#Foot – N2 / P.Maurel (Colomiers) « Je ne sais pas si j’aurais pu le faire »

Prêts pour relancer une nouvelle saison les Columérins ne comptent pas changer une formule qui marche. Coach Maurel espère bien faire valoir encore les forces de ses troupes et les valeurs de son club pour venir bousculer la hiérarchie monétaire de la National 2…

Même si vous êtes nombreux à avoir gardé contact avec le terrain la date du 9 juin dernier a du être importante pour vous point de vue entraînement non ?

De notre côté nous étions resté sur un schéma classique de quatre séances d’entraînement par semaine jusqu’au 21 mai. Nous avons eu une configuration particulière comme jusqu’au 4 mai on nous faisait espérer une reprise du championnat. A partir de là, nous nous devions de mobiliser les troupes comme si on devait reprendre. Si on est un peu professionnel, on doit se préparer à l’hypothèse de reprendre. C’est plus facile de se préparer à s’arrêter. Nous sommes donc restés sur des schémas classiques. J’ai donc libéré les joueurs à partir du 21 mai et nous reprendrons le 5 juillet. Ils ont six semaines pleines comme après un championnat normal.

Avoir gardé un tel rythme va vous éviter les mauvaises surprises au moment de la reprise !

C’était notre pari de pouvoir nous entraîner un maximum et qu’après les joueurs puissent couper sur une période classique. Les périodes classiques c’est en général entre six et huit semaines. Il y a des clubs qui se sont arrêtés de s’entraîner et reprennent au mois de juin. Après nous nous adaptons au public. Moi j’ai des gars qui travail donc c’était important à mes yeux qu’ils aient leur mois de juin et la première semaine de juillet pour partir en vacances. Après nous aurons cinq semaines pour nous préparer et partir sur le premier match de championnat, s’il n’y a pas de changement.

Cette prépa sera important car elle viendra après quasiment un an de disette niveau foot. Comment allez-vous remettre les jambes en état ?

On n’est pas dans la même configuration athlétique que l’année dernière où nous nous étions arrêtés de mi-février jusqu’à la reprise le 14 juillet. Nous étions vraiment sur des entraînements personnels sans se retrouver collectivement. Là aujourd’hui, on s’est entraîné collectivement. Déjà sur la préparation athlétique en elle-même, nous serons sur une reprise assez classique. Après, l’expérience que l’on peut avoir de la saison dernière sur ce confinement c’est que quoi que l’on mette en place, il y aura forcément plus de casse que sur une saison normale où le corps humain est habitué aux efforts, aux matchs. Normalement il y aura un peu plus de casse que d’habitude.

Comment peut-on essayer de travailler en amont ce risque accru de casse ?

Avec un travail de coordination plus important, une charge peut-être un peu plus équilibrée. C’est ce que j’avais essayé de faire sur la préparation de l’année dernière. Après, malgré tout, nous avons eu différents pépins. Mais l’année dernière, tous les entraîneurs, nous avions remarqué qu’un coup ça faisait un béquille et une semaine d’arrêt. La mémoire du corps. Le corps avait perdu la mémoire des coups. C’est pour ça que nous avons souhaité conservé des séances d’entraînement avec des intensités classiques jusqu’au 21 mai avec des belles séances et de belles présences. Nous avions 96% de présence en une période covid. C’est un groupe à son image : top, régulier et travailleur. Nous nous entraînions comme si nous jouions le week-end avec des séances à haute intensité.

En terme de transferts, il y a déjà eu quelques mouvements à Colomiers. Le championnat, c’est difficile de s’y référer mais si l’on prend en exemple la Coupe de France avec Canet, un promu qui a fait une superbe épopée. Est-ce que ça ne donne pas envie de s’armer davantage pour éviter de mauvaises surprises en septembre ?

Après on fait avec ses moyens. C’est ce que je fais depuis huit ans. Je m’adapte à mon contexte, après on a toujours envie de plus. Pour moi la Coupe de France n’est absolument pas un repère de qualité. Ce qui prime pour moi, c’est la régularité. On voit toutes les équipes qui ont fait un beau parcours en Coupe, malheureusement pour elles, il y a eu des dépôts de bilan, des saisons sportives difficiles derrière. Je juge juste notre parcours depuis huit ans, on est en permanence dans le Top 5 avec le dernier budget du groupe. C’est la période actuelle où l’on s’arrête à l’instant et on en fait des conclusions. Pour moi la qualité d’un coach, d’un staff d’un club c’est sa régularité. On ne dérogera pas à notre fonctionnement, on ne fera pas les faux pros. On aura des joueurs semi-pro qui mènent le projet semi-pro et le projet sportif du club. Pour moi le championnat de N2 devrait être ça. A Canet ils ont 14 joueurs sous contrat qui ne font que ça. Chacun fait comme il veut, je n’ai pas de jugement de valeur. Nous, on est là depuis très longtemps. On sait très bien que chaque année on peut être en danger. On part de ce principe que l’on est moins forts que les autres sur l’aspect financier. Après par contre il faut nous battre. Cette année ne dérogera pas aux autres avec un contexte particulier où nous aurons 7% de moins de budget mais avec l’objectif d’être les plus compétitifs possible.

Ces 7% en moins seront-ils moins pénalisants pour une équipe comme la votre qui compte moins sur le budget pour composer son effectif ?

Non puisque la plupart des clubs qui ont des joueurs sous contrat ont utilisé le chômage partiel donc ont fait des économies cette année. C’est un marché très particulier où les joueurs se positionnent sur leurs requêtes. Aujourd’hui en N2 beaucoup sont entre 3000 et 6000€ par mois. De mon côté je vais essayer de m’adapter au mieux à ce que l’on nous propose. J’ai quand même 19 joueurs qui restent et les autres partent pour plus haut ou un meilleur salaire. On a un gros joueur, Mathias Serin, qui nous a rejoint avec un gros passé. C’est un joueur d’un niveau au-dessus. Nous aurons aussi un joueur de même niveau et un des meilleurs de N3, c’est notre recrutement. Pour moi le premier recrutement c’est déjà de garder et fidéliser tes joueurs. Quand tu vois des Kevin Cardinali qui est là depuis six ans et est sollicité chaque année car il est notre meilleur buteur et j’en passe. Même si on a pas d’argents, les mecs on les fidélise et même en tribune ils encouragent à fond l’équipe.

On peut donc souhaiter à Colomiers de continuer sur ses valeurs et de rester cette équipe difficile à battre ?

Et ben oui. On a habitué les gens à la régularité et aux belles performances. C’est donc à nous de faire face et de continuer à proposer ce même type de performances mais on sait le prix que ça a. C’est beaucoup de travail, des journées folles pour mes joueurs avec des journées à rallonge. Cinq entraînements semaine quand on a un travail à côté, c’est du sprint. C’est pour ça que je suis admiratif de ce qu’ils font. J’étais footballeur professionnel, je ne l’ai pas fais. Je n’ai fais que du foot. Ce qu’ils font, avec un tel niveau de performances, je me dis souvent que je ne sais pas si j’aurais pu le faire… Ils savent que même en N3 dans la région ils pourraient gagner beaucoup plus donc je suis très fier de mes garçons et on va se bagarrer

Propos recueillis par N.Portillo

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