#Rugby – Nationale / M.Bonello (Albi) : «Quand tu es au SCA, tu sais que tu as un objectif élevé!»

Mathieu Bonello pour sa première interview en tant que manager du Sporting Club Albigeois, nous a balayé les chantiers en cours depuis sa nomination. Entre le recrutement (entre autres d’une charnière), l’arrivée d’un adjoint, mais aussi la mise en place de sa méthode et de sa philosophie rugbystique, l’ex champion de France 2018 à la tête de l’ASV Lavaur, ne manque pas de travail. Celui qui a porté pendant plus d’une décennie le maillot castrais, nous explique tout au long de cet interview grand format, les préceptes acquis au cours de sa carrière, ayant forgé le « manager Bonello ». Membre de la bande de copains qui a soulevé le Brennus en 2013 avec le club de la sous préfecture tarnaise, cette histoire en jaune et noir est un nouveau livre qui s’écrit tant pour l’ex castrais que pour le club du président Roumegoux. Sans renier le passé et en portant un regard respectueux sur le travail de ses prédécesseurs, l’enfant de Gaillac veut élaborer sa propre cuvée et apporter sa touche à l’élaboration de ce « SCA nouveau ». Rencontre avec Mathieu Bonello, un nouveau patron du secteur sportif Albigeois voulant dépolariser l’objectif Pro D2, mais conscient de l’attente et de l’exigence de réussite qu’engendre naturellement le SCA.

Mathieu Bonello le nouveau manager SC Albi / Crédit photo Le #MagSport – Studios H2G.

Pour toi, ce retour dans le Tarn est un retour aux sources car tu étais sorti de ta zone de confort en allant en terre massicoise. Qu’est-ce qui t’as amené à revenir dans ta terre natale ?

 

Déjà, je suis ultra content d’être ici aujourd’hui et d’avoir pris cette décision. J’avais décidé de m’exporter et de partir très loin du département, j’en étais très content et ravi mais je suis aussi très content de revenir. Depuis quelques années, j’avais pris la décision de réaliser mon après-carrière dans l’entraînement, je savais très bien qu’il y allait avoir des changements et que j’allais partir à droite et à gauche et ce n’était pas un problème. Mais il est vrai que quand on peut entraîner dans notre département et notre région, comme je suis né à Albi, c’est vrai que c’est un retour aux sources qui est important pour moi. 

 

Ce passage à Massy a été fondateur pour toi. On sait que tu avais dit que tu allais là-bas pour  » zieuter  » ce qui se faisait en termes de formation et d’académie du rugby. Je suppose, qu’un peu à l’image d’une éponge, tu t’es imprégné de ce qui se faisait à Massy pour essayer maintenant de le retransposer dans ton nouveau club ? 

 

C’est vrai que je suis aussi allé là-bas pour me mettre moi personnellement en danger en tant qu’homme et en tant qu’entraîneur. Comme j’en avais parlé, je suis sorti de ma zone de confort et j’en suis très content mais j’avais aussi pris la décision d’aller là-bas car ce club m’avait toujours intrigué de par sa formation et ses résultats. Je n’ai pas été déçu de ça, c’est un super club, j’ai rencontré des gens fabuleux, le président, le DG, des dirigeants, un staff, un club. Leur devise, c’est  » un club, un cœur, une famille  » et c’est vraiment une famille massicoise. J’ai été super bien reçu, je ne les remercierai jamais assez, je me suis vraiment éclaté et ils m’ont aussi permis de voir comment ils faisaient pour la formation et la détection. Bien sûr que le bassin est très vaste et qu’il y a donc beaucoup de monde et de possibilités mais ce n’est pas que ça puisqu’il y a également beaucoup de clubs autour qui ne font pas pareil. Ça veut dire que Massy a beaucoup de compétences en la matière et je crois que ça ne changera pas. Chaque année, ils sortent des jeunes qui vont au plus haut niveau et j’ai compris une chose, c’est qu’ils mettaient beaucoup, beaucoup de choses pour que la formation avance. Maintenant, il s’agit de trouver l’équilibre entre mettre beaucoup pour que la formation avance et en retirer des bénéfices pour l’équipe une. J’ai vu un peu tout ça et ça m’aura aussi permis de comprendre certaines façons de faire et de former et en tous cas, ça a été une expérience énorme et je ne regrette pas, bien au contraire. J’ai juste à leur dire merci. 

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On sait que Massy te proposait une prolongation de contrat, d’autres clubs tapaient aussi à ta porte mais tu as choisi Albi. Qu’est-ce qui a motivé ta décision de venir ici ? 

 

J’avais pris la décision de ne pas prolonger à Massy et je les avais informés très tôt de ma décision, en Janvier, pour qu’ils puissent préparer l’avenir sereinement sans attendre de savoir si je restais ou pas. C’était une forme de loyauté et Massy m’ayant beaucoup amené, c’était aussi à moi de rendre. Donc, j’ai très vite basculé sur une autre aventure même si, sur le moment, je n’avais pas spécialement de contacts avec d’autres clubs voire même pas du tout, c’était ma décision bien réfléchie. Il y a eu un 2e temps où j’ai eu des sollicitations de clubs, il y a des clubs avec qui s’est allé très loin et où j’ai failli m’engager il y a déjà un moment de ça. Mais finalement, quand Albi est rentré dans la danse, il y avait quand même ce côté proximité en premier qui était important sachant que j’étais monté à Massy tout seul et que j’avais laissé toute ma famille ici donc, je me rapprochais des miens et on sait qu’une famille, c’est important. La 2e des choses, c’est qu’Albi m’a interpellé parce qu’en étant d’ici, Albi s’est toujours relevé des échecs et a toujours combattu l’adversité, souvent férocement. Ça veut dire que le club a certaines valeurs et un certain courage et ça, ça me plaît, j’aime parfois aller dans des challenges compliqués. Albi aujourd’hui, malgré les échecs passés, les problèmes dans différents domaines, s’est toujours relevé et, j’ai envie de dire, a toujours été encore plus fort donc, c’est quelque chose qui m’a excité. En tous cas, c’est une fierté de rejoindre Albi parce-que c’est mon département et que je suis né ici, quand tu es né dans une ville, même si j’ai vécu pour la majeure partie à Gaillac et à Castres, c’est chez toi. On sait très bien que l’on défend toujours plus sa maison que celle du voisin donc c’est une bonne chose pour moi. 

 

Et puis, c’est un club qui a la culture de la conquête. Ça ne doit pas déplaire à l’ancien talon que tu es ? 

 

C’est vrai, je veux me rapprocher des forces d’Albi. Dans les clubs où je suis passé et notamment à Massy, c’était différent, je me suis adapté car il faut toujours s’adapter, je crois qu’un entraîneur est bon quand il s’adapte. Honnêtement, ces points forts d’Albi, cette conquête de l’époque du grand Albi, ça a toujours fait sa renommée et en tous cas, ça ne me déplaît pas, bien au contraire. C’est le cœur de mon travail et de par le poste que j’ai occupé, c’est quelque chose qui me plaît et j’espère qu’on va pouvoir aller dans ces choix-là de stratégie, d’image d’équipe avec une forte conquête, il est sûr que je mettrai l’accent dessus. J’espère qu’on va passer une belle saison. 

 

Tu arrives à Albi avec un groupe qui est un peu abattu quelques jours après la défaite face à Bourg-en-Bresse, une 3e demi-finale perdue en 4 ans et il va falloir penser à panser les plaies. Est-ce que c’est la première étape pour toi ? 

 

Bien sûr. Aujourd’hui, les joueurs, les dirigeants, le club tout entier ont été déçus, c’est tout frais. Il faut accepter qu’il y ait de la déception, on ne peut pas gommer quelque chose comme ça qui plus est parce-que ça ne fait pas qu’une année. Ça fait 4 ans que ça ne sourit pas donc, c’est lourd à porter si tu rajoutes ça à chaque fois dans la tête d’un joueur, ça plombe. Ce que moi j’essaye de faire, après avoir vu tout le monde en entretien individuel, et ce qui est important, c’est qu’aujourd’hui, ils se vident la tête. Il ne faut pas qu’ils pensent au SCA, il faut qu’ils se vident la tête, qu’ils partent en vacances, que tout le monde relâche la pression dans l’ensemble du club et on aura le temps de mettre le bleu de chauffe pour préparer la nouvelle saison mais il faut évacuer. C’est comme ça dans la vie, quand il y a parfois des événements, on les traîne souvent comme un boulet et aujourd’hui, mon premier travail sera de faire évacuer tout ça à l’ensemble du club, je dis bien à l’ensemble du club, et aux joueurs pour qu’ils puissent attaquer la saison avec beaucoup de fraîcheur et d’enthousiasme. Je viens, je suis nouveau, c’est donc une nouvelle page qui va s’écrire. 

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En parlant de page, tu as utilisé une métaphore littéraire en parlant d’un livre qui se rangeait dans la bibliothèque et d’un nouveau qui s’ouvrait. Comment comptes-tu faire pour ouvrir ce dernier ? 

 

J’ai un total respect pour tout ce qui a été fait pendant 4 ans, je ne me permettrai pas de juger quoi que ce soit, je ne suis personne pour faire ça. J’ai trop de respect pour les staffs, pour le boulot qui a été fait et qui a été bon, ce n’est pas à moi de juger si ça a été bon, très bon ou moins bon. Je dis juste qu’il y a eu un travail conséquent qui a été fait et il faut respecter ça, en tous cas, je le respecterai. Le seul truc, c’est que le livre se ferme forcément puisqu’une aventure se termine, il y a un changement de staff et, à chaque changement de staff, il y a un livre qui se ferme. Mais ce n’est pas pour cela qu’il faut jeter le livre, au contraire, il faut le ranger dans la bibliothèque, le passé du club se construit comme ça en rajoutant un livre chaque année. Le livre s’est fermé dimanche pour le club avec la défaite et le changement de staff et moi, j’arrive, je suis neuf donc, j’en ouvre un nouveau. Tu me demandais comment j’allais l’ouvrir, je vais le faire avec mes méthodes, à ma façon, avec l’éducation rugbystique que j’ai eue depuis très longtemps avec Gaillac, avec Castres, avec mes étapes d’entraîneur à Lavaur et à Massy. Comme je le disais tout à l’heure, le plus important est d’évacuer les déceptions puis on basculera sur un nouveau livre qui est tout neuf. Il faudra monter les pierres les unes après les autres pour essayer de donner le meilleur de nous-mêmes et d’avoir des résultats. 

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On dit que Mathieu Bonello aime avoir des groupes homogènes et qu’il ne supporte pas qu’il y ait des solistes dans le groupe. Tu confirmes ? 

 

Oui, je confirme. De par mon poste dans le rugby, j’avais besoin des autres pour être bon. Je fais ce sport, ce métier aujourd’hui, parce-que c’est avant tout ma passion et ce qui a créé cette passion, c’est la solidarité et pour les gens qui s’individualisent, c’est compliqué de fonctionner comme ça avec moi. Au rugby, on n’est rien sans le copain sinon, tu fais un autre sport et chez moi, le collectif prime, c’est la vérité c’est à dire que le joueur qui est individualiste au possible va s’écarter tout seul. Il ne sera pas question de performance, il sera question que l’on est obligé d’avoir un esprit. J’ai été éduqué dans une marmite où l’esprit était essentiel et vital et il y a eu des épopées. J’ai été pendant presque 10 ans à Castres et on fait des épopées énormes, avec les deux Laurent, j’ai dû faire 5 ou 6 phases finales, un titre, une finale, plein de choses et tout ça a été construit par des entraîneurs pour qui j’ai un fort respect et une forte estime. Ils m’ont tout appris mais ils m’ont surtout appris que le rugby était avant tout l’esprit d’équipe, la convivialité et le collectif et après, on met le rugby à l’intérieur, la technique, le cadre collectif. Mais au rugby, sans collectif fort, on n’y arrive pas. 

 

On dit aussi que Mathieu Bonello est un rigoriste. Tu confirmes à nouveau ?

 

Je suis quelqu’un de très rigoureux envers moi, je suis avant tout très exigeant et dur avec moi-même depuis toujours, la carrière de joueur que j’ai faite était liée à la rigueur que j’y ai mise. Je suis rigoureux avec moi-même donc je suis forcément rigoureux avec les autres mais je ne suis pas excessif. Il y a un cadre, précis et structuré car j’ai aussi été dans des aventures où les entraîneurs qui m’ont éduqué ont été d’une précision excessive, dans un cadre rigide et j’ai donc éduqué à cette sauce-là. Aujourd’hui, j’ai envie de te dire que j’ai un cadre qui est rigoureux mais je ne vais pas au-delà de ça, j’ai aussi besoin d’avoir de la proximité avec mes joueurs, j’ai besoin de discuter, j’ai besoin de les comprendre mais, quand tu as un groupe de 40, si tu ne mets pas de cadre, c’est difficile. Il y a des moments qui ne sont pas faciles au rugby, on ne gagne pas tous les matchs et quand il y a un cadre qui est structuré, réglo et sincère, tu y reviens toujours et quand le joueur déborde, il sait forcément ce qui l’attend derrière. Si le cadre est un peu flottant, on a toujours du mal à revenir à quelque chose qui tourne bien. Donc, je suis rigoureux, je suis exigeant dans le rugby mais je pense que je ne suis pas excessif. J’essaie d’avoir le bon dosage, même si ce n’est pas facile, mais je vais en tous cas essayer d’amener un cadre de travail, sûrement différent mais à ma façon. 

 

La prochaine étape qui arrive pour toi, ce sont les transferts. Tu as hérité d’un groupe, il va maintenant falloir que tu injectes de nouveaux joueurs avec tes préceptes et ta philosophie du vestiaire ? 

 

La mise en place de ce projet est un peu particulière car ça s’est fait rapidement, très vite mais tardivement aussi. 90% de l’effectif est encore engagé sous contrat donc aujourd’hui, la marge de manœuvre est encore très limitée pour moi. Est-ce que Mathieu Bonello va pouvoir mettre sa patte de suite ? Pas facile parce qu’il y a très peu de fin de contrats. Il y en aura que l’on ne renouvellera pas en fin de contrat et on prendra des nouveaux mais ils seront très peu par rapport à l’ensemble du groupe. Ça ne me pose pas de problème, c’est un bon groupe, de qualité, tu ne te qualifies pas en demie et tu n’es pas premier de Fédérale 1 la saison dernière pour rien donc, il y a de la qualité. Maintenant, on aura une marge de manœuvre limitée, il faudra être efficace et réactif et depuis quelques jours, comme toute chose qui se met en place, on bosse beaucoup et il va falloir beaucoup bosser. En tous cas, il faudra que les joueurs que je vais essayer de faire venir amènent de l’oxygène à ce groupe, de la nouveauté et que moi, j’amène de la qualité tant rugbystique qu’humaine. 

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Il y a deux postes sur lesquels tu es un peu attendu au tournant, c’est sur la charnière avec le 9 et le 10. C’est un peu le serpent de mer à Albi puisque cela fait deux saisons que l’on essaie de trouver et de renouveler cette charnière. C’est aussi quelque chose de primordial pour toi ? 

 

Bien sûr, c’est prioritaire, pas de grande équipe sans grande charnière, partout, à tous les niveaux (sourire). En Nationale, c’est la même chose et ça, c’est un chantier qui est difficile. Aujourd’hui, les recrutements sont avancés dans tous les clubs donc, il va falloir que je sois efficace et malin, que j’ai des contacts qui vont me permettre de peut-être faire basculer des décisions de joueurs pour nous rejoindre. Ce n’est pas facile mais en tous cas, c’est vraiment la priorité de mon recrutement. Si aujourd’hui, je fais une charnière de très bon niveau, il est vrai qu’on aura déjà fait une grosse part du boulot. 

 

Des échos que j’ai eus, tu changes aussi de sémantique sur les objectifs. Tu voudrais qu’il y ait une pause dans l’objectif Pro D2, Pro D2 martelé tout le temps pour vraiment construire ton groupe et ton projet ? 

 

Oui, je le dis et je le pense, il faut aussi changer d’optique parce qu’aujourd’hui, très honnêtement, cela fait 4 ans que l’on martèle qu’il faut monter, qu’il faut monter, qu’il faut monter, qu’il faut monter et je pense qu’à un moment donné, ça a l’effet inverse. Ça met une pression démesurée et quand approchent les matchs importants, on se dit  » putain, il faut à tout prix monter  » et ça met une chape de plomb. Quand tu es à Albi, tu sais déjà que les objectifs sont élevés, est-ce que ça sert de le répéter tous les jours ? Au début, oui mais à force, avec les échecs chaque année, ça met du poids. Moi, j’arrive, je suis tout neuf et je veux aussi changer de stratégie de communication : on va d’abord construire, voir où on en est et si on mérite de jouer les phases finales, si on mérite d’aller plus loin, on ira, on ne s’en privera pas mais moi, je veux arrêter de marteler ça, c’est sûr. 

 

Comme l’a fait Narbonne cette année ? 

 

Exactement et puis, il faut construire les saisons. On parlait tout à l’heure d’un nouveau livre, est-ce que finalement, il ne faut pas le construire page par page plutôt que de parler tout le temps de la conclusion ? Je crois qu’un livre se construit, il y d’abord l’intro puis le corps du livre pour finir par la conclusion. Honnêtement, aujourd’hui, j’ai envie de revenir à ça et l’introduction, c’est de faire et monter une équipe. En tous cas, je suis vraiment content de l’effectif que j’ai en ma possession et même si je vais recruter à des postes, ce n’est pas pour autant que les autres sont moins bons, c’est juste renforcer, s’aider, c’est ensemble que l’on réussira. Ensuite, ce sera construire le corps du livre après chaque match, chaque mois, chaque avancée et on verra à la fin du bouquin où on en sera et s’il y aura une belle conclusion et une chute intéressante. C’est vraiment mon fond de commerce, je ne sais pas faire autrement et indépendamment, quand tu es à Albi, tu sais que tu as un objectif élevé.

 

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On a un manager à Albi, il manque maintenant un entraîneur des lignes arrières. On ne va pas te demander le nom car il n’est pour l’instant pas défini mais quel est le profil que tu recherches ? 

 

C’est avant tout quelqu’un qui ait de la compétence, qui aime le rugby, qui soit un passionné. C’est aussi quelqu’un avec qui je vais travailler en totale osmose c’est à dire qu’il ait la même vision que moi du rugby mais également quelqu’un qui va s’adapter au club d’Albi car, comme je l’ai dit, le plus important quand tu es entraîneur est de t’adapter au club où tu es. Ce n’est pas ton projet de jeu car si ce dernier n’est pas dans l’ADN du club, tu te retrouves confronté à des incompréhensions et c’est donc à l’entraîneur de s’adapter, avec bien sûr des visions fortes et des points forts sur des trucs. Moi, je cherche quelqu’un avec la même vision que moi, qui va parler le même rugby que moi, qui va œuvrer pour le club, qui va donner tout ce qu’il a pour que le club et l’équipe avancent. Je cherche aussi quelqu’un avec qui j’ai de l’affinité parce-que ça aide mais ça ne passera pas avant la compétence. Je crois qu’il faut avoir de la compétence car aujourd’hui, le rugby, c’est dur et il ne faut pas avoir peur de la compétence. J’essaie de monter un staff qui s’articule autour d’un même projet c’est à dire l’unité. Comme tu l’as souligné, j’aime qu’un groupe soit soudé et collectif et je cherche la même chose pour un staff avec chacun nos domaines de prédilection. Aujourd’hui, on est en train de parler avec certains entraîneurs, je ne peux pas annoncer de nom car ce n’est pas encore sûr mais j’espère que dans les prochains jours, on en aura à donner. En tous cas, ce n’est pas parce qu’aujourd’hui, je suis moi manager / entraîneur d’Albi que lui n’existera pas. C’est important que l’on bosse tout en confiance, il n’y a pas spécialement de statut à avoir, on va juste œuvrer pour le meilleur de l’équipe et du club. 

 

Un dernier message au garant de l’histoire du club, à savoir le peuple jaune et noir et les supporters. Qu’aurait-eu envie de leur dire ? 

 

L’histoire, c’est important. Comprendre ce qui s’est passé les années d’avant à Albi, c’est le socle, la base, c’est important pour l’ensemble du staff et des joueurs. Je crois que ce que j’ai envie de leur dire, c’est  » regardez devant « . Il faut regarder devant, se servir maintenant du passé pour construire une nouvelle page, je n’arriverai pas à la construire tout seul tout comme on n’y arrivera pas seuls avec le staff ou avec les joueurs, c’est ensemble. J’ai connu Albi plein à craquer, un club vraiment attaché à ses supporters, des supporters attachés à un club, ce sera important pour moi de communiquer avec eux et d’échanger. J’espère qu’ils vont aider, être le 16e homme dès le premier match de championnat mais en tous cas, je veux qu’on se rapproche les uns des autres et qu’on s’aide. Je ne veux plus qu’on parle du passé, pas par manque de respect parce-que c’est l’ancrage et le socle qui permet de comprendre notre passé, mais pour maintenant basculer sur le présent et l’avenir et arriver plein de fraîcheur et d’enthousiasme. En tous cas, sans eux, je n’y arriverai pas non plus donc je demande à tout le monde, à toute la ville d’Albi, à tous les amoureux du club, à ceux qui se sont éloignés parce-que le niveau de la Nationale est plus éloigné de celui de la Pro D2 ou du Top 14 qu’ils ont pu connaître, de nous aider. J’ai envie de leur dire que c’est un nouveau livre alors aidez-nous, revenez, venez au stade, poussez derrière l’équipe. Il y a aura des changements et certaines choses qui vont évoluer et j’ai envie de dire qu’il faudra qu’il nous aide encore plus que les autres années. J’ai toujours connu des supporters ancrés comme à Castres où le lien était très, très fort entre eux et nous, ça nous a toujours aidé et fait gagner des matchs et je compte vraiment sur eux pour qu’ils poussent derrière nous. J’essaierai au maximum de me rendre disponible pour échanger avec eux et en tous cas, je demande à toute la ville d’Albi de pousser derrière le club et que même les gens qui se sont un peu éloignés s’en rapprochent et viennent voir ce qu’il s’y fait. Après, ils auront le droit d’analyser, de ne pas être content de ci ou de ça, mais j’aimerai que tout le monde pagaye dans le même sens. Quoi qu’il arrive, c’est ensemble que l’on réussira et non pas moi tout seul. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://fb.watch/64HUudVEri/
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Révisionner l’itw grand format du nouveau manager du SC Albi , Mathieu Bonello au micro du Le #MagSport – Studios H2G.

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