#Rugby – Nationale / B.Trey (Blagnac) : «C’est un recrutement cohérent et intelligent!»

Le président des Caouecs du Blagnac Rugby, Benoit Trey, nous a accordé un entretien grand format pour nous faire un point sur l’intersaison et ce second exercice en Nationale qui s’esquisse. Alors que le club haut garonnais va fêter ses 100 en septembre, Benoît Trey nous dresse le bilan du projet de club « Cap 2022», et se projette sur le suivant : Générations Caouecs. Mais le président Blagnacais évoque aussi le recrutement ciblé et qualitatif , ainsi que les axes de progression qui restent à accomplir pour s’inscrire dans la durée au 3eme echelon national. Blagnac étant un club où le rugby féminin et la formation tiennent le haut du pavé , le patron du BSCR n’oublie pas de rendre un hommage appuyé tant à l’équipe fanion féminine (finaliste en Élite 1), qu’aux espoirs (Champion de France de Nationale). Focus sur un club où pluri activité, formation, rugby féminin et performance cohabitent.

Benoît, on est à la jonction de ces deux saisons et on va faire un point de passage : une première année pour Blagnac en Nationale que l’on peut dire réussie ?

 

Oui, nous avons un bilan ultra positif pour cette première participation en Nationale. Nous sommes les pionniers, les 14 premiers clubs à avoir démarré dans ce format-là et cette aventure. Pour nous, on va dire que l’objectif est atteint à savoir de bien figurer et d’y rester donc oui, une saison réussie sur tous les plans, il y a aussi les jeunes et les filles chez nous ce qui donne une saison pleine. Mais en effet, il faut déjà penser à l’avenir car, comme je disais, jusqu’à hier, nous étions sur les cérémonies de clôture de saison mais jeudi dernier, l’équipe première a repris les entraînements. Donc, on n’a même pas le temps de se reposer et c’est très bien ! 

 

Le Blagnac Rugby est quasiment un club bicéphale avec les filles et les garçons qui évoluent tous à un très haut-niveau de compétitions. Ce qui est un peu paradoxal, c’est que les filles ont fini il y a deux semaines et que les garçons reprennent 15 jours plus tard. Ils se croisent ? 

 

Les filles ont fini il y a 10 jours exactement en finale, elles sont donc vice-championnes de France. On a les espoirs qui ont terminé le 6 Juin et qui sont champions de France nationaux et parmi eux, il y en a 12 qui ont repris l’entraînement jeudi dernier après trois semaines de pause. Comme on dit, c’est un club qui  » bat son plein « , qui est en pleine effervescence et on en est très heureux. 

 

Tu nous parles des espoirs et des filles, on va s’attarder un petit peu sur ces catégories. Les filles sont l’une des vitrines du club, qui plus est quand vous avez une finale sur France 4 disputée à Blagnac ? 

 

On était très heureux de recevoir cette finale. On avait une double casquette dont celle d’organisateur dans un premier temps puisque nous avions été choisis depuis plus de deux mois comme club accueillant et co-organisateur de cette finale avec la Fédération. Ça récompense un travail de longue date car nous sommes les premiers à laisser notre terrain, à le prêter, à mettre en place et à disposition nos infrastructures dès que nous sommes sollicités. La Fédération avait à cœur de mettre en avant et de permettre aux clubs représentatifs du rugby féminin d’accueillir une finale. Quand on prend le premier critère de club représentatif du rugby féminin, infrastructures susceptibles et capables d’accueillir notamment les équipes de télévision, nous étions dans la short-list. Donc, il y a deux mois, nous avons été élus organisateurs et puis, la réussite sportive de nos filles a fait qu’en plus, nous avons la 2e casquette de participant et de finaliste. On a là-aussi réussi l’objectif de franchir les demi-finales car cela faisait 6 ans que l’on butait sur cette marche et qu’on s’arrêtait en demi. 

 

Et battre les voisines du Stade Toulousain, c’est encore mieux, c’est la cerise sur le gâteau ? 

 

Nous sommes les  » meilleurs ennemis  » comme on dit. On s’entend bien, on travaille ensemble avec les garçons et avec les filles, nous sommes souvent en confrontation dans la poule. Il y a un pacte de non-agression entre nos deux magnifiques clubs élite féminine mais oui, à partir du moment où on a pu les battre en demi-finale, la saison était pour nous réussie en tous les cas. Il est sûr qu’on aurait aimé cette petite cerise sur le gâteau mais, comme je le dis souvent, on n’a pas perdu, on apprend. On va dire qu’on emmagasine de l’expérience pour, l’année prochaine peut-être, soulever ce fameux bouclier Elite Féminine que l’on mérite. 

 

Comme tu le disais, l’équipe féminine fait partie de la vitrine comme l’équipe première qui évolue en Nationale chez les garçons. Il y a ensuite le fond de commerce à Blagnac qu’est la formation et les espoirs ont font partie. Ils ont été champions de France de Nationale et, là-aussi, c’est un gage de sécurité pour l’avenir ? 

 

Quand j’ai lancé ce projet  » Cap 2022  » il y a cinq ans avec mon ami Fred Michalak et Pat Roumagnac, on a bien évidemment tout de suite misé sur la formation. Quand on lance un programme basé sur le long terme avec des cycles longs de minimum 6 ans pour développer notre club avec comme priorité et axe principal la formation, être champion de France en espoirs, c’est tout un symbole. Donc, bien évidemment que l’on mise et que l’on va miser aussi pour l’avenir puisqu’on montre notre réussite et que nos valeurs et ce qu’on prône depuis longtemps payent. Le travail paye, la formation, c’est long mais quel bonheur de voir des jeunes éclore à ce niveau-là et qui vont du coup nourrir notre équipe première dès la reprise puisque nous avons 12 jeunes champions de France espoirs qui vont reprendre l’entraînement et ce, pour toute la saison, avec les plus âgés de l’équipe première donc, nous sommes ravis. Quand on se lance dans un projet comme ça et qu’on récolte les fruits que l’on a semé, c’est une fierté, la fierté de tout un club. A travers les dirigeants que nous sommes, il y a tous les licenciés, les dirigeants, les encadrants qui ont œuvré et amené quelque chose dans les cinq années pour former ces jeunes et les faire éclore et c’est à ces personnes que l’on pense quand on soulève ce fameux bout de bois. 

 

Tant qu’à parler du projet global et de l’ensemble du club, Cap 2022 touche à sa fin puisque l’on rentre dans la saison 2021 / 2022. Qu’y a-t-il maintenant après ? 

 

Tout le monde disait  » Cap 2022 = Pro D2  » mais pas forcément. Pour nous, l’objectif premier du club était de bien figurer en Fédérale 1 et de jouer les premiers rôles. Entre-temps, nous avons eu une accession que nous n’avions pas forcément programmée, une promotion dirai-je, puisque nous sommes montés pour participer à ce championnat de Nationale, véritable Pro D3 donc, objectif rempli. Pour l’équipe féminine, passer les demis est aussi égal à objectif rempli et un titre chez les jeunes, c’est encore un objectif rempli. C’était ça  » Cap 2022  » donc, je dirai que nous sommes dans les clous mais  » Cap 2022  » est aussi le centenaire du club. Le club de Blagnac a été créé en 1922 et ce clin d’œil  » Cap 2022  » était aussi faire coïncider le centenaire du club avec la fin du premier cycle et de ce projet initial. Bien évidemment que le temps fort sera en Septembre 2022 avec les festivités du centenaire qui sont déjà dans les tuyaux plus un projet qui sera dans la continuité appelé  » Génération Caouecs  » qui verra le jour et dont on vous en dira un peu plus prochainement. 

On va maintenant revenir plus en détail sur cette Nationale. Beaucoup vous avaient promis mais, on ne va pas y revenir, vous vous en êtes brillamment sortis en finissant au chaud dans le peloton du championnat. Mais, une des choses que l’on a sentie en discutant avec toi et avec les joueurs, c’est que le côté pluriactif lors des déplacements de Nationale a parfois pu tirer sur les esprits et les corps. Comment comptez-vous endiguer un peu cela à Blagnac et passer un cap par rapport à ça ? 

 

Il y a plusieurs questions dans ta question. Quand on s’est lancé dans l’aventure Nationale, il y avait une grosse incertitude pour tout le monde sur le niveau de jeu au niveau sportif. Même si on avait des indices sur la difficulté et l’intensité, il y avait une grosse inconnue et donc, nous sommes venus comme nous étions, en trois semaines, on s’est dit  » on y va « . C’était pour nous un gros défi que de tout chambouler mais nous sommes restés fidèles à nous-mêmes et on a dit  » on y va « . On nous a dit bien évidemment promis beaucoup de difficultés que, finalement, nous n’avons rencontrées qu’au début de la saison puisqu’après, nous nous sommes  » refait la cerise  » comme on dit. On gardait la confiance car on savait tout le potentiel et le talent de nos joueurs et on savait qu’à un moment donné, on allait réagir et c’est arrivé dès le mois de Janvier où nous avons eu des victoires fracassantes là où on ne nous attendait pas, à l’extérieur notamment. On a tout de suite montré et réagi comme il fallait, nous avons un groupe qui a su, avec beaucoup de maturité même s’il y avait beaucoup de jeunes dans cet effectif, réagir et montrer tout son talent donc, nous sommes très fiers de ça. A la question  » qu’est-ce que Blagnac fait en Nationale ? « , la réponse est  » Blagnac est champion en espoirs « . Blagnac forme et quand on fait confiance à la jeunesse, souvent, pour l’amour du club et du maillot, on a notre jeunesse qui réalise des prouesses. On l’a prouvé mais on ne va pas rester sur nos acquis et surtout, le mot d’ordre à Blagnac est  » humilité « . On nous a souvent dit à Blagnac que la pluriactivité était une faiblesse mais nous en avons tout de suite fait une force c’est à dire que nous avons nos joueurs qui utilisent le rugby comme bouée d’oxygène le soir après le travail et rejoignent les copains. On a véritablement un esprit de famille, un esprit de rugby amateur comme on l’aime c’est à dire que le soir, on vient s’entraîner pour rejoindre les copains après une grosse journée de travail et ce, même si on est dans un championnat élite. Donc, nous allons garder ce système de pluriactivité, il est hors de question de remettre en cause ce format-là mais par contre, nous allons l’adapter. Là où on s’adapte par rapport à l’expérience de la première année, c’est de démarrer les entraînements plus tôt et c’est la raison pour laquelle nous avons repris le 1er Juillet contre le 1er Août l’an dernier. On avait un mois de retard puisque toutes les autres équipes avaient démarré un mois avant donc, c’est ce que nous faisons cette saison en reprenant quasi tous à la même date, à quelques jours près. Un mois de plus, ce n’est pas rien quand on reçoit Dax début Septembre et que l’on perd les armes à la main, de deux points en fin de match, eux étaient en pleine bourre et nous, à peine en rodage puisque nous n’avions fait qu’un match amical. Ça, c’est un premier enseignement et le deuxième, c’est de s’octroyer des plages d’entraînement complémentaires et supplémentaires avec notamment le centre de formation puisque nous avons beaucoup de jeunes qui vont participer au championnat de Nationale et qui pourront s’entraîner avec le centre le mercredi matin. On crée de nouvelles fenêtres d’entraînement pour travailler plus en détail, on conserve le format d’entraînement le soir mais on ajoute de nouveaux créneaux, notamment en termes de récupération car on sait que sur les matchs de haute intensité qui se répètent, il faut pouvoir avoir des plages de repos complémentaires et ne pas forcément embaucher dès le matin même ou le lundi. Il y a des plages de récup à avoir et à préserver donc, nous allons nous attacher à ça. Le 3e levier, c’est une profondeur d’effectif : avec l’expérience emmagasinée par nos jeunes qui montent et qui vont rester dans ce groupe élargi, on va dire que nous allons passer de 35 à 39 joueurs l’an dernier à quasiment 50 joueurs qui pourront participer à ce championnat de Nationale. Donc, on élargit l’effectif également pour faire face à cette cadence de rencontres puisque nous allons passer de 19 / 20 matchs à 26 et ce n’est pas rien dans une saison. 

 

En parlant de profondeur d’effectif, il y a une période de mercato, de transferts et Blagnac a eu son lot de mouvements, voire même un peu plus que les années précédentes. J’ai l’impression qu’il y a un renouvellement un peu plus profond, est-ce que tu peux nous en parler ? 

 

Oui, il y avait des garçons qui se sont lancés dans l’aventure avec nous pour assurer cette transition entre la Fédérale 1 et la Nationale à notre demande donc, nous étions en fin de cycle pour certains joueurs qui, soit arrêtaient soit faisaient une dernière pige avec nous pour faire le lien. C’étaient des départs programmés et acceptés mais, bien évidemment, il a fallu régénérer tout en gardant quand même le noyau dur et l’ossature de notre groupe qui, pour certains, sont avec nous depuis 8 ou 10 ans et qui, pour d’autres, sont formés au club, des hommes d’un seul club. Donc, nous avons l’alchimie qui s’est créé entre une douzaine de jeunes issus de notre formation qui vont tout de suite intégrer l’équipe première, 20 à 25 joueurs déjà titulaires en Nationale qui seront encore là la saison prochaine et 15 nouveaux joueurs que nous accueillons la saison prochaine ce qui donne un groupe homogène de jeunes, de joueurs historiques au club plus âgés et expérimentés et des nouveaux qui vont amener de la fraîcheur et un nouveau visage. Je dirai que nous avons fait les choses de manière discrète mais bienveillante, que ce soit pour notre formation, nos joueurs déjà présents et avec un recrutement que je qualifierai d’adapté par rapport aux joueurs dont on a les talents dans nos rangs mais qui ne seront peut-être pas prêts. Donc, nous sommes allés chercher ce qui nous manquait peut-être un petit peu, c’est à dire de l’expérience sur certains postes clé. 

 

Quand vous avez mis le paperboard pour faire ce recrutement avec Éric Escribano, vous l’avez voulu malin, ambitieux et pas cher ? 

 

Non parce-que je n’aime pas ce terme de  » pas cher « , nous, nous parlons de pluriactivité et de double projet. Quand un jeune, ou même un joueur plus expérimenté, vient nous voir à Blagnac, ce n’est pas pour l’argent mais c’est aussi pour une reconversion et un projet d’accompagnement. Le rugby dure un temps, tout le monde le sait, et ça peut vite s’arrêter. Ce que nous prônons depuis plus de 5 ans à Blagnac, c’est véritablement ce double projet et beaucoup de joueurs expérimentés nous appellent pour nous dire  » votre club a une notoriété là-dessus, il respire l’esprit de famille et la bonne entente, il a une belle image et est performant à un bon niveau  » car c’est quand même la Nationale et beaucoup de joueurs cherchent à participer à un bon niveau mais aussi et surtout la reconversion. Donc, on ne parle pas de  » pas cher  » mais de recrutement intelligent avec des joueurs qui viennent, en plus du niveau, chercher autre chose que l’argent. Oui, c’est un recrutement malin, encore une fois cohérent, il n’y a pas de grosses stars, on est sur un recrutement proche du bassin toulousain avec quelques talents sur des postes clé. Avec Éric, Romain Fuertes et les membres de la cellule recrutement, nous nous sommes attachés à aller chercher assez rapidement dans la saison des joueurs clé sur des postes tels que pilier droit et seconde ligne, par exemple ou même au centre puisque nous avons quelques joueurs expérimentés qui nous rejoignent. C’est un recrutement cohérent et intelligent.

Pour faire écho à la polémique avec Pamiers, tu n’es pas allé chercher de joueurs dans l’Ariège ? 

 

Je l’attendais celle-là, le petit clin d’œil ! J’aime beaucoup l’Ariège, la terre courage, j’ai mes racines là-bas mais plutôt du côté Couserans, Saint-Girons, Saint-Lizier. Et d’ailleurs, le clin d’œil, c’est que nous allons faire un match amical le 20 Août à Saint-Girons face à Albi, le vendredi soir, un match de gala pour l’Ariège. J’adore l’Ariège et je m’y implique aussi par ailleurs. 

 

On va parler aussi d’un autre changement au Blagnac Rugby, le départ de Christophe Deylaud. Tu fais du nouveau avec de l’ancien puisque restent en place Éric Escribano et Romain Fuertes ? 

 

Le départ de Christophe a été annoncé il y a maintenant quelques semaines, il ne sera plus manager du club après 6 ans de collaboration et d’étroite collaboration tous les deux. On a fait un bout de chemin, un beau chemin tous les deux avec évidemment l’ensemble des encadrants du club qu’il a accompagnés. On est sur une fin de collaboration et deux chemins qui se séparent, je suis extrêmement reconnaissant pour tout ce que Christophe a amené à notre club. On va s’attacher à travailler dans la continuité mais surtout sur la formation et la continuité du projet de jeu pour faire en sorte que tout le monde joue et pratique le même rugby pour que, de l’école de rugby à l’équipe senior, il y ait les mêmes lancements de jeu et qu’on prône les mêmes valeurs de sorte que, quand un junior monte en équipe une, il ait les mêmes repères. On va donc bien évidemment s’attacher à continuer le travail de Christophe, il a formé les encadrants, des encadrants de talent qui sont en place avec nous. Nous avons deux nouveaux patrons de la formation que sont Sony Fablet et Pierre Verdenal qui, à eux deux, vont couvrir de l’école de rugby depuis les Baby Caouecs jusqu’aux espoirs. Et puis, nous avons deux entraîneurs, Éric et Romain, qui ont eu la gestion de l’équipe une depuis 4 ans tous les deux et qui ont aussi montré tout leur talent d’entraîneur. Ils ont toute ma confiance pour nous accompagner et développer notre club, ils vont prendre la responsabilité de la commission sportive puisque nous créons un véritable organe de contrôle, un cœur de réacteur de la politique sportive du club. C’est une commission à laquelle vont participer les deux responsables sportifs de la formation et les deux entraîneurs de l’équipe une de sorte que l’on puisse assurer ces fameuses passerelles entre les différentes catégories et continuer à accompagner nos jeunes dans leur développement rugbystique. 

 

L’année prochaine, il y aura une nouveauté à la fin de la saison : la création de la Nationale 2 qui sortira après la réforme de la pyramide des compétitions portée par Patrick Buisson et Bernard Laporte. Qu’est-ce que cela t’inspire ? 

 

Je trouve que c’est une très bonne chose, c’est ma première réaction. On a été réuni par la Fédération et, sans faire de brossage de poil, je les remercie de nous avoir régulièrement réunis, présidents de Nationale et dirigeants de clubs, pour avancer sur les grands dossiers. Il y a eu de grands sujets : l’arrêt des compétitions, la reprise, les aides, le championnat, le statut de Nationale, beaucoup de sujets qui ont été abordés main dans la main avec la Fédération. Nous avons véritablement été forces de propositions et quand on dit que nous avons créé cette division ensemble, c’est vraiment le cas avec la Fédé et les clubs. On a bien évidemment été consultés et nous avons aussi donné notre avis sur la réforme et je pense que le rugby français avait besoin de cette dernière, même si on ne fait bien sûr pas que des heureux dans toute réforme. Je considère qu’il fallait donner une visibilité à toutes les strates et à toutes les divisions du rugby français. Cette fameuse image de la toupie ou d’une bouteille de soda à l’orange très connue n’allait plus, il fallait véritablement refondre la pyramide et resserrer le nombre de clubs aux étages supérieurs de la fusée. Je trouve cela très pertinent et très ambitieux car, quand on est élus fédéraux, porter des réformes de cette ampleur, c’est risqué mais ils l’ont portée et ils l’ont fait, chapeau. 

 

Comme on dit dans le jargon, un président de Fédération qui change la pyramide des compétitions, c’est comme un maire qui fait un remembrement, il faut toujours des mécontents ? 

 

C’est normal et chacun va expliquer pourquoi, surtout peut-être sur les plus petites divisions. Mais, pour le grand public, et il faut toujours se ramener à ça car nous avons des supporters, des habitants, des partenaires, des parties prenantes qui ne sont pas dans le microcosme rugbystique et pour eux, toutes ces strates devenaient assez complexes et il fallait resserrer. On l’a vu avec les demandes de certains clubs qui pensaient ou souhaitaient rejoindre la Nationale sous prétexte qu’ils avaient un statut, des contrats, etc, etc. Il y a forcément des écarts de niveau entre les équipes et même entre les 48 clubs de Fédérale 1 donc, je trouve que resserrer vers le haut est une réforme ambitieuse, pertinente et en tous cas, je la soutiens. J’y étais très favorable et je le suis toujours. 

 

Et si malheureusement l’année prochaine, dans un an ou dans deux ans, Blagnac venait à être relégué, j’imagine que tu préférerais l’être dans une poule de Nationale 2 avec encore des clubs semi-pros un peu de ton acabit que dans une poule de Fédérale 1 un peu  » fourre-tout  » ? 

 

Bien sûr ! Encore une fois, cela donne de la clarté, on a une notion de niveau sportif et il faut toujours se rappeler de ça. C’est d’abord le niveau sportif qui prime et la Fédé a bien fait de le rappeler régulièrement tout au long des réformes. Un fois que l’on est invité sportivement, on peut prétendre à l’échelon supérieur et ça, c’est toujours d’actualité. Un cycle sportif peut être positif, comme pour nous en ce moment, mais on peut vite rentrer dans une phase plus difficile et le fait de redescendre dans une division avec des équipes qui ont le même niveau que nous est non seulement positif mais donne en plus de la clarté pour tous les partenaires, je parle des institutions et des entreprises. On peut limiter la casse si jamais on a un accident sportif qui arrive. 

 

Quels sont les ambitions et les objectifs du Blagnac Rugby pour cette seconde saison en Nationale ? 

 

Je ne vais pas faire de langue de bois mais je dirai exister et perdurer dans cette division puisque nous, nous la prenons comme une véritable rampe de lancement et comme division préparatoire. On s’y régale, c’est une division qui a montré tous ses atouts, ses qualités et sa visibilité, elle a donné satisfaction à ceux qui y ont participé et à ceux qui l’ont créée. Par contre, c’est une division qui a encore sa part d’inconnu, notamment le public qu’elle peut drainer et générer puisqu’à notre grand dam, nous n’avons malheureusement pas pu accueillir le public comme on l’aurait espéré, on a même joué la moitié de la saison à huis-clos. Donc, on n’a pas encore suffisamment de recul pour se projeter et dire  » on va viser telle place la saison prochaine  » et ce n’est pas à un président de fixer et de dire  » on va faire ça « . Souvent, tout le monde l’espère mais peu y arrive donc, je ne vais sûrement pas le faire aujourd’hui. Moi, par contre, c’est continuer à bien travailler et de bien figurer donc je dirai à minima d’y rester et, à moyen terme, pourquoi pas jouer une qualif comme on sait le faire. On n’est souvent pas attendu, on fait souvent des pronostics sur nous, sur notre club sous prétexte que nous n’avons pas la même sociologie que les autres mais rien de mieux que de ne pas être attendu pour créer la surprise et faire des gros coups. Il faudra compter sur Blagnac la saison prochaine en Nationale. 

 

Question bonus : est-ce que, malgré le retour du public, tu vas continuer à auto-diffuser les matchs, si bien sûr la Fédération Française de rugby t’en donne les droits ? 

 

C’est une très bonne question. Nous, quand on fait les choses, on les fait à fond et on met les moyens. Je ne vous cache pas que ça nous a coûté que de mettre une équipe de télé comme on l’a fait. C’est un coût non négligeable dans cette période d’incertitude et je dirai que je réserve ma réponse à savoir si Blagnac retransmettra en live ses rencontres. On attend aussi des réponses fédérales à ce sujet donc, je tape en touche si je peux (rires). 

Ça tombe bien car ça me permet de basculer sur ma question décalée. Peut-être que l’une des solutions pour continuer à diffuser, puisque tu dis que ça a un coût, c’est la baisse du budget chips puisque Nekolo Tolofua est parti à Pamiers. Tu n’auras donc plus besoin de faire venir un semi-remorque de chips par semaine ce qui te permettra de dégager des perspectives pour la télé ? 

 

Les joueurs sont autonomes, on travaille sur l’autonomie donc, les chips, ils peuvent se les acheter tout seuls. Elles n’étaient pas intégrées sur le budget du club donc, on essaiera de trouver d’autres solutions pour être éventuellement accompagné sur ce dispositif-là. Encore une fois, il est trop tôt pour répondre à la question, au fond de moi, j’espère que la Fédération trouvera une solution pour nous accompagner et trouver une chaîne de télé pour nous aider ce qui est l’un des grands défis de cette Nationale. Même si on est très heureux qu’elle perdure et continue au niveau de la volonté politique, mon souhait et ce à quoi je vais m’atteler avec les autres présidents, c’est de créer un véritable statut ou, en tous cas, un écosystème qui fasse que, si on a les droits TV, on aura une vraie visibilité et une vraie marque Nationale. La Nationale, à ce jour est portée par les clubs eux-mêmes et non par la division tandis que, quand on parle de Top 14 et de Pro D2, ces championnats-là sont de véritables marques. Je vais faire tout mon possible pour que la Nationale soit une véritable marque et que, du coup, elle attire des annonceurs et des chaînes de télé. A ce jour, nous avons tous les inconvénients des clubs pros sans en avoir les avantages et ça, il faut que cette donne change et switche pour faire en sorte que nous ayons aussi les avantages des clubs professionnels comme les droits télés, les retombées économiques et autres. Au-delà de ça, c’est un véritable sujet qui est profond et qu’il faudra que l’on travaille de pair avec la Fédé et les clubs. 

 

On te remercie de nous avoir, comme à ton habitude, éclairé sur le Blagnac Rugby avec passion, joie et avec la banane parce-que vous avez quand même fait une très, très belle saison cette année. On vous souhaite de rééditer le même exploit pour les filles, les espoirs et bien sûr, les seniors

 

Merci au #MagSport pour votre soutien et votre accompagnement et on sera là la saison prochaine.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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