choix de Jacques Delmas. Finalement, son premier choix ne s’est pas fait et il m’a demandé de le rejoindre. C’est une année qui s’est arrêtée au mois de Mars, une année plutôt réussie sportivement qui nous a fait monter avec la Covid. Périgueux avec son président Francis Roux qui a récupéré le club dans un état financier déplorable avec un trou de plus d’1M et il s’est porté caution. Il fait partie de ces personnes qui sont des taiseux mais qui font beaucoup pour leurs clubs, avec tout son cœur, il a du mérite par rapport à ça. Là-bas, j’ai surtout rencontré quelqu’un qui m’a beaucoup marqué, Thierry Thébault, ancien président du Bugue. C’est quelqu’un qui compte dans la cité périgourdine qui, pour moi, est devenu un ami. On en rencontre peu comme ça dans la vie de tous les jours, sans parler du rugby et lui aussi, à l’instar de Michel Ringeval, est pour moi un grand monsieur que j’ai côtoyé lors de ces deux années passées en Dordogne. 

 

A Périgueux, alors que le club montait en Fédérale 1 du fait de la montée post-Covid des clubs qui étaient en tête en Fédérale 2, tu as fait un choix de vie et de carrière, tu as cru à un projet en te lançant dans celui de Béziers avec les investisseurs émiratis. Aujourd’hui, avec le recul, même si tu nous as dit en début d’interview que ça n’était pas encore cicatrisé, est-ce que ce n’est pas une erreur de parcours d’avoir cru à ce projet ? 

 

Si je te disais que c’était une erreur de parcours, ça serait trahir un peu la mémoire de Christophe Dominici. Je ne dirai pas que c’est une erreur de parcours, je dirai simplement que, dans la vie, il y a malheureusement des aléas qui font qu’aujourd’hui, avec ce monde professionnel qui génère pas mal de gens qui font miroiter pas mal de choses, on se retrouve dans des situations compliquées. J’ai cru Christophe qui, comme toujours dans sa vie et dans ses projets, y a d’abord été avec son cœur et avec ses tripes et pour ça, je ne regrette pas une seule seconde. On a partagé ensemble des moments merveilleux, ça a été humainement très fort, j’ai bien sûr gardé des liens avec Béziers, avec Eric Freitas, le président de l’Association. J’ai été en contact très longtemps avec les Biterrois, que ce soit le public ou les supporters, ça a vraiment été top. Oui, ça a été une grosse déception que ce projet n’aboutisse pas mais il y a plus grave derrière et c’est ça qui me peine, j’en ai déjà parlé plusieurs fois car c’est le décès de Christophe qui reste pour moi quelque chose de pas encore cicatrisé et je pense que ça ne cicatrisera jamais. Ça a été très compliqué et ça l’est encore aujourd’hui donc, j’essaie de faire ce que je peux pour aider sa compagne et ses filles et pour faire en sorte que sa mémoire perdure car c’était vraiment quelqu’un de bien. Pour répondre à ta question, non, ça n’est pas du tout une erreur de parcours, c’est quelque chose que j’assume et que j’assumerai toute ma vie. 

 

Pour toi, ce projet biterrois est quelque chose qui a passionné Christophe Dominici mais qui, en même temps, a été un véritable poison pour lui ? 

 

Oui parce qu’encore une fois, comme tout ce que faisait Christophe, chaque fois qu’il se lançait dans quelque chose, il le faisait à fond, il n’y avait pas de demi-mesure. Croyez-moi, il y a cru, il a pédalé fort et la déception n’en a été que plus grande. Il est sûr qu’après ce fameux passage devant la DNACG, il y a maintenant un peu plus d’un an puisque c’était le 13 Juillet, ça a été un été laborieux pour nous tous mais surtout pour lui. Il y a eu des épisodes pas très drôles où les gens se sont un peu moqués de lui sauf que Christophe était quelqu’un qui marchait à l’affectif et évidemment que tout cela l’a touché et que ça a joué dans le fait qu’il n’était pas bien du tout. Mais c’est comme ça dans la vie de tous les jours, on préfère se moquer et maintenant, avec les réseaux sociaux et le reste, c’est facile. Mais, on ne se rend pas compte qu’on peut vraiment faire du mal et là, ça a été le cas. 

 

Après cet épisode douloureux avec le décès de Christophe Dominici, tu as trouvé un nouveau challenge qui te permettait peut-être aussi de t’aérer à nouveau l’esprit après toute cette pénible histoire. C’était à Trélissac mais là, la scoumoune t’a un peu poursuivi puisque, quelques semaines après ton arrivée, il y a eu l’arrêt des compétitions suivi de la relégation du SAT dans les tréfonds du rugby ? 

 

Ça a d’abord été une belle rencontre avec les joueurs de Trélissac, notamment Florent Cazeaux qui restera quelqu’un avec qui je garderai des relations. Dans les joueurs, il y a aussi Keith Masima et d’autres, je suis sûr qu’on se serait maintenu, il suffisait que l’on soit 10e sportivement. Après, c’est aussi la rencontre avec Bernard Daudou, qui est un dirigeant ancestral du club où il a passé toute sa vie et dont le grand-père, Firmin Daudou, a d’ailleurs donné son nom au stade. C’est encore la rencontre avec ce nouveau président qui a pris la suite d’un club à la dérive, Vincent Ménigoz, qui a eu le courage de le reprendre jusqu’à cette rétrogradation et cette descente aux enfers en Fédérale 3 puis, je crois, en régionale 1 aujourd’hui ce qu’on pourrait qualifier de catastrophe. Il faut savoir assumer ses responsabilités, je sais qu’un ancien président m’a accusé d’être responsable de la chute du club dans un journal périgourdin mais ça m’a beaucoup fait rire car, je pense au contraire avoir fait ce qu’il fallait pour aider au maximum ce club. Ça n’a pas été possible, j’ai fait ce que j’ai pu mais après, il y a aussi tout ce contexte autour du club avec de pseudo-journalistes qui se sont permis de faire certaines réflexions. Je n’ai jamais pris la parole pour dire quoi que ce soit et aujourd’hui, ça me fait sourire, surtout quand je vois que cette journaliste a été la reine de la désinformation puisqu’elle a annoncé des entraîneurs qui n’ont pas eu lieu. Elle s’est encore une fois permise de dire que je ne faisais pas l’unanimité dans un club, ce sont des choses qui font que quelque part, aujourd’hui, je ne suis pas mécontent d’avoir quitté cette région.

On va maintenant revenir à Oloron et à la réforme de la pyramide des compétitions. Est-ce que, pour toi, c’est quelque chose qui va permettre à Oloron de trouver ce fameux second souffle que cherchent Laurent (Malié) et Pierre (Séréna)?

 

Je ne sais pas si c’est que nous allons arriver à faire. En tout état de cause, et tu le sais, depuis la poule Elite qui est devenue la Nationale, j’ai toujours été pour aller vers ce qui est le mieux sportivement pour les clubs et je pense qu’aujourd’hui, tu n’as pas un club de Nationale qui dise qu’il n’est pas content d’y être. Donc, je me dis que quand les clubs seront en Nationale 2, ils seront contents d’avoir cette compétition-là. Après, évidemment, il y a 48 clubs qui veulent y aller et il n’y en aura que 24 qui vont réussir donc, il va forcément y avoir 50% de déçus. A nous de faire ce qu’il faut, encore une fois dans l’organisationnel du club, pour arriver à nos objectifs et pour aider les joueurs car, ce dont je suis certain, c’est que les joueurs feront ce qu’il faut sur le terrain parce-que c’est dans leur ADN de défendre ce maillot. Avec Thomas, nous serons les garants de ça, d’essayer de les accompagner du mieux possible dans cette saison qui, une fois de plus, sera vachement compliquée. 

 

Est-ce que notre ami Pierrot Séréna (co Pdt du club) , épicurien devant l’éternel, je le soupçonne parfois d’être un descendant de Rabelais ou le fondateur caché de Gueuleton, a commencé à te faire goûter les spécialités culinaires et viticoles du Béarn ?

 

Oui, il a commencé. On a vécu des moments sympas, on a notamment fait un barbecue avant la fin du premier bloc avec les joueurs. Pierre est quelqu’un d’important dans le club, qui travaille au quotidien pour le club, qui a l’esprit du FCO, qui transmet des valeurs fortes et notamment celles de la convivialité. 

 

Et de l’art de la table ! 

 

Oui mais, quand on se met à table avec Pierre, on sait à quelle heure on passe à table mais on sait rarement à quelle heure on en sort et c’est ça qui est bien avec lui. Il fait partie de ses personnages qui te font aimer ce club et qui sont attachants. 

 

On te sent bien dans cette nouvelle destination, au Piémont des Pyrénées, dans le Béarn, à Oloron et on te souhaite le meilleur avec le FCO

 

Merci beaucoup

Propos recueillis par Loïc Colombié

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